dimanche, 26 février 2012

Vous avez dit Carême ?

Réédition in extenso (et brute de fonderie !) de la note parue le vendredi 1er février 2008

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    Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année... 
[ NB : il s’agit plus que jamais d’une réédition de 2008, dans son
"jus" d’origine (plus -sans supplément de prix- de belles z'images afin d’en agrémenter cette nouvelle édition, ainsi que quelques notes de renvoi, le blog s'étant étoffé depuis : le Carême étant déjà austère en soi, évitons de lui ajouter de la tristesse [1][2][3][4] !) Donc, "le Carême vient si vite" cette année 2012 qu’il nous fait comme le loup [5>6][7][8][9][10][11][12][13] : à ce jour, il y est [14][15][16]… depuis moins d’une semaine [17!] ...De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu.

Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…

Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA »[18] puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux.

EXPLICATION DU SAINT ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU PAR LE BIENHEUREUX THÉOPHYLACTE

Mais quiconque dira “fou” sera passible de la géhenne de feu. (Mt 5, 22-23)

« Beaucoup disent et pensent que c'est un jugement trop cruel et trop sévère. Mais ce n'est pas le cas. En effet celui qui dénie l'existence des facultés de raison et de pensée chez son frère, ces caractéristiques par lesquelles nous différons des bêtes, un tel homme ne mérite-t-il pas la géhenne ? Car celui qui injurie et insulte, détruit l'amour, et quand l'amour est détruit, toutes les vertus disparaissent avec lui, alors qu'à l'inverse quand l'amour est présent il unit en lui toutes les vertus. Donc celui qui lance des insultes détruit toutes les vertus en mettant l'amour en pièces, et mérite à bon droit le feu de l'enfer. »                                                                                                          (Source ) [<7][52][7][116]

 

Ah, on l’aime bien la Parole : Elle nous inspire… de loin, de préférence. Malheur à celui qu’Elle inspirera davantage : quelque « psychopathologie » risque fort de pointer le bout de son nez ! Et tant pis pour saint Paul et sa conversion : son chemin de Damas n’est jamais qu’une colossale « bouffée délirante »[19!!!]. Venant de païens, c’est de bonne guerre. 9782882583390.jpgLe problème se fait plus aigu quand cela ne vient PAS de païens. Et là, les masques tombent [20][21][22][23][24][25][26][27][28][29, note 26?]. Mais pas du tout les « masques » du « psychopathe »[30] : ceux du converti non converti [31]. Plus le converti non converti se veut converti, moins il se convertit [32,Mc(2d1)] : on suit ? Celui-là, il ne faut pas lui parler de correction fraternelle [33] : il n’a PAS à être corrigé, qu’on se le tienne pour dit. Et si on insiste, on le « blesse », le pauvre… On ne « respecte » pas sa souffrance, voyez-vous. Ça, c’est le catho hyper-pieux qui voit arriver le Carême avec délectation. Chouette : de nouveau quarante jours de mortifications « pour se rapprocher du Seigneur » !… Pour se rapprocher de son Seigneur, en tout cas [34]. C’est là que les choses se gâtent : parce qu’il est à craindre que nous n’ayons pas le Même Seigneur. Pourtant, nous sommes de même confession. Pour nous deux, c’est bien le Même Seigneur qui est mort sur la Croix. Mais voilà : apparemment, notre compère est parti avant la fin du film  [35, note 22]! La Résurrection, ce sera pour une autre diffusion, plus tard. Beaucoup plus tard. Le plus tard possible, parce qu’on n’est pas pressé de mourir : il y a tant à souffrir, pardon : à vivre, en ce bas monde. Une véritable vallée de larmes, ma bonne dame… Mais Dieu, comme cela fait du bien d’avoir mal ! Ce n’est pas qu’on soit foncièrement « maso », d’autant que c’est là un « diagnostic » psychiatrique qui n’existe pas[36, notes 53 à 56] (pardon pour le pléonasme…) ; mais c’est que ça nous rapproche du Seigneur, voyez-vous : plus on se botte le cul, plus on sera à la droite du Seigneur ! Et puis surtout, ça expie dur. Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe, plus on expie et plus on pèche grave. Du coup, on expie encore davantage, ce qui finit par mettre de méchante humeur… et faire pécher de plus en plus grave. Question prières et génuflexions [37, APR note 27], on passe à la surmultipliée mais rien n’y fait : la côte se fait de plus en plus âpre. Saleté de gravitation universelle ! Et son Seigneur qui ne répond pas. Ouh ouh ? Il y a Quelqu’un là-haut ? Pas de réponse : il a dû composer le mauvais numéro. Malheureusement, le Seigneur doit être sur ligne pourpre. En attendant, on ne se lasse pas : on continue les courbettes vaille que vaille. Pas possible que cela ne serve à rien, quand même ! Évidemment, le rayonnement de joie de l’homme de foi laisse un peu à désirer. Mais bon, on ne peut pas tout avoir : on est là pour souffrir -pour « mériter » son Ciel-, pas pour sourire. Passe un frère, qui l’apostrophe ainsi : « bonjour, ô mon frère ! Mais que fais-tu donc à l’envers ? » C’est qu’à force d’expiations et de contritions, notre homme faisait le poirier [38, note 30]! Pas étonnant que cela ne réponde pas là-haut : chez lui, « là-haut » c’était par terre. Et les vers de terre ne savent pas parler. Ceci exprimé, il s’est donné un mal de chien pour se trouver dans cette position : par conséquent, c’est forcément la bonne. Il y connaît quoi, l’autre frère, d’abord ? Et puis, que fait-il à l’envers, lui ? Il est agaçant en plus : il sourit. « Mais pas du tout ! C’est toi qu’es fou… » répond-il alors, sûr de son coup. Question souffrance, il en connaît maintenant un rayon. Ce qui tombe plutôt bien : certains « docteurs » aussi. Et comme c’est l’autre qu’est fou, il suffit de héler un « docteur » pour fous. En réalité, cela n’existe pas. Enfin si, cela existe : mais uniquement pour rendre fou [39]. (Notre fameux « PIA », bien entendu…) Même en enfer -pourtant riche en matière première- personne n’est parvenu à fabriquer un modèle muni de la marche arrière [40]. Alors, il faut faire avec.

