Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 03 mai 2008

À la niche : mais dors !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,6-14.
« Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres. Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père. Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai. »

_____Afin de pouvoir avancer -surtout lorsque se présente quelque obstacle-, il faut parfois accepter de prendre un certain recul : non pour fuir devant l’obstacle, mais au contraire afin de le surmonter. C’est pourquoi l’Évangile ne dédaigne pas ces flash-back, bonds en arrière destinés à mieux appréhender l’obstacle.[1]
_____Cet obstacle est toujours le même : croire au Père sans le voir, croire que l’on puisse accomplir les mêmes œuvres que le Fils… voire même de plus grandes ! Car « si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai. » Si le Père se fait volontiers Serrurier [2], ce n’est sûrement pas dans l’objectif humain de se satisfaire d’avoir bouté le loup hors de la maison : c’est en rester là à un stade de protection passive. Le risque est naturellement de rester enfermé sur soi, de ne plus considérer l’autre que comme un prédateur potentiel. On se croit ainsi plus malin que le loup, le "reconnaissant" derrière toute patte blanche… C’est là toute la technique du « PIA », loup qui montre le "loup".[3] Accomplir de plus grandes œuvres, c’est fermer sa maison à clef… DE L’EXTÉRIEUR et chasser le loup des autres maisons. Difficile à accomplir en se barricadant chez soi !…

_____Si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. Les œuvres ont ceci d’incontournable qu’elles sont extérieurement visibles. On ne PEUT PLUS se raconter d’histoires : les œuvres sont le reflet visible de l’invisible. Elles se moquent comme d’une guigne des intentions, bonnes ou mauvaises : elles établissent la distinction formelle entre ceux qui vont vers le Père sans passer par le Fils… et tous les autres. Même ici, la parole ne saurait suffire : il ne suffit pas de décréter la bouche en cœur que l’on est de ceux qui passent par le Fils, pour connaître aussi son Père. Multiplier les colifichets et les actes extérieurs de piété relève moins de la foi que de la superstition, tant qu’ils se prétendent à eux seuls des billets simples pour le Père. Saint Paul est aujourd’hui-même le premier à n’être pas dupe de ceux qui se trompent de Père : « Cet Évangile, vous l’avez reçu, et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. » (1 Co 15, 1-8) Garder l’Évangile tel qu’il a été reçu, c’est le faire fructifier dans des œuvres qui ne le contredisent pas : les incroyants AUSSI ne sont pas dupes, parce qu’ils ne veulent croire que ce qu’ils voient. Garder l’Évangile tel qu’il a été reçu, c’est LE servir : non s’en servir en « PVA » pour le dresser contre son frère ! C’est non seulement le réduire à ce qui nous arrange, mais en éliminer ce qui nous dérange : il n’est PLUS gardé tel qu’il a été reçu. À partir de là, le verdict est clair : c’est pour rien que l’on devient croyant. On s’en souvient : les discours ne sont que peu de poids face aux faits.[4]

