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jeudi, 10 juillet 2008

Sots d’hommes égaux morts après traitement



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu'à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l'habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »

_____À l’heure où tout se vend et tout s’achète, donner gratuitement semble décidément bien incongru : où est l’entourloupe ? [1] Tout simple : elle est chez ceux qui ont la prétention de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons… en se faisant rémunérer sur des résultats très exactement inverses ! Car le travailleur mérite sa nourriture. Quand on travaille à démolir méthodiquement tout ce qui vit, pense et rêve [2], cela ne peut que creuser l’appétit… Quand on est un éminent serviteur de la santé, il n’est plus nécessaire de s’informer pour savoir qui est digne de vous accueillir : « Docteur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et… » [3] En revanche, il est nécessaire de se procurer or et argent, petite monnaie pour payer le docteur : en dépit de la Sécurité sociale et des mutuelles complémentaires, il n’est pas toujours assez philanthrope pour être assez sensible au don gratuit.
_____Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. Ici, c’est l’Évangile qui tombe en poussière grâce à un étrange serviteur de la "santé". Celui-là est accueilli et ses paroles sont davantage qu’écoutées : elles sont bues avec avidité sans même qu’il aie à sortir d’une maison ou d’une ville parce que sa "médecine" le dispense par grâce "sanitaire" d’avoir à y entrer ! "Médecine" "prudentielle" par définition, puisqu’elle "détecte" les lycanthropes [4] "psychiques", elle se veut perspicace mais pas téméraire : plus on établit une respectueuse distance entre le loup et soi, mieux on se porte. L’idéal est que le loup ne sache pas qui l’a "détecté" ! C’est que cette vilaine bête pourrait fort bien refuser d’accueillir et d'écouter vos paroles, "Dr" de Labriolle [5]. L’animal pourrait en prendre un tel ombrage qu’il pourrait aller jusqu’à rester chez vous jusqu'à votre départ, entrer dans votre maison, saluer comme il convient ceux qui l’habitent. Qui a peur du grand méchant loup ? Chez vous, c’est de la paille, de la poutre [6] ou de la brique ? Le sable vous va bien [7] : n’est-il pas de saison en cette période estivale ?… Rassurez-vous, "Dr", le loup n’a nul besoin non plus de s’informer pour savoir si vous êtes digne de l’accueillir : cela fait bien longtemps qu’il secoue la poussière poisseuse de votre briolle [8] de ses papattes. Il préfère vous aviser de loin (avec des jumelles [9]) qu’au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que vous et vos semblables de la "santé". Vous n’avez pas honte de jouer au loup à votre âge ? [10] Et en plus, vous trichez ! Touché : c’est vous le loup.[11] On a beau savoir que tout travailleur mérite sa nourriture, il semblerait en effet que votre appétit soit à la mesure de votre "travail" : vorace.

_____C’est qu’avec la santé, le travail lui-même [12] est à bonne place parmi les idoles.[13] Le travail, c’est la santé : c’est bien connu ![14] Les autres païens ne sauraient voir en eux [les disciples] que leur copie conforme, ne se distinguant que par un discours étrange qui n’apporte guère de différence dans leur comportement quotidien [15] : eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? [16] Si pour beaucoup la villa [17] de bord de mer –propice à prendre un peu de recul sur le travail- reste un rêve [2] inaccessible, ce n’est pas tant par manque d’or ou d’argent que par souci d’avoir un sac pour la route, une tunique de rechange, des sandales et un bâton. Il n’est pas de tout repos de faire le poirier [18] : c’est parfois un travail à temps plein, même chez les disciples. Sans doute est-ce pourquoi le royaume du travail leur semble infiniment plus proche que Celui des cieux qui est prié de ne pas déborder du périmètre qui lui a été imparti, temps de vacances inclus. Ceux qui se lassent de jouer au loup pourront s’essayer à une autre distraction durant ce temps béni de repos : entrer dans une maison, saluer ceux qui l'habitent… et ne leur parler ni d’or ni d’argent, ni de petite monnaie pour en garder sur eux ; ni de sac pour la route, ni de tunique de rechange, ni de sandales, ni de bâton ; pour résumer tout ceci : ni de santé, ni de travail !!! L’exercice est particulièrement ténu pour les disciples de la "santé mentale"… qui ne sont pas les derniers à emporter du travail avec eux pour les vacances, tant ils en sont mystérieusement submergés à proportion de leur inféodation à ces idoles du temps. Ils se gâchent ainsi leurs vacances –voire celles des autres !- et ne craignent pas beaucoup d’y laisser… leur santé.

