Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,44-51.
« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n'a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
L’amour de la loi [1], lui, est parfaitement assimilé… et il n’est pas perdu pour tout le monde. Et de citer à nouveau l'Écriture et la loi de Moïse. Moins que jamais cette loi n’est-elle abolie : plus que jamais est-elle réorientée en fonction de la loi de l’amour, cette seule loi donnant le pain venu du ciel. C'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel : Sa Boulangerie est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre… même le dimanche (et pas… QUE le dimanche). Elle est ouverte au PRÉSENT.[2] Un rappel de commentaire n’est jamais que l’écho de ce pain de vie qui se rappelle à nous depuis quelques jours. Le rappel ? Les disciples s’y sont bien essayés, avec force loi de Moïse. Le pain de vie ? Leurs aïeux l’ont bien connu, avec la manne du désert. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts. En somme, ils ne sont plus là pour en parler : ce sont eux qui ont été rappelés ! Un "pain de vie" qui concerne des morts manque un peu de crédibilité : non qu’il les aient tués, mais cela date un peu. Surtout, cette manne ne pouvait pas déclarer : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. Certes, elle était un produit du Boulanger. Mais elle N’ÉTAIT PAS le Boulanger.[3]
Certes, personne n'a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. En un mot, si l’on attend de voir le Père pour y croire [4], on peut d’ores et déjà prendre son billet pour l’orphelinat. Il existe heureusement une alternative plus réjouissante : l’incarnation du Père. Cette incarnation ne saurait cependant contredire la foi, ce qui serait le cas si le Père se voyait : personne n'a jamais vu le Père, ni autrefois ni aujourd’hui. Un Père sans Fils n’a aucun sens : s’Il implique ce Fils, le Fils explique le Père. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient au Fils. Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Le Fils étant Un avec le Père, l’instruction prolonge l’écoute en l’approfondissant. L’écoute ne se voit pas (!), l’instruction si. Cette dernière structure la chair. Par l’Esprit, l’écoute oriente l’esprit en fonction de cette Unité entre Père et Fils. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi. C’est dire qu’inversement, la foi ne saurait se satisfaire des SEULES joies de l’esprit : elles ne nourrissent guère leur homme ! C’est dire également que la foi est moins un acte volontaire (intérieur par la seule raison, extérieur par des contraintes de tous ordres : familiale, sociologique, culturelle etc.) qu’une attirance par ce qui ne se voit pas. Qui dit attirance dit attraction. Qui dit attraction dit… distractions. Ce qu’on voit contribue grandement à nous distraire de ce qu’on ne voit pas. D’où l’immixtion discrète de ce qui ne se voit pas dans ce qui se voit.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Si le pain vivant est descendu du ciel, il devient donc à notre portée tout en demeurant du ciel. Un peu comme le chèque que l’on signe : ce n’est qu’un morceau de papier à notre portée représentant une somme d’argent qui, elle, est "du ciel"… de notre banquier. L’analogie s’arrête là : le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. Par deux fois, il est question de don. Même s’il se fait désagréable en gratifiant le client de quelques agios, il ne viendra à l’esprit d’aucun d’aller dévorer son banquier. (Surtout s’il porte l’emblème du lion : ce serait le monde à l’envers…) C’est que lui ne donne pas… et sa chair encore moins ! Lui n’a pas la prétention de descendre du ciel, et n’est pas très favorable à l’échelonnement éternel de mensualités de remboursements.
Pour que le monde ait la vie, il lui faut être nourri. Si la foi ne saurait être ingérence, elle est nonobstant ingestion : le pain qu’on laisse de côté finit par se rassir… et retourner d’une certaine façon au ciel : seuls les oiseaux en veulent encore.
