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lundi, 12 janvier 2009

Sur un air de gars en galère.

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Évangile de Jésus-Christ selon Marc 1,14-20.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

Flash-back sur cette arrestation de Jean Baptiste dont on sait qu’elle est pour Jésus le signe qu’il cède la place [1, APR note 2] : l’accomplissement de la mission [2, AV note 3] de l’un inaugure non seulement celle de l’Autre, mais encore la proximité du règne de Dieu. Mais ce règne de Dieu n’est pas destiné à être annoncé QUE par l’opération du Saint-Esprit ! Si le Verbe s’est incarné, ce n’est pas pour désincarner le règne qu’Il annonce. Pour ce faire, les anges de Dieu eussent suffi à a tâche. Or, eux-mêmes se prosternent devant lui. Il est vrai qu’ils ont l’avantage d’embrasser une vision des mondes qui n’est pas limitée par la chair : variée mais non fragmentaire.

Lettre aux Hébreux 1,1-6.
Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ; mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être, ce Fils, qui porte toutes choses par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux ; et il est placé bien au-dessus des anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs. En effet, Dieu n'a jamais dit à un ange : Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré. Ou bien encore : Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Au contraire, au moment d'introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui.

Il le faut que sa parole soit puissante, pour que deux pêcheurs laissent dans la barque leur père avec ses ouvriers, et partent derrière lui ! De nos jours, qui consentirait à tout abandonner en entendant : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » ? BEAUCOUP DE MONDE ! En effet, n’observe-t-on pas plus que de mesure de ces frères se jetant dans d’autres filets, abandonnant les promesses de leur alliance en entendant : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des chasseurs d'hommes. » ? [3][4][5, APR note 18/2] Quand la parole se retourne contre elle-même, elle n’est pas davantage argumentée pour des chasseurs qu’elle ne l’a été pour des pêcheurs : elle garde donc une certaine puissance. Alors, laissant dans sa barque leur père, ils soudoyèrent ses ouvriers afin qu’ils médisent [6] derrière lui [7, AV note 13]… et lui assènent de violents coups de rame pour le faire couler. [8, APR note 3]
Si le disciple est appelé à coopérer au salut [9, APR note 4] –ce qui est de nouveau manifeste chez tous ces pêcheurs qui filet-peche.jpgconsentent librement [10, APR note 4]–, c’est à lui de jeter le filet, car il n’y a pas de pêche sans filet. Quand bien même cette pêche serait miraculeuse [11][12], le miracle n’ôte en rien la nécessité du filet. Il peut y avoir un filet sans pêche… ou avec de mauvaises pêches. [13][14] Faire de ces dernières de bonnes pêches,[15, note 1] c’est procéder à l’arrestation du salut pour lui substituer une mission de chasseurs d’hommes se plaçant bien en-dessous des anges, car ils dilapident l’héritage en toutes choses. Mais à la différence des anges, leur choix de mort n’est pas irréversible.[15] [10, note 9] Il reste cependant le choix d’un filet, expression parfaite du mal-être d’un fils qui n’a de cesse d’y appeler [10, note 10] d’autres à l’aide, semant ainsi la contagion de sa lèpre [11] du cœur. À rebours de Jésus qui oblige ses disciples à monter dans la barque [8], on feint de respecter la liberté de l’autre en le séduisant assez pour l’inciter à laisser sa barque pour monter de lui-même dans ce qui va être une véritable galère : les galériens rament, mais ne dirigent rien.

