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mercredi, 18 février 2009

La Collomp le lâcha et n’y revint plus ? Sept corbeaux pour être vrai…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,22-26.
Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Est-ce que tu vois quelque chose ? » Ayant ouvert les yeux, l'homme disait : « Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent. » Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l'homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

250px-YamKineret.jpg______Au nord du lac de Tibériade, non loin de Capharnaüm, le village de Bethsaïde reste au cœur de la région qui reçoit la première la proclamation de la Bonne Nouvelle [1]. Nous sommes donc loin du territoire de la Décapole [2]. Ici, le nom de Jésus est devenu célèbre [3] : néanmoins, quand on lui amène un aveugle et qu’on le supplie de le toucher… il ne se passe rien quand Il le touche ! En effet, Il le prend par la main. Ce qui était moins nécessaire pour le sourd-muet de la Décapole : lui voyait où il allait. Bien qu’étant cette fois régulièrement en terre de mission, Jésus agit ici comme Il avait agi plus loin, emmenant à l’écart celui qu’on lui amène,[2] le conduisant hors du village et loin des regards. Pourquoi tant de précautions dans cette région où Il guérit habituellement au milieu de la foule ? On le supplie de toucher celui-là, précisément parce qu’on sait que tous ceux qui touchaient ne serait-ce que la frange de son manteau étaient sauvés.[4] De nouveau, cette notoriété présente le risque de réduire Jésus à un simple guérisseur : s’impose à nouveau la nécessité de redresser la barre en rectifiant l’ordre du salut [2, APR note 14] par la restauration d’une discrétion à laquelle on peut ajouter une certaine pédagogie dans le mode de guérison opéré. En effet, habituer les malades au seul toucher finirait par leur faire identifier Jésus comme une sorte de pierre philosophale transformant instantanément en or tout ce qu’elle touche.
______Cet aveugle donc, il ne se passe rien quand on le touche sous le regard des autres. Précisément parce que c’est un aveugle ! En tant que tel, la lutte est par trop inégale entre la confrontation de son regard avec celui des autres. Parce qu’à ce regard manque bien entendu la concordance avec la vision, [5] celle-ci étant déficiente. À la limite, on peut se demander si la scène se serait déroulée de la même manière s’il s’était agi là aussi d’un sourd-muet, voire d’un lépreux [6]. À rebours de tant de guérisons si instantanées, celle-ci surprend par ses différentes étapes lui donnant un aspect progressif : moins "magique" et sans doute plus clinique. Passer sans transition de la cécité obscure à la vision lumineuse n’est pas sans danger pour des rétines inhabituées. En un premier temps, on retrouve la salive sur les yeux comme pour l’aveugle-né de Jérusalem. [2, note 7] S’y ajoute l’imposition des mains. Va-t-elle imposer la guérison ? « Est-ce que tu vois quelque chose ? » Il y a chez cet homme comme une résistance à la guérison. Il voit, mais sa vue n’est pas encore nette : les gens ressemblent à des arbres, et ils marchent. Autrement dit, il n’en aperçoit encore que les silhouettes floues. Cette analogie n’est cependant pas anodine : les arbres en appellent à un enracinement… qui n’est pas exactement celui des arbres puisqu’ils marchent ! Flous, les gens le sont parce qu’ils ressemblent à des arbres en ce que leur regard n’est pas nécessairement pur, s’enracinant de fait dans la fausseté anormale de ces gens sains de corps qui, nonobstant, ont des yeux et ne regardent pas, ont des oreilles et n’écoutent pas.[7] Ils ressemblent à des arbres, enracinés dans leurs affirmations. [7, note 23] Ils ressemblent à des arbres : les végétaux ne regardent pas, n’entendent pas.

