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vendredi, 27 juin 2008

Les preux chevaliers de la lèpre sur leur dada

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,1-4.
Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »

_____Depuis quelques jours, Matthieu nous retransmet le discours sur la montagne. On le sait : de là-haut [1], toute perspective est dégagée de ce qui peut brouiller le regard. La montagne est le lieu de prédilection de la transfiguration.[2] À l’issue de ce salutaire recul, l’homme est mieux armé pour appréhender les réalités de ce monde sans se laisser impressionner par ses misères les plus viles. Les déplorer est une chose, les combattre en est une autre : moins que jamais, la compassion dégoulinante n’apporte-t-elle de remède quand elle se complaît d’elle-même pour s’en trouver quitte avec la charité. [3] Cette dernière ne saurait s’exercer par correspondance : application de la miséricorde, elle est naturellement application sur la misère. Descendre de la montagne, c’est aussi descendre sur la misère. Foin de discours, c’est ici qu’est attendu le Discoureur. L’homme ne vit pas seulement de mots ; il a besoin de les incarner : alors, de grandes foules se mirent à le suivre.
_____Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Quand on connaît l’ostracisme sanitaire qui gravite autour d’un lépreux, on peut déjà noter ce fait inhabituel : que l’un d’entre eux aie seulement PU s'approcher de Jésus ! On se souvient de Bartimée [4] qui, lui aussi, avait pu s'approcher de Jésus en passant outre l’avis de beaucoup de gens qui l'interpellaient vivement pour le faire taire : lui n’était "qu"aveugle et son isolement tenait moins à une quarantaine sociale dictée par la peur de la contagion qu’à un handicap personnel non transmissible (le menant néanmoins à un handicap social puisqu’il était également mendiant…). Ici, nous ne savons pas le nom de notre lépreux. Mais nous savons ce qu’il veut : être purifié. Or, si l’on peut dire -et sans minimiser le signe [5] qui va s’en suivre-, le travail était déjà à moitié accompli [6] ! En effet, il a bien fallu que notre homme se purifie de lui-même du regard des autres pour qu’il soit ainsi parvenu à s'approcher de Jésus. Certes, on imagine assez bien que devant ce pestiféré, les grandes foules se soient écartées à son passage. Mais à cette époque, on savait aussi toucher les dérangeants de loin : pour un oui ou pour un non, la lapidation [7][7bis] avait des vertus "thérapeutiques" qui auraient trouvé toute leur place parmi les "soins" apportés par le "gentil docteur" [8] que nous savons : sa magie [9] aidant, il nous aurait trouvé quelque argument "scientifique" pour en faire de la pierre philosophale… Si le diable porte pierre (et parfois Pierre !… [10]), Jésus, Lui, porte la main sur l’intouchable : Il étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Au présent, la Parole accomplit en abolissant [6] non la loi de Moïse, mais celle du mal. Et c’est d’ailleurs cette loi de Moïse, qui va entériner l’accomplissement de la loi de l’amour [11], incarnation immédiate de la charité : donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage.
_____« Je ne vous ai jamais connusÉcartez-vous de moi, vous qui faites le mal ! » [3] À rebours de cette terrible phrase d’hier, nous avons aujourd’hui un lépreux qui a connu Jésus. Il s’est approché de Lui, qui lui a défait son mal. Le lépreux ? À cette époque comme à la nôtre, c’est LE porteur presque absolu du mal : le souffrant qui fait souffrir par la peur de la souffrance qu’il génère. Sa guérison doit être un témoignage parce qu’elle dissout la peur de la souffrance… et toute suspicion de culpabilité personnelle du souffrant que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines affections d’ordre psychosomatique hâtivement interprétées dans un sens favorable… à ceux qui n’en sont pas affectés ! La lèpre ? Aujourd’hui encore, elle n’est pas éradiquée puisqu’elle affecte certaines populations de ce monde. L’heure n’est cependant plus à la lapidation mais à l’association contre ce fléau. En pointe de ce combat depuis longtemps, la Fondation Raoul Follereau travaille sans relâche tant contre le mal lui-même que contre la peur de la souffrance qu’il continue de générer, toujours susceptible de rallumer un ostracisme sanitaire qui ne s’est jamais vraiment éteint. Sa superbe devise : « le bien est aussi contagieux, et plus rayonnant que le mal. » Elle publie un support papier d’informations : la revue bimestrielle Lèpres. Ce magazine « donne des nouvelles du terrain, informe sur les réussites, les difficultés, les besoins… et, d'une manière générale, informe sur l'avancée des projets mis en œuvre grâce à la générosité des donateurs. Il veut aussi faire mieux connaître celles et ceux qui œuvrent sur le terrain, mais aussi les hommes et les femmes qui, grâce à cette aide, peuvent améliorer leurs conditions de vie... En un mot, il maintient le contact entre tous ceux qui font avancer la lutte contre la lèpre et contre toutes les lèpres. » (On peut télécharger leur dernier numéro ici) La médecine du corps n’exclut pas une certaine "médecine"de l’âme, pourvu qu’elle n’aie pas de prétention "scientifique" et soit extrêmement vigilante à répandre la contagion du bien dans un authentique esprit de charité

