mardi, 30 septembre 2008
Un village résiste encore et toujours…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-56.
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village.
La route de Jérusalem signe celle du temps qui approche où le flambeau va être transmis aux disciples. Il en faut du courage pour la prendre : c’est bien sûr le rendez-vous avec le refus radical des hommes, s’annonçant déjà dans un village de Samaritains, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. Certes, on sait que ce n’était pas le grand amour entre les Juifs et les Samaritains [1], et
se dirigeant vers Jérusalem- ne voient qu’un rabbi qui ne peut qu’être reçu par les siens. Mais les disciples sont-ils tellement en de meilleures dispositions ? À la différence des Samaritains, eux sont censés savoir que le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. [2] Une chose est de le savoir ; une autre de l’accepter. Il envoya des messagers devant lui : ceux-ci sont bien en chair et ne sauraient être pris pour des anges [3, note 3] ! D’ailleurs, leur message ne passe pas : on refuse de le recevoir. Un courrier recommandé indésirable [4] n’aurait pas eu d’autre effet…
Ce ne sont pas des anges car ils n’adoptent pas vraiment une attitude angélique. Il leur a été donné pouvoir et autorité pour dominer les esprits mauvais et guérir les maladies ; ils ont été envoyés proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.[5] « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Et Jésus se retourne [6, note 11], bien sûr. Ce pouvoir qui leur a été donné n’est nullement destiné à jouer les Goldorak en se laissant domin
er par un esprit mauvais : ce serait le retourner… et le détourner de sa fonction première. On ne proclame pas le règne de Dieu en pulvérisant ceux qui sont possédés par un esprit mauvais ! Ce serait en quelque sorte se pulvériser soi-même, en refusant de recevoir… un refus. Étrange témoignage du règne de Dieu que de guérir les maladies en détruisant les malades : laissons cela au règne du Docteur [5, note 31] … Si les disciples eux-mêmes prétendent faire des guérisons en adoptant les virus [6] de l’adversaire –lui laissant ainsi entendre qu’un microbe n’en est plus un !- alors, qui proclamera le règne de Dieu ? À l’heure où Jésus allait être enlevé de ce monde, ce n’était guère le moment que les disciples fassent tomber le feu du ciel… sur eux-mêmes. On refuse de les recevoir ? Et alors ? Doivent-ils répondre de la réception d’autres qu’eux-mêmes [7, p.8] ? N’ont-ils pas d’ailleurs reçu la consigne formelle de sortir de la ville en secouant la poussière de leurs pieds, si les gens refusent de les accueillir ? [8] Ce sera pour eux un témoignage… plus convaincant qu’un feu tombant du ciel.
Livre de Job 3,1-3.11-17.20-23.
Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. Il parla ainsi : « Qu'ils périssent, le jour qui m'a vu naître et la nuit qui a déclaré : 'Un homme vient d'être conçu !' Pourquoi ne suis-je pas mort dès le ventre maternel, n'ai-je pas péri aussitôt après ma naissance ? Pourquoi s'est-il trouvé deux genoux pour me recevoir, deux seins pour m'allaiter ? Maintenant je serais étendu dans le calme, je dormirais d'un sommeil reposant, avec les rois et les arbitres de la terre qui se bâtissent des mausolées, ou avec les princes qui possédaient de l'or en abondance et remplissaient d'argent leurs demeures. Ou bien, comme l'enfant mort-né que l'on enfouit dans la terre, je n'aurais pas connu l'existence, comme les petits qui n'ont pas vu le jour. C'est là, au séjour des morts, que prend fin l'agitation des méchants, c'est là que reposent ceux qui sont exténués. Pourquoi donner la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d'amertume, qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu'un trésor ? Ils se réjouiraient, ils seraient dans l'allégresse, ils exulteraient s'ils trouvaient le tombeau. Pourquoi donner la vie à l'homme qui ne trouve plus aucune issue, et que Dieu enferme de toutes parts ? »
Job non plus n’est pas à la fête : voilà qu’il maudit le jour de sa naissance. Il ne connaît pourtant pas son bonheur : celui d’avoir vécu des millénaires avant le règne sans partage de la "santé mentale" ! Lisant plus volontiers sa "bible" [9, note 8] que la vraie Bible, le "gentil docteur" se serait penché avec une délectation avide sur le "cas" de Job. Il se réjouirait, il serait dans l'allégresse, il exulterait en ayant trouvé le "dépressif" aussi gai qu’un tombeau. Non mais, quel beau "cas" que celui du vieux prophète pour l’agité du bocal en blouse blanche ! Peu lui importe qu’il aie quelque raison de manquer un tantinet de gaieté : lui qui avait tout jusqu’alors pour être heureux, voilà que du jour au lendemain, il n’a plus rien. Ses enfants sont morts, ses richesses se sont envolées ; il est même atteint dans sa santé… la vraie, bien sûr. Les causes profondes, le "gentil docteur" n’en a cure… et il n’a pas tort, étant incompétent à les traiter. Sa spécialité, ce sont les effets (secondaires compris [10]…)… quitte à les faire passer pour des causes, histoire de faire plus "sérieux". Quel fabuleux contraste avec Nathanaël, cet homme qui ne sait pas mentir ![3] Par (dé)formation [11, p.6] professionnelle [12], le "gentil docteur", lui, ne sait pas dire la vérité ! La seule "vérité" qui lui importe est précisément de cultiver son image de "gentil docteur", tant sur