_____La foi du « PVA » est aisée à discerner. Il peut connaître l’Évangile sur le bout des doigts, fréquenter la Parole avec assiduité depuis des années : ses œuvres parlent pour lui ! Quand il se sert de l’Évangile pour le retourner contre un frère qui dérange son confort moral, il n’en cite JAMAIS certains extraits.
_____« Les païens n’en font-ils pas autant ? »(Mt 5, 46-47) est une phrase que l’on n’entendra JAMAIS dans sa bouche : cette interrogation est pourtant de celles qui devraient demeurer en permanence dans le cœur de chaque croyant, maintenant en lui une vigilance spirituelle de tous les instants. La question est évacuée pour une simple raison, qui la rend insupportable : le croyant n’en fait jamais autant que le païen. En tant que croyant, la responsabilité de ses œuvres est accrue : quand celles-ci contredisent sa foi, il fait pire que les païens. Il n’a donc d’autre alternative pour se justifier que de s’assurer la complicité d’autres « PVA » en une association de bien-pensants qui se tiennent les coudes, se rassurant les uns les autres et se donnant les "Pères" qui conviennent à ce qu’ils veulent appeler leur "sensibilité". [5] Ici encore, gare à celui qui résiste à cette "sensibilité" : ce sera lui qui sera "traité" pire qu’un païen ! C’est ainsi que la "science" du « PIA » trouve une oreille fort complaisante chez un « PVA » qui s’éloigne de l’Évangile, indifféremment de ses manifestations compensatoires de foi extérieure qui n’ont plus qu’un rôle de tranquillisant : on ne peut choisir deux directions spirituelles opposées sans dommages collatéraux. À cet égard, il serait TRÈS intéressant d’établir les corrélations entre l’abus de tranquillisant spirituel et celui de sa version chimique, dont on sait que le marché est particulièrement florissant : voilà des "fleurs" qui promettent des fruits ô combien amers… Joli mois de mai, inauguré sur nos trottoirs par les étals improvisés de marchands de CLOCHETTES en fleurs : pour qui sonne le glas ?
_____Le passage de saint Paul –cité plus haut- est également de ces phrases évacuées par le « PVA ». Déployer tant de mécanismes de défense psychologique pour s’entendre dire que c’est pour rien que vous êtes devenus croyants ? Abomination des abominations ! L’Apôtre des païens n’étant plus à portée de "science" du « PIA », gare encore à celui qui rappellera sa parole en dehors des clous : il sera abominé… au besoin avec "amour" ! Ce sera lui qui sera "traité" pour rien. Les mécanismes de défense sont priés d’être prioritaires sur le Chemin, la Vérité et la Vie… dérisoirement caricaturé en "pathologie". Plus que jamais, le « PIA » est appelé à la rescousse dans un rôle insensé et surtout, IMPITOYABLE par nature : celui d’arbitre insurpassable de la vie SPIRITUELLE des uns et des autres… de l’un par rapport aux autres. Si on ne savait pas que le "psychique" n’avait "rien à voir" avec le spirituel [6], cela ferait froid [7] dans le dos…
_____Il y a enfin une troisième passage qui est la TERREUR du « PVA », et qui, elle aussi, devrait demeurer en permanence dans le cœur de chaque croyant : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.'[8] En dépit de toutes ses "assurances-vie", le « PVA » est INCONNU ! Certes, dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure. [9] Mais cette demeure ne se trouve QUE dans la maison du VRAI Père. Mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres. On peut SE tromper sur le Père : Lui, on ne Le trompe pas ! Quel est le Père qui demeure en nous ? La réponse est bien sûr dans les œuvres que nous accomplissons en Son nom. Il n’y a pas de fatalité, de choix irréversible : si l’on ne croit pas Sa parole, croyons au moins à cause des œuvres : NOS œuvres. Contribuent-elles à la connaissance du Père… ou Le rendent-elles méconnaissable ? Ce Père que nous prétendons servir, est-Il oui ou non un Père pour tous… ou un tranquillisant pour soi ou pour son clocher ? Ce qui, déjà, en fait un épouvantail à l’extérieur… Par les tourments qu’Il a subi durant Sa Passion, le Fils lui-même a été rendu méconnaissable : je suis dans le Père, et le Père est en moi. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.[10] Jusqu’à la fin du monde, le croyant a toute latitude pour défigurer le Père Lui-même jusqu’à Le rendre méconnaissable.
_____L’intervention du « PIA » est ici déterminante : déresponsabilisateur et déculpabilisateur "professionnel" [5], il s’attache à ce que la défiguration du Père ne soit pas RECONNUE : le "Père", c’est lui et personne d’autre ! L’Autre est prié de rester méconnu, à l’image du dieu inconnu des Grecs de l’Aréopage. (Ac 17,15.22-34.18,1) Il faut donc DÉFIGURER [11] tout disciple de saint Paul qui le reconnaisse. Au moyen de l’invention stupide du "déni de la souffrance" (perversion laïcisée de la souffrance non acceptée…), le mal va être réellement NIÉ chez ses vrais responsables pour aller se cristalliser artificiellement -et EXCLUSIVEMENT- sur celui qui le dénonce. On se rassure ainsi à bon compte, protégé par l’alibi faussement sanitaire d’une "dangerosité" fantasmatique. Quand il viendra, lui, le faux esprit de vérité, il vous guidera vers le mensonge tout entier. En effet, ce qu'il dira viendra de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu de ses CLIENTS ; et ce qui va venir, il le fera connaître à tous… sauf au "patient".[12] Étonnant voisinage sémantique avec le VRAI Évangile ! L’homme devient un chien pour l’homme ; l’homme se couche devant l’homme : les ingrédients de la CHIENLIT sont réunis. Degré zéro d’une charité pas même chrétienne, cette attitude est néanmoins adoptée par nombre de chrétiens de parole. Puisque c’est le "docteur" qui le dit…

_____Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai. Les prières sont exaucées : TOUTES les prières. Les prières aussi sont des œuvres. Quel Père est-il glorifié dans les fils que nous sommes ? À quel Père demandons-nous quelque chose en invoquant son nom ? Attention : lui, il le fera. QUEL QU’IL SOIT… Attention : celui qui croit en lui accomplira les mêmes œuvres que lui. QUEL QU’IL SOIT… Et le Père sait mieux que nous ce qui nous convient. QUEL QU’IL SOIT… Le singe de Dieu sait aussi exaucer les prières… à sa façon. C’est bien à ses œuvres qu’on le reconnaît : aucune d’entre elles ne relève de la fatalité.
_____'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.'Il faut être dans le BON Père, afin qu’Il soit en nous et qu’Il nous connaisse. Il n’y a AUCUNE EXCUSE pour le croyant, parce que dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. DANS l’Évangile, RIEN que l’Évangile, TOUT l’Évangile. Au PRÉSENT. (' Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.' [8] ) Le reste vient du mauvais…

Les commentaires sont fermés.