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31.03.2008

Vivement que les nazes arrêtent…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,26-38.
Au sixième mois d'Élisabeth, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.
 
    Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. » Cette année, il était difficile de télescoper l’Annonciation du 25 mars avec la Résurrection : la "pré"-Naissance avec la "post"-Naissance ! Encore que ce vingt-cinq mars comportait quelques similitudes : une Marie et deux anges. Non plus une Marie "annoncée", mais une Marie envoyée annoncer par Celui-là même qui est annoncé aujourd’hui.
    Cette Annonciation sera naturellement suivie de celle [1] d’un homme de la maison de David, appelé Joseph. Car rien n'est impossible à Dieu. Le même Joseph sera dès lors le saint de "l’impossible" ! [2] À cette parole, elle fut toute bouleversée : c’est que toute annonciation vient déranger les plans établis… même chez un charpentier. Toute annonciation vient rendre possible ce qui ne l’était pas. L’Annonciation d’aujourd’hui tord le cou au mythe de l’amour impossible, jusqu’à rendre la vie possible chez une vierge et une 'femme stérile' ! Quand le Seigneur est avec toi, TOUT devient possible… quitte à dépasser et bousculer l’entendement humain. Quand le Seigneur est avec toi, le règne de l’amour n'a pas de fin. Et « voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta. Le messager a achevé sa mission : que tout se passe selon sa parole. Marie commence la sienne : cette parole de l’ange retourne au Verbe qui se fait chair dans sa servante !
    Chez Marie, la porte n’est pas verrouillée. [3] Sa foi n’est pas crédulité : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » Si elle voit l’ange, elle n’en fait pas un magicien. Mais sa foi n’est pas non plus l’incrédulité ponctuelle de Zacharie qui, six mois plus tôt devant le même ange Gabriel, questionnait d’une manière apparemment analogue : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un veil homme, et ma femme aussi est âgée. » (Lc 1, 18-19) Zacharie deviendra muet jusqu’à la naissance de Jean Baptiste ! Comment vais-je savoir ? n’a pas exactement le même sens que Comment cela va-t-il se faire ? Nous avons d’un côté une jeune fille d’environ seize ans, donc peu expérimentée et ouverte à tous les possibles. Et nous avons de l’autre un PRÊTRE de longue date, donc très expérimenté… et se fermant avec l’âge à tous les possibles. Prêtre, Zacharie est censé savoir qu’ à Dieu rien n'est impossible : pourtant, l’amour de la loi [4](biologique) l’a momentanément emporté sur la loi de l’amour. Comment vais-je savoir ? Dans cette quête de savoir, la connaissance captative précède la naissance. Voici la servante du Seigneur. Chez Marie, c’est la reconnaissance –connaissance oblative- qui précède la naissance. C’est qu’une même parole ne produit pas toujours les mêmes effets : selon l’équilibre du balancier (binôme foi-incroyance d’un côté et crédulité-incrédulité de l’autre), tout devient possible… C’est que selon l’ouverture du cœur, la réception[5] de la parole peut rendre vraisemblable l’invraisemblable comme elle peut rendre invraisemblable le vraisemblable !
 