Nous sommes donc aujourd’hui après l'arrestation de Jean Baptiste. Comme plus tard Celui dont il a aplani le chemin [12], Jean Baptiste a librement consenti à se laisser arrêter, sachant que l’heure était venue pour lui qu’il diminue. Ayant entendu la voix de l’époux, il en reste tout joyeux. [10] C’est sa joie, et il en est comblé. Cette joie, nul ne peut lui ravir comme rien ne peut lui enlever : pas même son arrestation. S’il capitule devant l’ennemi, ce n’est donc nullement devant la loi de cet ennemi, mais pour obéir à une Loi qui la dépasse. Chez lui, on ne trouvera donc pas le ressentiment du vaincu. On l’oblige à monter dans ce qu’il sait être une galère… mais ce qu’il sait être également sa barque. Jusqu’au bout, dernier des prophètes de l’ancienne Alliance, unissant en lui toutes ses formes fragmentaires et variées, il fait resplendir le reflet de la gloire du Père. Dans tout pays dit civilisé, quand on arrête quelqu’un, c’est en principe parce qu’il a commis quelque grave infraction à la loi en vigueur. Qui donc Jean Baptiste a-t-il tué, volé, escroqué, fait subir quelque préjudice répréhensible à titre individuel, voire susceptible de déclencher des atteintes à l’ordre public ? Absolument personne. Il est néanmoins arrêté au nom de la loi. C’est dire que le détournement insidieux de cette loi [13] au profit de certains pouvoirs liés à des intérêts corporatistes ne date pas d’hier. Mais cela ne fonctionne qu’à deux conditions : la première est une sorte de dhimmitude de la part des sujets de la loi, inconditionnellement soumis à cette loi parce qu’elle se présente extérieurement comme telle, portant toutes choses par sa parole puissante, cultivant une image de "majesté divine au plus haut des cieux" par un aspect se voulant assez ésotérique pour en interdire l’accès à tout non-"spécialiste". De la sorte, le "spécialiste" [14] détient un pouvoir : celui de la connaissance de la loi. Il possède par l’héritage de cette connaissance un nom bien plus grand que ceux des justiciables : il est pour eux un "père", ils sont pour lui des "fils".[15, p.14] Ce qui indique alors la seconde condition : ce n’est plus le Père qui établit le Fils héritier de toutes choses, mais les "fils" qui établissent par servilité le "père" en toutes choses ! Ce dernier a donc quartier libre pour faire tout ce qu’il veut [16] à qui il veut, rien qu’en faisant sentir son pouvoir.[17][18][19, APR note 4][20, note 3][21][22, note 1][23, note 6]
« En médecine comme ailleurs, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre. » [24, APR note 25] Mieux encore, celui qui a le super-pouvoir est le même quand il laisse entendre qu’il peut restabiliser l’autre, son pouvoir étant alors spontanément défendu par les "fils" lui livrant leur héritage parce que séduits par un tel discours. Tous ces "fils" se prosternent devant lui. [25] À ce titre, celui qui refuse de se prosterner devant lui devient une menace pour ce pouvoir. Ce n’est pas la loi qu’il menace, mais ce pouvoir qui est illégitime, ne fonctionnant que sur le mode de l’intimidation totalitaire, phagocytant un pouvoir légitime pour se maintenir, et maintenir une façade respectable : c’est un pouvoir de bernard l’ermite. De la sorte, ses défenseurs –ne voyant que la coquille- sont convaincus de défendre la loi quand ils défendent un pouvoir illicite qui les maintient sous étroite sujétion. Ils forment l’armée des éternels "idiots utiles" prompts à attaquer tout véritable défenseur de la loi tenu alors pour un dangereux "hors-la-loi" ![26] L’intoxication des esprits [27][28] est à son comble quand les premiers à s’afficher les reflets resplendissants de l’accomplissement se font l’expression parfaite de l’abolition.

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Mister K [29, APR note 16], quant à lui, se veut l’expression parfaite de l’abolition de toute procédure coercitive cherchant à l’impliquer au nom de la loi. Loi que nul n’est censé ignorer, selon l’adage du législateur lui-même. Jean Baptiste ne disposait pas d’internet… mais il disposait d’autres "connexions" qui n’avaient rien à lui envier ! Internet est le cauchemar absolu de tout bernard l’ermite qui se respecte… et respecte moins ce qu’il envahit. De fait, les informations jusque là spécifiques à certaines citadelles inaccessibles [30, APR 19] requéraient un passage obligé via "l’initié", professionnel du pouvoir de la connaissance : si la monarchie a été abolie chez le pouvoir légitime, elle restait encore solidement implantée sur quantité de pouvoirs satellites. Elle le demeure toujours pour une part, nul ne pouvant non plus s’improviser polytechnicien du jour au lendemain. Mais il est cependant des "majestés divines" qui, en sus de leurs forts relents anthropomorphiques, ne resplendissent guère de la gloire de l’homme. Sa honte et sa confusion [11, APR note 27] se font plus prégnantes quand le pouvoir parasité se met habituellement à produire l’inverse de ce qu’il est censé produire. Ainsi du pouvoir exorbitant de la "santé mentale", massacrant tout ce qui lui passe par les mains au nom de la "médecine" ! Ce en détournant les découvertes réellement scientifiques de cette dernière, au profit de "traitements" destinés à maintenir davantage les hommes dans le giron de son assujettissement jusqu’à les rendre dépendants dans leur corps. Ce masque grimaçant de la "médecine" lui ayant ouvert toutes les portes au nom de l’inénarrable "santé", elle a de la sorte assis son pouvoir à la gauche [31] de la Majesté divine au plus haut des cieux ! D’où cette exquise illusion que vu du monde d’en bas, le "gentil docteur" est plus "puissant" que Jésus.[32, note 12] Bien qu’accomplissant par sa parlote puissante la multiplication des péchés (laissant généreusement celle des pains et menus poissons [33] au "confrère" assis à sa droite…), il reste plébiscité par un monde subjugué par l’expression surfaite de son être malfaisant sur tout être vivant… notamment le monde merveilleux de la loi, qui se voit lui-même défendu –sous son égide- par des malfaiteurs (!) patentés… et peu tentants, sinon des malfaisants : qui se ressemble s’assemble. Tant que ce monde produira sans sourciller et à la chaîne des "décisions de justice" que même Al Capone n’aurait pas osé imaginer au sein de son organisation, on peut considérer que les temps de la Justice sont abolis. Sous ses ors, les coupables sont victimes, et les victimes sont coupables. À défaut d’être juste, c’est néanmoins logique : quand on plante du cactus, il pousse du cactus et non des fraises.
Si internet est le cauchemar absolu de tout bernard l’ermite en amont, il l’est également en aval. On s’est donné tant de mal pour briquer la somptueuse galère afin de la rendre irrésistible, garantie sans risque, assurant des voyages inoubliables. Et voilà que des esprits pointilleux sabotent les ventes de billets de passage, portent l’attention des clients potentiels sur telle ou telle autre brèche dans la coque, recouverte à la hâte de peinture fraîche. Voilà qu’à leur tour, ils diffusent l’information, dans l’autre sens. Le merveilleux voyage promis risque fort de s’achever comme le papier de la brochure luxueuse en vantant les mérites : glacé.[34] Glacé comme peut l’être une mère sous hypnose de la parlote puissante quand elle fait pleurer sa fille. [35, APR note 22] Ou glacé comme un iceberg. En effet, pour attirer les petites filles en pleurs dans la somptueuse galère, d’un haut-parleur une voix rassurante se fit entendre : « C'est toi ma galère bien-aimée ; en toi, ‘tite Annick j'ai mis tout mon amour. » [2]
Rendez-vous à New York ! Ou dans un autre monde

