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samedi, 19 juillet 2008

Péri faire hic

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,14-21.
Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom.

_____Bien longtemps avant que les fabuleux progrès de la médecine ferment les cœurs et fassent marcher sur la tête, cultivant avec un soin jaloux les penchants pour la procédure sacrificielle [1], les pharisiens n’ayant pas tous les outils de la "santé mentale" à leur disposition étaient contraints d’appeler un chat un chat : une conspiration une conspiration. Las de subir vexations et humiliations de la part de ce Jésus, ils se réunirent contre Lui pour voir comment le faire périr. En bon français, cela s’appelle fourbir ses armes dans un esprit d’orgueil et de vengeance. Grâce aux vertus de l’autonomie du "psychique" par rapport au spirituel [1, note 10] –et bien sûr, au moral-, la transcription de cette situation dans un langage plus moderne laisserait apparaître que ce Jésus est extrêmement "dangereux pour lui-même et pour les autres" et qu’il convient de toute urgence de le convaincre d’entreprendre une démarche "thérapeutique" pour son "bien" comme celui de son entourage : les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire "guérir". La lettre est bien entendu totalement anachronique, mais l’esprit ne varie pas d’un iota depuis deux mille ans. Du reste, sans remonter si loin dans le temps, le disciple n’étant pas au-dessus de son Maître [2] s’expose lui aussi à être confronté à cette hypocrisie [3] : au moins est-ce pour lui le signe [4] qu’il emprunte la bonne porte des brebis [5] ! (Par contraste, c’est malheureusement le signe qu’il est entouré de disciples qui se fourvoient, quand bien même ils lui parleraient au nom de Jésus…)

Livre de Michée 2,1-5.
Malheureux ceux qui, du fond de leur lit, méditent le crime, élaborent le mal ! Au point du jour, dès qu'ils en ont les moyens, ils l'exécutent. S'ils convoitent des champs, ils s'en emparent ; des maisons, ils les prennent ; ils saisissent le maître avec sa maison, l'homme avec son héritage. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Moi, je médite contre cette engeance un malheur où ils enfonceront jusqu'au cou ; vous ne marcherez plus la tête haute, car ce sera un temps de malheur. Ce jour-là, on composera sur vous une fable, on chantera une lamentation dans laquelle vous direz : « Nous sommes entièrement dépouillés ! Notre part nous est enlevée ! Hélas ! Elle nous échappe ! Nos champs sont partagés entre des infidèles ! » Non, vous n'aurez plus personne qui assure, dans l'assemblée du Seigneur, la distribution des parts.

_____Au livre de Michée, on préférerait parfois le journal de Mickey : celui-là prête moins à conséquences fâcheuses. On remarquera simplement que ceux qui méditent le crime, élaborent le malse gardent bien de procéder au grand jour. Du fond de leur lit est un double symbole : celui de la position couchée du lâche, et celui de l’obscurité de la nuit. (pas du tout du malade alité puisqu’à présent les "malades" sont debout !) Au point du jour, dès qu'ils en ont les moyens, ils l'exécutent : à cet égard, les moyens sont scandaleusement décuplés par la magie de la "santé mentale"… Aussi plénipotentiaires semblent-ils être, ces moyens de la puissance de la Mort ne l’emporteront pas [6] sur la lumière du jour. Contre cette engeance se médite jour après jour un malheur où ils enfonceront jusqu'au cou : il suffit de l’Évangile pour composer une fable quotidienne sur elle, de chanter une lamentation contre les faux dévots qui se sont d’eux-mêmes entièrement dépouillés, enlevés d’eux-mêmes une part qui leur échappe à la mesure de leur entendement. Si leurs champs sont partagés entre des infidèles, c’est bien parce qu’ils se sont d’abord partagé leurs infidélités. De fait, à quelle fidélité pourraient-ils se référer, ceux qui sont venus piétiner le verger d’un tiers qui porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un [7], ne "voyant" dans ce fruit que cent, ou soixante, ou trente motifs supplémentaires d’attester d’un "trouble psychique" ? Du livre de Michée aux mickeys de la "médecine" [8, note 9], lequel l’emportera ? Car s’ils tuent les prophètes, ils ont le chic pour rendre leurs prophéties terriblement vivantes…

