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13.05.2008

Attention aux odeurs…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,14-21.
Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque. Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode ! » Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain. Il s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ? Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
— Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »
 
    On peut être dans la même barque, partager le même pain, rien n’indique que l’on partage pour autant les mêmes soucis. Il n’y a qu'un seul pain avec eux dans la barque. Et ce pain divise avant seulement d’avoir été divisé ! Les disciples ne le considèrent que sous son aspect visible, notamment quantitatif. Jésus, Lui, plonge au cœur du pain, dans son aspect le plus invisible : le levain. C’est que nous sommes dans une phase de transition : celle du passage d’une rive à une autre, celle de l’apprentissage de la disponibilité à l’Esprit[1]. En fonction de cette disponibilité, le pain devient Pain de vie du Boulanger[2]… ou il devient le pain dur et rance, sommairement gonflé au levain des pharisiens et à celui d'Hérode : pain frais aux premières heures, vite rassis. Après un petit déjeuner copieux, on peut partir au bureau au petit matin le ventre plein, ne pas se sentir concerné par ces boulangeries ouvertes qui exhalent des odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Rassasiés, nous nous voulons indifférents à ces arômes : il n’en demeure pas moins que nous ne prenons pas garde que nous en respirons les effluves qui emplissent l’atmosphère… Nous avons des yeux et nous ne regardons pas, nous avons des oreilles et nous n’écoutons pas… Nous avons un nez, mais nous ne saurions vivre en apnée.
 
    Au nom d’un certain "réalisme", seul a de la valeur à nos yeux le pain levé au levain des "pharisiens" d’aujourd’hui  et à celui auquel nous sommes "rodés". Seul ce pain nous fait signe. Et ceci ne dépend en rien de notre proximité avec le Maître. Regardons ces disciples : ils sont au pied du mur. Témoins privilégiés d’un signe ô combien éloquent [3], ils en sont encore à se chamailler pour quelques miettes de pain, tenaillés par la peur du manque. Au-delà du manque de pain, se fait jour un autre manque. Ce manque-là sera exprimé plus tard par leur Maître, parvenu à Son extrémité humaine : « J'ai soif. »[4] Cette soif rejoint la faim exprimée par les disciples dans la barque : soif d’amour. Il faut en effet avoir le cœur aveuglé pour exprimer une soif d’amour qui ne dit pas son nom, quand on a le privilège d’avoir l’Amour en Personne dans sa barque ! Ils discutaient entre eux.D’emblée, ils excluent de leurs conciliabules Celui qui a produit de tels signes que ceux-ci rendent caduques cette conversation ! Comment peut-on s’inquiéter pour un seul pain quand on a face à soi Celui qui en a rompu cinq pour cinq mille hommes ? Comment ? Toujours, en ne recevant pas les signes.[1] Rien à faire : témoin privilégié ou non, on peut se fouetter jusqu’au sang, se mettre à plat ventre, invoquer l’Esprit Saint du matin jusqu’au soir, ON NE LE REÇOIT PAS.[5] À l’heure où les disciples "comptent les mouches", Jésus les rejoint dans leurs petits calculs, inverse leur perspective en substituant la multiplication à la division. Combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? Combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? Ce n’est pas même à leur cœur qu’il est fait appel, mais à leur mémoire. « Vous ne comprenez pas encore ? » Non : ils ne comprennent pas encore. Parce qu’ils n’ont pas encore achevé leur traversée ; ils ne sont pas encore sur l'autre rive : la rive de l’accueil de l’Esprit. [1]
 
