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vendredi, 12 septembre 2008

Attention à la poutre !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
Il leur dit encore en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu'as-tu à regarder la paille dans l'oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère. »

_____L’à poutre Phil’os [1][2][3][4][5][6][7] souhaiterait probablement être aveugle aujourd’hui : il aurait ainsi un excellent alibi pour n’avoir lu ni Luc ni Matthieu [8]. Du reste son souhait est-il pleinement réalisé puisque la poutre qui est dans son œil à lui, il ne la remarque pas : elle lui bouche en effet la vue. Il eût été préférable qu’elle bouche les trous [9] qui ne manquent pas de se présenter sous ses pieds, parce que le disciple n'est pas au-dessus du maître : il n’a ni Boeing [10] ni hélicoptère. Le pilotage de ces appareils non "psychiques" [11, note 13](!) requiert d’ailleurs une excellente vue, bien que sachant survoler les trous sans y tomber. Celui qui sait les maîtriser n’est-il pas un peu tel celui qui est bien formé, comme son maître moniteur ? Remarquons que Luc nous parle de celui qui est bien formé : ce qui ne correspond pas nécessairement à celui qui est très formé.[12, p.6] On peut apprendre durant dix ans toutes les thèses qui démontreront -dans un consensus communément admis- que deux et deux font cinq, il est à craindre que deux plus deux fassent toujours quatre, au risque de froisser les esprits chagrins subjugués par les multiples développements des autres thèses, plus brillantes les unes que les autres. Être formé à ce que deux et deux fassent cinq pourra peut-être conduire à obtenir de prestigieux diplômes, ce sera toujours être mal formé. Et si le maître l’est déjà, comment le disciple serait-il au-dessus ? Même mal formé, il sera comme son maître ! D’être mal formé à être mal voyant , il n’y a qu’un pas… qui peut suffire à tomber dans un trou. Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?

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_____S’il existe de bonnes formations à l’ophtalmologie, il s’agit là de corriger la vision organique, non le regard. [12] Il n’existe pas de formation à la correction du regard… ou si elle prétend exister, elle assure alors nécessairement une mauvaise formation, c’est-à-dire une formation ne pouvant conduire qu’à fausser le regard. « Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère. » Parce que le regard est précisément à l’esprit ce que la vision est au corps, on ne saurait l’appréhender selon les mêmes critères. Une vision voilée, cela se dévoile au moyen d’outils authentiquement scientifiques : on diagnostique aisément myopie, hypermétropie, presbytie et autres déficiences oculaires que l’on sait corriger également avec les moyens appropriés. On peut être doté d’une vision d’aigle… tout en ayant le regard voilé. Ce n’est pas du même registre, et ne relève pas d’une science dite exacte. Une réponse "scientifique" concourra précisément à aggraver le voile du regard : d’une paille dans l’œil, elle fera une poutre en apportant une mauvaise réponse à une question dont il n’est pas même certain qu’elle fût bonne ! Le facteur premier qui fausse un regard est invariablement le même, indifféremment de tout contexte culturel : encore et toujours la peur [13, APR note 35]. Mais quelle peur ? [10] Une peur se fondant sur un danger réel, palpable, avéré, présent… ou une peur sur un danger invérifiable, projeté [13, note 16] dans un avenir plus ou moins lointain, supposé par le regard faussé d’un autre ? Dans le premier cas, la peur se dissipe à la mesure de l’éloignement du danger. Dans le second cas, elle se dissipe d’autant moins qu’elle repose sur un "danger" imaginaire… qui, lui, s’éloigne à la mesure de la ligne de l’horizon. S’accroissant à l’infini, elle appelle donc une "protection" à plus long terme, ce qui est déjà s’enfermer dans la dialectique danger/protection, voire bourreau/victime [14, note 26] quand le "danger" est cristallisé sur une personne physique.
_____Pas une seconde n’est envisagée l’hypothèse que l’on puisse avoir le regard faussé, qu’on ne voit pas la poutre qui est dans son œil à soi ! Et ne comptons pas trop sur les spécialistes de la paille dans l'oeil de ton frère pour l’envisager : ceux-là ont dans l’œil une poutre colossale, fruit de plusieurs générations de formation à la "correction du regard de l’autre"… Va-t-on demander à un opticien de fournir à un myope des verres corrigeant la presbytie ? La mauvaise vue ne pourrait qu’empirer, voire générer des céphalées et autres effets secondaires. Demander à un "médecin" de corriger le regard de l’autre, c’est non seulement lui demander un acte qui ne ressort en rien de la médecine [15] mais plus gravement la trahit en lui demandant d’induire sur un autre une maladie qui n’existe pas davantage que la légitimité de sa formation, et qui par conséquent existera en fonction de ce qu’elle est "soignée" ! C’est ne pas même retirer la paille qui est dans l’œil de l’autre, lui ajouter une poutre sans enlever –ni d'abord ni ensuite- la poutre de son œil à soi ! Quand chacun est doté de sa poutre, qui saura éviter le trou ?