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Donc, arrive le « docteur » pour fous. « Prudent », son client a attendu que le frère s’éloigne pour le consulter : sans doute pour ne pas lui « faire de peine » : c’est qu’il s’y connaît en souffrance. Voyant en son client un « marché porteur », notre « docteur » est prêt à lui décrocher la lune [42] si nécessaire : dans sa mallette, se trouve un chapeau  [43][44] duquel il peut sortir un lapin savant… et parlant. Eh oui : depuis que les hommes se taisent et souffrent en silence, les animaux parlent ! Walt Disney fait des émules chez les « docteurs », mais là attention : ce n’est pas pour les enfants. (À moins d’être pédopsychiatre, bien sûr. Lui, c’est le « bon », le « méchant » étant le pédophile…) Ce n’est pas pour les enfants, parce que nos chères têtes blondes n’y comprendraient rien : le léporidé parle un langage nouveau_[32,Mc(4)]! Un langage très impressionnant : on sent qu’à la Faculté des Lapins [45], ça ne rigole pas tous les jours avec la chasseurologie des profondeurs. Exit tout ce que l’on savait jusqu’à présent sur l’homme : broutilles et roupie de sansonnet. Disons que c’est toujours « valable », histoire de rassurer le client peu aventureux, un peu inquiet de tout ce chambardement. C’est « valable », mais aussi étanche qu’un caisson de sous-marin. Ça n’a « rien à voir » avec quelque chose d’aussi sérieux que de savoir si, oui ou non, le client est à l’envers. Meeeeeuuuuuuh non, il n’est pas à l’envers, souffle le lapin avec un regard incisif à son « docteur » magicien [46][47]. C’est lui qui a raison : c’est l’autre qui était à l’envers. Et comme c’est un « docteur » pour fous, on va dire que l’autre est fou. Pire encore : fou dangereux. Comme cela, il ne viendra plus embêter le client. Fuyez [48, notes 1 à 3], braves gens ! La Bête du Gévaudan est de retour [49][50]. À moins que ce ne soit l’abominable homme des neiges ? Pas crédible : il n’y a pas assez de neige…  Mais de cathos souffreteux, alors là ! À défaut de neige, c’est ceux-là qu’on ramasse à la pelle. Un véritable verger de poiriers !… Il faut dire que le « docteur » pour fous n’est pas fou. En tout cas, pas sur un plan commercial. Il a répandu l’idée saugrenue que la souffrance, cela se « respectait ». Et ça marche du feu de Dieu sur les cathos qui n’ont pas vu la fin du film ! Tout le monde est si attaché à « respecter » la souffrance –à commencer par la sienne- que plus personne ne pense à la combattre. Le « docteur » pour fous, encore moins : que de poires bien juteuses dans ce verger de poiriers…

