Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 13 septembre 2008

Bâtisseurs avec fondations contre destructeurs sans fondements

paille-5.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,43-49.
Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits ; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur. Et pourquoi m'appelez-vous en disant : 'Seigneur ! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que je dis ? Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

_____Et pourquoi m'appelez-vous en disant : 'Seigneur ! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que je dis ? Deux cent soixante mille personnes sur l’esplanade des Invalides appelant en clamant : 'Vive le Pape ! Vive le Pape !'[1, APR note 10] Faut-il achever de paraphraser en posant la même question… au risque de refroidir un peu l’ardeur enthousiaste d’un moment d’intense 104510287.jpgcommunion où ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur ? Si ce cœur est à l’unisson autour du Berger des bergers, qu’en tire l’homme lorsque chacun rentre chez soi ? L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon : conscient des ses limites –mais surtout de ses grâces- il met tout son cœur à mettre en pratique les paroles qu’il a écoutées : il a posé les fondations sur le roc de Pierre. L'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : parviendra-t-il seulement à essayer de mettre en pratique des paroles qu’il aura écoutées d’une oreille distraite, quand on va "voir le Pape" comme on va assister à un beau feu d’artifice [2, note 16] ? C’est qu’il y en a des distractions : la fatigue d’un dépacement ayant nécessité un lever extrêmement précoce, le souci de ne pas perdre son groupe avec lequel on vient d’effectuer un long voyage en car ou en train pour rejoindre cette esplanade colorée, celui de "voir le Pape" le plus près possible en pestant intérieurement contre un service d’ordre sur les dents qui vous en éloigne le plus possible, la crainte que le beau temps ne se maintienne pas, les braillements du bébé de la famille d’à côté, etc. Au moins pourra-t-on appeler les uns et les autres en disant fièrement : « J’y étais : j’ai vu le Pape ! » Marie-Madeleine aussi « y était ». Mais elle, elle s’en va ensuite annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. » [3] Il est vrai que la foule était moins dense au tombeau qu’aux Invalides ! Mais les circonstances du lieu et du moment ne prêtaient pas non plus à la manifestation de quelque liesse populaire. Toujours est-il que Marie a bel et bien mise en pratique les paroles qu’elle a écoutées : « Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Elle « y était », elle a « vu le Seigneur » comme on a vu aujourd’hui Son Serviteur des serviteurs, et voilà ce qu'il a dit. Et qu’a-t-il dit ? Qu’en a-t-on reçu ? Là aussi, la charité chrétienne commande d’éviter le sondage-piège [4, APR note 9] en direction des fidèles rejoignant le véhicule qui assurera leur retour au bercail : « Pardon, mais notre car est sur le point de partir : je ne voudrais pas le manquer !… »