    Toute annonciation produit une parole ; tout verbe se fait chair. Tout est caricaturable et inversable à l’envi. Ainsi, l’Annonciation de la Vie est-elle singée par maintes annonciations de mort : on les reconnaît justement à ce qu’elles rendent invraisemblable le vraisemblable… à ce qu’elles rendent la vie impossible ! Ainsi en va-t-il de la correction fraternelle : d’instinct, un enfant sait qu’il mérite dêtre corrigé en fonction de la gravité de la bêtise qu’il a commise. Un enfant qui ne l’est pas est mûr pour la maison… de correction. L’esprit d’enfance est ouvert à tous les possibles : cela incline sans doute aux erreurs, mais surtout à la vérité sur ces erreurs… ne serait-ce que pour qu’elles ne se reproduisent pas trop souvent ! La question n’est pas ici de débattre sur le bien-fondé ou non de la punition corporelle (qui peut aussi générer des abus), mais de privilégier la justice à l’impunité, l’éducation à la démission.
    La correction fraternelle n’est pas exclusive aux rapports parents-enfants : elle est aussi ancienne que la Bible. La langue nouée de Zacharie, c’est une correction fraternelle. Il est souvent plus aisé de déceler les erreurs des autres que les siennes : c’est un droit –voire un devoir- que de les reprendre si nécessaire dans un contexte de fraternité impliquant donc l’absence d’un jugement dominant-dominé. Durant des générations, cette correction fraternelle a été pratiquée avec des hauts et des bas. Elle était acceptée ou non, mais au moins était-elle effective. Aujourd’hui, on la rend impossible ! Qui, "on" ? L’inénarrable, incontournable et lourdingue « PIA » ! Ce dernier vole au secours de celui qui n’accepte pas la correction fraternelle. LUI NON PLUS ne va pas l’accepter : cela n’appartient pas à ses schémas préconçus. LUI SEUL se veut le correcteur indépassable des travers humains. Gare à celui qui "menace" son client… pardon, son "patient" : "menacer" son protégé, c’est le menacer, LUI. Sans doute le fameux transfert psychanalytique…
    Exit la correction fraternelle : place au "harcèlement psychologique", voire la "violence psychologique" !!! Plus c’est gros, et plus cela passe : les interprétations à la chochotte rencontrent toujours un écho favorable chez ceux qu’effarouche la plus petite esquisse de combat. Moins le correcteur –le vrai- entre dans la combine, plus sa "dangerosité" est "avérée"… pour le faux, bien sûr. Sa parole se mesure à celle de l’autre, auréolée de son prestige de "médecin". C’est que l’annonciation peut également prendre la forme d’un "diagnostic", et le verbe se faire chair… (et cher pour celui qui se laisserait ainsi "soigner" !) Malheur à celui qui refuse son "diagnostic" : qu’il sache que son cas est typique du "déni de souffrance" ! Sa "pathologie" s’alourdit : moins il souffre, plus il "souffre". (Ce qui, on en conviendra, est d’une "cohérence" redoutable…) Qu’il sache également que ce film comique est tourné SANS caméra cachée. Les acteurs y jouent donc pour de vrai, mais sonnent un peu faux : plus ils prennent un air compassé, et plus… cet air est passé.
    L’annonciation est faite pour être annoncée. Surtout en cas de "dangerosité avérée" : on n’est jamais assez "prudent" ! Une certaine "barrière sanitaire" est donc de mise autour du fauve en puissance : il faut faire confiance à la médecine. Au nom de la "maladie" tout est permis, à commencer par le pillage en règle de la vie privée du "souffrant" : priorité à la recherche assidue des "preuves" (!) de sa "pathologie". Multiplions ce "cas" par dizaines de milliers… et organisons ensuite une semaine de la "santé mentale" afin de réfléchir ensemble –entre gens extrêmement sérieux- aux moyens à mettre en œuvre afin d’endiguer ce tsunami fort préoccupant d’abominables souffrances dites "psychiques" qui atomisent la société. C’est fait : le vraisemblable est devenu invraisemblable, et vice-versa. Seuls les enfants –qui sont encore ouverts à tous les possibles- ne sont pas dupes de ces détestables manèges de leurs aînés : c’est pourquoi on ne les a pas oubliés…[6]
 
    Avec un "diagnostic" à la « PIA », TOUT devient possible… quitte à dépasser et bousculer l’entendement humain. Quand le "docteur" est avec toi, la nostalgie de l’amour n'a pas de fin : tout ce qui concourt à l’étrangler est le bienvenu. Que tout se passe pour le récalcitrant (pardon, le "souffrant") selon le contraire de sa parole : quand on "souffre", on ne peut que raconter n’importe quoi. Rien de plus désagréable pour un "vrai" « PIA » que d’être confronté à un éventuel concurrent : chasse gardée. Surtout quand le chasseur redoute de devenir le gibier. Qu’il se rassure : un chasseur digne de ce nom ne chasse que le gibier comestible.
    L’Annonciation n’est que le commencement…

30.03.2008

La paix du ménage

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.
Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : «Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.»
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
 
