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mercredi, 24 septembre 2008

Gardons le contrôle de la dilection…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,1-6.
Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons. Il leur dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange. Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

_____À rebours de la direction assistée [1], les Douze sont envoyés proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons : s’il ne s’agissait d’une telle proclamation doublée d’un tel pouvoir, c’eût été les envoyer au casse-pipe ! Luc fait écho à Matthieu [2][3][4] en soulignant les conditions draconiennes de l’envoi en mission : recevoir gratuitement : donner gratuitement. [5] C’est un redoutable saut dans un apparent vide, mais surtout une mise au pied du mur en donnant un rendez-vous incontournable entre l’écoute de la parole de Dieu, l’attention à la manière dont on l’a écoutée [6]… et la confrontation directe avec sa mise en pratique. Pour éliminer toute tentation et souci de bien-pensant, c’est le dépouillement matériel qui prévaut : rien pour la route. Sur ce plan, la perspective de l’apôtre est inversée : il espère quelque assistance non plus du haut mais du bas : si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y. Non pour se rendre dépendant de cette maison et y couler des jours heureux, mais pour mieux en rebondir : c'est de là que vous repartirez. Le rien matériel n’est pas un sujet de souci [7] ou d’angoisse : il est compensé par une surabondance spirituelle. Détenir pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies, ce n’est pas rien ! C’est passer d’une direction assistée à une direction assistante ; parce que ce pouvoir n’a pas été conquis par la force ou la ruse mais a été donné… pour donner et non pour dominer les esprits autres que mauvais. Cette application directe de la mise en pratique de la parole de Dieu se doit d’être d’autant plus exemplaire qu’elle concerne les Douze, disciples de la première heure, choisis non en fonction de leurs mérites personnels mais parfois en celle de leur indignité, témoignant par contraste d’un pouvoir qui ne vient pas d’eux-mêmes. [8] Tout donnés à l’exercice de ce pouvoir, allégés de toute préoccupation (bâton, sac, pain, argent, tunique de rechange… ) qui pourrait les entraver ou détourner la parole de Dieu, ils attestent que ce ne sont pas là que des mots destinés à se rassurer ou à se donner bonne conscience : ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons, garantissant la parole de Dieu.

Livre des Proverbes 30,5-9.
Toute parole de Dieu est garantie ; c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge. N'ajoute rien à sa parole : il te le reprocherait comme un mensonge. Seigneur, je ne te demande que deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure ! Éloigne de moi le mensonge et la fausseté, ne me donne ni la pauvreté ni la richesse : accorde-moi seulement de quoi subsister. Car, dans l'abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur n'existe pas. » Et, dans la misère, je pourrais devenir un voleur, et profaner ainsi le nom de mon Dieu.

_____Imaginons ces Douze, partant ainsi de village en village, VRP improvisés du règne de Dieu ! Aucun coach avec eux pour les épauler dans leurs premiers pas, aucun échantillon de leur "marchandise" sur eux, aucun stage de formation préalable à cette action qui ne correspond en rien à leurs activités passées qu’ils ont quitté pour Le suivre [9][10], aucune assurance sociale ou de cotisation pour gagner des points de retraite : pour eux-mêmes comme pour les gens qu’ils rencontreront, leur seule garantie est la parole de Dieu. Ils n’ont rien à y ajouter, non seulement pour se désencombrer, mais pour ne pas encombrer cette parole d’ajouts humains qui la rendraient inopérante en la faisant mentir. (Les parodies de type "Livre des Pros verbeux" et autres "Phil’os" sont bien de l’ajout humain, mais n’ont aucunement la prétention de subtiliser -ou de "compléter"- la véritable parole de Dieu !…)

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_____Toute parole de Dieu est garantie ; c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge. La question est de savoir si à la suite des Apôtres, le disciple se satisfait de cette garantie en n’inclinant pas à l’abondance d’autres boucliers. Si tel est le cas, il pourrait Le renier en agissant comme [11, note 1/3] s’il disait : « Le Seigneur n'existe pas. » Malheureux est-il, [12][13][14] celui qui Le renie formellement en disant : « Le Docteur existe. » non parce qu’il souffre mais parce qu’il a peur de souffrir… et moins peur de faire souffrir les autres. Chercher en ce Docteur son refuge quand on se veut disciple de la parole de Dieu, c’est trahir cette parole en la faisant doublement mentir : par l’ajout –à peine humain- d’une autre parole, (rendant déjà la parole de Dieu comme un mensonge), cette parole étant fausse par dessus le marché ! Sombrant -par ce faux bouclier supplémentaire- dans une misère spirituelle noire, le disciple devient un voleur [15], et profane ainsi le nom de son Dieu en sacralisant celui du Docteur : la nature a horreur du vide. À moins d’être pourvu de grâces exceptionnelles, un authentique directeur spirituel [1, APR note 36] n’a décidément aucune chance de récupérer une brebis s’adonnant simultanément à cette sacralisation laïque : si la brebis triche avec le Seigneur, combien trichera-t-elle a fortiori avec son serviteur. Et combien évitera-t-elle de bêler un Psaume qui semble écrit pour se moquer d’elle !