Psaume 9(9B),1-2.3-4.7-8.14.
Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ? Pourquoi te cacher aux jours d'angoisse ? L'impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux : ils se font prendre aux ruses qu'il invente. L'impie se glorifie du désir de son âme, l'arrogant blasphème, il brave le Seigneur ; plein de suffisance, l'impie ne cherche plus : « Dieu n'est rien », voilà toute sa ruse. Sa bouche qui maudit n'est que fraude et violence, sa langue, mensonge et blessure. Il se tient à l'affût près des villages, il se cache pour tuer l'innocent. Des yeux, il épie le faible, Mais tu as vu : tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main ; sur toi repose le faible, c'est toi qui viens en aide à l'orphelin.

_____Comment ? La version décryptée façon Canaille Plus [7] ? Est-ce bien raisonnable ? Il est vrai qu’on s’habitue à tout : y compris à l’écroulement complet [8] de la raison dès que l’on aborde les marécages pestilentiels [9] de la "santé mentale" :
Pourquoi, Docteur, es-tu si près ? Pourquoi te montrer aux jours d'angoisse ? L'impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux : ils se font prendre aux ruses qu'il invente. [10] L'impie se glorifie du désir de son âme [ …et plus encore d’en être le "médecin" chez les autres ! ], l'arrogant blasphème, il brave le Seigneur [ …rien que par sa dénomination "médicale" ] ; plein de suffisance, l'impie ne cherche plus : « Dieu n'est rien » [ « la "santé" est tout » ], voilà toute sa ruse. Sa bouche qui maudit [ …qui "diagnostique" (!)] n'est que fraude et violence, sa langue, mensonge et blessure. Il se tient à l'affût près des villages, il se cache pour tuer l'innocent. Des yeux, il épie le faible, [ …par "disciples" interposés, tant il se cache ! ] Mais tu as "vu" dans ta boule de cristal [11, note 15] : tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main ; sur toi repose le faible [ …qui abdique son combat spirituel ], c'est toi qui viens en aide à l'orphelin [ …de sa conscience morale ].