_____Avec la "santé mentale", on descend aussi de la montagne ! Mais ici, la pente semble plus raide… et le parachute n’est pas à l’ordre du jour. La loi de la gravitation universelle aidant, c’est "grave, Docteur"… Chez elle également, de grandes foules se mirent à la suivre. Et voici qu'une multitude de lépreux des temps modernes s'approcha, se prosterna devant elle et ne reçut rien parce que sa prière était mauvaise [12]. Elle dit : « Docteur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Le "gentil docteur" étendit la main, la toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifiée. » Aussitôt elle fut purifiée de sa lèpre… mais le mal est contagieux : il rayonne sur ceux qui n’ont pas jugé utile de se purifier de leur lèpre. Dans ce monde étrange, ceux-là sont des vierges imprévoyantes ! [13] Les malheureux ont oublié de se vacciner contre le regard des autres [14]… Le "gentil docteur" lui dit (à la multitude de lépreux des temps modernes, prostituée prévoyante) : « Attention, ne dis rien au nouveau "lépreux" (à cause de sa "dangerosité") et tout à son entourage afin de le mettre en garde, mais qu’il le pousse à se montrer au "prêtre" dont je suis. Et donne-moi les honoraires que la Sécurité sociale a prescrite dans la Loi : la maladie du nouveau "lépreux" sera pour les gens un témoignage. » Toujours l’Évangile de droite à gauche [15], afin de s’entraîner à passer de Jésus à Mahomet…
_____« Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal ! » En matière de "santé mentale", l’écartement est une seconde nature. Au nom de la "santé", chacun tient à préserver l’intégrité de son popotin en s’écartant soigneusement de l’horrible molosse qui ne trompe personne avec son déguisement de cocker. [15] En quoi serait-il mal de se préserver de la morsure ? (C’est étrange : chez les adorateurs d’Hermès [16] pourtant bien placés, plus personne ne se souvient que les vipères mordent aussi ; ce qui permet sans doute de faire avaler bien des couleuvres…) On est même tellement dans le "bien" qu’on le devance ! Plus question d’attendre que le cocker se décoince cette fichue fermeture éclair et fasse apparaître sa face hideuse de pitbull : s’il n’a pas fait de mal, il va le faire ! Il est donc "prudent" de l’écarter dans un chenil [17] approprié afin de le muse… pardon, de le vacciner contre une lèpre qui tourne à la rage tant il nous fait du déni de pitbull qui le met en boule. Pour un peu, on le confondrait avec un dogue ! [18] Dans le meilleur des cas, en quoi serait-il mal de laisser tranquille ce pauvre cocker ? Certes, il manifeste quelques émotions parfois vives, il remue la queue et aboie presque dans un langage compréhensible. Répondre à ce langage n’offre absolument aucun intérêt : il n’y comprendrait rien puisque ce n’est qu’une bête. Il est donc de bon ton d’écarter tout aboiement de sa part : nous savons mieux que lui ce qui est "bien" pour lui. D’ailleurs, le "gentil docteur" nous a purifiés en nous vaccinant contre la lèpre… et la rage : on n’est jamais assez p[…] prévoyante dès lors que la "santé"est en jeu… Cette nouvelle "lèpre", on la reconnaît bien en tant que telle : elle aussi fait souffrir par la peur de la souffrance qu’elle génère. Cependant, à la différence de la VRAIE, on ne peut pas la toucher du doigt ! Rappelons-nous que personne ne peut la confirmer ou l’infirmer. [3] Et pour cause : ELLE N’EXISTE PAS ! Pas plus que n’existent de VRAIS professionnels de l’intérieur de l’autre [8]… Le monde de la "santé mentale" est un cirque de clowns tristes [19] dans lequel Mr Déloyal s’évertue à nous "prouver" ce qui n’existe pas. On s’étonne ensuite de ne plus avoir le temps de démontrer ce qui existe vraiment. Par exemple, que la nouvelle "lèpre" fait mieux que "l’ancienne" : non seulement elle aussi fait souffrir par la peur de la souffrance qu’elle génère, mais c’est initialement cette peur de la souffrance qui lui donne sa seule raison d’être. Autrement dit, elle fonctionne par auto-combustion ! Supprimons l’étincelle de départ, et tout le bel édifice s’écroule : la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. Il n’est pas sain de confectionner des châteaux de sable à la marée montante [20]
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_____L’heure n’est cependant plus à la coercition qui craque de partout, face aux assauts des vagues. Du côté de la "santé mentale" aussi, on s’associe contre le fléau des "maladies psychiques". Le tissu social est en lambeaux, et on ne sait plus où donner de la tête pour essayer de lui donner une mine un peu plus alléchante. On se souvient de cette grandiose semaine de la "santé mentale" qui a parfaitement coïncidé avec la semaine de la Passion. [21] Parmi les organisateurs de cette fascinante manifestation, figure en bonne place une "association" qui, elle aussi -et à sa façon !