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16.04.2008

Un ver, ça va ! Bonjour les dégâts…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,44-50.
Jésus, lui, affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé ; et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j'ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m'a envoyé, m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l'a dit. »
 
    « Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit… ». Avec force, Jésus affirmait ce qu’Il affirme depuis toujours : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » [1] Ce que ne dément aucunement la suite de la phrase : « …et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. » La foi est sauve, puisqu’on ne peut voir le Père que par le Fils. Ce qui requiert l’entremise d’un Esprit qui contredirait Père et Fils si le Père s’incarnait visiblement : c’est l’Esprit qui éclaire. « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » Sans l’Esprit, cette phrase serait tout simplement irrecevable : elle serait perçue comme celle d’un invraisemblable et éblouissant mégalomane. Sans l’Esprit qui éclaire, les contrastes n’existent plus : on s’habitue à tout, même à l’obscurité. On peut vivre, s’agiter voire voler dans l’obscurité : on peut aller jusqu’à s’y aiguiser un sixième sens. On peut se croire en plein jour quand il fait nuit : on peut être chouette… ou chauve-souris. Tel peut demeurer dans les ténèbres en alléguant qu’il est midi : croiront en lui tous les habitants de la nuit. Eux, demeurés dans les ténèbres ? Est "demeuré" celui qui lance pareille affirmation ! Il est minuit, Dr Schweitzer [2]… pas midi : on ne risque pas d’insolation avec la lune. Le respect de la vie ne commence-t-il pas par le respect de ses rythmes naturels ?
 
    « Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver… » Si le Berger se réjouit de retrouver la brebis égarée [3], Il n’a pas organisé de battue pour la retrouver ! Il ne lui a pas lâché son bouledogue [4] (!) afin de la contraindre à revenir au bercail. Aujourd’hui, Il lui envoie plus volontiers un berger allemand : moins dingue et plus fidèle qu’un dogue, c’est un loup à l’extérieur et une brebis à l’intérieur : entre brebis, on ne se mord pas. N’est-ce pas l’exact contre-point du berger mercenaire[5] : loup à l’intérieur et brebis à l’extérieur ? Fût-on berger allemand, on ne se réjouit pas davantage que la brebis se sauve : ce serait la juger. Si lui ne la juge pas, qui donc la jugera ? Ce juge-là n’a pas besoin d’une Cour afin de prononcer sa sentence : il n’est pas de l’extérieur. Il agit en solo. Le solitaire a ses limites…. notamment celle de jouer CONTRE soi-même : effet miroir garanti [6]. Il voit venir le loup par "lycanthropie" ! L’homme devient un loup pour l’homme : c’est le berger mercenaire[5] L’arbre est jugé à ses fruits. Parfois, le ver est dans le fruit : il est solitaire le ver…
 
    Personne ne doit être juge de sa propre cause, parce qu’on ne peut être juge et partie. Le vieux proverbe latin est d’une grande sagesse : être juge de sa cause, c’est s’assurer que le non-lieu n’aura pas lieu ! Difficile de se sauver quand juge et accusé ne font qu’un. Difficile d’être dans la lumière quand on se complaît à demeurer dans les ténèbres. « Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j'ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. » À rapprocher de cette autre Parole récente : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » [7] Les morts à la lumière peuvent-ils manger sa chair et boire son sang sans prononcer leur propre condamnation ?[8] On peut s’éclipser en demeurant dans les ténèbres jusqu’au dernier jour. Ce dernier jour n’est-il pas l’annonce d’un jour nouveau ? Ce jour n’est-il pas celui qui solde tout compte, départageant la brebis dans son choix final : celui de la lumière ou celui des ténèbres ? Simultanément, n’indique-t-il pas la fin du jeu ? Quelles qu’en ont pu être les ténèbres des tricheries, celles-ci reviendront à la lumière, apportant leur lot de condamnations… ou, plus positivement, de relativisations ! Bien des misères seront éclairées ; bien des "éclairages" seront obscurcis : ne seront condamnées que les ténèbres. « Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m'a envoyé, m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. » En conséquence, ce qui est étranger à son commandement est étranger à la vie éternelle jusqu’à s’y opposer. Au dernier jour, ce que nous dirons viendra de NOUS… et de personne d’autre. Donc, ce que nous déclarerons, nous le déclarerons comme le Père nous l'a dit. Ne dit-on pas que la paternité est un acte de foi ? Raison de plus pour ne pas se tromper de  Père...

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