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mercredi, 16 juillet 2008

Le toutou petit rêve ailé

L'histoire incroyable.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

_____Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.[1] Quel dommage : bien que cela rimasse à la perfection, on peut avoir la charité sans être passé par la Faculté ! On peut aussi ne pas l’avoir en y étant passé. On peut enfin l’avoir en y étant passé… mais la rime prend un troisième vers : celui de la difficulté.
_____C’est qu’il existe deux riens. Il y a ce rien de celui qui a tout, tel que le stigmatise l’Apôtre : voiture de sport, moteur six cylindres turbocompressé avec double arbre à cames en tête, quatre-cents mètres départ-arrêté en dix secondes chrono, jantes vingt pouces équipées de pneus taille basse modèle compétition, freins à disque, sièges tout cuir, garnitures intérieures en ronce de noyer, GPS, téléphone et hi-fi intégrés, et naturellement peinture métallisée du plus bel effet. big_dad_player_1080350429_zonda_c12_s_01.jpgC’est néanmoins un rien parce qu’à l’examen, toute cette débauche de technologie se laisse admirer tout à loisir par le badaud, le réservoir de carburant étant vide : pas une goutte d’essence ! Cet onéreux petit bijou ne saurait être qu’à portée de bourse d’un sage et savant au curriculum vitæ au moins aussi impressionnant que le véhicule… À l’opposé, il y a l’autre rien : celui du tout-petit manœuvre intérimaire qui engloutirait tout un salaire à s’offrir ne serait-ce qu’un enjoliveur de l’auto prestigieuse. Pour lui, c’est une petite cylindrée de grande série construite dans un pays à la main d’œuvre bon marché, quatre roues et carrosserie banale, toutes options… en option : le badaud passe son chemin. lada.jpgEn revanche, le plein vient d’être effectué à la station Bée Paix, dont l’essence n’est autre que celle de la charité ![2] Le premier propriétaire est au fait de toutes les subtilités techniques de sa voiture ; le second serait très malheureux [3] si on lui demandait d’intervenir personnellement sous son capot. Nonobstant, toute la question est de savoir lequel de ces deux véhicules va rouler le plus vite…
_____Entre les deux existe aussi la possibilité de louer un véhicule de catégorie intermédiaire, ce qui en implique une jouissance à durée limitée. Il n’en va pas de même quand il s’agit de louer le Père, Seigneur du ciel et de la terre ! Lui ne demande ni permis de conduire ni fiche de paie [4], simplement de Le connaître par le Pompiste [5], son Fils. En réponse, Il pourra alors révéler au tout-petit le mode d’emploi du GPS qu’Il lui installera sans supplément de prix : rappelons que nous sommes ici dans une logique de gratuité [5], par conséquent d’authentique charité dans la vérité révélée. Dans cette optique, il n’est de durée limitée que chez celui qui ne sait pas recevoir -ou garder [6]- la grâce [3, note 15] de cette charité… S’il ne lui est pas demandé son permis de conduire, c’est justement parce qu’il est en chemin [7] d’en passer l’examen tout au long de sa vie temporelle.
 