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           Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. Si tôt dans l’année, les poires seront-elles assez mûres ? C’est que depuis que le psychique n’a « rien à voir » avec le spirituel, on se trouve confronté à des situations étonnantes. Par exemple, on peut développer son intelligence tout en étant complètement siphonné : le « savant fou », quoi. OK : le spi fonctionne très bien, tant mieux pour lui. Mais on s’en fou(t) : parce que côté psy, qu’est-ce que ça déraille [51] ! Inversement, on peut être parfaitement sain d’esprit tout en ne comprenant plus rien à ce qui se passe autour de vous. Maintenant, on sait pourquoi : c’est parce qu’on « souffre ». Juste un incident de « santé », en quelque sorte. Évidemment, le spirituel s’atrophie comme peau de chagrin : on sent bien qu’on a besoin de se « convertir ». Vraiment, c’est épouvantable d’être aussi limités. Ça tombe bien : le Carême arrive, avec toutes ses bonnes résolutions. Mais attention, hein ! ce sont de superbes résolutions spi, plus vraies que nature. Du pur spi. Surtout ne pas le ternir avec du psy : ça n’a « rien à voir ». Ce serait sale, beurk. Surtout décidément, avec toutes ces «maladies psychiques» qui traînent un peu partout (on ne se lasse pas...). C’est pas formidable, ça ?
 

Ajout au jeudi 8 mars 2012

[Vendredi 24 février 2012]
Livre d'
Isaïe 58, 1-9a. {*}{*}{*}
200784894.jpgParole du Seigneur : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu
(*), ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche. « Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? [*] » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau (*)[47], coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ? Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes (*)(*), délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs [Mt] ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim [Mt], recueillir chez toi le malheureux sans abri [Mt](*), couvrir celui que tu verras sans vêtement [Mt][*], ne pas te dérober à ton semblable [*][Lc](*)(*)[X] ? Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

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Commentaires

Vous n'avez pas l'impression que le Carême, c'est toute l'année, depuis quelques temps ? ... Surtout pour les grecs ! Notre tour viendra si nous laissons faire ...

Écrit par : petit détour nocturne | lundi, 27 février 2012

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Finalement oui, j'ai "l’impression, l’illusion que la vraie vie est là et je constate après coup, finalement, la vanité de tout ça" (oups : je me demande si je n'ai pas déjà lu cela quelque part ?…)
Sinon, blague à part : en fait d'impression de cet ordre, ça sent plutôt la énième réimpression, oui ! Maintenant, attention aussi à VOS impressions -un rien sulpiciennes : mais oui- sur le Carême. C'est un peu autre chose que se faire bobo tout partout : mieux explicité sur la note suivante.
Maintenant, soyez à l'aise avec votre perception du truc : vous voyez cela "de l'extérieur", c'est normal. Ce qui l'est moins, c'est qu'il y en a un paquet à en avoir quasiment la même perception... de l'intérieur !

Écrit par : Grand retour nocturne | mardi, 28 février 2012

Je suis bien consciente du problème, allez ! Vous n'avez pas remarqué que je ne me plaignais plus de l'exiguïté des lieux où je vis ? ... C'est toujours plus spacieux qu'un carton sur le trottoir or je suis confrontée chaque jour à des exemples de cet ordre. C'est tout juste si on est à l'aise quand on s'offre la dernière parution du Canard Enchaîné et que, journal à la main on croise quelqu'un qui a la main tendue précisément. Alors on se dit forcément qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en ce monde dans lequel nous vivons. Je ne suis pas persuadée que les piétons du faubourg St-Honoré se tiennent raisonnement identique. Encore moins s'il sont en " carrosse " bien sûr ! Mais il paraît qu' " en Mars, ça repart " ? Acceptons en l'augure ...

Écrit par : S. | jeudi, 01 mars 2012

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