Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 12 juillet 2008

Deux moineaux pour un sou, et la briolle par-dessous…

petit_oiseau_sortir.jpg
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur. Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde. Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.

_____Le mythe de la "santé mentale" a ceci de fascinant qu’il abrite en son sein quantité de disciples dont la seule dénomination de "médecin" semble les autoriser implicitement à être d’emblée au-dessus du Maître, au-dessus du Seigneur : ce n’est pas tant à une sanction diplômante que leur mène le cursus universitaire, mais à un véritable pouvoir magique ! Mages des temps modernes, ce sont eux les maîtres, eux les seigneurs. [1] S’ils se veulent –dans un ultime sursaut d’humilité- des serviteurs, ils ne le sont QUE de de l’idole santé [2, note 3 ]. Le maître de maison a intérêt à être en pleine forme, faute de quoi Il se fait traiter de Béelzéboul [3] : de la personnification de la maladie –réelle ou supposée- à celle du Mal, il n’y a qu’un pas. C’est en effet bien pire pour les gens de la maison. S’ils ne se font pas explicitement traiter de Béelzéboul, leur sort n’est guère plus enviable : eux sont instamment priés de se laisser "traiter" comme l’on traite sa cave d’une bonne couche de raticide. Qu’ils soient vrais ou non, les rats ne font pas de longues études de médecine qui font d’eux les maîtres exclusifs –voire les docteurs- du mal. Seuls ces derniers lui donnent un nom [4] : ils n’ont personne au-dessus d’eux ! Comment ? Jésus ? Vous voulez rire ? Que voulez-vous qu’un fils de charpentier galiléen [5] –Lui-même charpentier [6]- vienne faire dans un domaine aussi éminent que celui de la santé ? « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Il ne sait rien de la santé, c’est un maudit ! » [7] Tant que nous restons dans le domaine de la santé organique, on se risque ainsi à de cruelles déconvenues : erreurs diagnostiques, dépenses de biens sans aucune amélioration, état s’empirant après traitement [8], voire à l’extrême : corps qui sont tués.
_____Avec la "santé mentale", il n’y a plus aucune limite. On retrouve les mêmes avatars, sauf qu’ils ne se cantonnent plus à une personne et à son entourage mais se répandent par capillarité sur l’ensemble du corps social. Ses maîtres poussent le vice en singeant [9] le serviteur : tout ce qui est voilé, ils prétendent à l’exclusivité de le dévoiler, tout lycanthrope "psychique" [10, note 4] qui est caché sera connu. Ce qu’on leur dit dans l'ombre, ils le disent au grand jour ; ce qu’ils entendent dans le creux de l'oreille, ils le proclament sur les toits. (par disciples interposés : courageux mais pas téméraires…) Extérieurement, ce sont donc d’impeccables serviteurs ! Ne suivent-ils pas à la perfection les préceptes du maître ? Ne se prononcent-ils pas pour Lui devant les hommes ? Pardon ? Ah oui… un irréductible détail résiste encore et toujours à l’envahisseur de "bons sentiments". Ce petit détail de rien du tout produit une horrible tache rouge sur la blancheur immaculée [11] des blouses de nos "gentils docteurs" : Ne craignez pas les hommes. C’est étrange : il semblerait qu’avec leur "médecine" nous obtenions très exactement l’effet inverse ! Et pour cause…
chateau_de_cartes_2.jpg
_____Supprimons la crainte des hommes, et, telle un château de cartes, la "santé mentale" s’écroule instantanément ! Elle tombe en panne sèche : la crainte des hommes est son essence. C’est également sa station [12], dans la mesure où par un déterminisme implacable elle fige les parties en cause par la banquise [13] de postulats établis dans ce qui est le travers de toute médecine : le traitement de l’urgence dans l’apparence. S’il y a peu à craindre d’une authentique médecine suffisamment outillée pour traverser cette apparence en permettant de dévoiler l’origine du mal, il en va tout autrement de la "médecine" d’un Philippe de Labriolle.[14] Ici, à défaut de savoir où l’on pose les sabots de sa monture [15],on compense en montant sur ses grands chevaux. L’urgence résidant dans la souffrance apparente, priorité est accordée au premier souffrant venu. Or, pour "consulter" spontanément un tel "médecin", ne nous fions pas aux apparences : pas besoin d’être "fou" ! (Du reste, qu’est-ce que la "folie" ? Selon Antonin Artaud –personnalité emblématique mais néanmoins asphyxiée par le vent "médical" de la briolle [16]-, « La médecine est née du mal, si elle n'est pas née de la maladie et si elle a, au contraire, provoqué et créé de toutes pièces le malade pour se donner une raison d'être. » [17]. Selon Foucault [18], moins polémique mais non moins réaliste, elle est ce qu’elle a toujours été : un "mal" moins individuel que social. C’est pourquoi bâtir une "spécialité" médicale autour d’elle est déjà en soi une monstruosité…) Il suffit d’être timoré et craintif. La "consultation" va donc s’articuler autour de l’homme qui inspire cette crainte. Autrement dit, on va retranscrire dans un langage "adulte" une attitude aussi courante que parfaitement infantile : le mouchardage ! Ce n’est plus « je vais le dire à maman » ou « je vais le dire à la maîtresse » (sous-entendu : « tu seras puni et ce sera bien fait »), mais « je vais le dire au "docteur" » ! Arbitre des temps nouveaux [19], le "gentil docteur" est justement "gentil" parce qu’il se montre particulièrement réceptif à cette lancinante souffrance morale… qui reste telle chez son client, et qu’il apaise avec d’autant plus d’empressement que ce dernier est un ami (c’est dans le besoin [20] que l’on reconnaît ses amis… et dans leur satisfaction que l’on se confectionne des ennemis sur mesure…). Le "gentil docteur" va donc extraire sa baguette magique [21] et procéder au rassurement de celui qu’il voit par l’insultation [22] de celui qu’il ne voit pas, tenu pour un épouvantable "bourreau". (On entre ainsi dans un schéma puéril –aussi étriqué qu’arbitraire- bourreau/victime, sur lequel vont se tisser d’abracadabrantes modalités "thérapeutiques"… pour l’absent !) En conséquence, la souffrance morale de l’un va être apaisée par un décret formel de souffrance mentale chez l’autre. Extérieurement, tout va bien : on retrouve le sourire entre deux rictus d’hypocondriaque. Pour le conserver, il faut se faire "bon" serviteur : dire au grand jour ce qu’on a entendu dans le creux de l'oreille, le proclamer sur les toits… à commencer par le toit du "bourreau" ! Damned, qu’il sache –son entourage et lui- qu’il est fait comme un rat : la "médecine" a parlé... et le raticide [23] est au frais. L’entourage -constituant la première force de frappe [24]- est sauf de toute souffrance "mentale". Il a en effet besoin de garder la tête froide depuis qu’il lui a été dit dans l’ombre qu’il cachait en son sein un épouvantable "bourreau", passé par la grâce de l’insultation au statut d’épouvantail "psychique".
_____Ne craignez pas les hommes. Oui… mais là, il y a "urgence" ! Au diable l’Évangile quand il est question de "santé".[25] D’ailleurs –et l’Apôtre lui-même le déclare- la "charité" nous presse : celle-ci a comme un relent acidulé de citron… En dépit des vertus digestives de cet agrume, on assiste toutefois à quelques remontées gastriques. Le premier client est tranquille, lui : il a contribué à établir un cordon "sanitaire" autour de son "bourreau", et vit à l’extérieur de ce cordon : pas l’entourage ! Celui-là survit en compagnie de son pitbull déguisé en cocker. [25] Si le maître de maison s'est fait traiter de psychopitbull, ce sera bien pire pour les gens de la maison : au secours ! L’Évangile est sauf : on ne craint pas les hommes. Les chiens méchants [26], un peu plus… Ajoutons à cela une atmosphère sociale qui se prête à merveille aux pires élucubrations fantasmatiques –alimentées à l’infini par des médias avides de sordide et de sensationnel [27][27bis][27ter]- et la chasse à l’homme… pardon, au chien, obtient ainsi toute son apparente légitimité. En dépit d’une étonnante ressemblance avec la chasse au dahu [28], il n’en faut pas davantage pour que la planète devienne un formidable terrain de safari. On appose d’ultimes lettres de noblesse (avec ou sans Philippe…) à ce nouveau sport en restant fidèle au plaquage du vocabulaire médical : aujourd’hui, on donne dans le "dépistage" des "troubles psychiques", option "danger extrême" : quelle aventure !

