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dimanche, 29 juin 2008

Les clefs du Royaume ? Il suffit de cliquer sur les liens…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

_____On se souvient de ce dialogue entre Jésus et ses disciples : il nous avait été rapporté antérieurement par Marc.[1] Quel que soit le narrateur, la demande de Jésus reste indépendante du regard de l’autre.[2 p.8] En revanche, on peut noter ici combien ce regard de l’autre est bien un regard autre, infiniment plus authentique qu’un regard consensuel sur les heurs ou malheurs du temps [3, note 14]. Dans un même contexte, chacun peut appuyer son regard sur un élément qui diffère si radicalement de celui de l’autre qu’il apparaît comme contradictoire. Chez Marc, Simon-Pierre est malheureux, et passe un mauvais quart d’heure : ses pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. C’est qu’il vient de se voir brosser l’avenir prochain de son Maître, bousculant quelque peu le "plan de carrière" qu’il s’était sans doute imaginé : voilà qui ne correspondait guère à ses affaires ! [4] À un Apôtre vivement interpellé auquel on clame « Passe derrière moi, Satan ! », on ne confierait pas même la clef de son placard à balais !
_____Pourtant, c’est un ancien collecteur des impôts –a priori regardant sur l’honnêteté des autres !- qui réhabilite Pierre en témoignant de ce que des clefs lui ont été confiées. Du regard de Marc, reflétant les pensées de hommes, nous passons à celui de Matthieu qui nous oriente vers des pensées qui ne sont pas de la chair et du sang. Des vifs reproches retransmis par l’un, nous passons à l’extrême opposé que nous relate l’autre : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas. » De fait, le "plan de carrière" dépasse toute prévision en défiant l’imagination de pensées des hommes. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Or, cette puissance de la Mort est représentée par Satan… qui passe derrière Jésus selon ce que nous rapporte Marc. Avec Matthieu, Pierre devient celui sur lequel se bâtit une Église qui renverse le pouvoir de Satan. Les clefs qui lui ont été confiées sont d’une toute autre nature que celles d’un placard à balais : rien de moins que celles du Royaume des cieux ! Le Serrurier [5] confie son trousseau à un Pierre qui n’a pas été sans faillir, adoptant parfois des pensées qui n’étaient pas celles de Dieu. En ce sens, le regard de Matthieu apporte du relief à celui de Marc… et de tous les disciples qui suivront : le Royaume des cieux n’est pas une sorte de forteresse imprenable réservée à une sorte d’élite privilégiée parce que parfaite. Ses clefs n’ont-elles pas été données à un simple pêcheur dont la perfection laissait pour le moins à désirer ? Par ailleurs, comment aurait-il pu de lui-même bâtir une Église qui ne puisse être emportée par la puissance de la Mort ? Pour qu’elle le soit, il fallait bien que cette Église vienne de plus grand que des pensées des hommes. C’est pourquoi ses disciples n’en peuvent être que ceux qui, sachant porter leur regard au-delà de leurs imparfaites contingences, confessent que Jésus est le Messie, le Fils du Dieu vivant.

_____Pour autant, ce n’est pas par le nombre de disciples d’une Église que celle-ci n’est pas emportée par la puissance de la Mort. Au sable du clientélisme toujours fluctuant –dans un sens ou dans l’autre-, elle privilégie le roc de la fidélité.[6] La fidélité ? Elle consiste à lier dans les cieux ce qui est lié sur la terre… à relier la terre aux cieux. Car tout ce qui aura été délié sur la terre sera délié dans les cieux.Tout ce qui n’aura eu "rien à voir" [7, p.2] sur la terre n’aura rien à voir avec les cieux, comme le sable n’a rien à voir avec le roc. [8] (sur cette pierre je bâtirai mon Église) Lier dans les cieux ce qui est lié sur la terre ? Ce n’est jamais qu’incarner l’Évangile en le déliant sur la terre de tout ce qui peut le désincarner.

_____Championne hors-concours du lien (ligatures de la conscience morale, des neurones, de l’intelligence etc.) la "santé mentale" ne sait que feindre de lier sur la terre : elle ne parvient qu’à lier (avec une redoutable efficacité) à la terre. Dieu merci, les cieux lui sont définitivement inaccessibles, surtout qu’on ne risque pas de les rencontrer en sous-sol ! Davantage outil [9] de clientélisme que de "santé", on ne voit pas en quoi elle pourrait rapprocher des cieux les instruments du Royaume… à moins qu’on ne le voie trop bien ! [10] Mais attention : ce qui est délié sur la terre (au moyen des ligatures citées plus haut…) sera délié dans les cieux.

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Vélos difficiles à voler (dans les cieux et ailleurs...)
grâce aux ligatures "anti-vol" de la "santé mentale"

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