_____Ayant appris ce qui se fomentait contre Lui, Jésus quitta cet endroit. Face à des pharisiens devenus durs d'oreille, s’étant bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas [7], Jésus Lui-même ne peut rien parce qu’Il ne viole pas les consciences, aussi obscurcies soient-elles. En revanche, Il peut encore protéger Sa conscience tant que Son heure n’est pas encore venue [12], et qu’Il a encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut qu’Il les conduise. [13] De fait, beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous ! Formidable pied de nez aux idolâtres de la "santé", plus que jamais entièrement dépouillés devant un tel affront de signes. Remarquons d’ailleurs la délicatesse de Jésus qui évite leur humiliation publique : Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître. Si les nerfs sont à vif, ils ne sont que la résurgence d’esprits obtus, prisonniers de leur logique de tristesse [14] et de mort. Ce que balaie fort heureusement le prophète [15, note 20], prospect number one du pharisien "sanitaire" de notre temps : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Face à un tel choix dont la portée échappe totalement à la distribution des parts de compréhension [1] de tout « PIA » et de tout disciple de Jésus [1, note 7], il n’est que la charité [8] pour y consentir.
_____Tous ses succédanés s’écroulent complètement [8] et placent le disciple au pied du mur : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! » [16] est par excellence LA phrase qui distingue le félon du disciple fidèle [17]. Moyennant une adaptation minimale, elle est même devenue une formule magique clef au sein des préceptes de la "santé mentale" : « Ce que le dahu "psychique" [2, note 31] dit là est "pathologique", donc intolérable ; on ne peut pas continuer à l'écouter pour des raisons "évidentes" de "santé", voire de sécurité ! » [ En dépit de leur troublant voisinage phonétique, l’évidence n’est pas du réel évidé -hormis quand elle se pare de guillemets-, leur étymologie respective dissipant toute suspicion à cet égard !… ]
_____Celui qui veut sauver sa vie la perdra [17] : toute question de "santé" étant devenue la priorité absolue, tout proche de dahu "psychique" ne pense plus qu’à sauver sa peau dans un état de panique à peine voilé ! Il suffit pourtant d’avoir des yeux pour regarder : celui qui a des oreilles, qu'il entende ! Mais il a beau écouter, il ne comprend pas. Il a beau regarder, il ne voit pas. [7] Il a une bouche et ne parle pas, des yeux et ne voit pas, des oreilles et n'entend pas, des narines et ne sent pas. [18] Face à lui, le "dahu" aussi a des oreilles : elles sifflent ! Mais il a beau parler, il n’est pas écouté. Il a beau être regardé, il n’est pas vu, il a des narines et sent une atmosphère étrange : il n’a jamais entendu parler de la briolle [9] Il entend néanmoins apaiser cette ridicule tempête dans un verre d’eau qui semble se polariser au-dessus de sa tête, mais rien n’y fait. On le regarde, mais on ne le voit pas : aurait-il tout à coup une verrue sur le nez ? Difficile à affirmer : face à lui, on a une bouche mais on ne parle pas. Confronté à un tel océan d’irrationalité, il se demande s’il doit en rire ou en pleurer, en être amusé ou agacé. Il ne sait pas encore que si on le regarde sans le voir, c’est parce qu’on a écouté quelqu’un qui l’a regardé sans le voir ! À défaut d’alimenter les annales de la "santé", cette situation ubuesque nourrira avec bonheur l’inspiration des auteurs de vaudevilles à venir…
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_____En attendant, les planches évoquent davantage celles d’un cercueil que celle d’une scène de théâtre : avoir une bouche et ne pas parler, des yeux et ne pas voir, des oreilles et ne pas entendre, des narines et ne pas sentir sont des signes qui évoquent furieusement ces malheureux qui sont au fond de leur lit… de mort. L’ironie veut ainsi que les inquiets de la "santé" présentent un trait dominant : l’immobilisme spirituel. De fait, ils se montrent pétrifiés par la peur [19], congelés [20] et vérolés [21]. On peut de la sorte repasser un, deux ou trois ans plus tard : le niveau spirituel est toujours le même, ce qui n’est pas sans rappeler la mort de l’âme telle que décrite par saint Augustin [22]. Cette inertie se distingue de l’extérieur par un niveau qui, lui, subit une cruelle dégringolade : le niveau intellectuel. Il est vrai que le passage de la conscience morale à la conscience mentale [23] amène déjà en soi une baisse affligeante des fonctions cognitives, qui ne semblent opérantes que dans le tout-venant de la vie pratique : ne plus leur demander d’élaborer la vision globale d’une situation donnée, tant le champ du subjectif a envahi celui de l’objectif. Un mot revient parfois chez le pharisien "sanitaire". Il a tout à coup une bouche et il parle ? Non : il ne parle toujours pas parce qu’il emploie des mots qui n’ont plus aucune signification concrète chez lui ; c’est donc parler pour ne rien dire. "Juste" est le mot qui