Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 16 mai 2008

Le "docteur" a médit calmement, Jacques a dit sans médicament…

tradeshow_crashboxneo_hzweb.jpg
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,34-38.9,1.
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ? Quelle somme pourrait-il verser en échange de sa vie ? Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. » Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance. »
_____
_____D’emblée, Jésus établit un lien formel entre celui qui a honte de Lui et de Ses paroles, et celui qui veut sauver sa vie, quitte à gagner à sa cause le monde entier. Celui-là ne renonce pas à lui-même, et bien qu’il prétende à Le suivre, sa croix lui est de plus en plus pesante. Celui qui veut sauver sa vie est constamment tenté d’alléger sa croix : c’est à cette croix qu’il renonce, non à lui-même. Il s’imagine se protéger lui-même en se protégeant de sa croix. La souffrance est souvent la ligne de démarcation qui opère une nette distinction entre celui qui prend sa croix en suivant le Christ et celui qui veut bien Le suivre… mais dans une version light. N’a-t-Il pas porté Sa Croix une bonne fois pour toutes, pour le salut de tous ? Toujours la tentation de se réfugier derrière une lecture arrangeante de l’ Évangile : puisque l’Écriture est accomplie, surtout n’y ajoutons rien ! C’est oublier la dernière parole prononcée sur cette Croix : Tout est accompli. (Jn 19, 30) [1], et non : Tout est fini. [2] Si tout était fini, inutile de marcher derrière Lui : ce serait le payer de sa vie en pure perte.

Lettre de saint Jacques 2,14-24.26.
Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?  Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte, et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n'agit pas ; moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi. Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur. Pauvre homme, veux-tu une preuve que la foi sans les œuvres ne sert à rien ? Regarde Abraham notre père : Dieu a fait de lui un juste à cause de ses actes, quand il a offert sur l'autel son fils Isaac. Tu vois bien que sa foi était à l'œuvre avec ses actes, et ses actes ont rendu sa foi parfaite. Ainsi s'est accomplie la parole de l'Écriture : Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait Dieu estima qu'il était juste, Vous le constatez : l'homme devient juste à cause de ses actes, et pas seulement par sa foi. En effet, comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n'agit pas est morte.

_____Cette indication de l’apôtre Jacques ne laisse planer aucun doute : prétendre avoir la foi alors qu’on n’agit pas, c’est prétendre marcher derrière Lui sans prendre sa croix. Or, si elle est anormale dans tous les cas d’espèces, la souffrance est néanmoins le lieu privilégié du combat spirituel : elle en distingue le vrai du faux, les intentions de la volonté, les désertions et les acceptations de ce combat. La croix est l’objet d’une dialectique stérile qui la rend incompréhensible : celle du faux combat spirituel entre dolorisme et anti-dolorisme, matrice de toutes les désertions du vrai combat. Le dolorisme est une caricature de l’acceptation de la souffrance : il en est plus exactement une résignation fataliste. Il s’attache à normaliser la souffrance, jusqu’à cette extrémité qui peut conduire à la provoquer sur soi. C’est se donner l’illusion de faire agir sa foi, en prenant Jacques au pied de la lettre. C’est croire rendre sa foi parfaite en surenchérissant sur des œuvres de piété qui englobent une certaine complaisance à l’égard de la souffrance. C’est enfin croire que l’on a accepté la souffrance quand on n’a pas pris sa croix ! Ceci se vérifiera précisément dans les véritables œuvres qui répondront à cette attitude… Tournant résolument le dos au dolorisme, l’anti-dolorisme a au moins le mérite d’être plus limpide en matière de refus de porter sa croix ! Il est une hantise de la souffrance qui, lui aussi, peut conduire à multiplier des actes qui montreront moins la foi que le souci permanent de prévenir toute souffrance par l’application sur soi de baumes spirituels apaisants. Ce qui donne bonne conscience et par conséquent anesthésie la conscience, à commencer par la conscience de la souffrance. La porte s’ouvre ainsi à une multiplication exponentielle de la souffrance…
_____Seule la croix donne sens à la souffrance. Ne pas prendre sa croix, est-ce bien refuser la souffrance ? N’est-ce pas plus précisément en refuser l’apparente absurdité ? Refuser la souffrance est en soi une absurdité : si elle attendait notre permission pour survenir, elle aurait disparu depuis longtemps ! (Même le doloriste le plus "éclairé" se serait lassé de présumer de cette permission.) Une souffrance qui a du sens est plus aisément acceptable qu’une autre qui n’en a pas : vient s’y greffer la notion de justice ou d’injustice. La souffrance inexplicable est perçue comme foncièrement injuste. Prendre sa croix est donc moins l’attitude du doloriste résigné que celle du disciple qui cherche sens à sa croix. La croix de l’autre, c’est l’affaire de l’autre.[3] Non qu’il faille décourager la compassion à son égard, mais charité bien ordonnée commence par soi-même : l’inquiétude pour la santé de l’autre relève des pensées des hommes [4], et fournit le prétexte douteux à entrer dans la bergerie sans passer par la porte.[5] Prendre sa croix et Le suivre n’implique nullement de se voir contraint de remplir à tout propos le rôle de Simon de Cyrène…
_____Nous rejoignons ici les effets délétères de la dialectique dolorisme/anti-dolorisme : tous deux se rejoignent dans une œuvre commune : le transfert du sens de la souffrance. Qu’on en veuille ou non, la croix est toujours là. Ne pas la prendre, c’est moins nier son existence que la nier en tant que lieu privilégié du combat spirituel. Ne pas la prendre, c’est déplacer ce combat à l’extérieur en livrant sa croix à un autre : pur acte de désertion, dont le succès ne tient qu’à ses masques de "pigeon combattant".[6]
_____Il existe deux façons de livrer sa croix à un autre. La plus commune est bien sûr d’attribuer la responsabilité de cette croix à l’autre : sans cet autre, on ne souffrirait pas ! Il est donc prié de "récupérer son bien". L’avènement du mythe de la "santé mentale" a permis l’émergence d’une seconde manière de livrer sa croix à un autre, plus subtile : l’autre va être non plus celui qui "fait souffrir" (enfin… moins immédiatement), mais celui qui est prié de donner sens à cette souffrance. Et c’est celui qui est réputé "faire souffrir" qui va être assimilé à la croix. À cet exercice, le souffrant gagne le monde entier à sa cause car il a les apparences pour lui.

