mercredi, 02 juillet 2008

De l’abri au loup, le porc salue

foi (vraie et fausse),christianisme (vrai et faux),cochons (vrais et vrais)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,28-34.
Comme Jésus arrivait sur l'autre rive du lac, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent du cimetière à sa rencontre ; ils étaient si méchants que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu'ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous faire souffrir avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez-y. » Ils sortirent et ils s'en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s'en allèrent en ville annoncer tout cela, avec l'affaire des possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu'ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur région.

______L'autre rive du lac n’est pas toujours synonyme de verts pâturages. Ce qui démontre bien qu’y arriver ne signe pas nécessairement un voyage sans retour. La vie est une succession de traversées, tumultueuses ou non. Mais la vie sans traversées n’est qu’une vie de viveur estivant. [1] Du chef fossoyeur au cimetière, il y a comme une rencontre qui éloigne ostensiblement des charmes du camping trois étoiles. Les "tentes" qu’on y dresse sont de celles qui sont plus définitives que celles qui ne durent que le temps des vacances : on n’en sort pas. À moins d’être possédé, bien sûr : ce ne sont pas quelques pierres qui peuvent arrêter les êtres immatériels que sont les démons. Ils étaient si méchants que personne ne pouvait passer par ce chemin. Nous sommes bien sur l'autre rive : personne ne peut passer par le chemin de la mort deux fois. Personne ne peut traverser deux fois une tempête définitive.[2] À défaut de pouvoir se réincarner, on peut nonobstant donner dans le camping sauvage en abritant sous la tente de son corps un esprit étranger à celui qui l’anime habituellement. Cette tente étant strictement individuelle, l’asphyxie gagne rapidement les occupants, les rendant si méchants que personne n’a envie de passer par ce chemin ! Celui qui l’emporte est celui qui crie le plus fort : le silence n’est guère une vertu prisée chez ceux qui cherchent à posséder.[3] Celui qui l’emporte fait souffrir avant le moment fixé en chassant l’occupant légitime afin de se substituer à lui. In fine, nous avons deux possédés : le second par le premier, et le premier par la prise de possession d’un bien n’étant pas conçu pour lui.

______Ah, les côtes bretonnes ! Il fait bon y humer les senteurs de l’iode. Snif, snif : tiens ? Il semblerait que de la terre émanent des relents nettement moins agréables : ceux du purin. Le nuage du Zyklon B de l’esprit [2] descendrait-il jusqu’ici ? Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Tout va bien : il ne s’agit que d’élevages industriels de porcs destinés aux besoins de la fameuse charcuterie bretonne. Ceux-là ne cherchent pas leur nourriture. Peu nombreux, ils ne cherchent pas non plus leur nourriture : ils ne la partagent pas non plus. [4] « Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture… » ; « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. »[5]
______S’il règne autour du porc une solide réputation d’impureté, est-ce parce qu’il se roule dans la boue ? « Le porc, n’ayant pas de glandes sudoripares, a besoin par temps chaud de se « vautrer » dans la boue pour abaisser sa température corporelle.[…] Pour la religion juive, le porc est symbole d'hypocrisie car il est le seul animal à avoir le sabot fendu mais à ne pas ruminer. Au premier abord il apparaît comme pur mais est en fait impur. […] Comme le chien, le porc est considéré comme animal impur dans nombre de religions par sa possibilité de se nourrir de cadavres d’autres animaux ou d’humains. Le risque de voir des chiens ou des porcs déterrer des cadavres est probablement à l’origine de la pratique des enclos mortuaires entourés de murets, pour protéger les tombes. » [6] Or, il y avait au loin –d’un cimetière !- un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Enfin, a contrario du fils prodigue, le porc est réputé chercher sa nourriture parmi les déchets humains dont l’homme ne veut plus. En clair, l’image du porc est étroitement associée à celle de la mort, cette dernière étant la sanction ultime de l’impureté. Cette association est doublement représentée dans l’Évangile de ce jour : par la proximité relative du grand troupeau de porcs avec un cimetière, d’abord ; par ce que les porcs moururent dans les flots ensuite, bien entendu. Mais si tout le troupeau se précipita dans la mer, c’est surtout parce que les démons des deux possédés ont été planter leur tente chez lui. Nous avons d’un côté deux hommes qui, certes, étaient devenus méchants.Mais aucun ne s’est précipité –ou a précipité son compagnon d’infortune- dans la mer du haut de la falaise ! De l’autre côté, nous avons un grand troupeau de porcs dont la logique aurait voulu que, fort de cette possession et cherchant sa nourriture, il se précipite… dans le cimetière afin d’y déterrer des cadavres : qui aurait pu le retenir sur ce chemin où personne ne pouvait plus passer il y a encore peu ? Qui… sinon le Fils de Dieu qui l’envoya faire trempette ?

