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mardi, 26 août 2008

Le grand restaurant

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,23-26
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu'il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu'il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles ! Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l'extérieur de la coupe et de l'assiette, mais l'intérieur est rempli de cupidité et d'intempérance ! Pharisien aveugle, purifie d'abord l'intérieur de la coupe afin que l'extérieur aussi devienne pur.

_____Ils sont hypocrites, ces scribes et pharisiens parce que ce qu’ils prônent d’une main, ils y font obstruction de l’autre. [1] Rubis sur l’ongle, ils règlent ce qui ne coûte qu’un peu d’argent : la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin. La cuisine n’en sera que meilleure [2], mais ne concerne néanmoins que le condiment. Le hors-d’œuvre se fait nettement plus consistant. Trois fois rien au menu…. Trois fois rien pour les scribes et pharisiens puisqu’il les ont négligés. La justice, la miséricorde et la fidélité : voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste… c’est-à-dire sans tomber dans l’excès inverse : ce serait affadir la cuisine. Et si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. [3] Sans négliger le reste, c’est intrinsèquement sans négliger les parties entre elles. Ce menu ne propose pas de picorer : c’est tout ou rien. La justice sans la miséricorde : trop poivré. La miséricorde sans la justice : trop sucré. La justice sans la fidélité : à la tête du client. La miséricorde sans la fidélité : le trop sucré incline rapidement à compenser par du trop poivré. Des goûts et des couleurs [4], cela ne se dicute pas, mais passons muscade : si le plat est extérieurement bon, il risque fort d’être intérieurement indigeste.

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_____S’il existait un championnat mondial de l’hypocrisie, il n’est pas certain que l’on sache construire une marche de podium assez haute pour le grand vainqueur d’un sport dont le succès laisse très loin derrière le football : ce qui laisse augurer des étonnantes capacités de ce sport. Première hypocrisie : c’est un sport qui n’en est pas un ; on ne saurait reprocher à ses athlètes de manquer d’entraînement ! Enlever le moucheron avec un filtre, et avaler le chameau : tel pourrait être le leitmotiv emblématique de ce sport hypocrite. Il pousse la perfection jusqu’à se contenter d’un pou d’un côté (qu’il cherche bien sûr dans la tête…) pour mieux faire avaler de l’autre une caravane entière de chameaux. Ce qui commence tout doucement parindigestion.jpg avalement de couleuvres. De fait, le serpent est un animal familier au sein de ce sport, comme l’atteste l’organisation mondiale [5, note 3] qui se charge de le fédérer. Il existe même en version aquatique, modèle géant risquant de faire de l’ombre à plus d’un requin. [6] Dans la série des reptiles, le crocodile jouit également d’une cote de popularité assez enviable puisqu’il n’y laisse pas sa peau : en revanche, ses 123.jpglarmes sont l’arme de prédilection pour les "gentils fédérés". Si la télé est en panne, que l’on rate un drame psychologique qui nous faisait déjà saliver, aucune importance : il est toujours possible d’aller à une réunion locale de l’UNAFAM [7, note 22] (Union Nauséabonde d’Affabulateurs Frileux Attirés par la Mouise) où l’on pleurera comme pour de vrai sur les malheurs épidémiques de notre temps : l’épiderme, lui, reste sauf… tant qu’on se lamente sur ces méchants "malades" qui ne veulent pas comprendre que l’on sache beaucoup mieux qu’eux où ils souffrent. (Il est à noter que les boules de cristal ne sont pas fournies aux participants : chacun doit apporter la sienne) Il n’est pas compliqué d’accentuer à l’infini la touche dramatique, chaque méchant "malade" -finissant par être gentil pour faire plaisir- fournissant alors de nouvelles raisons de se lamenter, encore plus consistantes puisqu’il aura laissé en passant ses guillemets au vestiaire. Que du "bonheur" ! (passé entre temps dans le même vestiaire, notre sport étant friand de guillemets [8, note 21]… Quand le guillemet se fait friandise, le championnat mondial de l’hypocrisie aura du mal à trouver des adversaires à sa taille !) La maison n’est cependant pas regardante sur l’espèce : si elle privilégie la bête à écailles, elle accueille à bras ouverts bêtes à poils et à plumes. [9, note 11] Ce n’est pas exactement avoir l’esprit large, puisqu’il faudrait d’abord avoir quelque chose à élargir, mais passons. On pourrait croire que toute cette ménagerie nous prépare un grandiose spectacle de cirque, mais rien à faire, on ne plaisante pas avec la "santé" : irait-on traiter la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin à la gaudriole ? Laissons faire les cuisiniers professionnels : ils mijotent le cochon [10][10bis] comme personne. Et si on est un peu pressé, le hot-dog [11] est aussi leur affaire. [12]

