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14.05.2008

Les dogues sont-ils tendres ?

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.
Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.
 
    Qui, mieux que le disciple que Jésus aimait (lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus)[1], saurait nous parler de l’ineffable tendresse du Père qui nous a aimés le premier ? Cet amour est devenu l’ennemi public n°1, l’ennemi à abattre à tout prix. Pour l’abattre, nul besoin de bazooka ou de mitraillette : il suffit de fissurer les murs de la demeure, de distiller le doute sur la fidélité. La nature ayant horreur du vide, à cette demeure, à cette fidélité seront insidieusement substituées d’autres demeures, d’autres fidélités. Qui, raisonnablement, peut se déclarer ouvertement ennemi de l’amour ? Celui qui s’y risque agit par dépit : c’est un blessé de l’amour. Moins que jamais la haine n’existe-t-elle, si l’on ose dire, à l’état naturel…[2]
    La haine a au moins la franchise de ne pas se payer de mots : son expression est la violence sous toutes ses formes. L’ennemi est identifié : il peut être combattu comme tel. La hainequi combat l’amour est perdue d’avance, la lutte étant par trop inégale. Elle doit avancer masquée, pénétrer dans les rangs adverses, les soudoyer afin de passer pour l’ami. C’est le principe de la subversion, dont le siècle qui nous précède n’a pas été avare. L’expression de l’amour, c’est la tendresse. Quand on n’ose pas s’attaquer à l’amour lui-même, on cherche à l’atteindre par son expression. De l’expression d’un sentiment parfaitement distingué, l’objectif va être d’en produire l’excrétion d’un sentiment entraînant la confusion. Semons le doute sur toute tendresse, ce sera l’amour qui sera atteint dans sa demeure comme dans sa fidélité. Le « PVA » a ici un rôle prépondérant : ne se veut-il pas le gardien de la demeure comme de la fidélité ? Il n’est que le dogue [3] qui dissuade de toute velléité de tendresse. Que vaut une fidélité sans tendresse ? L’amour qui est défendu demeure sans doute en apparence… comme reste apparemment entier le bout de viande conservé à l’intérieur d’un bocal de formol.
 
    Livré à ses propres forces, l’homme oscille sans cesse entre l’absence de tendresse… et la réaction opposée qui le livre à un raz-de-marée de tendresse : mai 68 en fut l’exemple le plus emblématique, épiphénomène purement réactionnaire mais néanmoins demande pressante d’un appel d’air de la part de toute une génération étouffant sous le carcan de celle qui la précédait, composée de « PVA » de toutes natures. À ouvrir trop de portes et de fenêtres, les courants d’air sont inévitables : tout le contenu de la demeure est renversé. La génération de mai 68 a donc tout refermé, se faisant « PVA » à son tour : elle ne garde de la tendresse que nostalgie, par la commémoration de faits qu’elle se trouve présentement bien incapable de reproduire. Elle se veut en effet aux avant-postes de la vigilance contre le "retour de l’ordre moral". Quel retour ? Quel ordre moral ? Elle est elle-même le nouvel ordre moral. Elle aussi crie au loup [4], car elle aussi protège SON "ordre moral". L’absence revendiquée de toute morale est un "ordre moral" : derrière la "neutralité morale", se cache toujours la volonté de la substitution d’une morale sur l’autre. [1]
    Mai 68 n’a su que s’approprier la tendresse par la violence, s’en donner l’illusion de la qualité par la quantité. C’est oublier que l’amour se donne, il ne se prend pas. De même la tendresse se donne et se reçoit ; elle n’est pas un bien de consommation courante interchangeable, car elle est la respiration de l’amour. La tendresse est donc la cible n°1 : l’atteindre, c’est asphyxier l’amour. L’arbre qui n’est plus nourri par la sève de l’amour ne donne plus de fruit, et son fruit ne demeure plus.Les fruits de mai 68 ont un goût bien amer, celui du rejet du père [5 (p.7)]. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Cela, c’était le cadet des soucis de mai 68 ! Cette génération a pris sans demander.
 
