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08.04.2008

Le pain : l’ami de votre santé

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,30-35.

Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. »
 

    Étonnants disciples : on leur fournit des signes jusqu’à plus faim et plus soif [1], et ils demandent un signe pour qu’ils puissent croire en ayant vu ! Quelle œuvre va-t-Il faire, Lui qui nourrit une foule avec cinq pains et deux poissons, joue ensuite à cache-cache avec elle, puis marche sur l’eau [2] ? La nourriture qui se perd a visiblement été si bien digérée qu’elle s’est perdue pour de bon.
    Méconnaissance de la loi ? L’amour de la loi [3], lui, est parfaitement assimilé… et il n’est pas perdu pour tout le monde. Et de citer à nouveau
l'Écriture et la loi de Moïse. Moins que jamais cette loi n’est-elle abolie : plus que jamais est-elle réorientée en fonction de la loi de l’amour, cette seule loi donnant le pain venu du ciel. C'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel : Sa Boulangerie est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre… même le dimanche (et pas… QUE le dimanche). Elle est ouverte au PRÉSENT.

    L’Évangile au PRÉSENT n’est pas que l’Évangile contemporain : une rubrique de blog portant ce nom n’est qu’un outil parmi d’autres. Ce n’est donc pas parce que la foule ne disposait pas d’internet qu’elle demande un signe ! Privilégiée parmi les privilégiées, cette foule voyant Jésus au présent ne constitue-t-elle pas l’archétype de toutes celles qui vont se succéder jusqu’à la consommation des siècles ? L’intelligence de la foi est chose bien étrange : plus elle se multiplie en quantité, plus elle se divise en qualité. Collectivisé, le questionnement sur la foi confine à l’absurde : quand va-t-on voir pour croire ? [4] C’est bien là une question de foule, non de personne. Conditionner la foi au seul argument qui la supprime instantanément relève de la croyance comme la guérison relève du « PIA » ! ( Lui, il est le pain de la mort. Celui qui vient à lui sera de plus en plus affamé ; celui qui croit en lui aura la langue aussi pendante que celle du loup de Tex Avery )
    Les frictions de la foi dans le présent ne sont pas que du passé : elles sont même les étincelles qui la tiennent éveillée, debout. La foi "assise" est possible, mais elle présente plus de risques : notamment celui d’être fragilisé face à la tempête [2], ballotté par les vents contraires… voire chaviré et noyé. Dans la tempête, SEUL Jésus est debout : il est vrai que marcher assis est d’un confort tout relatif… Avec Lui , la foi "assise" est possible. Mais ce qu’on voit de Lui est tellement incroyable que cela ne viole guère la suprême liberté de la foi ! On en reste… assis. Ce n’est qu’alors qu’intervient ce qu’on ne voyait plus et ce à quoi on ne croyait plus : la terre ferme. Cette terre qui, plus stable que l’élément liquide, permet de se redresser, de se remettre debout afin de voir plus loin que le bout de son nez. Certes, le "docteur" a trouvé une astuce de substitution en nous faisant croire que lui aussi nous faisait toucher la terre ferme : malheureusement, les patins [5] ne sont pas fournis dans sa prestation… Chez lui, on se retrouve plus souvent couché que debout : la vue y est basse. Mais glissons…

    « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. » Toujours. De même que l’eau se fige en glace, on aimerait bien figer le présent. Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Le présent, c’est aussi le cadeau : de là à prendre le pain de Dieu pour le père Noël, il n’y a qu’un pas. Mais le père Noël, lui, ne donne pas la vie au monde ! Le pain de Dieu ne se donne pas comme un dû ou un talisman. Tel quel, il ne serait pas davantage que ce pain qui a été partagé la veille parmi la foule : pain déjà oublié puisqu’on en est de nouveau à demander un signe. Ce qui ne mérite qu’un signe, effectivement : celui de Jonas. Ici, c’est le poisson qui se fait pêcheur…
    Pas de chance : le Boulanger est sur l’autre rive. « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. » Mais il faut d’abord que celui-là apprenne à nager en eaux troubles… en faisant attention au monstre noir [2] et à ses rabatteurs.

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Commentaires

L'Evangile doit souvent se lire comme une allégorie. Le signifié de pain est l'Amour insufflé par l'esprit. L'Agapè (Amour) sans lequel rien n'est possible. Vous reconnaîtrez dans Agapè le mot agapes (repas en commun des premiers chrétiens en communauté unis par la fraternité).
Croire c'est fonder son espérance au delà du présent, ainsi Aimer et Croire fondent l'esprit Chrétien dans la Foi, nourriture du coeur et de l'esprit.

Ecrit par : Claude | 09.04.2008

Judicieux rappel, chère Claude, de cette étymologie des agapes.
Pour ceux que rebuterait encore la lecture de "Deus Caritas Est", elle montre assez que l'opposition Agapè/Eros est aussi factice que factuelle.
L'Amour est insufflé par l'esprit, certes. Mais où, sinon dans le corps ? On en revient toujours à l'amour qui s'incarne... ou qui n'est pas.
C'est pourquoi "Croire c'est fonder son espérance au delà du présent" MAIS AUSSI au présent !

Ecrit par : MDT | 09.04.2008

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