______Ces démons qui suppliaient Jésus, combien étaient-ils ? S’il y avait deux possédés, chacun pouvait l’être par plusieurs : leur nom est parfois légion. Aussi possédé soit-il, un homme est un homme : à ce titre, il a une toute autre dignité que le porc. Autrement dit, un démon qui possède un homme a besoin de plusieurs porcs afin de retrouver une sorte "d’équivalence" dans l’incarnation possessive. Par ailleurs, le porc étant réputé sensible au stress, un démon dans un porc ne lui laisserait pas même le temps de se précipiter nulle part : l’animal succomberait sur place -et quasi instantanément- d’une crise cardiaque. Le résultat en serait similaire si une légion de démons s’était invitée dans un grand troupeau de porcs : c’eût été grosso modo un+un multipliés par le nombre de têtes. Par conséquent, ces démons qui suppliaient Jésus ne pouvaient être que deux. Et ce, en dépit de la forte impression que cet événement a produit sur les témoins de la scène : Les gardiens prirent la fuite et s'en allèrent en ville annoncer tout cela, avec l'affaire des possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu'ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur région. On peut remarquer au passage que cette scène finale est l’exact négatif de celle qui clôt l’Évangile de la Samaritaine : Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause des paroles de la femme qui avait rendu ce témoignage : « Il m'a dit tout ce que j'ai fait. » Lorsqu'ils arrivèrent auprès de lui, ils l'invitèrent à demeurer chez eux.[7] Le contexte est naturellement différent, mais avec un symbole commun : celui de l’eau, dans deux significations opposées. Au pied du puits de Jacob, l’eau source jaillissante pour la vie éternelle ; au pied de la falaise, les flots du lac apportant la mort par noyade.

______Il y a aussi quelques falaises sur les côtes bretonnes, mais les porcs ne s’y précipitent pas : ce ne serait pas excellent pour le tourisme… ni pour la charcuterie. Les porcs, on les retrouve davantage dans les terres : les porcheries industrielles s’y repèrent plus rapidement à l’odeur qu’au regard, les déjections porcines n’améliorant guère leur capital pureté déjà fort entamé ! Pour diverses raisons, si le Zyklon B de l’esprit n’était pas inodore, un fort concentré de fumier porcin ne traduirait pas trop mal sa possession dans un élément physique.[8] Si la briolle [2] devait sentir, elle oscillerait entre la putréfaction et l’excrétion de sentiments peu distingués. Véh(s)icule biliaire de la "santé mentale", elle voue une passion sans bornes pour le cochon : tout y est bon, jusqu’à la queue en tire-bouchon. À condition toute fois de ne pas la tirer : ce serait comme dégoupiller une grenade, tant la viande de ce goret-là est déjà fumée [9] avant même de l’avoir tué. Le porc se nourrit de déchets organiques ? Le « PIA » se nourrit de déchets spirituels. Le porc se roule dans la boue ? Le « PIA » roule les autres dans la boue : il reste "propre" sur lui. Le porc est symbole d’hypocrisie ? Le « PIA » la récolte soigneusement, pour son usage personnel comme celui de ceux qui écoutent ses grouinements. Le porc aime à déterrer les cadavres ? Le « PIA » aime à lui fournir de la matière première. Le porc s’installe dans les sandwiches ? Le « PIA » s’installe parmi les gens "bons". Le porc est le seul animal à avoir le sabot fendu mais à ne pas ruminer ? Le « PIA » est le seul "médecin" à se fendre de sabots [2, note 15] pour sa clientèle ruminante. [10] Au premier abord, le porc apparaît comme pur mais est en fait impur ? Le « PIA » est le bienvenu au club ! Jusqu’à une certaine sensibilité au stress, on a beau savoir que la constitution anatomique et biologique du porc est proche de celle de l’homme [6], on reste admiratif devant une proximité encore plus troublante avec le spécialiste du "trouble" ! On peut les unir sans états d’âme, la zoophilie [11, notes 18 à 25] n’étant guère un obstacle majeur pour lui. Pas sûr qu’ils aient beaucoup d’enfants [12], surtout si le jeune marié les mange [13] au fur et à mesure… Qui peut échapper à la peur [2] du loup ? En attendant, ce grand mariage promet une belle fête. De nouveau, la musique de la harpe y couvrira la voix d’Amos…

Livre d'Amos 5,14-15.21-24.
Cherchez le bien et non le mal, afin de vivre. Ainsi le Seigneur, Dieu de l'univers, sera avec vous, comme vous l'affirmez. Détestez le mal, aimez le bien, faites régner le droit dans vos litiges ; peut-être alors le Seigneur, Dieu de l'univers, aura-t-il pitié de ce qui reste d'Israël.  Je déteste, je méprise vos fêtes, je n'ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n'entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais !

podcast

EXCLUSIF ! Pris sur le vif, un "pré-diagnostic" oral
exprimé par le "Dr" Philippe de Labriolle

DERNIÈRE MINUTE : Ingrid Betancourt vient enfin d’être libérée de sa geôle du bout du monde. Il ne reste plus qu’à en faire autant pour les milliers d'incarcérés innocents du bout, voire du centre de nos villes. Signes particuliers : un regard de cocker…

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://micheldetiarelov.hautetfort.com/trackback/1689161

Écrire un commentaire