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04.04.2008
Un déjeuner sur l’herbe
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,1-15.
Après cela, Jésus passa de l'autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée). Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait en guérissant les malades. Jésus gagna la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples. C'était un peu avant la Pâque, qui est la grande fête des Juifs. Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait bien ce qu'il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua ; il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. » Ils les ramassèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après le repas. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne.
Après cela, Jésus passa de l'autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée). Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait en guérissant les malades. Jésus gagna la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples. C'était un peu avant la Pâque, qui est la grande fête des Juifs. Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait bien ce qu'il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua ; il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. » Ils les ramassèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après le repas. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne.
De nouveau, nous voilà plongés non pas dans le lac de Tibériade… mais dans le flash back. Quoique… passer de l'autre côté, n’est-ce pas passer aussi de l'autre côté de la mort ? Une grande foule le suivait : en ce sens, la résurrection n’est pas le privilège d’un seul mais la destination de tous ceux qui attestent des signes qu'il accomplit en guérissant les malades. Raison de plus pour incliner à se positionner du côté des guéris plutôt que celui des malades… avec ou sans guillemets.
Ah, l’air pur de la montagne : lieu de prédilection où l’on s’asseoit pour décompresser ! On s’y démarque du monde, non pour le dominer, mais pour en relativiser les contingences. Ce qui n’est pas nier ces dernières : environ cinq mille hommes ont l’estomac qui crie famine ! Ils réclament une nourriture qui relève de la logique d’en bas : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Suivre Jésus, c’est s’asseoir afin de mesurer le possible qui se trouve à portée de main avant de se laisser écraser par l’évidence trompeuse de l’impossible[1]. Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. « Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer » chante le psalmiste. Là où l’herbe pousse, la vie est abondante et riche de promesses. En rester aux apparences, c’est brouter cette herbe… et ruminer ensuite sur les malheurs du temps.
Mais voilà « un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! » Plus consistant que de l’herbe en qualité… mais la quantité fait encore défaut. Plus tard, dans ce même lac seront plongés des filets d’excellente qualité qui ramèneront zéro poisson[2]. Moins que deux ! Du pain, du poisson : ils se multiplient après avoir rendu grâce. On a beau être sur l’herbe, l’esprit qui prévaut est l’antithèse de celui du ruminant revendicatif : un esprit de remerciement pour la satisfaction d’un besoin… qui n’a PAS ENCORE été satisfait. Esprit eucharistique s’il en est : depuis très peu, on obtient beaucoup. Le peu qui nous est demandé fournit matière à plus grand encore, pourvu que cette demande s’effectue dans la confiance de l’esprit d’enfance : n’est-ce pas un jeune garçon qui a fourni ce minimum vital qui incarne[3] la foi dans le concret du quotidien ?
« Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. » Qu’il reste des miettes ou douze paniers, rien ne doit être perdu parce que rien n’est rien dans l’esprit de Celui qui guérit les malades. C’est pour tous qu’Il est le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. Mais tous n’ont pas faim… ou trompent leur faim avec des substituts de repas. Ceux-là sont en vente dans toutes les bonnes pharmacies, dont les enseignes sont aisées à repérer : une croix verte lumineuse, et accessoirement un serpent qui se love… La mode est aussi aux distributeurs qui récupèrent les médicaments qui restent inutilisés, pour que rien ne soit perdu. C’est que la santé ne se prend pas de force : elle nécessite parfois de se retirer, tout seul, dans la montagne. Sait-on jamais : on pourrait être tenté de faire roi certain "médecin"[4]…
17:20 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Évangile, foi, christianisme, pâques, psychologie, santé, pain et poisson





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