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_____Plus incapable que quiconque de voir clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de son frère, c’est pourtant à un "gentil docteur" de type Labriolle [16] qu’on va demander d’y voir plus clair ! Pourquoi ? Parce qu’on y voit effectivement plus clair… ou parce qu’on est rassuré ? A-t-il dissipé la peur à la mesure de l’éloignement du "danger"… pouvant notamment être incarné par son enfermement [17, note 15] ? Mais de quelle peur parle-t-on décidément, quand on demande à un fabricant –muni d’une gigantesque poutre dans l’œil- de "dangers" incarnés par des dahus "psychiques" [18, note 31] de nous en "protéger" ? D’une peur se greffant sans doute sur une friction d’ordre relationnel ? Et après ? Au nom de quoi une friction de cet ordre justifierait-elle de la transformer arbitrairement en souci [19] de "santé" ? En ce cas, le monde est condamné à n’être plus qu’un immense hôpital duquel on ressort plus malade que lorsqu’on y est entré… quand on n’en sort pas les pieds devant. Il est vrai qu’un "danger" mort –ou réduit à l’état de légume- n’est plus un danger : voilà encore de quoi être "rassuré"…
_____Et voilà la seule "science" que sache maîtriser le "gentil docteur" : rassurer la "victime" en la confortant dans son rôle de "victime"… ce qui induit fatalement de la conforter dans son identification du "bourreau", cocker [20] se trouvant tout à coup au cœur de touchantes attentions à son égard : on se bat pour lui retirer la paille qui est dans son œil ! Tant qu’il ne voit pas la poutre qui est dans l’œil dans ses maîtres, tout va bien : c’est un gentil toutou qui se laisse conduire à l’abattoir sans résistance. Dans le meilleur des cas, il s’y fera "thérapeutiquement" greffer une poutre dans l’œil. En revanche, les difficultés s’annoncent quand il fait la vilaine bête en voyant la poutre qui est dans l’œil dans ses maîtres [21, note 22] : ils vont jusqu’à prétendre qu’il a le pelage truffé de puces alors qu’il ne ressent aucune démangeaison. Ils le savent de source sûre puisque c’est le vétérinaire [22] qui leur a révélé : pourtant celui-là le rencontrerait au bout de sa laisse dans la rue qu’il ne le reconnaîtrait pas… puisqu’il ne le connaît pas ! Il est vrai qu’il est un peu magichien…

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_____En attendant d’aller baiser l’anneau du Pape, l’une de ces "victimes" aux oreilles chatouillées par le "gentil docteur" dort du sommeil du juste… "psychique" [23, notes 36], bien sûr. Sans doute confond-elle "victime" et martyr [24, APR note 28] ! Témoigner d’une "maladie" qui n’existe pas chez un autre, est-ce bien témoigner de cet Évangile où il est si souvent écrit que toute maladie est guérie et tout esprit mauvais chassé ? [25][26]

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