Si le Boulanger est Unique, le monde ne l’est pas ! Afin de nourrir toute cette foule qui cherche Jésus [5], il convient de ne pas se satisfaire d’une seule Boulangerie. La proximité est aussi un facteur de fidélisation : il n’est pas très enthousiasmant d’effectuer des kilomètres pour aller chercher son pain. De même que celui-ci se multiplie [6], il faut bien multiplier les succursales. Mais toutes sont de la même enseigne : celle du Boulanger qui se donne [3]. Certes, toutes subissent la concurrence d’autres enseignes proposant un "produit" similaire… voire un "produit" complémentaire. Ce qui tombe bien : pour celles-ci, il faut en effet cotiser à une bonne mutuelle si l’on ne veut pas finir sur la paille. Certains de ces faux boulangers ont même tendance à trouver cette paille trop propre : on les reconnaît [7] à ce qu’ils ne laissent derrière eux que du fumier. Or, la demande du client ne consistait pas nécessairement à rechercher de l’engrais : au moins contribue-t-il à engraisser cet étrange "boulanger" qui se fait une spécialité dans la culture des mauvaises herbes…
Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. Quand le Boulanger prend ainsi la peine de se donner en s’incarnant, Il sollicite autant nos sens charnels que notre esprit. Celui qui ne sollicite QUE notre esprit -ou inversement QUE notre chair- n’est qu’un pâle imitateur. Il est vrai que le "docteur" es fumier a trouvé la parade : il agit sur l’esprit par le corps. Il donne à la chair de son client tout ce qu’il faut pour qu’il n’ait plus la vie de l’esprit. Cette parade est d’autant plus insoupçonnable qu’elle s’accompagne parfois d’une amélioration notable –quoique très ponctuelle- de la vie de la chair. La "santé" est toujours très consensuelle, et ne choque personne : choque davantage celui qui émettrait quelques soupçons… Pour cette peu recommandable personne (« ennemie de la santé » comme nous avons connu les « ennemis du peuple »), existe heureusement aussi la parade qui s’impose : un tel déni de la "santé" ne peut que "prouver" un déficit du même ordre. Haro sur le baudet ! À défaut de multiplier les pains et les poissons, une situation de ce genre contribue beaucoup à une étonnante multiplication d’ânes : avec le Dictionnaire de Sottises Monstrueuses [8], ils ont de quoi brouter… On peut ainsi vérifier les étonnantes vertus fertilisantes du fumier, cet ouvrage devenant inexorablement de plus en plus obèse à chacune de ses nouvelles éditions.
Or, le BON pain ne fait pas grossir…
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Commentaires
Je pense que mon idée n'est pas mauvaise.Euh… moi non plus, je n’abandonne pas (mais je M’abandonne plus volontiers, ce qui est une autre histoire…) ! Quant à fustiger, je ne suis pas non plus le dernier.
Chère Simone, vous ai-je jamais reproché de « fuir » ? J’observe simplement que j’éprouve effectivement un certain « plaisir » à vous pousser dans vos derniers retranchements : que vous tourniez alors « les talons en haussant les épaules » est de bonne guerre : je ne veux étrangler personne (si je suis un « cauchemar jubilatoire » (!), je ne suis pas un étrangleur !) et conçois qu’on veuille reprendre sa respiration.
« Plus de plaisir à alimenter le blog de Teddy » que le mien, preuve que mes « convictions ont besoin d'opposition pour se sentir vivre » ? Objection, votre honneur ! Mon blog est alimenté au quotidien, Teddy and co ou pas ! Vous allez rire : je viens ici non pour « me sentir vivre parce que mes convictions ont besoin d’opposition » mais au contraire pour reprendre moi-même ma respiration ! Mes « convictions » (le vilain mot, décidément…) n’ont absolument AUCUN besoin d’opposition en « externe » : j’ai largement plus que ma part en « interne ». Cela, c’est mon affaire ; mais permettez quand même que je rectifie le tir sur de telles assertions !
