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dimanche, 25 mai 2008

Les mauvaises cuisines sont sales à manger

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,51-58.
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

_____« Moi, je suis le pain vivant… », je ne suis pas le symbole magique [1] d’un passé merveilleux évoquant un pain dur et défraîchi, ramolli par des sursauts larmoyants de bonne conscience condamnant implicitement à la géhenne celui qui n’en mange pas. Ce pain est vivant parce que descendu du ciel, non parce que la chair se l’approprie pour que le monde ait la vie de lui-même dans l’auto-satisfaction d’un "devoir" sacré "de mémoire". Rappelons-nous que si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Plus que jamais, le futur demeure un conditionnel parce que la vie éternelle se conjugue au présent.[2, p.12-13] Elle est moins un laissez-passer en médiation d’un idéal extérieur -dans le temps et l’espace- qu’une invitation immédiate à ouvrir son cœur de l’intérieur.
_____Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. S’il suffisait de manger de ce pain afin de s’assurer la vie éternelle, alors la formulation inverse signerait l’absence de cette dernière : si quelqu'un ne mange pas de ce pain, il ne vivra pas éternellement. Est-ce bien ce qu’indique le Texte ? « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » En dépit des apparences, ce n’est pas là condamner en la rendant invalide la vraie nourriture SANS la vraie boisson, mais signifier qu’elle n’est efficiente QUE dans un cœur qui n’est pas partagé : que la communion à la chair du Fils de l'homme perd tout sens SANS la communion fraternelle entre les fils des hommes. En effet, au-delà des espèces apparentes, la vraie boisson est celle qui SE partage en restant entière dans un climat de convivialité et non de sourdes rivalités. On ne saurait boire que le sang qui a été versé librement dans l’oblation, non celui qui a été aspiré à la manière d’une sangsue. Boire le sang est moins une conceptualisation doloriste [3] qu’une invitation permanente à s’interroger avant d’approcher du pain vivant. Souvenons-nous de ce que Jacques a dit : « Approchez-vous de Dieu, et lui s'approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos cœurs. » [4] Le cœur pur reste plus que jamais le cœur sans malice des enfants [5] qui se savent indignes, mais néanmoins aimés parce que hissés par plus grand qu’eux au-dessus de leur condition : le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Les enfants ne sont pas mesquins et calculateurs, à discuter entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Ils restent entiers, non partagés, pleinement ouverts à l’étonnement et à l’émerveillement. Boire le sang, c’est aussi être prêt à tout pour garder la fraîcheur de l’esprit d’enfance dans sa simplicité confrontée à un monde qui se gargarise de complexité [6], éternelle fuite en avant d’électrons libres en mal de communion moléculaire. Pour que le monde ait la vie, il doit commencer par ne pas percevoir la molécule comme une incongruité atomique, refusant ainsi d’emblée le sang de vie qui circule entre des éléments différents mais complémentaires. Ne pas boire le sang, c’est en arrêter la circulation par la sectorisation arbitraire d’éléments livrés à eux-mêmes dans un climat qui tourne à l’autosuffisance captatrice, antithèse de toute communion.

_____L’esprit d’enfance, lui, communie à ce qui le relie aux autres, à ce qui le fait grandir, non à ce qui étrique un cœur qui n’a plus de vie en lui, faute de sang à distribuer. Il est moins une question d’âge que de cœur veillant jalousement à sa pureté et ne s’en laissant pas conter par tout ce qui pourrait le troubler… "professionnellement" [7] ou non. Il est un cœur léger, chassant impitoyablement tout ce qui peut l’alourdir et menacer de nuire à son ouverture à toute communion. Celui qui mange de ce pain-là vivra éternellement. Seul ce pain est l’ami de notre santé [8] à tous points de vue : les autres ne sont que faux amis…
_____« Moi, je suis le pain vivant… » au présent. L’esprit d’enfance est aussi celui qui accueille le présent tel qu’il est, sans se lamenter sur son passé et se laisser distraire par les peurs et les inquiétudes sur l’avenir, insidieusement distillées autour de lui au nom d’un "réalisme" d’adultes, faux-nez du refoulement latent d’un présent perçu comme oppressant. Or, par définition nul avenir n’est écrit tant qu’il n’est pas accompli ! L’avenir n’est que dans les pensées de Dieu, et Ses pensées ne sont pas celles des hommes.[9] Celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas.[5] Ses pensées ne rejoignent-elles pas plutôt celles de l’esprit d’enfance, esprit de confiance surpassant toute vaine inquiétude ?

Commentaires

Cannibale ! Vampire ! ...

Écrit par : S. | dimanche, 25 mai 2008

Voilà qui ferait bien rire mon dentiste. C'est qu'il en faut de bonnes dents pour être tout ce que vous dites ! Je ne vous cacherai d'ailleurs pas que je vous trouve la dent dure... mais bon, on s'habitue !

Écrit par : MDT | dimanche, 25 mai 2008

C'était juste une plaisanterie Michel ! Un peu hard, il est vrai. Je sais qu'il ne faut pas plaisanter avec ce qui est " sacré " aux yeux de certains mais avouez que considéré de l'extérieur ... Enfin, on va faire un effort en direction du X-ième degré et ne conserver que la symbolique. Ne pas estimer le IN avec les critères du OUT surtout.
Bonne journée et même bonne semaine si notre ami Teddy ne revient pas dans l'intervalle. Nous fûmes les 2 plus besogneux ces derniers temps ... S'occuper de la maison de l'ami absent, il doit bien exister une parabole là-dessus, non ?

Écrit par : simone | lundi, 26 mai 2008

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