-, est en pointe contre le combat. Les "solutions" qu’elle préconise contre le fléau des "maladies psychiques" sont aussi "appétissantes" que de l’aspartame [22] pour remplacer le sucre… Après des décennies d’utilisation intensive, on suggère du bout des lèvres que les chenils ne sont peut-être pas la meilleure solution pour calmer les toutous récalcitrants : en attendant, si on fait souffrir ceux-ci leurs maîtres-chiens ne souffrent pas encore du chômage [23]… La devise de notre "association" ? Elle pourrait être : « le mal est aussi contagieux, et plus rayonnant que le bien. » Naturellement, le slogan est peu porteur et les intentions ne sont pas nécessairement malignes : les fruits un peu plus. Charité et sollicitude [24] fournissent le gros des troupes de l’UNAFAM. Cette appellation incite irrésistiblement à la poésie, donc à la recherche d’une riche rime qui colle avec le sujet : infâme semble de bonne augure… À défaut de devise, on peut préciser ce qui se voile derrière cet agglomérat de lettres : "l’union nationale des amis et familles de malades mentaux". On remarque d’emblée que les "malades" eux-mêmes semblent exclus de la danse ! Leurs "amis" et "familles" sont cajolés : quand on a de tels "amis" et de telles "familles", on n’a plus besoin ni d’ennemis [25] ni de famille [26] : plus fort que Vipère au poing ! On remarque aussi que l’expertise en déchirure du tissu social ne dissuade nullement d’être "reconnue d’utilité publique" (sic) depuis 1968. On tremble à l’éventualité de quelque inutilité…
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(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)
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_____Cette usine à gaz bien rodée n’est autre que l’une des courroies de transmission françaises de l’Internationale des "gentils docteurs". Sa fonction : nous bassiner les oreilles avec la "fatalité" de maladies qui n’existent pas : les fameuses "maladies psychiques". Son seul intitulé suggère qu’elle aide "amis" et "familles" à faire pression sur leurs "malades" afin de les convaincre qu’ils le sont pour de bon ! C’est l’un de ces super-clubs de grotesques faux compassionnels qui se tiennent les coudes, se rassurant les uns les autres sur le compte d’une "pauvre" sale bête, visiblement au plus mal [3] ! En somme, c’est un bel outil de gestion de fausses fatalités. Elle aussi publie un support papier "d’informations", paraissant quatre fois par an. Sa spécialité étant la "maladie" du regard de l’autre [14], le titre en est donc… Un Autre Regard ! (Le "regard d’aime d’été" n’inventant rien, on peut vérifier ici) En fait de regard "autre", c’est un bel outil de propagande éculée sur les "bienfaits" de la "santé mentale" sous toutes ses coutures : sortons les mouchoirs en apprenant qu’on cherche désormais à "humaniser" les cockers déguisés en pitbulls… pardon, à ouvrir davantage de fenêtres à leurs niches (l'hypothèse  de laisses à rallonger n'étant pas non plus à exclure). Après avoir versé la bagatelle de 55 (selon les taux d’inflation, à comparer avec les trente pièces d’argent [15] attribuées à Judas…) de frais d’adhésion à cette "association", l’heureux nouveau membre a même droit à un reçu fiscal qui lui apprend qu’il contribue ainsi à « soutenir nos efforts pour défendre les intérêts de nos proches en difficulté » ! Il est vrai que vu d’un "proche", il n’est pas facile tous les jours d’avoir à supporter de tels amoncellements d’hypocrisie bien-pensante qui font davantage souffrir chez ceux qui s’y prêtent inconsciemment que de "troubles psychiques" sur ceux qui en font les frais.
_____En cela, l’UNAFAM rejoint sans le vouloir la Fondation Raoul Follereau qui maintient le contact entre tous ceux qui font avancer la lutte contre la lèpre et contre toutes les lèpres. TOUTES les lèpres ? Alors, celles du cœur ne devraient pas faire exception…

Commentaires

Sympathique billet, merci à vous pour vos idées et notez que je partage votre point de vue. Euh voilà, votre travail est réellement excellent, je songeais à ça en + y'a pas longtemps. D'ordinaire je ne commente jamais les sites, même si leur contenu est de bonne qualité, mais là vous méritiez bien mes félicitations !

Écrit par : faire part de naissance | mercredi, 13 octobre 2010

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