_____Le Pompiste ? Tout Lui a été confié par Son Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. C’est dire que le Filsne saurait être connu ni en Faculté –fût-elle de théologie- ni en éprouvette de laboratoire. Toute personne qui prétend donc Le connaître hors la charité n’est donc au mieux qu’un imitateur, au pire un usurpateur. S’Il est souvent imité, Il n’est jamais égalé. En revanche, L’imiter hors la charité induit des conséquences désastreuses tant chez le conducteur que sur ceux qu’il croise. Se croyant prématurément titulaire du fameux carton rose, il n’est mûr que pour le carton rouge [8]. Se voulant le roi de la route, les autres sont de mauvais conducteurs. Sa "charité" lui commande de les expédier à l’extérieur de la route afin de "protéger" les autres conducteurs : on aura reconnu la "prudence sanitaire" du "gentil docteur" qui, seul, détermine [3, notes 19,20,21] qui est ou n’est pas "dangereux pour lui-même et pour les autres". Confions à un jeune conducteur –sortant à l’instant de son examen- les clefs du bolide turbocompressé décrit ci-dessus, qualifions-le d’examinateur et de gendarme, puis laissons-le aller après lui avoir effectué le plein… dans une station concurrente. [5] Le GPS ? Il s’en moque : il connaît la route mieux que personne. Il ne s’égare jamais : ce sont les autres qui s’égarent sur son chemin. God save the Queen : pourtant de ce côté-ci de la Manche il roule à gauche, pas les autres. Lui est le Way’s King. Il en détient les clefs [6]. Tout contrevenant est rangé sur le côté et mis à l’abri [7] des autres. Pour faire bonne mesure, on décrète qu’il est siphonné afin d’en faire autant sur son réservoir, vidé et remplacé par de "l’adoucissant"[8]… ou de l’huile de vidange.[9] On proposera même au conducteur "dangereux" de perfectionner sa conduite, l’examinateur ne répugnant pas à l’occasion coiffer une casquette de moniteur : dommage que couleurs et images ne soient qu’en option [10]… Dommage également que son enseignement soit pour le moins sujet à caution.[11] Car il se veut rien de moins que l’enseigne elle-même ! Le permis qu’il délivre n’offre pas tant l’autorisation de poursuivre le chemin qu’a librement choisi son conducteur [12], mais lui impose [13] son itinéraire et sa destination : ici encore, le récalcitrant serait sans doute sévèrement jugé [3] comme déraillant [14]… Pour lui, défense absolue d’emprunter quelque voie de délestage, réputée trop périlleuse [15] : l’heure est plutôt à l’alourdissement [16] ! À commencer par celui [17, note 7] du cœur…
 
Psaume 94(93),5-6.7-8.9-10.14-15.
C'est ton peuple, Seigneur, qu'ils piétinent, et ton domaine qu'ils écrasent ; ils massacrent la veuve et l'étranger, ils assassinent l'orphelin. Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas, le Dieu de Jacob ne sait pas ! » Sachez-le, esprits vraiment stupides ; insensés, comprendrez-vous un jour ? Lui qui forma l'oreille, il n'entendrait pas ? il a façonné l'œil, et il ne verrait pas ? il a puni des peuples et ne châtierait plus ? Lui qui donne aux hommes la connaissance,  Car le Seigneur ne délaisse pas son peuple, il n'abandonne pas son domaine : on jugera de nouveau selon la justice ; tous les hommes droits applaudiront.
 
_____Parce qu’ils pourront enfin rouler sur la file de droite sans subir les barrages de pirates de la route qui se font passer pour gardiens de la paix, aller où bon leur semble sans avoir à rendre compte à ceux qui leur volent leurs rêves [18] d’autres itinéraires, différents de leur "réel"étriqué parce que guidés par ce que le Seigneur voit, ce que le Dieu de Jacob sait. Moins que jamais est-ce là le domaine des écraseurs, des massacreurs de veuve et d'étranger à leur "réel", des assassins d’hommes droits.
 