« Cela me fait penser à la foi de certains croyants. Quand ils sont entre eux, ils s'ennuient et vont même jusqu'à douter. » Pire : ils se CRÉENT des ennuis entre eux et vont même jusqu’à se faire douter les uns et les autres. Non seulement je n’appartiens pas à cette catégorie –qui s’apparente à n’en pas douter à la « symptomatologie crédopathe »-, mais je suis assez en pointe en matière d’opposition… cette fameuse opposition en « interne » que j’évoquais ! Chez VOUS, on ne s’ennuie pas ! Non parce que je titille les uns et les autres, mais parce qu’à la limite, je trouve plus d’authenticité chez vous que chez les miens ! (Et j’écris cela sans forfaiture)
« Pas étonnant qu'il pleuve aussi souvent. Persuadé de votre infaillibilité quasi papale (dans Tiarelov, il y a tiare, bien sûr ...) » Gasp ! Ferais-je tout à coup la pluie et le beau temps ? Je n’aurai pas cette prétention… pas plus que celle d’être « persuadé de mon infaillibilité quasi papale » !!! Bravo cependant à une agnostique d’avoir percuté sur le « tiare » : ce détail a totalement échappé à bien des croyants. Continuez un peu à gratter : vous en découvrirez d’autres…
« …vous demandez que l'on démontre vos contradictions, que soit dit en passant, votre subconscient sollicite. » Diantre : vous avez donc accès à mon subconscient ? Attention à « l’infaillibilité quasi papale » des professionnels de la chose : voilà qui précisément nourrit mon blog, entre autres !… « " la foi n'est pas acquise " et vous ajoutez : " si elle ne s'alimente pas à la source, elle s'atrophie " Or la source est acquise précisément puisque c'est un livre écrit par des hommes en direction d'autres hommes... » Si tel était le cas, elle serait tarie depuis belle lurette ! Je vous reporte tout simplement à ce que j’écrivais cette nuit à John et Teddy.
« Avec une certaine jubilation vous précisez : " JE SUIS un cauchemar " Raison pour laquelle vous écrivez tard le soir, croyant hanter nos nuits ? » Allons : je ne suis pas un fantôme non plus ! Si j’écris si tard, c’est justement parce je m’occupe en priorité de mon blog… et de mes oppositions « internes » qui, elles, n’ont rien de virtuel. Je fais même une exception présentement, en vous écrivant à une heure plus « chrétienne » AVANT de m’occuper de mon article du jour. Mes oppositions « internes » étant parties ce matin sous d’autres cieux grâce aux vacances, je rattraperai le temps « perdu » sans trop jouer cette fois les oiseaux de nuit !…
« Vous êtes tout au plus un empêcheur de penser en rond. » En rond ? (et petit patapon...) En ce sens, oui. Vous vous disiez récemment vous-même fatiguée de tous ces « convaincus ». Mais que sont-ils ceux-là, sinon des penseurs en rond ? Cela fait un peu hamster dans sa cage, qui tourne et tourne encore dans son barillet : il produit beaucoup de courants d’air, mais ne va pas très loin ! Alors, si je suis un « empêcheur de penser en rond », je veux bien… à condition d’aller jusqu’au bout : j’ouvre les cages. À commencer par celle dans laquelle on voudrait bien m’enfermer !
« Voilà plus de 2000 ans que vous et vos semblables vous ingéniez à exercer un pouvoir hégémonique sur les esprits, raison pour laquelle des blogs comme celui de Teddy existent. (Que le dieu Internet en soit remercié !) » Amen ! N’avez-vous pas remarqué que j’étais un peu dissemblable de mes « semblables » ? « Un pouvoir hégémonique sur les esprits » ? On s’y ingénie en effet, mais PAS CHEZ MOI. C’est même un sujet de prédilection -et de lutte- sur mon blog…
« Vous êtes même allés jusqu'à nous imposer un calendrier qui ne signifie rien puisqu'il démarre à JC alors que nos gênes sont bien antérieurs. La seule chose qui vous intéresse est la domination des esprits, toutes vos interventions le prouvent. » Mais je ne vous impose rien du tout ! Libre à vous d’employer le calendrier chinois ou d’autres. Cela dit, le calendrier actuel « ne signifie rien » pour vous, pas pour moi. Ce qui n’empêche pas effectivement « nos gênes d’être bien antérieurs », mais l’Eglise n’a jamais eu la prétention non plus de télescoper la Genèse avec le Nouveau Testament ! « La seule chose qui m’intéresse » ? La libération des esprits… et toutes mes interventions vont en ce sens, à défaut de le « prouver ».