    Il y a premier jour de la semaine de grand matin, et premier jour de la semaine le soir. Il y a un matin, il y a un soir. Le matin est le temps de l’éveil à la vie, de la Résurrection : le jour se lève, propice à l’espérance. Le soir est le temps de l’obscurité qui gagne, du visible qui se fait invisible : il est l’heure de se coucher. La fatigue du jour se fait sentir, propice à cette "petite mort" qu’est le sommeil. La Croix concilie le matin vertical au soir horizontal. Sans la Résurrection, c’est ce dernier qui l’emporte. La nuit fait peur : on se calfeutre chez soi en verrouillant les portes. Chez soi, c’est d’abord au milieu de nous-mêmes : dans notre cœur. Et IL est là ! Il est là, mais Il n’enfonce pas la porte : tant qu’elle est verrouillée (notamment par la peur), Il nous laisse en paix.
   Cette paix n’est pas toujours la paix des braves : c’est plus souvent celle d’un cœur qui s’est refermé sur lui-même, ne la considérant que sous l’angle d’une absence de lutte. Dieu que l’on est bien chez soi, confortablement au chaud dans les pantoufles de ses certitudes…
 
    La certitude du moment, c’est que nos disciples partagent ce qu’il y a de plus aisé au monde à partager : une trouille carabinée ! Leur Maître est mort, et ils se demandent s’ils ne sont pas dans la ligne de mire de ceux qui L’ont exécuté. Développée avec volupté, la vertu de prudence leur commande  de rester groupés et enfermés : à plusieurs, on se tient les coudes à défaut de se donner du courage. Si elle se conçoit, cette peur collective était-elle si inéluctable ? Hier encore, Marc nous précisait que lorsqu’ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire. La mort n’avait pas eu le dernier mot : ils le SAVAIENT, mais ils ne le croyaient pas. Seuls croyaient ceux qui avaient vu… et qui n’étaient pas crus. Par conséquent, les autres étaient cuits.
    La certitude du moment –modèle pantoufle gauche grande taille-, c’est qu’il faut donc voir pour croire : « Parce que tu m'as vu, tu crois» Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Envolée leur peur, chassée par leur foi ! Disons-le tout net : en vertu de ce à quoi ils étaient appelés, les disciples ont eu droit à ce qu’on appellerait aujourd’hui un traitement (sans guillemets…) de faveur. Le « PIA » n’existant pas encore, il fallait bien juguler cette marée montante de "troubles maniaco-dépressifs" avant l’heure. En vertu de ce à quoi ils étaient appelés, ils ont eu le droit de voir Le médecin de l’âme. Le VRAI, bien entendu : en dehors de lui, il n'y a pas de salut. [1]. La Sécurité sociale n’existant pas non plus, nos "patients" d’un soir n’ont pas eu à produire leur carte Vitale. Question vitalité, ils ont eu beaucoup mieux : le souffle de l’Esprit Saint ! Ce souffle-là envoie paître au loin tous les vents de panique. Mais de même que certains anciens modèles d’aspirateurs-traîneaux avaient un côté soufflant et l’autre aspirant, le Maître souffle et les disciples aspirent. Si le sac contient trop de poussière de peur, l’aspirateur s’obstrue et perd de son efficacité.
    L’autre certitude du moment –même modèle de pantoufle (la droite, cette fois)-, c’est que la peur annihile la foi, que celle-ci ne se trouve que dans la joie. Autrement dit, témoignage de joie égale témoignage de foi ; témoignage de tristesse ou de peur égale témoignage d’incroyance. Ce qui est crédible… mais pas nécessairement sujet de foi ! « Nous avons vu le Seigneur ! » Donc, nous L’avons cru. Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. La "gémellité" de Thomas préfigure celle de tous les disciples à venir. Lui n’a pas vu : donc, la tentation de ne pas croire sera prégnante chez lui. La foi reste décidément un acte éminemment libre, puisque dans un premier temps, à dix contre un Thomas ne croira pas : il voit pourtant ceux qui ont vu et cru ! Il n’a pas cru parce que ceux-là sont de nouveau cuits ! En huit jours, l’aspirateur s’est en effet bouché… L’Esprit Saint n’est pas un "droit acquis" ni un gourou invisible. Il met Son doigt à l'endroit des clous qui blessent notre écoute, met Sa main dans le côté de l’aspirateur qui est bouché. C’est toujours le côté aspirant, jamais le soufflant. C’est à nous qu’il revient de vider le sac, pas à l’Esprit Saint ! Huit jours plus tard, les sacs sont pleins : les portes étaient verrouillées. Verrouillées avec un s. Esprit de solidarité des disciples autour de l’absent de la semaine précédente qui, SEUL, avait quelque motif de verrouiller SA "porte" ? En un sens, oui… pour peu qu’on dénomme "esprit de solidarité" l’esprit d’incroyance. Patatras : la belle certitude prend du plomb dans l’aile ! Serait-ce que la peur des Juifs aie repris le dessus ? De nouveau, Jésus répète : « La paix soit avec vous ! » Non pas : « La paix EST avec vous ! » Elle n’y était donc plus, ou était empoussiérée à tout le moins. Quelle est cette poussière si ce n’est celle de Thomas qui rejaillit sur ses compères ? Mesurer sa foi à ce qu’on voit, c’est prendre le risque de la diminuer en se fiant à celui qu’on voit et qui ne croit pas. À un contre dix, Thomas a eu raison de la foi de ses amis !
 
    « Cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas n’est pas incroyant : il est incrédule. Ce qui amène à une nouvelle paire de chaussons… modèle clown : il suffit d’être crédule pour être croyant ! Pourtant, il suffit de voir pour croire… que notre époque est friande d’une incroyance qui est à la mesure d’une crédulité sans bornes ! Croire encore au pouvoir de guérison (!) d’un « PIA », par exemple, c’est de la crédulité qui confine à d’autres épithètes en suffixe "té" et en préfixe "stup" : il existe des brigades pour cela… À la limite, il est moins pernicieux pour la santé de croire aux maisons hantées. La crédulité –ou son contraire- touche à ce qui se voit ; la foi –ou son contraire- concerne ce qui ne se voit pas : heureux ceux qui croient sans avoir vu. Ce qui ne signifie pas que ceux qui voient sont malheureux ! Thomas n’a pas été damné pour avoir vu. Il n’est saint que parce qu’il a cru. Moins que jamais, la foi ne dépend pas de la vision mais du regard [2]

29.03.2008

L’âme a tort chez le professionnel

    C'étaient des hommes quelconques et sans instruction ! Le pouvoir et le savoir appartiennent aux chefs du peuple, aux anciens et aux scribes et s’étend jusqu’à ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres: chaque époque produit son "professionnel" et ses laissez-passer ad hoc. Prière de ne pas traverser en dehors des clous sous peine d’être sévèrement menacé d’être traité comme un agent de trouble de l’ordre public. "Traité", "trouble" : deux mille ans plus tard, on aurait parfaitement VU comment  punir Pierre et Jean ! Ils sont presque pathétiques, ces chefs du peuple qui se font menaçants parce que se sentant menacés dans leur puissance. Ils ne pouvaient souffrir de les voir enseigner leur doctrine au peuple… Ils ne pouvaient souffrir : que n’ont-ils vécu deux mille ans plus tard, en cette époque bénie où les fulgurants progrès de la médecine règlent la question une bonne fois pour toutes !… Le vieil axiome dérangeant=dérangé (celui des lâches de toutes les générations) a trouvé des appuis inespérés dans la "science" : on fournit désormais à ceux qui ne peuvent souffrir les moyens de ne pas souffrir. Nous vivons une époque formidable…
Livre des Actes des Apôtres 4,1-21.
Comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple, les prêtres intervinrent, avec le commandant de la garde du Temple et les sadducéens. Ils ne pouvaient souffrir de les voir enseigner leur doctrine au peuple et annoncer, dans la personne de Jésus, la résurrection. Ils les firent arrêter et mettre au cachot jusqu'au lendemain, car il était déjà tard. Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille. Le lendemain il y eut une réunion des chefs du peuple, des anciens et des scribes à Jérusalem. Il y avait là Anne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres. Ils firent comparaître Pierre et Jean et se mirent à les interroger : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » Alors Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd'hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l'on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'lsraël : c'est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c'est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri. Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle. En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. »
Ils étaient surpris en voyant l'assurance de Pierre et de Jean, et en constatant que c'étaient des hommes quelconques et sans instruction. Ils reconnaissaient en eux des compagnons de Jésus, ils regardaient debout près d'eux l'homme qui avait été guéri, et ils ne trouvaient rien à dire contre eux.
Après leur avoir ordonné de quitter la salle du conseil, ils se mirent à délibérer : « Qu'allons-nous faire de ces gens-là ? Certes, un miracle notoire a été opéré par eux, c'est évident pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais il faut en limiter les conséquences dans le peuple ; nous allons donc les menacer pour qu'ils ne prononcent plus ce nom devant personne. »
Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de proclamer ou d'enseigner le nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d'écouter Dieu ?
À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu. »
Après de nouvelles menaces, on les relâcha ; en effet, à cause du peuple, on ne voyait pas comment les punir, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.