papamobile-thumb.jpg

_____Par quel étonnant prodige peut-on simultanément appeler en disant : 'Docteur ! Docteur !' et faire ce qu’il dit en sachant –ou en ne voulant pas le savoir- que ce qu’il dit va se trouver en porte-à-faux avec ce que dit ce "Pape que l’on veut voir", dissuadant par le fait –avant même de "l’avoir vu" !- de faire ce qu’il dit, de pouvoir mettre en pratique des paroles qu’on aura écoutées, fût-ce avec attention ? D’ailleurs, au nom de quoi ces paroles auraient-elles tout à coup plus de poids que celles d’un Matthieu, Paul, Théophylacte et bien d’autres [5, note 11/2] qui ne rencontrent aucune résonance dans le cœur devenu mauvais (parce qu’on le reconnaît à son fruit) d’un conjoint divorceur anti-assomptionniste [6, note 17] ? Par quelle étrange alchimie pourrait-il faire ce que dit le Pierre d’aujourd’hui quand sa seule attitude démontre qu’il a réduit en poussière la pourtant riche catéchèse de son précécesseur immédiat, ayant trait à l’amour humain ? Benoît viendrait-il contredire Jean-Paul ? Quand on connaît les profonds liens spirituels et intellectuels qui unissaient les deux hommes, ce serait là lui faire le procès le plus injuste qui soit. La brebis serait-elle donc plus forte que le berger, parvenant -la première de toute l’Histoire- à mélanger de façon homogène ces deux liquides que sont l’eau et l’huile [5, note 27] ?
pape.jpg_____Le Pape lui-même n’est pas un magicien. Il ne va pas sonder les deux cent soixante mille cœurs présents ! Il ne lui appartient pas d’opérer dans cette foule la distinction entre les simples badauds, les curieux ou ceux qui sont "en recherche", les fidèles authentiques qui viennent voir Pierre [7] au travers de Benoît –profondément désireux de mettre en pratique les paroles qu’ils vont écouter–, et les fidèles écartelés par d’autres paroles, venant "voir le Pape" vaincus d’avance par des paroles qu’ils s’empresseront de mettre… au placard, sitôt rentrés parce qu’inassimilables avec celles qui leur ferment le cœur. "Voir le Pape" est certes une grâce… mais ce n’est en aucun cas un coup de baguette magique [8] : la communion en public ne saurait suppléer au manque de communion en privé, et sait mieux entretenir un climat d’hypocrisie fermant à clé le Royaume Baguette-magique.jpgdes cieux [9] là même où on s’imagine en approcher ! Scribes et pharisiens [10][11] aussi "sont allés voir" plus que le Pape : Celui qui l’a institué tel. Le serviteur [12][13] n’a-t-il pas lui aussi "vu le maître" de façon privilégiée ? Hérode n’a-t-il pas "vu un grand prophète" (qu’il aimait entendre !) qu’il a même été jusqu’à "héberger"… puis faire égorger [14] ? Pas 184_trophee.jpgdavantage aujourd’hui qu’hier, la proximité immédiate du Seigneur –et de Ses représentants- n’est un laissez-passer magique pour le Royaume des cieux [15, AV note 10]. "Voir le Pape" avec un regard [16, note 12] de scribe ou pharisien n’est jamais que "voir le cerf" pour le chasseur qui en accrochera la tête en trophée sur la cheminée de son salon. Ce n’est plus de la fidélité au successeur de Pierre, mais de la papolâtrie : ferment de divisions s’incarnant au mieux dans l’insoumission réformiste au primat de Pierre, au pire en de nettes manifestations réactives de "papophobie" [17][18]. La papolâtrie : forme "pieuse" d’idolâtrie ; qui irait chercher en un tel rassemblement le culte des idoles ? Toujours le même : celui qui met les pieds dans le plat. L’Hôte des Invalides n’est pas rancunier, puisqu’il lui consacre une année très paulinienne :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,14-22.
Mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles. Je vous parle comme à des gens réfléchis ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Voyez ce qui se passe chez les Israélites : ceux qui mangent les victimes offertes sur l'autel de Dieu sont en communion avec Dieu. Je ne prétends pas que la viande offerte aux idoles ait une valeur, ou que les idoles elles-mêmes aient une valeur. J'affirme au contraire que les sacrifices des païens sont offerts aux esprits mauvais, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les esprits mauvais. Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais. Voudrions-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous donc plus forts que lui ?

_____Fuyez le culte des idoles ! Combien d’auditeurs de cette injonction de l’Apôtre des païens s’en seraient-ils allés tout tristes [19] de la place des Invalides, mettant en pratique ce qu’ils tiraient de leur cœur s’il leur avait fallu prendre cette parole au pied de la lettre ? C’est là dans le secret de Dieu… et aurait sans doute contribué à diminuer l’écart -toujours caricatural- entre le nombre de participants estimé par les organisateurs… et celui de la Préfecture de police !
_____Quand on ajoute au culte de "l’idole" papale celui de l’idole "santé", le mélange se fait explosif : témoigner d’une "maladie" qui n’existe pas chez un autre, est-ce bien témoigner de cet Évangile où il est si souvent écrit que toute maladie est guérie et tout esprit mauvais chassé ? [16, notes 25,26] Et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les esprits mauvais. Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en eau et huile.jpgmême temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais. En d’autres termes, vous ne pouvez pas mélanger l’eau à l’huile… et depuis que ces paroles ont été prononcées, deux mille ans de progrès scientifiques n’y ont strictement rien changé. Cela n’empêche pas d’aller "voir le Pape", grâce aux étonnantes vertus du "rien à voir" [20, note 18]. Sommes-nous donc plus forts que le Seigneur ? Eh bien oui, depuis que l’on boit de la potion magique [21, note 6] à la coupe du Docteur : celui-là même qui est plus "puissant" que Jésus [22, note 12], sa seule parole escamotant toute autre parole d’être vivant [23, note 1], visible ou invisible ! C’est là sa manière personnelle "d’accomplir de plus grandes œuvres" que Lui [24, note 2]… mais l’ascenseur ne va pas nécessairement dans la même direction [25, note 25] que Lui. "Voir le Pape" avec une telle parole dans le cœur, c’est aller le voir à Lourdes quand il est à Paris, ou à Paris quand il est à Lourdes, être plusieurs corps, en ayant part à plusieurs pains. Ce n’est pas de la bilocation mais de la dislocation, typique du démolisseur [26] se prenant pour un constructeur.