    À cet égard, les disciplesd’aujourd’hui ne sont pas moins privilégiés que ceux d’hier. Plus que jamais, la vie d’un discipleest ponctuée de traversées à effectuer [6], de périodes de réchauffement… et d’autres de glaciation. [7] Mais qu’Il dorme ou non sur son coussin au fond de la barque, le Maître est toujours là. Il lui a été donné autorité sur tout être vivant [8]… y compris les êtres nocifs dont la pérennité ne tient qu’à l’art consommé d’avoir entretenu l’illusion d’être devenus indispensables. Eux aussi rejoignent les hommes dans leurs petits calculs, développant leur perspective au lieu de l’inverser : eux aussi comptent les mouches, car c’est une toile qu’ils tissent…[9]
    Àl’instar de ceux d’hier, les disciples d’aujourd’hui ont eux aussi à prendre garde au levain des pharisiens et des Hérode des temps modernes. Cette garde, il est patent qu’ils l’ont baissée, allant jusqu’à accueillir le loup qui les dévore à bras ouverts ![10] Il peut paraître "obsessionnel" d’orienter jour après jour des commentaires de l’Évangile autour de la "santé mentale"… ce qui démontre déjà une certaine complaisance à l’égard du vocabulaire de l’ennemi. En réalité, il s’agit moins d’être "obsessionnel" à son endroit que de remettre les choses à l’endroit : l’humilité ne commande nullement de se livrer à lui sans coup férir, fût-ce avec le sourire. Aucune charité –chrétienne ou non- n’impose de faire semblant de pactiser avec l’ennemi qui passe pour l’ami quand cet ennemi est démasqué. L’humilité commande encore moins de se laisser phagocyter son propre vocabulaire, vidé de son sens. Quand elle n’est plus que la complicité –active ou passive- au sabordage de sa propre barque, ou de celles des autres, elle interdit toute traversée sur l’autre rive. Quand elle se fait le prétexte au refus de tout extraordinaire – de tout don de l'Esprit[11]- elle n’est plus que la prostituée d’elle-même, et la maquerelle des autres. Quand elle ne voit qu’"orgueil" dans l’accueil de l’Esprit Saint, elle est atteinte du virus [12]… On voudrait bien que ce virus soit comme les accidents : il ne concerne que les autres. Un peu à l’image du nuage radioactif de Tchernobyl : on voudrait bien que bon prince, il se soit arrêté net au-dessus des frontières de la Russie ! De même, on voudrait bien ne pas être concerné par la "santé mentale" : n’intéresse-t-elle pas que ceux qui ont été "diagnostiqués" déficients en la matière, eux et leur entourage ? Ceux-là ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
    Car c’est oublier que la "santé mentale", elle aussi, multiplie les signes à foison. Ceux-là deviennent de plus en plus éloquents : ne les voient pas que ceux qui NE VEULENT PAS les voir. Dire qu’elle concerne les uns et non les autres, c’est déjà oublier qu’elle se décline en "plans" officiels [13] grassement financés par les deniers publics, soit l’argent de CHAQUE contribuable… "souffrant" ou non. D’ores et déjà, des sommes faramineuses englouties en pure perte dans une cause en trompe-l’œil pendant que les hôpitaux "importent" des médecins étrangers pas toujours bien formés. Quand on organise une semaine de la "santé mentale"[14] coïncidant jour pour jour avec celle de la Passion, le signe est également criant, parce que l’adversaire est clairement désigné. Pourtant, ils sont finis les jours de la Passion [15]: qu’avons-nous à faire de ceux du sinistre Pathos ? Quand règne une opacité totale quant aux "guérisons" (sic) observées dans le domaine d’une "santé mentale" dont les cadres irresponsables croulent sous de dispendieux fonds publics (toujours CHAQUE contribuable…) dont aucun ne justifie jamais l’usage, c’est là plus qu’un signe. S’il n’y avait que le portefeuille qui soit atteint…
    On peut partir au bureau au petit matin le ventre plein, ne pas se sentir concerné par ces boulangeries ouvertes qui exhalent des odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Si les échoppes dédiées à la "santé mentale" exhalaient leur véritable odeur, nul n’y rentrerait, de gré ou de force. Tous les fuiraient… ou tireraient la chasse. Il faut que la pomme soit appétissante pour que Blanche-Neige la croque [16], que les valets de la "santé mentale" diffusent dans la rue les odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Que nous entrions OU NON dans leurs échoppes, nous en respirons les effluves qui emplissent l’atmosphère… Et ceci passe encore et toujours par un vocabulaire de bernard-l’ermite. Quand passent dans le langage courant des expressions désignant la suspicion de "maladies" qui n’existent QUE dans l’imagination de ceux qui les exploitent à leur seul profit, leur travail est à moitié accompli. Quand les mêmes font passer un cheval de bois [17] pour un pur-sang bien vivant aux yeux de tous, leur travail est à moitié accompli. IL suffit pourtant de baisser les yeux pour voir que ce cheval a des roues et non des sabots : des roues conçues pour rouler dans la farine ceux qui la déversent sous son passage. (Cette farine est gracieusement fournie par le loup : il n’en a plus besoin, ayant déjà dévoré tout le troupeau après lui avoir montré "patte blanche"… [18]) Quand cette monture n’a pour yeux que d’énormes boules de cristal de chiromancienne, destinées à prédire la "dangerosité" des uns et des autres, voire à prévenir (sic) de bien mystérieuses "épidémies" sorties de nulle part, leur travail est à moitié accompli quand on se laisse hypnotiser par de tels yeux de verre. Quand ces handicapés du cœur cherchent à imposer par fausse compassion le concept fumeux de "handicap psychique" et qu’ils ne rencontrent qu’hochements de tête "compréhensifs" et molle opposition, leur travail de sape est en bonne voie. Aurait-on déjà oublié le signe grandiose fourni par la sombre affaire d’Outreau ? À la face du monde, le « PIA » montrait son véritable visage : le culpabilisateur des innocents et le déculpabilisateur des coupables. [19] Faudra-t-il incendier nos Palais de justice afin de les désinfecter de leur présence nauséabonde pour la justice la plus élémentaire ? Ou en arrivera-t-on ENFIN, et plus constructivement, à EXERCER cette justice la plus élémentaire sur ceux qui la sabordent de l’intérieur ?
 
    Qui peut affirmer que la "santé mentale" ne le concerne pas ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?Que celui qui n’a jamais péché de complaisance à l’égard de la "santé mentale" lui jette la première pierre.[20] Mais sur cette réponse, il ne s’agit pas de s'en aller l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Car si la "santé mentale" est prise en flagrant délit d'adultère à l’encontre de tout être vivant[8], elle NE REGRETTE RIEN, ses yeux de verre étant incapables de lui montrer le mal dont elle hérite AVANT de le commettre : elle n’est autre que la fosse s(c)eptique débordante de la multitude d’excrétions spirituelles qu’elle recueille. Ce qui attire les mouches… et les arachnides.
 

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