_____Certes, la médecine digne de ce nom donne sens à la souffrance. Pour lui donner sens, la meilleure méthode dont elle dispose est paradoxalement de l’apaiser, voire de l’éliminer. En effet, donner sens en amont à une souffrance, c’est en déterminer les causes. Ces causes étant identifiées, on peut agir avec succès sur les effets, en fonction des remèdes existants. Afin de remplir au mieux ces conditions, il convient donc de ne pas se fourvoyer sur les causes… et sur les compétences RÉELLES de la médecine. Quand ces compétences sont outrepassées, les "causes"qu’elle "décèle" deviennent les causes réelles de nouvelles souffrances dont la croissance va de pair avec l’absurdité. Ou la médecine est une science en constant devenir, épaulée par un outillage de réelle vérification, soucieuse d’apaiser voire d’éliminer la souffrance. Ou ses actes démontrent à eux seuls que le sens qu’elle donne à la souffrance est vicié à la base, parce qu’identifiée là où ELLE N’EST PAS. Là où doit être la médecine, elle apaise les souffrances ; là où elle n’a rien à faire, elle les augmente. La médecine n’est qu’organique, ou elle n’est pas. [7]
_____L’invention de la souffrance "psychique" n’est que l’arme des lâches, déserteurs du combat spirituel qui est le leur. Elle vient apporter une fausse caution morale à la désertion en feignant d’ignorer le combat spirituel, le travestissant en "combat psychique" CHEZ CELUI qui refuse la désertion… et dont la résistance est un cinglant démenti au confort moral du déserteur ! Défenseur exclusif de ce dernier, le "médecin de l’âme" est aussi médecin qu’est "banquier" le voleur qui enfonce votre porte pour vous soutirer la combinaison de votre coffre-fort sous la menace de son arme. Lui aussi est armé : face à son artillerie, un P38 ferait presque figure de pistolet à bouchons. Son arsenal est impressionnant : il va de l’arme chimique [8] à l’arme atomique (atomisation eugénique) [9], en passant par l’arme psychologique [10]. Celle-ci se décline à l’extérieur par des manipulations de masses, et à l’intérieur par la pression psychologique intense exercée par l’entourage déserteur (appuyé au besoin par un "diagnostic par correspondance" (sic) digne d’un film d’épouvante !…) d’un non-déserteur prié d’endosser une défroque de "souffrant psychique". Celui-là souffre plus sûrement de l’ahurissante "crédopathie" [11] pseudo-médicale des siens ! Et ceci, il ne saurait S’EN "soigner"…

_____Vous le constatez : l'homme devient juste à cause de ses actes, et pas seulement par sa foi. En effet, comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n'agit pas est morte. Le mythe de la "santé mentale" fait encore pire ! Il avilit tant et si bien l’intelligence humaine qu’il va jusqu’à pervertir la conscience de la souffrance en imaginant de toutes pièces des souffrances se voulant inconscientes : et pour cause, puisqu’ELLES N’EXISTENT PAS ! Ainsi, l'homme devient profondément injuste à cause de ses actes, et par sa foi en une médecine qui n’en est pas une. Cette foi stupide étouffe la vraie foi, qui ne respire plus. Non seulement la foi qui n'agit pas est morte, mais cette foi morte cherche à entraîner dans son sillage la foi qui agit. Si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il empêche l’autre d’agir, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi quand il compromet celle de l’autre ? Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours : va-t-on les "déshabiller" davantage en les "diagnostiquant" ? ; si l'un de vous leur dit : « Laisse-moi entrer tranquillement dans mon petit confort moral ! Que je me mette au chaud dans mes certitudes, et que je mange à ma faim d’auto-justification ! » et si vous leur donnez ce que ne réclame ni leur corps ni leur âme, à quoi cela sert-il ? C'est toujours par les actes que l’on montre sa foi. Quelle que soit cette foi…[12] Or, on sait ce qu’il advient de la mauvaise foi : de celui qui l’aura fait agir, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges.
_____À propos d’anges, les démons, eux aussi, croient en un seul Dieu, mais ils tremblent de peur. Le « PIA » rate là un fabuleux marché, les démons n’étant que la forme désincarnée de « PVA » dont ils ont à n’en pas douter le profil commercial-type. Dommage : ils n’ont ni chéquier ni carte Vitale ; et pas d’organisme pouvant absorber des substances lucratives aux fâcheux effets secondaires qui enferment le "patient" dans son propre corps après lui avoir volé son âme… Dans un moment de faiblesse, on finirait par les envier ! Davantage en tout cas que ceux qui veulent sauver leur vie en la livrant (ou en livrant d’autres !) à des fossoyeurs de l’âme qu’ils prennent sans rire pour des apôtres-bis de la miséricorde (sic)

Les commentaires sont fermés.