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vendredi, 15 février 2008

Des fausses notes à une note salée...

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.
 
    Selon les traductions, nous avons « si quelqu’un maudit son frère… » ou bien « si quelqu’un traite son frère de "fou"… ». Quelle que soit la forme usitée, le fond reste le même : car il produit le même effet. Colère ou insulte ne se manifestent pas nécessairement par un regard sanguinaire ou la bave aux lèvres ! Il arrive parfois qu’elles se dissimulent sous le masque aseptisé d’une certaine « bienveillance ». Au-delà de cette apparence, c’est donc la conséquence qu’il faut considérer. Maudire, c’est dire le mal… c’est parfois le « diagnostiquer ».
 
     Rassurons-nous : tant que le diagnostic est valide, on ne saurait invoquer de malédiction ! Afin de l’éradiquer, il convient au contraire d’identifier le mal tant qu’existent les outils qui permettent d’en vérifier l’existence… et que la validité de ces outils soit elle-même vérifiée. Si « dire le mal » dans l’objectif de l’éliminer n’est ni maudire ni médire, cela peut le devenir quand la « justice » du diagnostic ne surpasse pas celle de théories parfois érigées en dogmes. Cela le devient encore plus sûrement quand les applications pratiques de ces théories les contredisent formellement dans leurs résultats. La « géhenne de feu » s’incarne souvent dans ces résultats : elle est aussi le poids d’une certaine culpabilité qui jette effectivement en prison intérieure. Cette culpabilité est étroitement liée à une complicité –volontaire ou non- à un mal que l’on a fait croître en s’imaginant le diminuer. Elle se fait plus aiguë quand on a créé un mal là où il n’existait pas : à la culpabilité du (ou des) responsable(s), s’ajoutent des souffrances –morales et physiques- injustes, infligées à autrui.
 
     Cette culpabilité, on n’en sortira pas « avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou » : on n’en sortira pas avant d’avoir reconnu le mal –en amont comme en aval- après… à défaut de l’avoir reconnu avant. Se réconcilier avec son frère, c’est aussi se réconcilier avec le réel…

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