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dimanche, 01 juin 2008

Sous les pâtés la plage…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,21-27.
Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?' Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !' Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »

_____S’il suffisait de quelques vocalises à double syllabe pour entrer dans les pâturages éternels, il est à craindre que le Royaume des cieux évoque davantage celui d’Aliboron : braire comme un âne [1] ne suffit pas à jouer le bon cheval. On connaît d’ailleurs le tiercé gagnant : foi, espérance ET charité. Le baudet n’est pas réputé faire inconditionnellement la volonté de son maître : la charité le fait déjà braire…
_____On pourrait penser que cet Évangile est de ceux que les « PVA » fuient au grand galop, faisant partie de ceux qui l’emplissent de la sourde –et presque saine- terreur [2] qui gagne ceux qui disent et ne font pas. Il n’en est rien, l’astuce étant qu’ils ne se sentent pas concernés, intimement convaincus d’être de ceux qui ont bâti leur maison sur le roc. Ceux qui bâtissent sur le sable, ils les connaissent bien : ce sont les autres, ces horribles pécheurs [3]! Eux, ça va : merci pour eux. N'est-ce pas en Son nom qu’ils ont été prophètes, en Son nom qu’ils ont chassé les démons, en Son nom qu’ils ont fait beaucoup de miracles ? En Son nom, vraiment ? Alors, pourquoi leur est-il déclaré : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !' ? (Est-ce donc si mal d’être prophète, de chasser les démons, de faire beaucoup de miracles ?) Pourquoi, sinon parce qu’ils prononçaient d’étranges prophéties, parce qu’ils chassaient d’étranges démons, qu’ils faisaient beaucoup d’étranges miracles ?

_____Éternelle distorsion entre la foi et les œuvres ! Certes, il a été dit : « si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai. »[4] Mais il n’a pas été dit non plus qu’il suffisait d’invoquer la pluie pour faire pleuvoir ! Ce serait la ruine des météorologues… sauf "celui" de l’âme [5] qui, seul, semble être qualifié à pouvoir faire tomber des hallebardes à volonté. (Dommage que ce miracle s’arrête là : cela ne fonctionne pas en sens inverse. On le sait : le « PIA » -et tous ses sous-fifres qui écoutent ce qu’il dit là et le mettent en pratique- n’ont pas la marche arrière, même en option.) On se souvient également de l’injonction de Paul : « Cet Évangile, vous l’avez reçu, et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. » (1 Co 15, 1-8)[2] Il ne suffit donc pas d’évoquer un morceau choisi de l’Évangile (celui-là est un morceau de choix pour se prémunir de toute tentative de correction fraternelle [6] !), d’en oublier le reste et de l’utiliser à tout propos comme arme d’auto-défense afin de se croire quitte par cette invocation du Seigneur : mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.
_____Comment distinguer cette volonté du Père de sa volonté propre ? Toujours dans les œuvres, plus précisément dans leur résistance aux aléas de la vie. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc… de la volonté du Père. La volonté de l’homme est plus aléatoire, étant de celle de l’homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable de ses certitudes. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. Or, ce qui ressort de la volonté du Père ne saurait s’écrouler.
_____Est-ce à dire que le cas de l’homme soit désespéré, surtout s’il n’invoque pas le nom du Seigneur ? C’est surtout souligner la nécessité de l’écoute et de la mise en pratique, conditions minimales requises à l’homme prévoyant qui s’applique à ne pas confondre le roc avec le sable. De loin, un superbe château de sable peut sembler indestructible… jusqu’à la marée montante qui n’en fait qu’une bouchée. Ne pas confondre le roc avec le sable vaut aussi pour celui qui parvient à bâtir sur le roc ! En effet, l’avènement de cette construction de sable qu’est la "santé mentale" -et tous les mythes déstructurants qu'elle charrie avec elle- peut l’amener insidieusement à lui faire douter de son roc. Même en invoquant "l’humilité", il sera difficile d’attribuer à la volonté du Père tout consentement à échanger le roc contre une poignée de sable : combien sont-ils pourtant tombés dans ce piège éculé ?

_____'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?' N’est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes… en "voyant" du sable là où il y avait du roc ? N’est-ce pas en ton nom que nous avons chassé les démons… plus exactement les gardiens de la maison bâtie sur le roc de l’autre ? N’est-ce pas en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles… le premier de ceux-ci étant de troquer notre sable contre le roc d’autrui sans coup férir ? On comprendra que le ton du verdict final soit plus sévère encore que celui où il était dit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.'[7] Ici, nous avons : 'Je ne vous ai jamais connus. ' Ce n’est plus même l’homme qui a été connu et qui a ensuite "mal tourné" : non, c’est l’homme s’étant voulu si juste qu’il n’a jamais estimé indispensable de se tourner autrement. Chez lui, ce sont les autres qui "tournent mal" ! Faire le mal, lui ? Impensable, tant il pense "bien" ! On devine qu’il atteint son "chef-d’œuvre" quand il parvient à ce miracle de convaincre les autres qu’ils ne "tournent pas rond" [8] !… Drôle de niche. [2] Et drôle de plage immense, où les pâtés se conjuguent au féminin. C’est que la marée monte, marée noire gluante et pollueuse.

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