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mardi, 15 avril 2008

Attention : chien méchant !

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Si c’est votre anniversaire, vous pouvez cliquer sur la touche ­­ı> à gauche du lecteur : sales mômes !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,22-30.
On célébrait à Jérusalem l'anniversaire de la dédicace du Temple. C'était l'hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs se groupèrent autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ! » Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

_____Pour avoir le cœur en fête, rien de tel que la célébration d’un anniversaire entre amis : que le "héros" du jour souffle sur ses bougies, ouvre ses cadeaux, et que tout le monde chante autour de lui ! Belle image d’Epinal quand le "héros" ne peut ni souffler ni ouvrir quoi que ce soit. Quand on est Temple, on n’est pas là pour rigoler : on est l’Abri de l’amour de la loi. Cela jette un froid : c'était l'hiver. Jésus n’est guère perturbé par la température extérieure : Lui est de l’intérieur. D’ailleurs, éminemment Libre, Il allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon : clin d’œil à Salomon, roi de la justice. Cette justice est un feu qui ne refroidit pas : ne s’y trompent pas les Juifs qui se groupèrent autour de lui comme on se groupe autour d’un feu afin de se réchauffer. Ce n’est jamais là qu’un feu extérieur, ne garantissant en rien le réchauffement intérieur : n’est-ce pas autour d’un feu que Pierre a renié par trois fois ? [1]
_____C’est moins la baisse du mercure qui frigorifie les Juifs que le doute qui les assaille : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ! » La température extérieure se mesure en chiffres [2] : elle requiert maintes isolations afin de ne pas glacer l’atmosphère intérieure. La température intérieure –celle du cœur brûlant [3]- procède d’une logique inverse ! S’isoler, c’est se condamner à ne pas croire : « Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. » Dieu sait que les Juifs en ont vu, avec Jésus ; Dieu sait qu’il leur en a été dit.[4] Tout leur a été dit ouvertement ! Alors, pourquoi ne croient-ils pas ? Ce n’est pourtant pas la foi qui leur fait défaut : ne sont-ils pas dans le Temple, eux aussi ? Qui plus est, ils n’y sont pas pour en admirer les splendeurs architecturales mais pour en célébrer l’anniversaire de la dédicace : geste moins culturel que cultuel.
_____Alors, pourquoi ? D’abord, parce qu’ils ne sont nullement privilégiés par rapport aux générations qui suivront : eux voient. Malgré eux, il rendent ainsi témoignage que la foi est indépendante de ce qu’elle voit.[5] Ensuite, la réponse leur est fournie sur un plateau par Jésus Lui-même : « Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. » D’une certaine façon, leur liberté est pleinement respectée : ils ne sont pas conduits à une vente forcée. Ils ne sont pas clients du Boulanger [6], du Barman [7], du Boucher [8]… et du Laitier [2].  Plus on y met le prix, plus l’exigence de qualité se fait incontournable : mesurée en chiffres [2], elle devient étrangère à la logique du don, voire suspectée de contrefaçon !!! Une Marchandise qui est son propre bonus ? « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. » Ce Marchand, on n’écoute pas Sa voix ; Lui, on ne Le connaît pas, et on ne Le suit pas : Sa logique est une insulte flagrante aux dogmes de la mercatique. D’autant qu’ici, c’est le Père qui fait tiquer : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » [9] Voilà qui est trop fort ! Non seulement Il bouleverse les lois du marché, mais Il monopolise ce dernier ! Quid de la libre concurrence ? Que les Juifs de tous temps se rassurent : un bref regard sur le monde d’aujourd’hui ne témoigne guère d’un capitalisme spirituel outrancier…

_____Le lait pasteurisé se vend en packs de six : avec l’avènement de l’élevage bovin industriel, les litres coulent à flot. Décliné en de multiples conditionnements –tant en matière de contenant que de contenu- le lait est notre ami pour la vie [2]. Afin de prolonger cette amitié, on a même trouvé la formule pour conserver le lait plus longtemps : il suffit de le chauffer brièvement en ultra haute température. Cette chaleur étant brève, le produit fini se consomme indifféremment chaud ou froid. Étrange mode de conservation, à l’opposé de ce à quoi on nous a habitués : le grand froid.[3] Il n’en demeure pas moins que ce procédé ne dérange personne, pour la simple raison qu’il contribue puissamment à l’extension des fameux dogmes de la mercatique.
_____La célébration d’un anniversaire entre amis est ici plus sûrement celle des gardiens du dogme : s’en ressent une atmosphère festive pour le moins relative. C’est que le repli sur le dogme –quel qu’il soit- n’est guère de nature à favoriser la gaieté. Le dogme est chose trop "sérieuse" pour être laissé aux fêtards.[2] Prêts à mordre, ses gardiens se mettent en boule à l’apparition de la plus petite fantaisie. Une lettre, une simple lettre, suffit à s’étonner de l’étrange coïncidence phonétique qui règne autour du dogme. Ôtons lui son m (comme mercatique) et substituons-lui un u (comme unité) : la même lettre la tête en bas… avec une patte en moins. Et cela nous donne deux pattes en plus ! Des pattes, oui mais… des crocs aussi. Un dogue, c’est dingue. Surtout si lui aussi se met en boule ! Sans vouloir sombrer dans un "racisme" déplacé, il ne semble pas que les bouledogues soient d’excellents chiens pour les brebis. À éviter d’offrir à un berger pour son anniversaire !…

_____L’avantage du jardin d’enfants [10], c’est qu’on y fête son anniversaire sans crainte d’être mordu. C’est que par convention (dogmatique ?), il est interdit aux chiens… et plus encore aux loups. Sauf pour jouer, bien sûr ! Alors, il est également interdit aux "professionnels" [11] : ils gâcheraient la fête…

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