« Vous êtes le digne représentant de l'église " catholique, apostolique et romaine " c'est à dire celle qui massacra les Cathares, mis au point la " Sainte " Inquisition ? Pas de quoi se vanter ! Pour ma part, je ne dialogue pas avec ces gens là. En ce qui me concerne, libre à vous de poursuivre un monologue car ACTA EST FABULA. » Là, vous êtes de mauvaise humeur ! Bon : on me repasse la vieille sauce des « Cathares » et de « l’Inquisition » dont vous n’avez pas tort de guillemetiser la sainteté. Vous croyez vraiment que je suis le « digne représentant » de ces avatars ? L’inquisition n’a d’ailleurs pas vraiment cessé : elle a seulement changé de camp. Relisez l’histoire de certaines constructions spirituelles qui ont au moins le mérite d’exclure toute « sainteté » de leur vocabulaire : dommage qu’elles excluent également la vie, et ce dans une quantité autrement plus monstrueuse que celle d’une Inquisition « officielle » dont je ne suis nullement par ailleurs un fervent admirateur !
« En ce qui me concerne, libre à vous de poursuivre un monologue car ACTA EST FABULA. » Un monologue ? Tel serait sans doute le cas si je causais tout seul au fin fond d’un désert, crispé dans ma grotte. Sur un blog ouvert à tous, les conditions d’un monologue me semblent pour le moins limitées : que le dieu Internet en soit remercié !
FABULA ? Vous avez raison : les fables de la Fontaine n’ont rien perdu de leur pertinence…
Avec tout ceci, on en oublierait le boire et le manger. Alors, bon appétit !
P.S. Je laisse le temps à Teddy de reprendre son souffle (!), mais je ne l’oublie pas…
Ecrit par : Teddy | 11.04.2008
Bienvenue chez moi, Teddy !
Je ne suis cependant pas certain que "votre" commentaire soit RÉELLEMENT le vôtre. Je suis encore moins certain qu'il s'applique à cette note. (Ce qui, vous le savez mieux que moi, est la règle.) Mais bon : vous savez que le "regard d'aime d'été" n'est pas trop regardant sur l'amour de la loi !
Alors, erreur de copié-collé de votre part... ou reprise inversée de souffle ? Essayez de brancher le tuyau de l'autre côté : on ne sait jamais...
À bientôt chez vous !
Ecrit par : MDT | 11.04.2008
J ai signalé à mes lecteurs habituel que ce débat pourrait se tenir autre part que sur mon blog. C'est donc à partir de votre dernier commentaire qu'ils pourront vous répondre sur le votre. Celui ci n'a bien sur rien à voir avec votre note de ce jour, c'est simplement une amorce.
Il n'y a pas de règle d'ailleurs rien que des conventions qui peu à peu disparaitront. Je reviens.
Ecrit par : Teddy | 11.04.2008
Je confirme votre tout dernier propos : je n'avais pas encore lu votre commentaire chez vous. En fait, je viens tout juste d'en prendre connaissance... en postant mon dernier commentaire chez vous !
Bref, nous nous croisons joyeusement : il vaut effectivement mieux qu'il ny ait pas trop de règles.
Quel capharnaüm, vous ne trouvez pas ?
Ecrit par : MDT | 11.04.2008
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