_____Certes, avec ou sans "santé mentale", la route récèle bien des dangers ; y voyager requiert une discipline [19] minimale afin de savoir la partager. En dépit du respect rigoureux de cette discipine, certains accidents de parcours restent inévitables tant que le conducteur n’est pas en cause, dûs à des éléments extérieurs qu’il ne maîtrise pas toujours. Mais quand les "codes Rousseau"en viennent à s’incarner par la formule « le conducteur naît bon ; ne sachant pas conduire, ce sont les autres qui le corrompent », c’est le parcours sans anicroche qui devient accidentel. Quand la route connaît les proclamations de la "santé mentale", les parkings deviennent étrangement définitifs [20] : c’est l’accident qui devient la norme de conduite ! Les codes de conduite étant pluriels, ils ne sont pas les mêmes pour tous. Mais tous recèlent des éléments suffisamment fédérateurs pour les harmoniser dans une règle assez commune pour que chaque conducteur n’y perde ni sa liberté ni sa dignité : chacun répond ainsi de sa conduite, peut –et doit- anticiper celle de l’autre sans y répondre à sa place. La difficulté devient irrationnelle quand deux codes opposés de conduite cohabitent en un même conducteur ! Il ne s’agit pas du dilemme doute/foi de Thomas.[21] (Au contraire, ce dernier en appelle à ne pas s’endormir au volant, à ne pas relâcher sa vigilance, à anticiper sur d’éventuels obstacles… et sur les écarts de conduite, qu’ils viennent de soi ou des autres.) Il s’agit bien d’un code qui annihile l’autre dans la pratique, parce qu’il abandonne de facto le domaine de la charité tout en pillant son vocabulaire. Il feint de libérer le conducteur : après lui avoir brouillé les repères de son itinéraire, il lui substitue ses propres repères en lui laissant entendre qu’ils sont plus justes que les siens, donc plus libérateurs. Le conducteur s’en amuse beaucoup : il va où il veut… dans son auto-tamponneuse. L’accident est la règle du jeu ! (Si charité il y a, elle implique de se laisser rentrer dedans sous peine d’être mauvais joueur… donc "malade".) Il va où il veut… tant que l’antenne reste en contact avec le réseau électrique. (À cet égard, le "gentil forain" a tout ce qu’il faut pour maintenir ce contact [22]…) Il se veut plus "libre" que celui qui persiste à poursuivre son chemin à bord d’une vraie voiture, sans dépendre de personne.
_____C’est précisément par le contact avec un vrai véhicule que l’on peut percevoir àAuto-tamponneuses.jpg quel véritable code l’on obéit, au-delà des mots et des intentions. De l’extérieur, pas de changement notable : on est assis et on tient un volant. À l’extérieur, zigzags, embardées, et marches arrière intempestives sont au menu du voyage. Les habitudes des limites imposées par les dimensions d’un chapiteau de fête foraine aidant, le conducteur est perdu et ne sait plus où il va. Il tergiverse, tantôt à gauche tantôt à droite. La panique le gagne quand il constate que les autres usagers ne sont pas vraiment mûrs pour l’auto-tamponneuse… et sensibles de l’avertisseur. Il aime à se réfugier dans la première station venue… mais ce n’est pas une Bée Paix. Là, il y trouve consolation et réconfort : on lui apprend même que l’usage de l’avertisseur sonore est rigoureusement interdit en rase campagne, et quasi obligatoire en ville : on y trouve tellement plus de redoutables dangers ! Des meutes de dahus [23], par exemple : on les reconnaît à ce qu’ils traversent en dehors des passages cloutés… On cajole son véhicule : remplacement du pare-brise contre un plus solide (afin de se prémunir de tout risque de brise légère…), vérification de la pression des pneumatiques (remplacement de l’air de l’Esprit par de la briolle [24] en bouteilles…), renforcement des ceintures de sécurité afin de s’assurer de leur parfaite contention ; et naturellement le plein de carburant frelaté aux innombrables additifs qui autorisent des démarrages musclés, puis des congés anticipés de soupapes et autres bielles. Aucune importance : l’accident précédant la panne, la seconde sera imputable au premier… et remboursable par le conducteur indélicat (parce qu’usant d’un autre code… et d’une autre station) qui aura eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Pourtant, il se veut fidèle client Bée Paix (il en a même la carte) et jure ses grands dieux n’aller chez les autres que par nécessité ultime : pour se dépanner… de crainte de tomber en panne. Le code de Bée Paix ? Il en connaît tous les mystères et toute la science, il en a la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes ! Mais les autres conduisent si mal : on voit bien qu’eux ne connaissent pas tous les mystères et toute la science, n’ont pas la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes… sinon ils conduiraient mieux. Il est donc "prudent" de s’en méfier [25] puisqu’ils sont visiblement indifférents à leur "santé mentale" : c’est d’ailleurs ce que vient de suggérer dans le creux de l’oreille [23] le "gentil pompiste" de la station imitation Bée Paix (Beatnick Pétochenl’homme).
 