titanic1.jpg

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Une cockerinade par jour

C'est un éléphant qui court dans la savane, accompagné d'une souris.
Elle lève la tête vers lui et dit :
" Tu te rends compte du nuage de poussière qu'on soulève ! "

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Commentaires

Le Titanic qui coule est un monde qui coule !
Jean Le Baptiste arrêté est aussi un monde qui s'arrête ! On lui fit couper la tête parce qu'il s'est opposé à la loi des hommes au profit de la loi de Dieu... Lui qui avait dit en parlant de Jésus venant à lui : "il faut qu'il croisse et que je diminue"...
Jésus dira de Jean le Baptiste qu'il fut le plus grand parmi tous les hommes nés de femme (pourtant chacun dans le royaume de Dieu est encore plus grand)...

Ce monde qui s'écroule, qui coule, qui s'arrête, pour une quelconque raison, est tragique, surtout lorsqu'il s'agit de nous ! Le tragique est infiniment terrible en l'absence de Dieu.
Mais... lorsque Jésus vient, comme à l'exemple de Jean le Baptiste, alors derrière le tragique de la mort, il y a quelque chose de nouveau qui renaît ! "Il faut qu'il croisse et que je diminue". Lorsque j'observe ma biographie, j'y vois une période noire, lorsque mon Titanic a coulé, lorsque mon monde à moi s'est arrêté, je m'en souviens... Mais Jésus est venu, et depuis que je lui ai ouvert la porte et qu'il est entré en moi, dans mon coeur, un nouveau temps a commencé où j'ai dit à mon tour : "il faut qu'il croisse et que je diminue". Depuis, cette parole est toujours pour moi à l'ordre du jour. Elle est, non pas signe de mort, mais signe de vie -de vraie vie !

Cher Michel, je voulais te saluer par ces quelques mots, et en te rappelant ce que tu sais (mais qui te fera du bien) : qu'il t'entoure par derrière, par devant, et qu'il ne t'abandonnera pas... Dieu aime ses enfants ! N'abandonne pas les tiens !

Écrit par : alberto | mardi, 13 janvier 2009

Pas d'inquiétude, Alberto : je ne conjugue le verbe "abandonner" que sous sa forme pronominale... dans la ligne de ce que tu indiques ici. Sous toutes les autres formes, les miens sont bien placés pour savoir que je le conjugue au négatif ! Quand ils seront fatigués de se manger les icebergs (en cette saison : est-ce bien raisonnable ?) dont ils s'entourent par derrière et par devant, c'est un changement de cap -voire de capitaine- qu'ils mettront à l'ordre du jour.
Sinon, pas sûr qu'il y ait des chaloupes pour tout le monde... Quoi qu'il arrive, on écope, on écope ! Et c'est parfois titanesque...

Écrit par : Michel | mardi, 13 janvier 2009

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