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jeudi, 03 juillet 2008

Des jumelles… c’est mieux pour voir la briolle de loin !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,24-29.
(Fête de saint Thomas, Apôtre)
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

______Il y a chez Thomas comme une invitation à prendre garde au jumeau qui sommeille en chaque disciple. Cette ubiquité est d’ordre spirituel, non matériel : Thomas n'était pas avec eux quand Jésus était venu. En lui –comme en tout disciple- cohabitent deux esprits en un seul corps. Mais ici, il ne s’agit nullement d’un esprit étranger qui vient chasser l’occupant légitime. [1] Il s’agit plus sûrement du même esprit, qui oscille entre le doute (« non, je ne croirai pas ! ») et la foi (« Mon Seigneur et mon Dieu ! »). On remarque chez Thomas une attitude symétrique à celle du lépreux : celui-ci a été touché PARCE QU’il a cru [2] quand l’Apôtre ne veut croire qu’après avoir touché. Thomas ne correspond pourtant pas au portrait que l’on pourrait brosser d’un mécréant. C’est lui qui, peu avant la résurrection de Lazare à Béthanie [3] s’était écrié devant les autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! » Plus près de la Passion, il est déjà moins catégorique mais reste ouvert à l’interrogation : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » (Jn 14, 4-6) À l’instar de la peur, le doute a la vertu d’éviter à la foi de s’installer dans un confort de « PVA ». Il est comme le sel de la terre [4] : il donne à la foi sa saveur et son relief. À l’instar de la peur, tout est question de dosage, l’excès poussant à l’amertume… voire aux remontées gastriques.[5] Face à un événement tel que la Résurrection, une foi purement sociologique se révèle bien fragile… et très perméable à des esprits qui lui sont étrangers.[6] Ne nous méprenons pas : tel n’est PAS le cas chez Thomas. Ceux qui l’entourent ne sont plus, eux, dans le doute : « Nous avons vu le Seigneur ! » À dix contre un (Judas n’était vraisemblablement pas encore remplacé), le climat était davantage favorable à la foi qu’au doute. Si les portes étaient verrouillées, celles du cœur de Thomas restaient entrebaillées : on connaît les conditions de leur ouverture plus complète. En ce sens, son reste de doute signifiait le maintien de son ouverture à l’interrogation : le souci de ne pas pécher par excès de crédulité. [7] Mais l’excès d’un tel souci [8] n’est pas sans déclencher ce qu’on voulait éviter !… « Cesse d'être incrédule, sois croyant. » : il l’a donc été. Mais il ne lui a pas été dit : « Cesse d'être incroyant. » La foi n’est vivante qu’en se confrontant au doute : c’est pourquoi ils cohabitent dans un même corps. Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. [9] Serait-Il alors suspect de vagabondage ? Si, à Sa suite, le disciple va où Il va, va-t-il à son tour encourir cette suspicion de vagabondage ? Pour lui, la tentation est grande d’avoir quelque endroit où reposer sa tête… ce qui est précisément la tentation de l’installer dans un cocon bien rassurant. Or, la foi sans une once de doute mène tout droit… à un certain relâchement qui conduit tôt ou tard à la crédulité. C’est-à-dire qu’elle reste sauve en apparence, mais qu’à son contenu viennent se mêler des éléments qui ressemblent comme des jumeaux aux véritables éléments, qui vont les absorber comme une cellule cancéreuse dévore une cellule saine…

______Tant qu’il reste "condiment", le doute maintient au contraire une certaine vigilance de la conscience et de l’intelligence [10] afin de nourrir la foi d’éléments suffisamment sains pour être à même de repérer l’arrivée d’éléments imitateurs et perturbateurs. Sans cette vigilance, la vie se charge d’apporter son lot de ces éléments séducteurs qui ne s’installent qu’à la mesure du peu de résistance qu’ils rencontrent. Ce n’est pas autrement que le sel se dénature [4], passant imperceptiblement du stade de "condiment" à celui "d’aliment" : le palais s’habitue à des évolutions gustatives, mais il ne saurait en discerner de lui-même le bien-fondé. Quand les faux jumeaux deviennnent plus nombreux que les éléments originels, la foi semble intacte de l’extérieur… voire enrichie ! En réalité, elle n’est plus qu’un vernis superficiel qui recouvre une "foi" jumelle qui s’apparente à un amoncellement de crédulité. On en reconnaît les signes [11] à ce que ce sont les véritables éléments encore en place qui font l’objet du doute ! Conscience et intelligence sont alors sollicitées par une vigilance opposée à ce qu’elle devrait être : elles s’anémient l’une l’autre en étant nourries d’une foi en trompe-l’œil qui les étouffe à petit feu. « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Cette fausse foi –et vraie crédulité- va jusqu’à générer de fausses joies : celles de croire sans avoir vu. Croyant sans voir, elle est donc convaincue d’être la bonne foi. Ici encore, cette foi "plus vraie que nature" est aisément identifiable : si elle autorise de croire sans avoir vu, elle se repère à son étonnante faculté de ne pas croire ce qu’elle voit !!! Ceci lui devient étranger, voire redoutable : une peur irrationnelle peut alors s’installer, rendant de plus en plus hermétique à une Parole toujours "pieuse"… mais inaccessible sinon incompréhensible parce que contredisant formellement une foi vécue persuadée d’être la bonne.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 2,19-22.
Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Dieu.