_____Si la "santé mentale" peut apparaître comme une "obsession" [26] sur ce site, c’est naturellement moins pour en assurer la promotion que pour inviter à reprendre sa respiration au-dessus de l’épaisse et étouffante chape de briolle qui pollue l’atmosphère ambiante. Il s’agit d’ailleurs moins "d’obsession" que d’une véritable et sournoise invasion planétaire. Nous attendions des petits hommes verts ? Petits, ils le sont par leur "médecine" régressive à tous points de vue. Verts, ils le sont… de peur, puisque c’est de cette émotion qu’ils vivent. Au moyen d’un moteur de recherche classique, il suffit de taper "santé mentale" pour obtenir un total d’environ 1 360 000 résultats. Plus d’un million ! La Toile aussi serait-elle "obsédée" ? De quoi parle-t-elle, quand elle en parle ? Hormis quelques irréductibles [27][27bis][27ter] qui se demandent à qui profite le crime [28], il est davantage question de promotion que d’interrogation sur la seule validité d’un concept qui semble ne pas souffrir de discussion. Ce qui révéle déjà en soi une effarante mainmise sur des esprits sidérés depuis fort longtemps. Par exemple, ne parle-t-on pas à tout propos de "parano" dès les premiers signes de détérioration d’une relation humaine ? Pourtant, -et quelles que soient ses prétendues formes- la "paranoïa" n’existe pas. Pas davantage que tout ce que l’on trouve dans le Dictionnaire de Sottises Monstrueuses. [29, note 8] (Existe en revanche une foule de malades rendus narcodépendants de drogues –"traitant" ce genre de "maladie"…- dites "licites" dont ils ne peuvent se sevrer du jour au lendemain sans risque majeur pour leur vraie santé.)
_____Molière était déjà enfoncé : notre époque a fait mieux que lui en inventant le malade malgré lui et le malade imaginaire (mais… imaginé cette fois par les autres !). C’est à présent Marx lui-même qui est enfoncé ! L’opium du peuple se décline à présent en une impressionnante –et lucrative- "pharmacopée" [30] dont on ne voudrait pas chez le vétérinaire, mais qui est néanmoins l’acte d’allégeance du disciple de cette nouvelle religion.[31] [latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier"] (De fait, on relie dans un code commun… tout ce qui offre matière à générer des accidents) En réalité, nous sommes face à une puissante superstition [32] qui, bien que classifiée elle-même parfois comme "psychopathologie" (sic !), en présente une forme des plus achevées.
 
_____En 1970 déjà, dans « le cheval de Troie dans la cité de Dieu » (ed. Beauchesne), le canasson [33] sévissait dans un sens plus large sous la plume de Dietrich von Hildebrand [34]. « C’est une erreur caractéristique de beaucoup de [« PIA »] de ne pas faire la différence entre culpabilité réelle et complexe de culpabilité. Ils méconnaissent la réalité capitale des catégories de bien et de mal. Leur fausse conception du monde émousse la conscience de ceux qui se soumettent à leurs traitements, et, même s’ils se sentent « tellement mieux » après, elle les prive de leur vraie liberté. » (p.115) En près de quarante ans, les choses n’ont guère changé, sinon en pire : nous sommes passés d’une conscience "émoussée" à une conscience éradiquée. [35] Ce qui permet d’expédier sans "complexe" une culpabilité chez un autre… Enfin, ceci ne concerne plus "beaucoup de" « PIA », mais tous.
_____Intéressante remarque en page précédente : « Toute contrainte est une négation implicite de la personne libre ; elle menace la transcendance de l’homme en l’empêchant de se conformer à ce qu’il reconnaît clairement comme bon, d’accepter ou de faire ce qui répond à sa vocation. Mais si on le considère comme un animal sans volonté libre, ou si l’on interprète sa liberté comme un pur arbitraire qui le sépare de la réalité et l’éloigne de Dieu, alors la coercition cesse d’être un mal. Ce n’est pas un mal d’exercer une contrainte à l’égard de chiens ou de chats… » (p.114) Quand on retourne l’argument, on comprend dès lors beaucoup mieux pourquoi on devient cocker [36] à l’intérieur -comme à l’extérieur- de certains établissements : quand on lui révèle sa "maladie", le toutou se sent pousser des ailes afin de prendre un peu de hauteur sur cette sinistre farce…
_____Laissons le mot de la fin au même auteur, citant un peu plus loin Kierkegaard : « Ayant renoncé à se servir de la liberté de pensée, les hommes ont réclamé en compensation la liberté de parole. » (p.126) Il semble que nous ayons aujourd’hui dépassé ce stade, étant parvenus -grâce aux progrès fulgurants de la "médecine"- à obtenir la liberté d’aboiement…

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