_____On se souvient qu’entre deux envols de moineaux, le "psychopathe" [29] fournit un gibier de choix en matière de dahu "psychique". Étymologiquement, le vocable est assez vaste pour y fourrer ce qu’on veut… comme, du reste, tout ce qui a trait à la "santé mentale". Retenons-en seulement son image de marque, qui a au moins le mérite de faire taire la fausse compassion habituelle : elle ne saurait s’appliquer à un beau salaud. Eu égard à toutes les définitions possibles et imaginables que l’on peut en glaner, nous sommes en proie à une véritable pandémie mondiale de prédateurs ! Pour enrayer définitivement ce "fléau", il existe bien une solution "thérapeutique" [30] qui renvoie le raticide à la préhistoire. Soyons in : il suffirait de faire sauter les stocks mondiaux d’armements nucléaires et pfuit ! finis les "psychopathes". En attendant ce "grand soir" qui apportera à n’en pas douter un élan nouveau à l’humanité, le chasseur affûte ses armes : le meilleur est celui qui se targue de déceler son gibier dans la foule au premier coup d’œil. Nous avons même droit au portrait-robot [31]… qui suscite autant de palpitants débats que ceux qui ont longtemps porté sur la question de savoir si le dahu avait les pattes plus courtes sur le flanc gauche, le flanc droit, l’avant ou l’arrière : la question reste toujours ouverte.
570229414_small.jpg
_____Ne craignez pas les hommes. Tout va bien : ceux-là sont visiblement des déchets de l’humanité. Soyez donc sans crainte : ils valent bien moins que tous les moineaux du monde. À se demander s’ils ne sont pas de ceux qui peuvent faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps, tant ils font froid dans le dos ? Dieu merci, nous sommes à présent entre de bonnes mains : il existe des "spécialistes" [32] qui nous en protègent. Plus « PIA » que les « PIA », ils s’occupent même de l’extérieur, comptant tous les cheveux des horribles "psychopathes" : seuls les chauves sourient… Sans doute parce qu’ils manifestent là ce trait essentiel qui fait d’eux des monstres impitoyables : le manque d’empathie ! Chacun sait que cette éminente vertu demande de longues et laborieuses études médicales afin de s’exercer dans la joie [33] et la bonne humeur. Ainsi, notre "gentil docteur" a manifesté beaucoup d’empathie à l’égard du client cité plus haut. « Dans les sciences humaines, l'empathie désigne une attitude envers autrui caractérisée par un effort objectif et rationnel de compréhension intellectuelle des ressentis de l'autre. Excluant particulièrement tout entraînement affectif personnel (sympathie, antipathie) et tout jugement moral. » [34] Ces "sciences humaines" ressemblent à s’y méprendre à une "science" qui ne dédaigne pas laisser derrière elle de lourdes volutes de briolle. [14] C’est qu’en effet, l’exclusion de tout jugement moral est la condition sine qua non qui permette ce remarquable prodige d’absoudre un client présent de sa pleutrerie et de transférer subséquemment la charge de sa culpabilité en accusant un "client" absent via un étiquetage "pathologique" infamant et diffamatoire. Tout va bien : "il n’y a pas" de jugement moral. Just a "diagnostic"… Tout va bien : les canons en vigueur de l’empathie ont été rigoureusement respectés. Il convient cependant d’ouvrir les fenêtres en grand, tant l’atmosphère devient irrespirable : il règne en effet une étrange odeur, savant [35] mélange de chenil [36] et de porcherie. [37] Tout ne serait-il pas bon dans le cochon ? En effet, la couenne ne l’est pas. Dans notre exemple, cette couenne indigeste est constituée par cette particulière entorse à l’empathie : quand le client est un ami, il y a entraînement affectif personnel de l’ordre de la sympathie. (Cette entorse vaut d’ailleurs pour tout membre d’un corps professionnel : un avocat, par exemple…)

