Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 08 février 2009

De la fièvre quittée à la charge acquittée (et la charge fébrile de l’époux à quitter…).

dessin-e-flamande17-christ.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39. (*)(*)
En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. » Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

_____Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart.[1] Il y eut un jour… il y eut une nuit : bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. L’endroit est encore plus désert puisque cette fois Jésus y alla seul, sans ses compagnons, pour un cœur à cœur avec le Père. Le contexte reste cependant similaire, puisque suivant une laborieuse journée où Il guérit toutes sortes de malades, et chassa beaucoup d'esprits mauvais. Au travers des âges, Jésus répond ainsi à Job : depuis des mois, les malades qui L’ont côtoyé y ont gagné leur salut [2, note 9], ne comptant plus leurs nuits de souffrance, envahies de cauchemars jusqu’à l’aube. Comme en son temps les yeux de Syméon ont vu le salut [3][4][5], leurs yeux n’ont-ils pas vu le bonheur ?

Livre de Job 7,1-4.6-7.
« Vraiment, la vie de l'homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre. Comme l'esclave qui désire un peu d'ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n'y ai gagné que du néant, je ne compte que des nuits de souffrance. À peine couché, je me dis : 'Quand pourrai-je me lever ? 'Le soir n'en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu'à l'aube. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s'achèvent quand il n'y a plus de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n'est qu'un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur.

les_grandes_manoeuvres.jpg

_____Les "journées de manœuvre", c’est à présent Jésus qui les fait quand une ville entière se presse à la porte, lui amenant tous les malades. Ces journées se prolongent du reste bien tard dans la nuit [6] puisque ces malades arrivent le soir venu, après le coucher du soleil. Si les Apôtres ont parfois le droit de se reposer un peu [1], Jésus, Lui, semble corvéable à merci : le salut presse sans plus attendre ! Il observera cependant un certain repos entre le moment où la fièvre quitta la belle-mère de Simon et le soir venu : durant ce laps de temps, c’est en effet elle qui les servait. Prise par la main [7], elle s’est levée au-dessus de sa condition de malade pour se laisser toucher [8] par un salut dépassant tout avantage matériel. Oui, libre à l'égard de tous, elle s’est faite la servante de tous, les aidant de ses ressources [9] restaurées afin d'en gagner le plus grand nombre possible. Avec les faibles, elle a été faible, pour gagner les faibles. Elle s’est faite toute à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns… ces "quelques-uns" se pressant à la porte après le coucher du soleil. Ce n’est pas tant de sa part un témoignage de gratitude, ou un motif d’orgueil, qu’une nécessité qui s’impose à elle : quand la femme se lève au-dessus de la condition de malade, elle peut être capable [9, note 14] du meilleur.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,16-19.22-23.
En effet, annoncer l'Évangile, ce n'est pas là mon motif d'orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi ; malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! Certes, si je le faisais de moi-même, je recevrais une récompense du Seigneur. Mais je ne le fais pas de moi-même, je m'acquitte de la charge que Dieu m'a confiée. Alors, pourquoi recevrai-je une récompense ? Parce que j'annonce l'Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, ni faire valoir mes droits de prédicateur de l'Évangile. Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible. Avec les faibles, j'ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l'Évangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut.

_____Entre une ville entière qui se presse à la porte, un Job dont la vie n’est plus qu’un souffle (mais néanmoins en appelant, du fond de sa déréliction, le Seigneur à se souvenir…), une femme au lit avec de la fièvre, que reste-t-il du salut quand la souffrance semble posséder la vie de l'homme sur la terre ? Il ne reste que le malheur… tant que l'Évangile n’est pas annoncé. À ce malheur –que l’on pourrait encore imputer à quelque fatalité ou méconnaissance de l'Évangile- s’ajoute ceux qui gagnent les faibles connaissant l'Évangile tout en le dénonçant au lieu de l’annoncer. Quand la femme se couche dans la condition de malade –chez elle ou chez un tiers-, elle devient capable du pire. À l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut, elle substitue la mauvaise nouvelle d’une souffrance en recherchant l’avantage matériel de ne pas s’acquitter de cette charge. Projetée [10, note 9] sur un tiers, cette souffrance devient donc "maladie" chez lui… et motif d'orgueil de la femme pour qui, du haut de sa justice "psychique" [11, notes 36], c'est une nécessité qui s'impose à elle de se faire la "servante" de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible à la cause de cette "maladie". Avec les faibles, elle a été faible, pour gagner les faibles. Elle s’est faite toute à tous pour se sauver à tout prix. Et tout cela, elle le fait à cause d’un "évangile" "sanitaire", pour bénéficier, elle aussi, d’un salut réduit au temporel. Elle n’y gagne que du néant, ses yeux -ne voyant plus le bonheur- étant faussés [12] par un faux malheur qu’elle réalise en le répandant. C’est l’attitude de Job, avec l’espérance en moins : celle que le Seigneur se souvienne. Car Dieu ne se souvient que des charges qu’il a confiées, non de celles qu’on refuse d’acquitter en les refoulant sur autrui. Alors, pourquoi recevoir une récompense quand on dévalorise l'Évangile au profit de causes qui lui font perdre tous ses droits ?