Première lettre de Phil’os à poutre [16, notes 1 à 7] malsain aux Coquins Chiens 10,14-22.
Mes bien-soignés chiens, reniflez le cul des idiots. Je vous parle comme à des chiens défraîchis ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe d'action "sanitaire"que nous fauchons [27], n'est-elle pas multiplication par cent de la crise ? Le pain rassis [28, APR note 3/2] devant lequel nous rampons [29], n'est-il pas indigestion [30] au cœur de la crise [de foi(e)] ? Puisqu'il y a un Certain [31], la multitude que nous sommes est un seul chenil [32], car nous souffrons tous partiellement de l’esprit [20, note 18/2]. Voyez ce qui se passe chez les Raihëliens [33] : ceux qui mangent les victimes offertes à l'hôtel-restaurant du Docteur sont en digestion avec le Docteur. Je prétends que la viande offerte aux idiots a été volée, ou que les idiots eux-mêmes sont des voleurs [34]. J'infirme au contraire que les sacrifices des pas chiens sont offerts aux esprits malades, et non au Docteur, et je veux que vous soyez en compassion avec les esprits malades. Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Docteur et à celle des esprits malades : ceux-là ne veulent que la paix [35]; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Docteur et à la pâtée [36] des esprits malades. Voudrions-nous provoquer la schizophrénie [37] du Docteur ? Sommes-nous donc en meilleure santé que lui ? Mes bien-soignés chiens, tout bien considéré fuyez le cul des idiots. Vite !

chiens en queue.jpg

Escroquerie de Labriolle [38] selon malsain Philou -6,43-49°
Toujours mon arbre me donne des fruits
[39] à mon goût ; toujours plus un arbre mauvais me donne des fruits à mon goût. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on cueille de superbes ronces [40, APR note 12] sur des épines ; on ne recueille que du vent d’ange avec raisol-arbre-de-paques-17661.jpgn sur des ronces. L'homme bon tire la maladie du trébuchement de son cœur qui est bon pour mes affaires [41] ; et l'homme malade tire le mal de son esprit qui est partiellement malade : car ce que dit le louche que je suis, c'est ce qui déborde de votre cœur de justes psychiques [27, notes 36]. Et pourquoi m'appelez-vous en disant : 'Docteur ! Docteur !' et faites-vous si bien ce que je dis ? Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui démolit la maison de son frère. Il a creusé très profond, et il a enfoui ses talents [42] sous le roc de ses certitudes. Quand est venue la dépression, le pas marrant [43, note 26] s'est précipité en urgence sur cette maison, et il a pu l'ébranler parce qu'elle avait pâti. Et celui qui a écouté en mettant en pratique ressemble à l'homme qui a bâti ses émotions au ras du sol, sans fondement rationnel. Le pas marrant s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée en larmes face à tant de souffrances insoupçonnées [44, note 27]; la compassion masquant cette trahison a été complètement fausse. »

Garf2.jpg

Commentaires

Savez vous pourquoi les chiens se reniflent le derrière ? C'est une très très vieille légede canine. Jadis, il y a très longtemps, les chiens parlaient comme vous et moi et vivaient répartis en divers royaumes. Or, comme une guerre s'était déclarée entre deux d'entre eux, le roi décida de faire parvenir un message à l'un de ses alliés potentiel et pour cela, il envoya un émissaire-chien lequel pour traverser les lignes ennemies, fourra le parchemin là où vous pensez, bien à l'abri sous sa queue ! Seulement dans la course effrénée le message royal se perdit, le roi en question perdit aussi la guerre et par dépit décréta que plus un chien ne parlerait tant que le message ne serait pas retrouvé. Les toutous le cherchent encore dans l'espoir de recouvrer la parole. (Là, je vous mets au défi de ne pas repenser à cette histoire chaque fois que vous en croiserez deux en pleine reniflade !)

Écrit par : Simone. | dimanche, 14 septembre 2008

Bravo, le copier-coller est incontestablement efficace et ça se voit : pas moins de sept "adhésions complètes à la vision des choses" chez moi ! Et ça marche aussi chez les autres ; ici, par exemple :
http://olivierchourrot.hautetfort.com/archive/2009/11/19/948db8012fe3f2fc2562a734c8bf47ba.html#c5752971

Navré, mais là je crains devoir contester un tantinet la sincérité du propos : surtout quand il s'agit de rediriger incidemment le curieux vers un site de rencontres ! On s'amuse comme on peut...

[ NB : réponse à un type de commentaire faisant florès sur la blogosphère. Signe particulier : automatique... jusque dans sa disparition SANS l'intervention du "commenté" !... ]

Écrit par : Michel | jeudi, 18 février 2010

Les commentaires sont fermés.