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_____Enlever le moucheron avec un filtre, et avaler le chameau. Cela, c’est l’ingrédient de base par excellence de la "santé mentale", brillante lauréate du championnat mondial de l’hypocrisie. (Pour le reste, c’est le terne qui prédomine…) Sachant que nous sommes dans un monde où l’on fait allègrement le poirier [13, note 19], il est inutile d’aller chercher la nourriture dans les chambres froides [14] : celles-ci sont toujours opérationnelles, mais ont été reconverties en salles de restaurant… et d’autres en salles de repos (de très longue durée…) pour les digestions difficiles : les cuisiniers ne manquent pas de morgue. Le stock d’alimentation se trouve donc là où on doit le trouver quand on fait le poirier : dans le local poubelles. On Paris1_V.JPGne pénètre là qu’avec un masque de "gentil docteur" : entrée interdite au public qui, masquebu8.jpgd’ailleurs, n’y entend rien en matière de grande cuisine. En revanche, le public sent [15, APR note 5]… et c’est pourquoi il est "prudent" [8, AV note 28] de lui en interdire l’accès : faute de quoi, le restaurant risquerait d’en perdre ses étoiles si chèrement acquises. Ouvrons un couvercle au hasard : que des "bonnes" choses à vous mettre en appétit ! Du mensonge en putréfaction avancée, de la peur pleine de mouches et de cafards [16, note 29], de la lâcheté en barres, de la "fragilité psychologique" [17, AV note 26/2] usagée, des "mécanismes psychologiques de défense" [18, note 23] enrayés. Les justes "psychiques" [18, notes 36] en ont l’eau à la bouche. Il est vrai qu’eux ne risquent rien : ce sont les serveurs. Les plus talentueux d’entre eux se voient promus à une belle carrière de fournisseurs : on s’habitue à tout, même aux odeurs [19]
_____Enlever le moucheron, c’est attirer le client afin de remplir la salle. C’est aussi l’enlever pour de bon : la "loi" n° 90-527 [20, note 15] fait ici des merveilles afin de créer un marché captif. Il n’a pas faim ? Mais si : il a faim ! Dans ce restaurant extraordinaire, c’est le cuisinier qui sait mieux que ses convives qui a faim et qui n’a pas faim. Un cuisinier ne ferait pas venir quelqu’un qui n’a pas faim, ne voulant pas prendre le risque qu’on lui boude ses succulentes préparations : il serait vexé. Ses serveurs facilient d’ailleurs la tâche à leurs clients : ils n’ont pas besoin de leur demander leur commande puisqu’ils la remplissent tout seuls. Ils prennent juste un pou dans un cheveu et avec ce qu’ils noircissent ensuite sur leur papier, il y a de quoi avaler un chameau ! Quand on veut qu’un client soit client, ce n’est pas très compliqué. On prend n’importe quelle anecdote dans sa vie, on la fait un peu mousser [21], on confie tout cela au cuisinier. Celui-ci fouille un peu dans ses poubelles et trouve plus qu’il n’en faut pour composer un menu complet, le faux mage [22] étant inclus sans supplément de prix. Comme son nom l’indique, le serveur sert, dessert et n’hésite pas à resserrer l’étau autour du client. Le plat de résistance porte aussi très bien son nom, surtout quand un client s’obstine à ne pas avoir faim : s’il nous fait un caprice, il ne "grandira" pas. S’il nous fait un gros caprice, on essaie alors un autre mode de "croissance", en l’allongeant… dans la salle de repos. Cela ne le perturbe pas trop : il était déjà étiqueté.

