Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 28 avril 2008

Bon ânier, bonne santé…

1895003464.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4.
« Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. Je vous dis tout cela pour que vous ne risquiez pas de tomber.
On vous exclura de la synagogue. Et même, l'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu. Ils le feront parce qu'ils ne connaissent ni le Père ni moi. Mais voici pourquoi je vous dis tout cela : quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous. »

_____Quand viendra le Défenseur : comme son nom l’indique assez, ce Défenseur vient chez ceux qui ont un combat à mener. Il ne vient QUE chez ceux qui n’éludent pas ce combat. Lui est l'Esprit de vérité qui procède du Père, non de l’esprit de la chair. L’inertie native de ce dernier ne peut que risquer de faire tomber. Il ne se contente d’ailleurs pas de vouloir faire tomber celui qui s’y soumet, mais plus encore celui qui ne s’y soumet pas : l'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu. Cette heure est déjà là : c’est celle de tous ceux qui parlent au nom de l’amour la bouche en cœur et le cœur livré à une haine qui se dissimule à elle-même.[1] Pour tuer en s’imaginant offrir un sacrifice à Dieu, il faut que l’esprit ait été soumis à un tir réglé de manipulations. C’est moins la caractéristique d’un esprit pervers que de celui qui a sciemment choisi le MAUVAIS "Esprit de vérité". Il n’y a aucune fatalité dans ce choix funeste : les fruits blets qu’il produit sont immédiats et parlent d’eux-mêmes. Le premier de ces fruits est la DÉSERTION du combat. Le "Défenseur" singe le Défenseur, brouille les cartes en orientant le combat à l’extérieur. L’ennemi ? Il est chez l’autre ; JAMAIS chez soi, ou si peu. L’"Esprit de vérité" pousse aux alliances contre-nature, faisant de l’ami un ennemi et de l’ennemi un ami.
_____Avec un tel "Défenseur", il n’y a plus besoin de haïr : il suffit d’agir au nom de l’amour et le déserteur le plus vil passe pour un hardi va-t-en-guerre. Officiellement, il combat : "l’ennemi" n’a qu’à bien se tenir… et celui qui ne se tient pas bien en "déniant" ce combat n’est qu’un lâche. Qu’on se rassure : "ce n’est pas de sa faute" s’il est si pleutre. En effet, il est "malade". Mieux vaut être "en pleine forme" pour combattre, afin que la lutte ne soit pas trop inégale ! Agir au nom de l’amour, c’est dégouliner de tendresse pour cet "ennemi" si mal en point en lui conseillant un bon "docteur". Avec de telles "amours", il n’y a décidément plus besoin de haïr. Il semble que dans cet "esprit", être "en pleine forme" consiste à s’allonger les formes : par exemple, se faire pousser de longues oreilles ("l’ennemi" est réputé ne pas être assez à l’écoute !), une longue queue (la "dévertébration" de l’esprit nécessitant quelque compensation physique à l’arrière…), des pattes à la place des bras (afin d’être certain d’avoir "les pieds sur terre"…), une position horizontale afin d’avoir moins à se pencher pour brouter, enfin s’entraîner à quelques vocalises (à deux tons seulement, afin de s’épargner tout échauffement cérébral intempestif) pour "parler" comme tout le monde. Ce qui requiert à n’en pas douter les services "désintéressés" du serviteur bien connu de l’"Esprit de vérité", dont les qualités "thérapeutiques" décrites ci-dessus ont laissé deviner le rôle éminent qui incombe au "médecin de l’intelligence" [2], gardien du cheptel…

_____En de telles pâtures, on est prié de pâtir… ou de partir. On vous exclura de la synagogue. Si vous persistez à vivre debout, vous n’avez plus votre place parmi les quadrupèdes. Leur combat ? La lutte pour la préservation de leur carré d’herbe à brouter : tout autre combat est secondaire, et ne saurait au mieux être envisagé que la panse pleine. À défaut, il est qualifié de "fuite" devant les dures réalités de ce monde. Comment celui qui persiste à se tenir debout pourrait-il brouter ? Pesant de tout son poids sur ses pieds de bipède, il menace le carré de l’autre en piétinant son herbe précieuse ! N’a-t-il pas oublié que la nature faisait bien les choses ? C’est vraiment lui "rendre service" que de le remettre à sa place : à quatre pattes… toujours au nom de l’amour, comme il se doit. Ne sait-il d’ailleurs pas que la copulation animale entre quadrupèdes veut que l’un monte sur l’autre par derrière ? Dès lors, sont "morales" et répondent à la "loi de l’amour" toute action et toute parole qui s’exercent par derrière, pour le "bien" de l’être "aimé". Surtout ne rien lui dire ouvertement : cela lui ferait du "mal". Que vienne le Défenseur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, et qu’il rende témoignage en sa faveur est plus effrayant que rassurant, n’étant plus perçu que comme le… Désherbant. Quand on est âne soumis à l’"Esprit de vérité" jusqu’à l’extrémité de sabots prêts à ruer, on brait encore plus fort pour appeler au secours le gardien de la synagogue. Chez ce dernier, pas de quartier : lui seul a le droit d’être debout ; toute tête qui dépasse est coupée… pardon, "soignée". [3] Ne pas le confondre avec le gardien de la paix, en dépit d’un certain voisinage phonétique ! L’âne ne connaît la "paix" que lorsqu’elle se conjugue avec le verbe paître, non avec le verbe pacifier. Quelle bourrique…

_____L'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu. Cette heure est là, sous nos yeux ! Que ce soit dans la fureur médiatique ou sous une chape plombée de silences coupables, ne tue-t-on pas AUJOURD’HUI à tour de bras AU NOM DE L’AMOUR ? Ce bain de sang QUOTIDIEN –donné ou non en spectacle- procède-t-il de l'Esprit de vérité ? Il procède surtout de la désertion massive de régiments entiers de combattants dispersés dans des luttes intestines et inutiles qui ne profitent qu’à l’ennemi. Le témoignage qu’ils rendent est celui de bêtes de somme qui croient vivre en chassant les mouches de leur queue et en mastiquant leur herbe avec plus de conviction. On s’étonne ensuite que toute une génération soit d’une inculture religieuse crasse : mais ne leur a-t-on pas D’ABORD appris à cultiver de l’herbe ? Quand "tendre la joue droite" est caricaturé jusqu’à laisser entendre que cela consiste à se laisser enc… au nom d’une "humilité" de contrebande, on n’est guère enc… lin non plus à nourrir le désir de cultiver autre chose que de l’herbe.
_____« Quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous. » Le "devoir de mémoire" est assez tendance à notre époque qui s’époumone à bondir d’urgence en urgence, brûlant le présent de bout en bout, faute de savoir le dominer. Vite, vite ; gardons-nous à gauche, gardons-nous à droite et que personne ne s’avise de toucher à notre petit carré de verdure. Chaque âne voit en l’autre un prédateur en puissance : grandes oreilles pour mieux entendre les boniments de "l’expert" [4] ânier (qui s’y entend lui-même à faire croire que des griffes vont pousser à la place des sabots du voisin... quitte à fournir au voisin des mauvaises herbes ad hoc de son cru afin de crédibiliser son discours, faisant effectivement pousser des griffes contre-nature), yeux au strabisme convergeant vers "son" herbe. Les nerfs optiques n’étant sollicités que pour la vue basse, cela offre toute chance au cerveau d’être plus disponible à exercer sa mémoire. Qui sait si celle-ci –pour peu qu’elle s’attache à ne pas être trop sélective- ne pourrait pas contribuer à élever le regard ?…[5]

Les commentaires sont fermés.