revient parfois. Il est de ces malheureux qui, du fond de leur lit, méditent le crime, élaborent le mal : mais il est abolument persuadé d’être "juste" ! Il est de ceux qui, au point du jour, dès qu'ils en ont les moyens, l'exécutent : il est "juste". S'il convoitent des champs, il s'en empare ; des maisons, ils les prend ; il saisit le maître avec sa maison, l'homme avec son héritage. Quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse, il reste "juste". Il peut ainsi exsuder le mal à chacune de ses actions, tout en se scandalisant sincèrement d’être seulement soupçonné dêtre injuste. Certes, lui aussi actualise à sa manière certains passages de l’Écriture [24, notes 36]. Mais il bénéficie –si l’on peut dire- d’un plus que n’avaient pas les pharisiens d’il y a deux mille ans : il fait le poirier avec la caution morale de celui-là même qui se prétend moralement neutre, notre incontournable « PIA » qui aurait sans doute fait un excellent docteur de la Loi sous d’autres temps et d’autres lieux…
_____On comprend mieux que ce dernier hante les couloirs de la Justice, puisque même dans le privé c’est lui qui détermine ce qui est "juste" de ce qui ne l’est pas ! (Et l’on s’étonne moins du chapelet interminable d’erreurs judiciaires qui émaillent des décisions de justice effectuées sous son influence.) Tout pharisien "sanitaire" sous son pouvoir devient hermétique à une intelligence objective des choses et des êtres. C’est dire que lorsqu’il a décrété qu’une personne était un dahu "psychique", ce décret est "juste". Toute complicité au diagnostic est "juste". Toute résistance de l’intéressé est donc réputée "injuste". Erreur ou vérité n’existent pas en matière de "santé mentale", ce qui permet fort opportunément d’évacuer toute possibilité "d’erreur diagnostique" ! Ceci est un axiome vital pour le maintien d’un système qui est lui-même une monstrueuse erreur conceptuelle, ne pouvant survivre que dans l’abstraction des concepts moraux d’erreur et de vérité, avantageusement substitués par la "justice". Ce qui n’est pas sans rappeler les fondements philosophiques du marxisme, aussi indifférent à la vérité et parallèlement soucieux de "justice sociale" dans le jeu de l’action pure. 201912The-Marx-Brothers-Posters.jpgRemplaçons le matérialisme historique par le déterminisme "sanitaire"et nous ne sommes pas loin d’une résurgence marxiste en blouse blanche. Dans un cas comme dans l’autre, la personne ne compte pas : elle est d’un côté un élément d’action au service de la collectivité, et de l’autre un élément de réaction au service de la "santé". Du degré de cette réaction dépend le degré de gravité de la "pathologie". La soumission à cette dernière donne le droit d’être connecté au "réel"… et d’y perdre sa santé. La résistance, elle, fournit le gros du bataillon des classifications "symptomatologiques" les plus terrifiantes ! Au hit-parade, la "psychose" déclinée en de multiples variantes emmenées par l’illustrissime "paranoïa", arme de guerre lourde dont l’objectif est de retourner systématiquement toute marque d’intelligence contre son auteur en le disqualifiant d’avance par une fausse projection. C’est pourquoi la "santé mentale" a également besoin d’entretenir le mythe du "savant fou" [25] : spécialiste de "l’appareil psychique", elle lui intègre à volonté les "organes" dont elle a besoin pour sidérer les foules ! On n’ose imaginer lequel assure les fonctions spirituelles, mais avec la magie d’un esprit "partiellement malade" [26, note 21], celui qui assure la cognition est immédiatement suspect de "surchauffe" en asphyxiant les "autres" dès qu’il manifeste une véhémence qui risque de mettre en péril tout cet échafaudage artificiel. Comme pour le marxisme historique, la "santé mentale" vit ainsi de la contradiction qu’elle génère et développe à l’infini. Pour cette raison, la question de l’efficacité de ses "traitements" lui importe peu, de même que la profonde inintelligence objective de cette pseudo-médecine de l’esprit : seules comptent la multiplicité -et la multiplication- de ses "pathologies". En cela, elle reproduit fidèlement le schéma de son aîné, puisqu’elle recourt d’une part aux forces du capitalisme représentées par le lobby pharmaceutique international, et d’autre part à une multitude de complicités individuelles dont beaucoup se targuent par ailleurs de se vouloir… disciples de l’Esprit !!!

_____Aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas [ Il n’a pas protesté ], il ne criera pas [ Il n’a pas crié ], on n'entendra pas sa voix sur les places publiques [ On a fait taire Sa voix pour raison de "santé" ]. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit [ la "santé mentale" s’en charge ], jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom… pendant que les nations "chrétiennes" mettent leur espoir en de "gentils docteurs". Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ? À moins que ce ne soient les angoissés qui sont si loin ? C’est pas "juste"

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