Livre d'Osée 11,1.3-4.8-9.
J'ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d'Égypte, j'ai appelé mon fils. C'est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n'a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens de tendresse ; je le traitais comme un nourrisson qu'on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi, et le regret me consume. Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

_____Les vacances sont aussi un temps béni pour les enfants : c’est une période où on les fait volontiers sortir de leur "Égypte" afin de leur faire découvrir des horizons plus larges, loin des pressions scolaires, "châtiment" de l’humanité. C’est parfois un temps un peu moins béni pour les parents qui, déjà submergés de soucis de santé et de travail, se retrouvent avec celui d’occuper leurs têtes blondes durant ce long temps de jachère studieuse. Quand la famille élargie fait défaut –ou est programmée un peu plus tard- reste la solution de la colonie de vacances… la vraie, bien sûr. [19, note 8]
_____La colonie de vacances est une structure spécialement étudiée pour les enfants : la fausse comprise. Osée y prend de nouveau une singulière tournure :
J'ai fait retomber Israël en enfance, et, pour le faire rentrer en Égypte, j'ai appelé mon fils "Malade". C'est moi qui lui faisais des crocs-en-jambe, en le repoussant de mes bras, et il n'a pas compris que je venais à son secours : fallait-il qu’il soit malade ! Je le guidais avec animalité, par des liens de contention ; je le traitais comme un cocker qu’on rabaisse tout contre ses pieds ; je me penchais vers lui pour lui faire avaler son Prozac. Mais ils ont refusé de revenir à moi (les ingrats…) : vais-je les livrer au châtiment ? Oui ! Mon cœur est bien trop fermé pour qu’il puisse se retourner contre moi, et le regret va les consumer. J’agirai selon l'ardeur de ma colère, je "soignerai"Israël, car je suis Docteur, et non pas malade : au milieu de vous je suis le Docteur "sain", et je viens pour exterminer votre maladie.

_____Le réel dépasse la fiction ! Toute étiquette "pathologique" apposée par le "gentil docteur" sur le dos de son "malade" fait instantanément de ce dernier un mineur. Pour lui, plus de souci de santé, de travail, de vacances : on s’occupe de lui ! Il est prié de ne pas aboyer plus fort qu’un cocker, de ne pas penser plus intelligemment qu’un nourrisson, de comprendre qu’on vient à son secours (cf. la "raison sociale"de l’UNAFAM : « défendre les intérêts des proches en difficulté » !!! [20]), qu’on le guide avec humanité, par des liens de tendresse… comme on peut être tendre pour son chien. Notre "malade" en perd jusqu’à son vrai nom.[21] À ce dernier est substitué un faux nom : celui de sa "pathologie". Finis Pierre, Paul ou Martine, place aux pseudonymes : Médor, Azor ou Mirza ; plus proches du vécu et plus faciles à prononcer dans la vie courante que leurs correspondants pseudo-"scientifiques" : "psychotique", "psychopathe", "schizophrène", "bipolaire", "paranoïaque" etc. Dans un dernier sursaut d’humanité, on s’attache à ne pas associer excessivement le "malade" à sa "maladie" que l’on doit traiter –selon un consensus populaire- "comme les autres" !… Le lien de tendresse se manifeste alors par : "pauvre" Médor, "pauvre" Azor ou "pauvre" Mirza. (Il est vrai qu’il n’est guère "enrichissant" d’être entouré d’ânes [22]…) Bref, quand on ne joue plus au loup parce que celui-ci a été bien attrapé, on ne répugne pas à jouer au "docteur" : c’est amusant aussi, à condition toutefois de ne pas être le loup. En effet, contrairement là encore à la règle du jeu habituelle, le "docteur-pour-de-rire" a un rire très intérieur.[23] L’intérieur, c’est son rayon ! Celui de l’autre [24], l’internement [25] et bien sûr "l’intérêt" du "malade". Il s’agit donc d’un jeu d’intérieur, pratique pour les jours de pluie. Le problème avec lui, c’est qu’il pleut tout le temps ![26] Un vrai temps de chien [27]… Le temps de l’homme s’arrête pour le loup désigné : ce dernier passe à la cock’heure,[28] variante du passage à l’heure d’hiver [29] comportant un léger inconvénient : sans que cela ne choque personne, elle reste valide même en août ! On s’étonnera ensuite que la banquise polaire fonde progressivement…
_____Le "docteur-pour-de-rire" triche donc : il se prend au jeu ! On pourrait croire que c’est un faux docteur parce que c’est un vrai jeu : en réalité, c’est un vrai docteur dans un faux jeu. Par conséquent, c’est un vrai qui devient faux. Logique : pour rester vrai, il devrait "soigner" ses faux malades avec de faux médicaments. Or, il les "soigne" avec des vrais ! Ainsi, les faux malades deviennent vrais à leur tour, ce qui n’était naturellement pas prévu dans la règle d’un jeu qui est donc faussé. À se demander si la loi –dont nombre de servants aiment à jouer avec les "docteurs-pour-de-rire"- ne devrait pas édicter une interdiction de jouer au "docteur" pour les plus de cinq ans…
_____En attendant, prions le Ciel que l’été soit ensoleillé : il est plus sympathique de jouer au loup.
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Écrit par : michele | samedi, 05 juin 2010

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