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dimanche, 13 avril 2008

Promenade au jardin d’enfants

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,1-10.
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »

_____Marcher avec Lui ? C’est ne marcher QU’avec Lui : cela seul brûle le cœur [1]… Il y a sinon de quoi s’enrhumer : en avril, ne te découvre pas d’un fil. Commenter l’Évangile au PRÉSENT, c’est aussi le lire au présent… en laissant Celui du lendemain au lendemain. À chaque jour suffisent ses peines, et ses divines surprises. Celle, par exemple, de découvrir au jour le jour combien l’Évangile d’un jour entre en pleine continuité avec Celui de la veille. Et ce, y compris quand les Textes ne se suivent pas immédiatement dans leur chronologie !
_____Si transgresser la loi de l’amour n’empêche pas le monde de marcher [2], cela ne l’empêche pas davantage d’entrer dans la bergerie sans passer par la porte, d’escalader par un autre endroit, en somme de voler ! Entrer dans la bergerie sans passer par la porte ? C’est vouloir se faire passer pour le berger des brebis. Ces dernières ne reconnaissent pas la voix des inconnus parce qu’elles sont connues du vrai pasteur : il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Celui qui est un voleur et un bandit, lui, ne sait voir qu’un troupeau de brebis, plus semblables les unes que les autres. La qualité de chacune lui importe peu : il raisonne en termes de quantité. De même que l’on élève des bovins en de longues stabulations dites libres, les brebis subissent le même sort : à chacune d’entre elles, est accolée une étiquette à l’endroit même où elles écoutent la voix du berger, à savoir l’oreille. Cette étiquette n’est pas un nom, mais un numéro. Toute brebis égarée sera ainsi aisément retrouvée grâce à ce numéro. Mais ici, il ne s’agit nullement de la parabole de la brebis égarée (Lc 15, 3-8) ! Dans un tel contexte, c’est là une brebis échappée ; de celle qui s'est enfuie loin du voleur, car elle n’a pas reconnu la voix du pasteur. Le berger des brebis les fait sortir. Le voleur, lui, agit dans un esprit de captation : défense absolue à toute brebisde sortir ! Le voleur se fait chasseur : toute contrevenante devient son gibier. S’il est retrouvé, il sera égorgé et détruit : perspective nettement moins réjouissante que celle de la fameuse parabole.
_____Beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Cela n’enlève en rien leur qualité de disciples, mais au moins leur démarche est-elle cohérente. Davantage que celle des disciples qui s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui tout en étant eux-mêmes convaincus d’être de ceux qui sont restés en marchant avec Lui [2]. C’est qu’ivres de verts pâturages, les brebis se voient proposer de multiples portes qui sont à la porte ce que la pellicule d’imitation couvrant l’aggloméré est au bois ! Ces portes de contrefaçon ne sont que du petit bois. Et dans le petit bois derrière chez soi, il y a souvent le loup. Qui a peur du grand méchant loup ? Personne, tant qu’il se déguise en grand-mère : la porte du petit Chaperon rouge lui est ouverte, et elle écoute la voix de son aïeule . Un peu grosse, cette voix : celle d’un voleur et d’un bandit. Pourtant, celui-ci n’a pas escaladé par un autre endroit : il est bien entré par la porte. Mais a-t-on jamais vu un loup pasteur, berger des brebis ? Le petit Chaperon rouge ne s’y trompe pas : elle ne reconnaît pas la voix de sa grand-mère. Mais pour elle, il est trop tard pour s'enfuir loin de lui ! Bon appétit, grand méchant loup… Il ne fallait pas se tromper de porte : le résultat est le même que si on avait escaladé par un autre endroit. On remarque d’ailleurs que lorsqu’une brebis ouvre la porte à un inconnu, elle ne fait pas que s’exposer : elle expose aussi les autres brebis. Si la grand-mère n’avait pas ouvert la porte la première, le petit Chaperon rouge n’aurait pas été dévorée. Ceux qui sont convaincus d’être de ceux qui sont restés en marchant avec Lui –c’est-à-dire ceux qui écoutent le loup en croyant entendre le berger- ne se contentent pas de s’exposer les uns les autres : ils se font aussi volontiers chasseurs des brebis qui, elles, jamais ne suivront un inconnu, s'enfuient loin de lui, car elles ne reconnaissent pas sa voix…

_____C’est ainsi que Jésus peut affirmer : ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Sauf les brebis galeuses, bien sûr : celles qui ont sauté la barrière en devenant des voleurs et des bandits. Quand une brebis est attrapée, c’est elle le loup ! Mais il  lui faut d’abord compter avant de se mettre en chasse : c’est la règle. Car jouer au loup nécessite davantage l’usage des chiffres que celui des lettres. On ne transige pas avec la règle ! Quand l’amour de la loi vient ainsi supplanter la loi de l’amour [3], on en arrive à des situations étonnantes : ce sont les plus fervents défenseurs de la loi qui sont des voleurs et des bandits ! Pour eux, c’est la brebis qui ne les ont pas écoutés qui triche avec la règle : c’est elle le loup, alors qu’elle n’a PAS été attrapée, qu’elle persiste à ne jamais les suivre et à s’enfuir loin d’eux. C’est pas d’jeu…

_____La vie est parfois un conte de fées. En général, ils se terminent bien : ils sont entrés en passant par Lui, ils ont été sauvés ; ils ont pu aller et venir, et ils ont trouvé un pâturage. Sans doute est-ce pour cette raison que certains prennent l’Évangile pour un "conte de fées" : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. » Autrement dit : ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

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