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_____Ah : la justice, la miséricorde et la fidélité. Chut : n’entendez-vous pas ? Mais si : approchez et collez l’oreille contre la porte des cuisines. Ce sont des rires gras ! Le personnel de cet établissement n’a pas souvent l’occasion de rire : c’est pourquoi ces clameurs sont pour le moins insolites. Que leur arrive-t-il ? Leur aurait-on raconté une histoire drôle qu’ils ne connaissaient pas ? Difficile à croire : il est peu vraisemblable qu’ils l’eussent comprise. Tout s’explique ; ils ont entendu les trois mots justice, miséricorde et fidélité ! Pour eux, ce sont des gros mots… et des "déchets" puisqu’ils ont leurs contraires à foison dans le local à poub… à "provisions". À ce qu’il paraît, l’un de leurs confrères s’est toutefois essayé à utiliser –avec parcimonie !- ces étranges ingrédients dans son auberge sordide, essayant ainsi de satisfaire sa clientèle la plus exigeante. Faisant le poirier comme tout le monde, il a malheureusement négligé de lire le mode d’emploi dans le bon sens : il a donc cru que ce n’était là que des condiments exotiques. Le nom du boui-boui ? « Chez Labriolle le Philou ».[23] Plutôt que de songer à de la restauration, certains bâtiments prennent tellement l’eau que les raser [24] semble la solution la plus appropriée…

Escroquerie de Labriolle selon malsain Philippe 02,38-60,59-29
Heureux êtes-vous, gentils docteurs et pharmaciens hypocondriaques, parce que vous invitez à dîner la menteuse, l’andouille et le coquin, et vous avez négligé ce qu'il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu'il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles ! Vous enlevez le moucheron avec un philtre
[25], et vous faites le chameau ! Heureux êtes-vous, gentils docteurs et pharmaciens hypocondriaques, parce que vous troublez l'extérieur de la coupe et de l'assiette, et l'intérieur est rempli de "santé" et de température ! Pharmacien aveugle, trouble d'abord l'intérieur de la coupe afin que l'extérieur aussi devienne trouble.

Commentaires

Sacré repas didon, mais ou est levain , c'est le pin qui l'a bu ? et moi je n'ai même pas eu mon dessert préféré
ma cockerinade glaçée!...

t'inquiète, ce sont toujours les plus sensibles ...
(de l'estomac) qui digèrent mal

Écrit par : fafaf | mardi, 25 août 2009

Eh oh : il s'agit là d'une réédition [Facebook] de l'année dernière ! La cockerinade n'est apparue qu'ensuite. Il va falloir patienter pour le jourd'hui...

Écrit par : Michel | mardi, 25 août 2009

Ben, c'est quoi ça ? On sert des plats réchauffés maintenant ici ? Des conserves vieilles d'un an en plus !
Au secours ... le chef veut nous empoisonner. Allez zouh ! viré du guide gastronomique.

Écrit par : simone - | mardi, 25 août 2009

Allons donc : le guide gastronomique est lui aussi un "guide aveugle" ? D'abord, si on met le commentaire à part, je suis désolé mais c'est le PLAT DU JOUR : et toque !
Ensuite, ce n'est pas une conserve mais un plat qui a gentiment mitonné à feu doux durant tout ce temps-là. Vous allez voir que vous allez vous en lécher les doigts. Et qui sait ? Vous en reprendrez peut-être ?

Écrit par : Michel | mardi, 25 août 2009

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