    C'étaient des hommes quelconques et sans instruction ! Des "amateurs" : l’horreur absolue dans un monde qui ne survit que par la course aux étiquettes. Plus cela brille et plus cela rassure. N’est-ce pas le cas de notre incontournable « PIA » ?… Pensez donc : un minimum de dix ans d’études afin d’obtenir le sésame qui vous transcende le nerf optique en le connectant en "wi-fi". En effet, à l’issue de cet impressionnant cursus, vous êtes réputé apte à voir ce que les autres ne voient pas, ne pas voir ce qu’ils voient : quasiment ce qu’on reproche aujourd’hui à Pierre et à Jean, mais dans une toute autre… optique. Dans ces dix ans d’études, sept sont consacrés à la médecine somatique : les trois années restantes font un peu figure de parent pauvre. Trois ans pour étudier un sujet autrement plus vaste et complexe que le corps, c’est peut-être un peu juste. Surtout quand on sait qu’une vie entière n’y suffirait pas... et que cela excède très amplement les strictes compétences de la science : de la VRAIE science. Cette proportion ressemble étrangement à celle du volume physique de la tête par rapport au reste du corps : il y a décidément des "médecines de l’esprit" qui décollent tellement peu qu’elles se crashent allègrement en bout de piste.
    Le professionnel a toujours eu des vertus rassurantes : cela ne date pas d’hier… et ce filon est fort bien exploité par qui nous savons. C’est même l’une des principales raisons qui explique le succès des "professionnels" de la "santé mentale", en dépit de l’irrationalité monstrueuse de leurs "thérapies"…[1] Au travers de ce récit des Actes des Apôtres, l’autre de ces principales raisons se fait limpide : il faut limiter les conséquences dans le peuple. Quel que soit l’extrémité par laquelle on se saisit de cette étrange médecine, on ne saisit justement son étrangeté que par le constat qu’elle est tout, SAUF de la médecine : elle est un outil de régulation sociale. En d’autres termes, c’est une arme politique destinée à faire taire toute tentative de subversion d’un "ordre" de chefs du peuple, d’anciens ou de scribes de toutes époques. On sait notamment que la " santé mentale " fut le cheval de bataille d’un petit bonhomme à petite moustache [2]. Un "devoir de mémoire" savamment orienté nous laisse miroiter le sophisme habituel : le nazi a "récupéré" le « PIA » à son profit, ce dernier n’étant plus qu’un perverti ponctuel. Ce qui consiste très exactement à prendre l’effet pour la cause : les camps de la mort auraient-ils seulement pu EXISTER sans l’appui "scientifique" du « PIA » ?… [3] Ce n’est pas un hasard si soixante après les faits, ces derniers pèsent encore sur une mémoire collective qui ne s’est JAMAIS purifiée de ce DÉNI de réelles responsabilités. Qui soupçonnerait le "médecin de l’intelligence" de semer une incommensurable sottise sur tout ce qu’il "traite", de semer la mort partout où on l’attend sur la vie ? C’est là son SEUL génie. S’il est un spécialiste de l’autisme, c’est qu’il sait de quoi il parle. Il y a aujourd’hui une cruelle ironie à voir tous ces sincère humanistes du « plus jamais cela » -témoins de la Résurrection compris- se complaire à « détecter » des « maladies psychiques » chez leurs proches. Les dictatures sont moins des "accidents" de l’Histoire que les fruits vénéneux de la lâcheté collective : l’Holocauste est-il réellement un fait du passé ? Ne se perpétue-t-il pas dans ces redoutables holocaustes de l’esprit que sont des "traitements" se fondant sur des "diagnostics" qui sont moins douteux que dangereux, caricaturant grossièrement l’homme en bête fauve potentielle ? Est-il si étonnant que ce potentiel s’incarne trop souvent dans le réel ? N’est-il pas la rançon immanente du "traitement" ?