lui-même qu’auprès des autres. À cet effet, on sait que l’usage du vocabulaire emprunté à la vraie médecine [12][13][14][15] est de rigueur : cela rassure le quidam, et donne de la contenance à défaut d’une véritable autorité [16] médicale. Job ? Un "cas" exemplaire "d’épisode dépressif caractérisé" ! (EDM pour les intimes…)[17] Le jour où l’humanité consentira à caractériser l’escroquerie "sanitaire", elle se sentira peut-être moins "dépressive" : il faudra évidemment que la moitié juste "psychique" [18, notes 36] consente tout d’abord à troquer les "médicaments" contre un douloureux examen de conscience (ou de ce qu’il en reste [19, APR note 13]…), ce afin de réajuster son regard [20, APR note 12] sur l’autre moitié, vendue au vétérinaire [21] de la "santé mentale" comme "souffrante". En attendant, et comme toujours, on nous sonne le tocsin en nous balançant des chiffres qui, en dépit de leur apparence "scientifique", semblent émaner d’études fantômes. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’établir –sans rire- une "épidémiologie" de "maladies" qui n’existent toujours pas : elles font cependant une remarquable percée, puisqu’on prévoit que la "dépression" devrait être « la deuxième maladie la plus fréquente dans notre pays… en 2020 » ! [17] On ose à peine imaginer l’hécatombe s’il avait été question d’une maladie existante… Quoi qu’il en soit, on peut bien imaginer l’avenir à long terme puisqu’on ne se prive pas d’imaginer le présent lui-même. L’avenir –section "dangerosité" [22]- est d’ailleurs la spécialité de la maison. Fidèle au poste, la trompette de la "santé mentale" reste du pipeau [23]. Bien qu’instrument à vent, elle ne se joue pas à l’avant… mais à l’arrière. Naturellement, comme on fait le poirier [24, note 19], l’arrière ressemble tant et si bien à l’avant qu’il est à craindre que les illusionnistes eux-mêmes soient les victimes de leurs propres illusions. Depuis Rabelais, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » : que dirait-il de ces "scientifiques" sans science et sans conscience, n’étant "que" négateurs de l’âme qu’ils prétendent "soigner" ?

Pourtant, quelques signes [25] pourraient leur indiquer un début de rémission de cette épouvantable "épidémie" de "dépressions". En matière de vraie santé, par exemple, on sait qu’une exposition prolongée tête en bas génère une intolérable pression sanguine… et le sang, c’est la vie quand il est convenablement réparti dans l’organisme. Une tête à l’envers reste une tête à l’envers, même si elle s’entoure d’autres têtes à l’envers pour se faire croire ensemble qu’elles sont à l’endroit. Une tête trop irriguée de sang, cela finit par obstruer le cœur. On peut être des milliers à faire le poirier : ce sera toujours faire le poirier. Et les poires donnent des pépins [26]… En matière de vraie santé toujours, le vrai malade est traité en direct et par devant… et certainement pas par correspondance [27, note 12] et par intermédiaires : le reste est définitivement hors-sujet et criminel. En matière d’acte de vraie santé enfin, -comme en matière de n’importe quel acte mettant une relation humaine en jeu- la neutralité morale n’existe pas. Tout acte posé par un ange a déjà des répercussions morales, dans un sens ou dans l’autre. [3, note 3] Ces répercussions sont définitives chez l’ange, pas encore chez l’homme tant qu’il est incarné ici-bas. Si les anges de Dieu montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme, à plus forte raison montent-ils et descendent-ils bien au-dessus de l’homme ! [3, AV note 9] Quel homme pourrait prétendre poser un acte impliquant un autre homme sans répercussion morale, quand son regard –a contrario de celui de l’ange- est nécessairement limité par son incarnation ?
Pourquoi donner la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d'amertume, qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu'un trésor ? Ils se réjouiraient, ils seraient dans l'allégresse, ils exulteraient s'ils trouvaient le tombeau. Si ce texte n’était signé de Job, on aurait pu le prendre pour une demande contemporaine de prise en charge "médicale" qui aurait obtenu pleine et entière satisfaction, tant le malheureux aurait trouvé d’oreilles complaisantes à son amertume, à ses aspirations… et à sa matière à exulter. Il est vrai que le marbre est une matière un peu froide, mais cela a peu d’importance pour celui qui se réjouit, est dans l'allégresse d’être en–dessous.[28] À moins que l’on envisage de partir pour un autre village… un peu plus réjouissant ?
Escroquerie de Labriolle [29] selon malsain Philou -9,51-56°
Comme le temps approchait où Philou allait enlever du monde [30, note 14], il prit avec rage la route de Jémalpartou. Il envoya des messagers derrière lui [31, AV note 15]; ceux-ci se mirent en route et entrèrent par l’arrière d’un village de Pleineformains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jémalpartou. Devant ce refus, les disciples Rose et Kate intervinrent : « Docteur, veux-tu leur faire une ordonnance que ton feu sanitaire tombe du ciel pour les guérir ? » Et Philou y retourna en les félicitant vivement. Et ils partirent pour ce village qui, manifestement, souffrait sans le savoir.

23:44 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : foi, évangile, christianisme, politique, santé, philosophie à tes risques |
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