    Retour de bâton : la tendresse -toute tendresse- devient suspecte. Une nouvelle censure [6] fait son apparition, prête à contenir tout nouveau raz-de-marée. Le nouvel ordre moral du soixante-huitard en cache un autre, qui lui est antérieur et qui lui survit : celui du « PIA ». Triturée à la moulinette de la "santé mentale", la tendresse n’a plus bonne presse : il convient d’être un "dur" pour aimer ! Le nouvel ordre moral de la "santé mentale" bannit en effet toute manifestation intempestive de tendresse : au moyen de son artillerie lourde, elle s’évertue à entretenir autour d’elle une malsaine atmosphère de suspicion "pathologique". Cette suspicion se fabrique en deux temps. Le premier est l’héritage direct de mai 68 : l’industrie pornographique florissante, caricature de l’excès de tendresse (paradoxalement tenue pour "psychiquement saine" par ses défenseurs)… et génératrice de l’excès inverse en réaction : le refoulement de la tendresse. Ce refoulement sert les intérêts de ce qui va en constituer le second temps : insurpassable chef-d’œuvre qui fait la une des journaux et des chroniques judiciaires les plus scabreuses. Protégée par le statut médical de ses disciples, la "santé mentale" a de la sorte modelé de toutes pièces l’homo pedophilus, épouvantail des temps modernes. Elle se nourrit du pédophile –réel ou supposé- afin d’asseoir son autorité sur tout être vivant [7]. Elle prêche le faux pour obtenir parfois le vrai (tout le monde n’est pas apte à sublimer ses refoulements imposés, ce qui peut se traduire sporadiquement par une manifestation violente et désespérée de ces refoulements… ce en quoi NUL ne saurait préjuger). Prêcher le faux, c’est créer un climat permanent de déséquilibre affectif en interprétant toute manifestation minime de tendresse comme une "perversion" de l’amour, truffée d’arrière-pensées "psychiquement malsaines". Or, qui est le SEUL à déterminer ce qui est "psychiquement sain" ? [1] Grand prêtre de la "santé mentale", le « PIA » a même obtenu -sous l’intimidation de sa "neutralité" pseudo-sanitaire (!)[8]- l’allégeance de sa victime n°1 (ce qui n’exclut pas les autres) : le VRAI prêtre. Culpabilisateur des innocents et déculpabilisateur des coupables [9], le « PIA » peut se targuer de commettre le crime parfait sous le nez de la justice elle-même ! Le crime parfait est celui qui éteint de lui-même toute action en justice, et porte pour nom le suicide. L’objectif du criminel parfait est de déstabiliser le prêtre innocent -suspecté de "pédophilie"- jusqu’à le faire douter de lui-même. Ce qui peut l’acculer au suicide, quand le montage conduit à une accusation plus formelle qui laisse présager une condamnation infamante à la clé. Le « PIA » gagne ainsi sur tous les tableaux. Son aura est renforcée : « s’il avait été innocent, le prêtre n’aurait pas mis fin à ses jours. Il avait donc bien "détecté" sa "perversité". » (sic) Il avait bien "vu" à l’intérieur de l’autre ! Il asseoit sa fausse supériorité spirituelle sur sa victime qui, elle, par son geste désespéré, contredit ouvertement ce à quoi elle est censée témoigner. Ce qui décrédibilise le témoignage de l’un… et renforce le "témoignage" de l’autre. Enfin, un suicide n’est officiellement pas un meurtre : le criminel n’est donc pas inquiété… et peut continuer à saper les institutions -civiles comme religieuses- à la barbe des servants des unes comme des autres.
    Ceci n’innocente en rien les vrais coupables, bien entendu. Mais dans un tel brouillard de fausses dénonciations au nom d’une "santé mentale" puante de suffisance (et se satisfaisant du ressenti ô combien subjectif des plaignants officiels sur un sujet aussi délicat, à défaut de faits objectifs et vérifiables…) quel en est le VÉRITABLE chiffre ? En clair, combien de FAUX coupables sont-ils condamnés ? Aucune jurisprudence ne saurait distinguer le vrai du faux : la jurisprudence conserve les actes de justice, pas nécessairement les actes de vérité. Tant que le « PIA » fera la pluie et le beau temps en la matière, les actes de justice seront sous sa coupe réglée : la vérité est chez lui un gros mot…
 
    Or, il n’y a pas de vérité sans amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. La joie est également un gros mot chez le « PIA » : grand prêtre du dieu Pathos, il est le "médecin" de la tristesse. Tout ce qui est sain est "malade" : lui n’aime fidèlement que ce qui est malade, avec ou sans guillemets. Par conséquent, il rend malade ce qui ne l’est pas : position qui serait insupportable si elle n’était insoupçonnable. Il faut en effet bénéficier du statut protecteur du médecin pour démolir ainsi tout ce qui bouge avec une impunité aussi insolente. Chez lui, tout amour, toute fidélité, toute joie porte en germe une "dangerosité" qui n’existe que dans un imaginaire pseudo-rationalisé, finissant parfois par suggérer dans les actes isolés d’esprits plus malléables ce qu’il est censé "prévenir". QUI est dangereux pour qui ? Qui a recouvert ainsi toute tendresse d’un soupçon permanent d’acte délictueux et judiciarisable à l’envi, étouffant de son autorité de plomb la moindre velléité de manifestation ? Par quel miracle pourrions-nous demeurer dans l’amour, garder fidèlement les VRAIS commandements, être comblés de joie sous un tel régime de terrorisme pseudo-médical ?
    Tout ce que nous demanderons au Père en son nom, il nous l'accordera.
[10] Un père accorde toujours ce qu’on lui demande, en fonction du besoin RÉEL et non de caprices : il sait distinguer l’un des autres. La mauvais père, lui, accorde en fonction des caprices : l’esprit de mai 68 ne s’est pas vraiment éteint…
    Plus positivement, il réclame toujours de la TENDRESSE. Il demande qu’en son nom, nous chassions de nos cœurs et de nos institutions ceux qui l’assassinent sous nos yeux. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres : pas de vous épouvanter mutuellement en vous imaginant les prédateurs les uns des autres, allant jusqu’à ne plus savoir qui est le chasseur et qui est le gibier ! Avec la bénédiction des dogues de service [3]