jeudi, 06 mars 2008
Père des proches : maintenant, non ?
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,31-47.
Si je me rendais ce témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai ; il y a quelqu'un d'autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, je n'ai pas à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.
Si je me rendais ce témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai ; il y a quelqu'un d'autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, je n'ai pas à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.
Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire, et vous avez accepté de vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j'ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m'a données à accomplir ; ces œuvres, je les fais, et elles témoignent que le Père m'a envoyé. Et le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui m'a rendu témoignage. Vous n'avez jamais écouté sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, et sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous ne croyez pas en moi, l'envoyé du Père. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d'ailleurs je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là, vous le recevrez ! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ! Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture. Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ?
Hier, Jésus commençait à dévoiler sa filiation non pour se justifier mais afin de justifier Son Père : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Non seulement le Père n’agit pas en despote, mais Il montre la meilleur manière d’agir afin d’éviter les écueils du témoignage à soi-même : l’auto-justification complaisante. Le Père est L’Exemple pour le Fils : Il lui montre l’exemple ; mieux encore, Il montre le Fils en exemple puisque c'est lui qui lui a rendu témoignage ! (Ce qui implique bien entendu une confiance mutuelle inconditionnelle.) Au Père revient la Parole, au Fils la transmission de cette Parole par les œuvres. Mais les œuvres ne sont rien si elles ne témoignent pas de la Parole… ou si elles la contredisent : elles ne seraient alors qu’activisme de bien-pensant. Inversement, la Parole se perd si elle ne s’incarne pas : elle ne demeure pas en vous. Vous n'avez jamais écouté sa voix, vous n'avez jamais vu sa face. C’est bien pour cette raison qu’Elle s’incarne dans le Fils qui, Lui, fait écouter sa voix et montre Sa face. Si le fils n’est pas le clone du père, il n’en est pas moins le reflet : les œuvres se doivent d’être à leur tour le reflet fidèle de la Parole afin de porter du fruit.
Si Jésus se réfère à Jean Baptiste qui a rendu témoignage à la vérité, c’est parce qu’il est le dernier prophète de l’ancienne Alliance… et le premier à annoncer la PRÉSENCE de la nouvelle Alliance. Le baptême du Christ est le point de jonction entre ces deux Alliances. À cette occasion charnière, la Parole émane directement –et exceptionnellement- du Père… pour indiquer celle du Fils : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour. » (Mc 1, 11) « TOUT mon amour » : dans le Fils, l’amour est donné sans mesure. Cette phrase sera réitérée sur le mont Thabor, à l’occasion de la Transfiguration. Mais il y sera ajouté cette conclusion destinée à la concrétiser : « Écoutez-le ! » (cf. « Camping en haute montagne » et Mt 17, 1-9) Depuis lors, ne pas écouter le Fils, c’est ne pas écouter le Père : celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l'a envoyé. (Jn 5,17-30).
Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Moïse est bien entendu de la première Alliance, appartenant à un passé déjà ancien à l’époque de Jésus. Cette Alliance n’est pas caduque, mais elle annonce l’Alliance PRÉSENTE : Moïse lui-même annonce le Fils qui, seul, est sujet d’espérance. Nous sommes là au cœur de la différence fondamentale existant entre une foi incarnée et une foi idéologique.
Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Moïse est bien entendu de la première Alliance, appartenant à un passé déjà ancien à l’époque de Jésus. Cette Alliance n’est pas caduque, mais elle annonce l’Alliance PRÉSENTE : Moïse lui-même annonce le Fils qui, seul, est sujet d’espérance. Nous sommes là au cœur de la différence fondamentale existant entre une foi incarnée et une foi idéologique.
La foi s’incarne dans le PRÉSENT, puisqu’elle précède l’espérance. Depuis saint Paul, on sait que la foi sans la charité n’est qu’ « airain qui sonne ou cymbale qui retentit » (1 Co 13, 1-2). Par conséquent, et au même titre que la foi, la charité s’incarne au PRÉSENT. Faute de quoi, ce présent n’offre effectivement qu’une caisse de résonnance qui trahit le vide qu’elle contient. Quelle que soit la discipline qu’elle englobe (religieuse, politique ou sociale), la foi idéologique se caractérise précisément par un phénomène de projection oscillant entre l’avenir et le passé, sa perception du présent se limitant à un rejet : le refus du réel existant scellé par la volonté de le changer. Ce changement est toujours en devenir, jamais en existant parce que le présent n’appartient plus à son registre. Ce n’est plus la charité qui meut la foi, mais l’espérance. La vertu d’espérance est ainsi chassée du présent pour mobiliser exclusivement l’avenir. Chez les Juifs qui s’opposent à Jésus, la projection est très nette : ils attendent un autre Messie –pour plus tard- au nom de leur foi en un prophète certes légitime, mais qui appartient à un passé reculé. PRÉSENTEMENT, ils n'ont pas en eux l'amour de Dieu. Pour conjuguer, l’amour ne peut se conjuguer qu’au présent : sinon, il n’existe pas. Ne subsiste qu’un succédané créant l’illusion : la gloire qui se reçoit les uns des autres. Si un autre vient en son propre nom –pourvu qu’il témoigne d’une foi qui flatte cette gloire humaine : la sienne ou celle des autres–, celui-là sera reçu à bras ouverts… et le cœur fermé à la vie éternelle. Si les œuvres sont toujours le reflet de la Parole -et des paroles humaines-, on les reconnaît tôt ou tard aux fruits qu’elles portent. Ceux de la foi idéologique ne sont-ils pas comme l’« airain qui sonne ou la cymbale qui retentit » ?… µ
Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ? Mais si nous ne croyons pas ce qui est écrit dans l’Évangile, comment croirions-nous à la grâce des sacrements PRÉSENTS qui font ce qu’ils disent, ici et maintenant ?
Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ? Mais si nous ne croyons pas ce qui est écrit dans l’Évangile, comment croirions-nous à la grâce des sacrements PRÉSENTS qui font ce qu’ils disent, ici et maintenant ?
15:52 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : foi, religion, christianisme, spiritualité, Évangile, santé, société |
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