______En un tel contexte de foi phagocytée, saint Paul a des accents qui peuvent sembler surréalistes ! Vous n'êtes plus des étrangers ? Or, ceux qui ont l’heur d’avoir été plus résistants en nourrissant leur foi à meilleure source deviennent d’emblée des étrangers, voire des Martiens… quand ce ne sont pas plus simplement de sales "intégristes" ! Sans doute de ceux qui ont été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ? Or, le navire semble sombrer : aurait-il rencontré un iceberg ? [12] Non : pas de choc apparent. Aurait-on alors ouvert une voie d’eau de l’intérieur, à l’instar d’un "gentil docteur"dans la tempête ? [13, suite note 6] Pas non plus de "gentil docteur" en vue : il est vrai que celui-là est de ceux qui croient sans voir, et vont ensuite agir en sorte qu’on ne croit plus ce qu’on voit… tout en évitant de voir ceux qui ne les croient pas. En fait d’être intégrés dans une construction, on observe une jolie désintégration destructive ! Pierre angulaire, temple saint, Esprit Saint et autre demeure de Dieu deviennent de pieuses formules tout juste symboliques. Crions plus fort vers le Seigneur : Il finira bien par entendre ! C’est oublier qu’Il n'entend pas la musique des harpes [1] des complaintes quand la source du droit a été détournée, que le torrent de la justice a été tari.
______En première ligne –on s’en doute- le plus formidable exemple de ce qu’on croit sans voir : la "santé mentale" ! Redoutable machine de guerre, fabriquant à la chaîne des "malades" que l’on voit sans croire. Objectif premier : faire croire au "malade" ce qu’il ne voit pas, à savoir qu’il est mûr pour se faire porter pâle de la psyché. En cela, il est puissamment aidé par un entourage fort empressé qui, lui, voit ce qu’il ne voit pas ! Un peu comme dans la maison des disciples, c’est du dix contre un. Sauf qu’ici, il ne s’agit plus de résurrection mais d’initier une logique de mort. Ici, ce sont les portes des cœurs qui sont solidement verrouillées. Ici, ce sont les disciples de la "santé mentale" qui chantent : « Mon Docteur et mon Dieu ! » Ici, on a QUARTIER LIBRE ! Plus de doigts, plus de clous, plus de mains, plus de côté… plus besoin de toucher quoi que ce soit. Le "gentil docteur" lui-même a été cru sans être vu : c’est qu’en positif ou en négatif, la "santé mentale" est priée d’être crue sans être vue : c’est la condition sine qua non pour que le "malade" soit cuit. [14] Sortant du four "thérapeutique", le malade peut laisser ses guillemets au vestiaire, la pathologie neurologique ayant pris le relais de la "maladie" fantasmatique. Ainsi, on peut enfin le croire en le voyant ! Dans un chenil du type de celui du "Dr" de Labriolle [9], on appelle cela une "rémission". Comme on n’est jamais assez prudent, on intensifie le processus "thérapeutique" avant de relâcher le chien : le cocker devenu pitbull sera enfin déclaré "guéri" après avoir mis un peu d’animation dans les campus universitaires, par exemple [15], ou plus intimement dans le cercle familial. [16]

______« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Le climat de la "santé mentale" est lui aussi davantage favorable à la foi qu’au doute. Mais ici, les dés sont pipés : la foi repose sur ce qui n’existe pas, faisant ainsi exister le doute non plus en soi mais sur un autre. Cela se rapproche d’une tentative de possession [1] de l’autre. De fait, ce dernier perd tous ses droits sans que cela perturbe consciences et intelligences sidérées par le doute et la peur. Tout ceci est entretenu par l’illusion d’une "réalité" qui ne se voit pas pour les néophytes, mais devenant rassurante par l’usage d’un jargon spécifique à un monde médical qui feint ainsi de la voir ! Ce qui laisse entendre qu’il faille avoir suivi un long et valorisant cursus dans le monde de la santé [17] pour être en droit de se poser en arbitre exclusif [18] de la "santé mentale" ! « Signe ton chèque ici, et vois ma tronche compassée ; étouffe tes scrupules, et mets-les de côté : cesse d'être incrédule, sois croyant en mon pouvoir tout-poissant. »
______Or, à l’expérience c’est la vigilance qui est de mise. Davantage que la conscience et l’intelligence : rien n’interdit d’être polytechnicien et criminel. Parce que l’instillation du doute sur la "santé mentale" d’autrui –invention consensuelle et invérifiable- est aux antipodes d’un acte de santé : l’esprit qui y préside est un esprit criminel qui enferme sur lui-même celui qui s’y prête. Tel un porc, il se précipite dans une mer de turpitudes, entraînant d’autres avec lui… ce qui peut constituer un grand troupeau.[1] Criminelle dans l’esprit, la "santé mentale" n’est qu’iatrogène à l’usage ; reconnaissons-lui au moins cette cohérence : c’est si rarissime chez elle ! Sur le podium des crimes contre l’humanité, elle ne ferait pas mauvaise figure…

podcast

Un "pré-diagnostic" se devant d'être verbeux pour asseoir
une autorité "médicale"qui fait foi (à défaut de faire science),
le "Dr" Philippe de Labriolle désirerait en ajouter :
voilà qui est frappé au groin du bon sens !

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