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lundi, 12 mai 2008

Un signe pour le singe

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,11-13.
Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus : pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. » Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l'autre rive.
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______Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent.[1] Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus. La marque de l’Esprit se distingue à ce qu’Il peut bien produire un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent, ce bruit ne couvre pas celui de la discussion agitée des hommes. Quand ils Le mettent à l'épreuve, c’est pour Lui demander un signe venant du ciel à eux qui en ont été abreuvés ! On le sait : cette demande de signe n’est pas sans arrière-pensée. [2] Le véritable signe qui atteste de l’Esprit n’a JAMAIS besoin d’être demandé, parce qu’il frappe TOUJOURS à la porte de nos cœurs. Demander un signe est donc déjà un signe contraire : celui du refus de tout signe ! Il n’est donné que le signe de Jonas, celui qui fait noyer le poisson au cours de violents coups de vent [3] qui, eux, incitent à partir vers l'autre rive : la rive de l’accueil de l’Esprit. Tant que cette traversée n’a pas été effectuée, toute discussion est vaine : aucun signe ne sera donné à cette génération, parce qu’elle ne le recevrait pas davantage que les précédents. Qu’il soit brise légère ou violent coup de vent, l’Esprit n’enfonce aucune porte.

______Il en devient presque pathétique ce « PVA » qui reste sur le bord de la route, en panne sèche. Il supplie le Pompiste de lui faire le plein, mais garde soigneusement fermée sa trappe de carburant ! Que le Pompiste se débrouille : s’Il se veut l’Esprit, Il donnera un signe en remplissant le réservoir sans que ce dernier soit ouvert. Il pourra enfin repartir… par l’opération du Saint Esprit. C’est là le mettre à l'épreuve : Lui demander de violer la trappe du réservoir. Au plus profond de Lui-même, Jésus soupire : Il ne peut que quitter un tel esprit qui caricature son Esprit, faisant de Lui une pâle projection de l’esprit de la chair, moins Avocat des pauvretés humaines que de faiblesses jamais remises en question. L’Esprit Saint est réduit à l’état de paillasson sur lequel se frottent des pieds crottés par la poussière de la route. Le faux esprit d’amour se repaît de fausses humilités : il s’en tient à la petite Thérèse qui ramasse une aiguille par amour, qui épluche des pommes de terre par amour, qui sourit par amour à la sœur qui lui est moins sympathique. Le faux esprit amour ne se reconnaît que dans ces petites choses, celles qui passent encore sous la porte, celles qui n’obligent pas à lever les yeux vers le ciel de peur qu’il en vienne un signe. Il oublie simplement que c’est là le ciel qui vient rejoindre la terre, non le ciel qui se met à la botte de la terre. C’est le ciel qui vient rappeler jusqu’au fond d’un Carmel que la Parole s’incarne jusque dans les choses les plus insignifiantes, précisément afin de les habiter par des signes s’incarnant dans le disciple qui accueille le véritable Esprit Saint ! Celui qui ne l’accueille pas ne garde qu’aiguille et pommes de terre, admire -de loin- puis oublie l’histoire d’une âme : trop fort pour lui. Surtout quand il ne s’intéresse qu’à la "médecine"de l’âme [4] qui, elle aussi, se vautre dans les petites choses et s’imagine grande parce qu’elle amoncelle petitesses et mesquineries… À quoi bon être Docteur de la loi de l’amour, si les disciples de cette loi se laissent séduire par les faux docteurs d’une loi de "l’amour" aplatie par l’amour de la loi ? [5] À quoi bon passer son ciel à faire du bien sur la terre –être un signe venant du ciel-, quand simultanément les disciples n’ont plus d’autre "bien" que se fier à des "sages" qui rendent singes ? Des millénaires de multiples civilisations pour en arriver au stade de pré-hominidés dont la cognition ne se résume plus qu’à l’art de se laisser identifier comme des agglomérats incertains de pulsions incontrôlées ! Les signes venant du cielne se laissent voir et accueillir que par ceux qui consentent à partir vers l'autre rive, sans crainte des inévitables tempêtes. Si nul n’y est contraint, nul ne doit davantage contraindre quiconque à demeurer sur la rive, au nom d’une "prudence"qui n’est que le masque de la pleutre tentative de partage d’une peur ankylosante : celui qui tente SA traversée, il lui arrivera ce qui lui arrivera ! [6]
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Lettre de saint Jacques 1,1-11.
Moi, Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, je vous salue joyeusement, vous qui appartenez aux douze tribus d'lsraël dispersées dans le monde. Mes frères, quand vous butez sur toute sorte d'épreuves, pensez que c'est une grande joie. Car l'épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien. Mais s'il manque à l'un de vous la sagesse, qu'il la demande à Dieu : lui qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproches, il la lui donnera. Mais qu'il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite est semblable au va-et-vient des flots de la mer agités par le vent. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, qu'il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s'il est partagé, instable dans tout ce qu'il fait. Parmi les frères, l'homme de basse condition pourra s'enorgueillir de ce que Dieu l'élève, et le riche de ce que Dieu l'abaisse, car il passera comme l'herbe en fleur. Quand le soleil est monté, avec sa chaleur brûlante, l'herbe a séché, sa fleur est tombée, et l'éclat de sa beauté s'en est allé ; ainsi le riche se flétrira avec toutes ses entreprises.