   Des "professionnels" : l’horreur absolue dans un monde qui ne survit que par la course aux étiquettes. Celles de "diagnostics" incontestés, parce que ceux qui les formulent n’ont PERSONNE AU-DESSUS d’eux : qui les a fait rois ? Invraisemblable omnipotence qui mène à toutes les potences… jusque dans les prétoires de la Justice qui se couchent devant des avis aussi "éclairés" que ceux de diseuses de bonne aventure ! La peine de mort a été abolie ? Voire : elle prend d’autres formes… Le généraliste lui-même courbe l’échine devant le "spécialiste" : malheur à lui s’il n’obtempère pas à des "recommandations médicales" qui s’apparentent davantage à des injonctions dictées par une défense corporative. La glorification du corps n’est qu’un trompe-l’œil : c’est toujours l’esprit qui mène le monde, même s’il est sens dessus-dessous. Le "médecin de l’esprit" est devenu le grand prêtre Âne des temps modernes : il ne voit le monde que par les œillères d’un vocabulaire qu’il a pillé –puis INVERSÉ- chez ceux qui ont lâché leur combat spirituel : chez lui, "déni", "souffrance", "thérapie", "humilité", "délire", "culpabilité", "amour", "réel", etc. ont très exactement la signification inverse de ce qu’ils représentent en réalité. L’intelligence de l’autre n’échappe pas à son étroite grille analytique, qui a encore le culot de l’interpréter comme de l’incohérence ! Le monde de la médecine s’est ainsi pris à son propre piège : il se CANCÉRISE de l’intérieur en laissant des cellules mortes s’emparer de cellules vivantes.
    Le SIDA est également de la partie. Après cette étrange Semaine "sainte", voici que l’incontournable Sidaction prend le relais : la période de la Résurrection s’intéresse décidément beaucoup à cette santé qui nous est si chère… ce qui ne dissuade nullement de la brader à vil prix depuis des décennies… Et si le fameux "Syndrome Immuno-Déficitaire Acquis" n’était que la partie VISIBLE de l’iceberg ? "Lutter contre le SIDA", certes… mais contre quoi lutte-t-on ? Au-delà des polémiques sur une maladie "politiquement protégée", n’est-il pas assez clair que ce sont les défenses immunitaires de l’organisme qui sont attaquées ? En quoi l’affichage permanent d’un ruban rouge –en haut de nos étranges lucarnes déformantes- va-t-il restaurer ces défenses ? En appelant le 110 pour émettre une promesse de don ? Sommes-nous bien certains qu’il ne s’agisse là que d’argent ? Cet argent finance la recherche ? Fort bien, et ensuite ? La recherche trouve ? Bravo ! Et elle trouve quoi ? De quoi donner quelques coups de pioche sur la partie émergée de l’iceberg : beaucoup de bruit -et de précieuses énergies- pour rien…
    Quand la médecine –la VRAIE- reprendra ses droits, elle s’apercevra que toute déficience somatique trouve sa racine dans une déficience spirituelle. D’une certaine façon, elle le sait déjà depuis longtemps par l’apport de sa branche psychosomatique… mais les mots sont brouillés quand on voit du "psychique" là où il y a du spirituel. Quand les mots sont brouillés, l’inversion est inéluctable. "Lutter contre le SIDA", chiche : commençons par nous attaquer à nos déficits immunitaires spirituels : tout syndrome visible est toujours le signal d’un autre syndrome, plus enfoui… Celui-là AUSSI sonne l’alerte rouge… comme un ruban.
    Des "professionnels" sont encore aujourd’hui un scandale pour la médecine : ils sont les premiers vecteurs du syndrome spirituel. Mais encore une fois, à qui la faute ? QUI les fait rois ? S’ils trahissent les besoins dont on leur accorde incongrûment la faculté de les satisfaire, ils ne font jamais que répondre à des DEMANDES EXPLICITES. Hormis ces cas ignobles de procédures injustes –avalisées par une loi soft nazi qui n’est plus que l’ombre d’elle-même- d’internement sous contrainte, ce ne sont pas eux qui vont chercher le client ! (Encore que dans ces cas à peine extrêmes, ils répondent également à des demandes exprimées par des tiers qui s’en lavent ensuite les mains…) Ne nous y trompons pas : il s’agit bien d’un CLIENT, non d’un "patient"… tant qu’il n’est pas trop "soigné". Et quand le client est involontaire, il ne s’agit nullement de "déni" mais de dissidence : on accorde ainsi l’asile politique à ceux qui ne le demandent pas : la boucle est bouclée, Ubu est roi.
    « Est-il juste devant Dieu d’écouter ces "professionnels", plutôt que d'écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu. » Ce n’est plus même de l’intelligence qui est requise : les sens suffisent. Il suffit en effet de voir et d’entendre… y compris ce qui remonte à la surface de ce qui ne se voit pas et ne s’entend pas.
    « En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » Quand nous serons las d’essayer d’autres saluts par d’autres noms, de nous faire éclater ces étranges saluts à la figure, de nous voiler ensuite la face après nous être dévisagés, alors qui sait ? peut-être envisagerons-nous un autre Nom ? Si la tempête fait rage, Il est toujours là : sur la rive du lac…