chasseur.jpg

_____Il est bien dommage qu’en chaire, les bergers d’Israël [13] s’extasient sur Jésus qui guérit toutes sortes de malades –incontournable prétexte à en souligner l’infinie miséricorde [14, note 10/2]- et s’éternisent beaucoup moins sur la chasse aux esprits mauvais (sinon pour rappeler qu’eux savent qui est Jésus) : serait-elle donc fermée ? Ce n’est pas cette chasse-là qu’a fermée le Fils de l’homme [15, note 12], mais celle qui ferme plus sûrement les cœurs [16, note 11], précisément parce qu’ils vieuxlivre.jpgse laissent posséder par des esprits mauvais. Au moins sait-on encore nous rappeler à bon escient qu’il n’est de miséricorde que chez ceux qui estiment en avoir besoin [17]. La nécessité qui s’impose à cet égard est de s’accueillir dans ses faiblesses comme dans ses forces, ce qui commande un minimum de discernement quant aux notions de bien et de mal [18, note 1] -y compris sur soi-même-, ces notions étant les mêmes à l'égard de tous et non interchangeables au gré des humeurs de chacun. Faute de quoi, l'Évangile annoncé n’est plus qu’un Livre : un livre mort, dont on ne retire aucun avantage spirituel. Si on y apprend à y connaître Jésus, on ne Le reconnaît plus : ce qui rend inférieur aux esprits mauvais, et ouvre une voie sans fond à une méchanceté [19, notes 7 à 9] particulièrement pernicieuse quand elle prend appui sur l'Évangile pour se masquer en "gentillesse". Ainsi, chasser l’esprit mauvais est gommé et projeté sur autrui pour le transformer en "soigner" un esprit "malade" que, précisément, on empêche de parler, par son objectivisation [20, notes 13 à 15] de facto. De libre à l’égard de tous, on devient comme l'esclave qui désire un peu d'ombre, pis : qui désire réduire un autre en esclavage, en le mettant à l’ombre de sa "santé".

149398.jpg

_____Face au "gentil" méchant, malheur à celui qui annonce l'Évangile ! Le vrai : celui qui vit. Ce n’est plus le Seigneur qui ne se souvient pas, mais le "gentil" méchant qui ne se souvient plus du Seigneur autrement que sous la forme d’une projection feuerbachienne [21, note 16] de lui-même. Le vrai Seigneur l’envahit de cauchemars jusqu'à l'aube, tant Il est l’antithèse du "Seigneur" de ses affirmations [22, note 14] ! Pourtant, Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. À leur suite, c’est également se mettre à sa recherche. « On vous dira : 'Le voilà, il est ici ! il est là !' N'y allez pas, n'y courez pas. » [23] C’est dire qu’on ne saurait affirmer L’avoir trouvé une fois pour toutes. Le trouver, c’est partir ailleurs proclamer la Bonne Nouvelle, ne pas avoir d’endroit où reposer la tête [22, notes 11,12]… et surtout pas sur le billot de "gentils" méchants prompts à faire « perdre la tête » [20] parce qu’ils affirment L’avoir "trouvé" mieux que personne, en faisant leur motif d’orgueil, propice à faire valoir leurs droits de prédicateurs de l'Évangile. Puisque le vrai Évangile est celui qui vit, il n’est pas celui qui ne fait gagner que du néant. Ce néant est une "nécessité" qui ne s’impose à personne, fût-elle déguisée en "fatalité".

_____La fièvre la quitta, et elle les servait. Quand la fièvre de la "maladie" de son époux ne la quitte pas, l’épouse ne fait plus que le desservir : c’est lui qu’il "faut" quitter ! La ville entière se presse à leur porte, cherchant à l’aider à "chasser l’esprit mauvais"… c’est-à-dire celui qui, sans plus attendre, tient à demeurer libre à l'égard de tous, s’étant fait le serviteur de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible. Pas facile avec, en face de soi, des gens qui vous disent, quand vous êtes à peine levé : 'Quand pourras-tu te coucher ? ' Sous-entendu : 'Quand pourras-tu abandonner ton Évangile pour te soumettre au nôtre ? ' Des païens ? Nullement : de ceux à qui la Bonne Nouvelle est proclamée dans leurs synagogues ! De ceux qui défendent d’une main les plus hautes valeurs familiales et morales [24, note 11] chez eux, et de l’autre main, les sabordent avec une constance et une rare inconscience chez les autres. C’est pour cela que l’époux est sorti : une seule tête lui va bien. Tant pis s’il est "malade" aux yeux de brebis bicéphales [25] aussi pétries de "miséricorde" que dramatiquement hermétiques à tout pardon [26] : au moins se sent-il plus léger pour servir
_____Ce serait un comble qu’au nom de tout cela, on le défasse à cause de l'Évangile, pour l’empêcher de bénéficier, lui aussi, du salut.

pirates_asterix.gif

____________________________

Une cockerinade par jour

- C'est décidé, chérie : pour tes 50 ans, je t'offre un voyage au Kenya !
- Ah ça alors ! Et pour mes 60 ans, tu sais déjà ?
- Oui : je reviendrai te chercher…

cp_kenya1.jpg

Télécharger une version imprimable de la note
(fichier Word, sans les images)

Les commentaires sont fermés.