______Mais s'il manque à l'un de vous la sagesse, qu'il la demande à Dieu. Quand on demande cette sagesse à un autre qu’à Dieu, c’est à ses risques et périls. Il n’y a pas de "professionnel" [7] de la sagesse ! Tout prétendant en ce sens est un escroc et un berger mercenaire. [8] C’est un voleur de la clé de la trappe du réservoir. Pas facile de faire le plein quand on a perdu la clé… En un sens, lui aussi vérifie la qualité de votre foi dans l’épreuve. Mais cette épreuve ne sait produire que désespérance en lieu et place de la persévérance. Elle entretient savamment la moindre hésitation, rendant celui qui hésite semblable au va-et-vient des flots de la mer agités par le vent. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, qu'il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s'il est partagé, instable dans tout ce qu'il fait. Qu’il ne s’imagine pas, cet homme-là, que l’on puisse impunément partager la sagesse de Dieu avec les "sagesses"des hommes. On peut se fouetter jusqu’au sang, se mettre à plat ventre, invoquer l’Esprit Saint du matin jusqu’au soir, ON NE LE REÇOIT PAS.[1] Ce n’est plus même remplir un réservoir de carburant d’eau sucrée [9] : ce réservoir est devenu inaccessible faute de clé. Pourtant le Serrurier [10] est là qui attend : s’Il sait fournir une clé qui nous permette d’échapper au loup, a fortiori a-t-Il un passe-partout susceptible de ne pas buter sur cette sorte d'épreuve, surmontable avec une grande joie ! Mais c’est à Lui qu’il faut demander ce passe-partout : à personne d’autre. Demander à un autre, c’est prendre le risque de casser une fausse clé dans la serrure, voire d’abîmer cette serrure. C’est se rendre hermétique à l’Esprit Saint jusqu’à en avoir peur, tant Il s’oppose en tous points à ses petits, tout petits canons en vigueur. Le disciple lui-même va inspirer de la peur.[11] Cette peur n’est rien d’autre qu’un signe à l’attention de l’affecté : celui de l’attachement à un "Esprit Saint" de pacotille réduisant un Docteur de l’Église à une ramasseuse d’aiguille ou une éplucheuse de pommes de terre, faisant battre notre coulpe sur les pauvres pécheurs que nous sommes, ployant sous le poids de limites qu’il n’est surtout pas question d’essayer de dépasser. Que vienne soudain du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent, et la fausse paix s’envole telle une nuée de pigeons se dispersant au coup de fusil du chasseur. Alors les pigeons se mobilisent.[1] Sus au chasseur ! Non seulement sont-ils aveugles, mais à leur cécité vient s’ajouter la surdité. En effet, ce n’était pas un coup de fusil qui se faisait entendre : juste le tintement d’un trousseau de clés. Leur chasseur est en effet le Serrurier : Il ne chasse jamais que la peur. Ses clés ouvrent toutes les cages, toutes les trappes et tous les chausse-trappes, ne ferment que les portes destinées à empêcher l’entrée du loup. Il vise toujours juste… mais Il ne tire jamais sur un pigeon qui Lui tourne le dos : c’est un chasseur, non un boucher. Il ne chasse jamais que la peur, mais Il ne la chasse jamais contre le gré de celui qui en est affecté.

______On sait ce qu’il advient du riche de la "sagesse" des hommes. Certes, il se veut amateur de lumière (…voire "professionnel" !). Mais quand le soleil est monté, avec sa chaleur brûlante, l'herbe a séché, sa fleur est tombée, et l'éclat de sa beauté s'en est allé ; ainsi le riche se flétrira avec toutes ses entreprises. Il se flétrira à la hauteur des pétales de rose -signes venant du ciel d’un Docteur de l’Église- qu’il aura flétries de ces mêmes entreprises… de démolition. Celui-là pourra avoir tous les signes venant du ciel depuis la création du monde : il n’en verra AUCUN, chacun le faisant fuir sous l’emprise d’un étrange "Esprit Saint" dont les inspirations se limitent à lui faire éplucher des bananes, et à en jeter la peau sous le passage des autres.

podcast

Daniel Facérias : Thérèse 5mn32
(extrait de « Oser l’éternité », Bayard Musique)

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