_____La "non-empathie" du "psychopathe" de service requiert bien entendu un léger décryptage. Il convient de la situer dans le contexte sémantique qui est le sien : l’univers concentrationnaire qui est historiquement [38] celui du maître-chien. Pour ce dernier, la prétendue "non-empathie" n’est rien d’autre qu’une indifférence à la souffrance… ce qui est exact. Enfermé dans son système, il ne distingue pas le reste : cette indifférence ne s’applique pas à la vraie souffrance de l’autre, mais à la fausse souffrance que l’autre lui attribue au forcing afin de s’alléger de ses culpabilités ! Ce qui requiert chez lui un important développement de son attitude envers autrui caractérisée par un effort objectif et rationnel de compréhension intellectuelle des ressentis de l'autre. Il n’a d’ailleurs pas vraiment le choix, son propre ressenti étant tenu pour quantité négligeable : celui d’un cocker, en quelque sorte… Lui aussi exclut particulièrement tout entraînement affectif personnel et tout jugement moral. Ici également sa marge de manœuvre est étroite, tant prévaut avec raison l’inclination à l’antipathie et la condamnation.
_____Dieu merci, la véritable empathie n’a pas attendu l’avènement des "sciences" dites "humaines" (sic) : elle s’exerce dans toute compassion… à condition bien entendu que celle-ci s’exerce à son tour sur une vraie souffrance. De même qu’il n’est pas besoin d’être médecin pour savoir où on souffre –et où on ne souffre pas [38]- il n’est pas davantage besoin de l’être pour compatir… y compris sur l’insondable sottise humaine des sages et des savants [39] Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. Sans même attendre les cieux, ce sont déjà la sagesse et la science qu’ils renient devant les hommes !

Les commentaires sont fermés.