Psaume 119,29.72.89.101.104.163.
Détourne-moi de la voie du mensonge, fais-moi la grâce de ta loi.
Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche, plus qu'un monceau d'or ou d'argent.
Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.
Des chemins du mal, je détourne mes pas, afin d'observer ta parole.
Tes préceptes m'ont donné l'intelligence : je hais tout chemin de mensonge.
Je hais, je déteste le mensonge ; ta loi, je l'aime.

_____Pour la consoler, Phil’os s’est fait un plaisir de le remanier à son (dé)goût :

Gnome 119,29.72.89.101.104.163.
Retourne-moi dans la voie du mensonge
[16][17], enduis-moi de la graisse [18] de ta loi.
Mon bonheur, c'est ton aboiement louche
[19], plus qu'un monceau d'or ou d'argent.
Pour toujours, ta parlote, Docteur, se fausse dans l’essieu.
[20]
Dans les chemins du mal, je tourne mes pas, afin d'observer ta parlote.
Tes préceptes m'ont donné l'ânerie
[21] : je brais sur tout chemin de montagne.[22]
Je brais, je peste sur les songes
[23] ; ta voix, je l'écoute.

_____À rebours de la direction assistante, notre époque tourne le dos de façon caricaturale à cet étonnant saut dans l’aventure de nos Douze Apôtres. Aujourd’hui, plus question de prendre la route sans s’assurer… que l’on est bien assuré. Même à jour de cotisations et de garanties tous azimuts, être "responsable" consiste à présent à fuir tout risque comme la peste. L’aventure ? Pour les plus hardis, oui… pourvu qu’elle offre toutes les garanties que peut proposer une organisation type Club Med’ ! Pas de bâton ? Deux, trois, dix. On ne sait jamais : si on en casse un, que l’on perd l’autre, qu’on nous vole le troisième… Pas de sac ? Bien pratique, le coffre de toit ou la remorque bagagère… Pas de pain ? Et le sacro-saint petit déjeuner, alors ?… Pas d’argent ? D’accord, pas d’argent… juste la carte bleue, le chéquier et autres cartes de fidélité : on ne sait jamais… Pas de tunique de rechange ? Bon courage pour annoncer la nouvelle à Madame… C’est amusant comme munis de toutes ces "prudentes" [24, APR note 27] précautions, nous pouvons observer quelque inertie à proclamer le règne de Dieu !

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_____Quant à faire des guérisons, aujourd’hui c’est l’affaire exclusive de la médecine… y compris "celle" qui fait son miel d’affaires [25] qui ne la concernent pas. En toute logique, elle défait des guérisons… et beaucoup plus si affinités. Depuis que l’on proclame le règne du Docteur, on n’a jamais autant défait de guérisons ! Pourtant, toute parole du Docteur est garantie par la Sécurité dite sociale et quantité de mutuelles complémentaires. C’est qu’il est un bouclier pour ceux qui cherchenmutuelle.jpgt en lui leur refuge dès qu’ils se trouvent confrontés à quelqu’un qui préfère se garantir sur la parole de Dieu. Ceux-là cultivent la fâcheuse "oublier" de demander au Seigneur d’éloigner d’eux le mensonge et la fausseté : ce serait renoncer à ce bon Docteur qui leur fait "tant de bien" [26, note 6] ! Simultanément, ils ne renoncent pas au Seigneur pour autant. Mais le Seigneur est dans les cieux, eux dans leurs insoutenables souffrances de la terre. Le Seigneur, c’est du spi, le Docteur du psy : chacun son métier, non mais sans blague [27] ! C’est bien d’ailleurs ce que se dit le berger d'Israël, à ses heures directeur spirituel (encore que ce service n’oblige pas canoniquement à embrasser le sacerdoce…) d’étranges brebis truffées de "fragilités psychologiques". [28, APR note 26] Elles sont surtout truffées de garanties matérielles leur étouffant toute velléité de règne de Dieu et de guérison… en elles-mêmes ! Leur recours au directeur spirituel est aussi une tentative de se réapproprier ces biens, mais sans en prendre réellement les moyens… surtout si le directeur n’est là que pour être l’instrument externe d’une compensation ruminatoire interne [29, note 18]. Difficile d’être en même temps le disciple du Seigneur, et celui du Docteur. C’est alors la démographie qui sera pour eux un témoignage : là où il y a de plus en plus de serviteurs du Docteur, il y a de moins en moins de serviteurs du Seigneur. [30] Étrange, non ?…

Escroquerie de Labriolle [31] selon malsain Philou -9,1-6°
Philou convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour distribuer tous les esprits mauvais et répandre les maladies ; il les envoya proclamer le règne du Docteur et faire des trahisons. Il leur dit : « Prévoyez tout pour la route, bâton, sac, pain, argent ; ayez chacun dix tuniques de rechange. Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est là que vous installerez la maladie. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez-les de la ville en leur faisant mordre la poussière de vos chenils
[32] : ce sera pour eux un témoignage de leur maladie. » Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la mauvaise nouvelle et faisant partout des trahisons.

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