Proches et reproches

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,9-15.
Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. »
 
    Drôle de cinéma : il présente les bandes-annonces en fin de séance. Drôles de bandes-annonces : elles présentent le film suivant, dont le scénario appartient au spectateur…[1]
 
   Marc est réputé le plus concis des quatre Évangélistes. À lui revenait tout naturellement le privilège de "tourner" la bande-annonce "après le film" ! En quelques lignes, nous retrouvons les différents protagonistes qui animaient les récits de ces derniers jours : Marie Madeleine, les disciples d’Emmaüs, puis les autre disciples. Si Marc ne contredit nullement ses deux compères, lui porte l’accent sur la difficulté de la transmission du témoignage qui se fait jour dès le grand matin de la Résurrection. Être témoin direct n’apporte en rien le privilège d’être plus crédible : si la foi est transmissible, elle reste néanmoins libre, et ne va pas violer un cœur fermé par l’affliction et les pleurs. Ceux-là peuvent assouplir, comme ils peuvent durcir : rien n’est joué d’avance. Par ailleurs, le témoin ternit nécessairement le message : il n’est qu’un vase d’argile contenant un trésor. Même absoutes par les réparations, ses imperfections passées restent inscrites dans son présent : ainsi nous est-il précisé que Jésus avait expulsé sept démonsde Marie Madeleine ! Ce qui la rend plus proche de nous, dans cette fragilité humaine qui incline à nous laisser posséder par bien des idoles : moins que jamais, les disciples de Jésus ne portent d’auréole au berceau. Pas moins que d’autres ne sont-ils exempts d’incrédulité et d’endurcissement.
   Ce qui est plutôt rassurant pour les témoins plus indirects, appelés par définition à être infiniment plus nombreux : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » La foi n’est pas question de contemporanéité avec le Christ, mais de L’accueillir dans Son présent !

28.03.2008

Avis d’ouverture de la pêche

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,1-14.
Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment. Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.
 
    « Jésus-Christ aurait pu tout simplement retourner à son travail de charpentier s’il avait suivi les traitements psychiatriques modernes. » (William Sargant, 1974.) Et ses disciplesattendraient toujours que le ressuscité d’entre les morts se manifeste à eux ! Quelle que soit sa confession, le chrétien d’aujourd’hui est confronté à un choix : celui de la Résurrection… ou celui de la "santé mentale". Ce choix est loin d’être anodin : il est celui qui s’opère entre l’amour et la DISPARITION de l’amour. De même que l’on peut passer la nuit sans rien prendre, on peut passer une vie entière à tenir de beaux discours sur l’amour, à agir au nom de l’amour, on peut n’avoir RIEN sur soi. Nous sommes jugés sur l’amour en actes, non en paroles : seuls les actes s’incarnent. Les enfers que nous construisons sont moins les produits de la haine et de la violence que ceux des amours dévoyées parce que désincarnées… ou trop incarnées (!) : c’est quand elles montrent leur vrai visage que se produit la violence, fruit direct d’amères désillusions. La "santé mentale" est pire qu’une illusion : c’est une idolâtrie mielleuse qui vient se substituer à la religion de l’amour (ce qui devrait être un pléonasme !). Elle n’est que l’ultime avatar du serpent : « vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » (Gn 3, 5-6). [ «La réinterprétation et finalement l’éradication du concept du bien et du mal sont l’objectif de toute psychothérapie. » (Brock Chisholm, 1945.) ] La "thérapie" devenant le véhicule d’une politique –car c’est une politique- de destruction systématique de la santé : il sera difficile de sombrer plus bas. Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas d’une "perversion de la doctrine initiale". On a usé cet argument jusqu’à la corde avec d’autres idéologies, a