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dimanche, 06 avril 2008

L’Âge de glace 0°

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,13-35.

Après le vent[1] et la pluie -le temps à la Rantanplan- le beau temps à la Lucky Luke. Plus précisément le bon temps dans la liturgie : celui de la Résurrection. Et pourtant, c’est encore un flash back ! Cet Évangile est en effet mot pour mot celui d’il y a onze jours. En ce jour du Seigneur, la tentation est grande d’en faire un jour de repos… en se satisfaisant d’un lien redirigeant sur le commentaire du vingt-six mars. Ce qui, à la réflexion, consisterait à adopter une posture très exactement contraire à celle de nos deux disciples d’Emmaüs ! En effet, physiquement et moralement éprouvés tels qu’ils le sont, ne méritent-ils pas de se reposer après une telle marche et de telles émotions ? Eh bien non : ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem bien après qu’ils aient constaté que le soir approche et déjà le jour baisse. À cœur brûlant, rien d’impossible[2] !

Alors, pourquoi cette réitération d’un même passage d’Évangile à quelques jours d’intervalle ? Sans doute parce que c’est un passage, justement : le franchissement d’un état à l’autre. Dans le contexte de la Résurrection, le passage (pascal) de la mort à la vie coule de source. Et ce passage ne sera jamais assez rappelé à nos cœurs lents à croire tout ce qu'ont dit les prophètes. Il prend ici un relief singulier, faisant écho à cette tumultueuse traversée d’un lac aussi noir [1] que le moral abattu de deux disciples allant respirer un air moins malsain à la campagne : après le franchissement liquide, le franchissement solide. Dans les deux cas, on se hâte avant la tombée du jour. Hier, l’arrivée sur la terre ferme de l’autre riverassurait les passagers. Aujourd’hui, c’est un peu le contraire : l’arrivée à Emmaüs décrit deux hommes apeurés par ce qu’ils ont vécu… malgré une "traversée" paisible depuis Jérusalem. Hier, déjà il faisait nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. Aujourd’hui, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux bien avant qu’il ne fasse nuit, le temps nécessaire à leur expliquer, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait. Ainsi, bien que le jour baisse, les voilà de plus en plus éclairés ! Imaginons l’invraisemblable : que les disciples parvenus au port de Capharnaüm remettent leur barque à l’eau et tentent la traversée dans l’autre sens, à leur point de départ. Étant donné la météo que nous connaissons, on aurait crié au casse-cou et à l’irresponsabilité : soulignons au passage que c’est très exactement la posture du « PIA » et de ses défenseurs, chacun ayant ensuite beau jeu d’invoquer le "mauvais temps" pour… noyer le poisson. Transposons ce même invraisemblable à nos disciples d’Emmaüs : eux seraient tranquillement restés dans leur village, gardant pour eux leur joie retrouvée ! Et leur cœur brûlant se serait refroidi… Au lieu de cela, c’est leur responsabilité qui a prévalu : celle de répondre à ce qu’ils venaient de recevoir… à Celui qu’ils venaient de REVOIR (leurs yeux s'ouvrirent) APRÈS L’avoir reçu.
« Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. » Le Seul à avoir VÉCU de l’intérieur ces événements est suspect de les ignorer ! Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes. L’obscurité de la tristesse ne se contente pas de figer : elle prétend en savoir plus long que celui qui est dans la lumière et la joie de la résurrection. Ce qui n’est pas sans rappeler des attitudes TRÈS contemporaines…

« Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? » Au moyen d’autres "écritures" que le "patient" béotien est prié de ne pas comprendre, le docteur se fait extincteur : sus aux cœurs brûlants ! Même sur la terre ferme, le monstre du lac noir accomplit ses prodiges. Pas de chance : il est amphibie ! (Probablement parce qu’il est formé en amphithéâtre universitaire à tout ce qui est bi.) Il y a deux mille ans, Jésus regonflait à bloc deux malheureux disciples aplatis par une tristesse de mort. À l’époque, pas de compresseur : il suffit de faire brûler les cœurs. Selon qu’il est chaud ou froid, un même cœur n’a pas du tout la même perception des choses et des êtres. La chaleur dilate, ouvre en grand, élève le regard en bouleversant la connaissance : ce qui était terrestre devient aérien, telle une montgolfière gonflée à l’air chaud. Ce qui était grand devient petit, et vice-versa : la vue s’étend de plus en plus loin. Ce qui était inerte devient vivant, ce qui était vivant devient mortel, etc. Avec l’altitude, la pression terrestre diminue[3] : en ce temps de Résurrection, rappelons que l’unité de mesure de la pression atmosphérique est le… pascal. Qui a dit que la science s’opposait à la foi ? Jusque dans l’évocation de la variation HORIZONTALE de la pression atmosphérique, nous apprenons que « les dépressions et les creux […] sont généralement associés au mauvais temps » ! Le "mauvais temps", c’est l’eau[4]. L’eau, c’est ce qui éteint le feu. "Mauvais temps", "dépression" : ceci ne nous ramène-t-il pas à un certain "météorologue" ?
Avec le docteur, nous revenons sur terre : un lancer d’aiguille hypodermique a raison de toute enveloppe de montgolfière. Être à terre ne suffit pas : il semble qu’il faille être à plat ventre devant certains "progrès de la médecine". La seule pression qui vaille est la pression psychologique et affective qui fasse admettre au "patient" qu’il en manque ! Plus c’est gonflé, et plus on obtient une "guérison" qui a des faux airs (!) de crevaison. Une bombe anti-crevaison a ceci de commun avec un extincteur : elle contient de la mousse… sous pression. Si la mousse au chocolat peut faire mal au ventre, celle-ci peut faire mal au cœur, surtout quand il est brûlant.
Avec le docteur, nous quittons la chaleur. Certes, il rassure momentanément par un léger feu de braise[5] alimenté de "compassion". Mais qu’est-ce en regard de l’atmosphère qui règne tout autour de lui ? Exit la douceur orientale des bords du lac de Galilée… et bienvenue à l’Âge de glace ! Et là, nous ne sommes pas dans la virtualité fabriquée par les studios BlueSky (ciel bleu !) mais dans celle inventée par les studieux « PIA » : gros temps assuré. À ne pas mettre les pingouins dehors : pourtant, ils sont habitués aux grands froids… mais pas aux puissantes vagues tempétueuses causées par d’inouïes variations de températures. C’est bien connu : rien de tel que ces variations pour produire des courants d’air. Du VENT, en quelque sorte… Même à Capharnaüm, L’Âge de glace ferait un peu désordre : c’est pourquoi il convient de le situer dans une région plus appropriée. Le pôle, par exemple, s’y prête à merveille. À en juger par l’épidémie qui s’en suit, le pôle Nord fait rapidement savoir que sa banquise fond sous le poids de tous ces "malades" : il est vrai que la fièvre a toujours fait monter la température… Étant réputées comme les autres, ces "maladies" parviennent même à donner le change en faisant semblant de produire du chaud là où elles jettent un froid ! Le docteur a reçu cinq sur cinq le message d’alerte du pôle Nord : n’ayant que le pôle Sud sous la main, il le réquisitionne imédiatement afin de laisser entendre à ses "patients" frigorifiés que plus au Sud ils auront moins froid. Dès lors, on s’attend aux Bahamas, et patatras ; aglagla ! À défaut d’îles enchanteresses, le candidat à l’exotique déchante cruellement : afin de ne pas aggraver sa "maladie", on avait tout simplement omis de lui parler de cette merveilleuse trouvaille qui réduit à néant toute perspective de résurrection : le (trop) fameux "trouble bipolaire" [6] ! Il est vrai que cela doit être assez troublant de découvrir que ce qui a toujours existé au même titre que les variations de températures –à savoir, les variations d’humeur- devienne tout à coup un problème de "santé" (inter)nationale !!! Peu chaut (!) à "l’expert"[7] : l’essentiel est de préserver chez son client l’illusion qu’il durera plus longtemps en étant congelé. Alors, ne brisons pas la glace. Cruelle désillusion : tôt ou tard, cette glace fond… et le préfixe reste. À se demander si certains ne vont pas trop souvent au cinéma…

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