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vendredi, 30 mai 2008

Du savon doux pour le savant dur

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

_____Point besoin d’être bardé de diplômes gratifiants [1] pour proclamer la louange du Père : va-t-on demander à un enfant de produire un certficat de scolarité pour l’autoriser à se jeter dans les bras de son père ? Devrait-il attendre d’être sage et savantavant de se savoir aimé ? Ce serait le meilleur moyen de lui faire perdre son esprit d’enfance [2], de le plomber trop tôt de soucis d’adulte…
_____Aujourd’hui, l’adulte se veut sage et savant : il sait que le monde est une jungle féroce truffée de pièges et de bêtes féroces. Sage, il se veut "prudent" : quand le fauve n’existe pas, il l’imagine à titre préventif avec l’appui de la "science médicale" [3] que nous subodorons !… Le nec plus ultra étant bien entendu de généraliser le fantasme à une telle échelle qu’il finit par s’incarner chez les esprits les plus pervers, donnant ainsi à l’infini du grain à moudre à de multiples "spécialistes" [4], élites suprêmes des sages et des savants !… Antithèses jusqu’à la caricature de ce cri du cœur de Jésus, ils font ployer sous le poids du fardeau, sont durs et arrogants de cœur… et ne procurent le repos que dans d’étranges maisons closes.[5] Oui, leur joug est pénible à porter, et leur fardeau, lourdingue. Pourtant, on en redemande !

_____On en redemande parce qu’en bons commerciaux [6], ils donnent l’illusion parfaite de rendre le joug facile à porter, et le fardeau, léger. Alors qu’ils ne savent que déshabiller Paul pour habiller Jacques, soit transférer joug et fardeau du demandeur sur sa victime ! La profonde malhonnêteté morale de cette attitude ne passe que par la transformation préalable de la dite victime en "bourreau", ce tour de passe-passe permettant de faire taire tout scrupule de conscience en donnant l’apparence de la douceur et de l’humilité de cœur à qui s’inquiète de la "santé" de l’autre. (ce dernier étant prié pour l’occasion de se faire tout-petit devant le "diagnostic" insurpassable du gentil "docteur" !...) À celui-là est révélée la trahison des siens, ce qui ne l’incite guère à proclamer leur louange… et le mène plus sûrement à aggraver son "cas" à leurs yeux en ne leur procurant pas le repos sur cette injustice dont ils ne veulent pas qu’elle leur soit révélée ! Gigantesques tartufferies qui interdisent à leurs acteurs de trouver réellement le repos, rendent leur joug de plus en plus difficile à porter (poids d’une culpabilité qu’on ne parvient plus à identifier, ultime sursaut de conscience morale…), et leur fardeau, nettement moins léger que prévu. Il faut vraiment ne connaître ni le Père ni le Fils pour croire encore à une quelconque compatibilité entre la "santé mentale" et l’Évangile !…

_____Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Quel bol d’air pour ceux-là ! Ils laissent volontiers aux autres leurs angoisses stérilisantes de l’avenir, leurs soucis hypocrites de la "santé" de l’autre, tous ces os qu’ils rongent : LEURS os. C’est ainsi que l’homme debout devient un invétéré invertébré, si "prudent" qu’il en oublie de vivre au présent : comment pourrait-il trouver la force de proclamer la louange d’une réalité qu’il perd de vue ? Les savants aussi peuvent faire de la mousse [7] : il serait sage de souffler dessus afin d’y voir plus clair… Si la mousse pique les yeux et bouche la vue, son fardeau est cependant léger : il suffit d’une brise légère pour l’évacuer.

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