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______Or, à la seconde imposition des mains sur les yeux de l'homme, celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Considérée à la lumière du salut, la guérison de cet aveugle est moins anodine qu’il ne paraît : sans doute est-ce pourquoi elle est opérée dans cette discrétion et cette inhabituelle progressivité, réclamant pas moins de deux impositions des mains. Non que Jésus aie "perdu" son pouvoir, mais Il l’exerce toujours dans un contexte d’édification, tant pour l’intéressé que pour son entourage. Il y a un sens que l’aveugle développe davantage que le voyant, ne serait-ce que par compensation : c’est celui de l’écoute. Pour ainsi dire, son handicap le contraint à faire attention à la manière dont il écoute.[8] De ce fait, il affûte naturellement son regard sur le monde, même s’il ne le voit pas : il est donc moins sensible que d’autres à l’enracinement dans un regard faux.[9] Ayant ouvert les yeux une première fois, sa vision trouble retransmet fidèlement ce regard faux, tel qu’il l’a perçu de la part de son entourage. Ce semi-échec en apparence signe en profondeur une victoire remarquable : celle de l’harmonie entre son voir et son regarder. [5] Il ne se serait pas trouvé guéri à l’issue de la première imposition des mains si sa vision avait été nette : elle aurait en effet attesté de son adoption du regard faux des autres ! Or il se trouve guéri non seulement en se mettant à voir normalement, mais également en distinguant tout avec netteté : au-delà de la vue recouvrée, ce tout porte sur son regard, net. Au-delà des gens, c’est distinguer le bien du mal. Qui, mieux qu’un ex-aveugle, peut en effet regarder au-delà des apparences ? Il a déjà acquis une telle expérience de ce regard que, devenu voyant, il va se trouver en décalage par rapport aux gens de son village, au regard plus incertain… et fatalement plus hostile. C’est pourquoi Jésus le renvoie chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. » Cette fois, ce n’est pas la crainte que la nouvelle soit répandue [6] –ne l’est-elle pas déjà à cette époque et en ces lieux ?- qui motive cette nouvelle recommandation de Jésus, mais la protection de cet ancien aveugle : un regard pur au milieu de regards impurs est nécessairement perçu comme "impur" quand la conscience du mal [7, note 42] est atténuée voire anéantie. Avant de pouvoir rentrer dans le village, cet homme devra sans doute attendre que la terre soit redevenue sèche du déluge d’impureté dans lequel Bethsaïde est noyé.

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Mosaïque de la Cathédrale Saint-Marc à Venise.

Livre de la Genèse 8,6-13.20-22.
Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre de l'arche qu'il avait construite, et il lâcha un corbeau ; celui-ci s'envola et revint en attendant que la terre soit redevenue sèche. Ensuite, Noé lâcha une colombe pour savoir si les eaux avaient baissé à la surface du sol. La colombe ne trouva pas d'endroit où se poser, et elle revint vers l'arche auprès de lui, parce que les eaux couvraient toute la terre ; Noé tendit la main, prit la colombe, et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. Il attendit encore sept jours, et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. Sur le soir, la colombe revint, et dans son bec il y avait un rameau d'olivier tout frais ! Noé sut ainsi que les eaux avaient baissé à la surface de la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus. C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que la terre redevint sèche. Noé enleva le toit de l'arche, et regarda : la surface de la terre était sèche. Noé dressa un autel au Seigneur ; il prit, parmi tous les animaux purs et tous les oiseaux purs, des victimes qu'il offrit en holocauste sur l'autel. Le Seigneur respira l'agréable odeur, et il se dit en lui-même : « Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l'homme. Les pensées de son cœur sont mauvaises dès sa jeunesse ; mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait. Tant que la terre durera, semailles et moissons, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront jamais. »

______Les esprits chagrins pourront s’émouvoir de ce qu’après quarante jours et quarante nuits de déluge frappant tous les vivants, des corbeau.jpgsurvivants parmi les animaux purs et tous les oiseaux purs soient offerts en holocauste sur l'autel : c’était bien la peine de les avoir épargnés pour en arriver là ! Mais attention ! continuons de prendre garde à ne pas interpréter la Genèse au pied de la lettre. [7, note 31]. Les pensées du cœur de l’homme étant mauvaises dès sa jeunesse, une lecture trop littérale de la Genèse lui purifiera-t-elle ces pensées ? Si le Seigneur respire cet holocauste en agréable odeur, Il a Ses raisons. Offrir en holocauste, c’est aussi une façon pour l’homme d’avoir retenu la leçon de l’exemple du regret exprimé, [7, AV note 49] en l’exprimant à son tour par cet holocauste. Belle expression de la part de Noé, offrant comme Abel les morceaux les meilleurs [10, APR note 10] : après tout, n’avait-il pas aussi embarqué des animaux qui ne sont pas purs, victimes a priori idéales sur un autel ? Mais pour sceller d’un sacrifice cette nouvelle alliance [10, APR note 10] de l’homme avec Dieu, rien n’est trop beau pour que le Seigneur ne maudisse plus jamais le sol à cause de l'homme.

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______Il reste toujours à l’homme de ne plus jamais maudire l’homme [11], surtout quand il l’offre en holocauste sur certains autels "sanitaires" : ce sacrifice-là n’est d’agréable odeur [12] pour personne, les pensées du cœur passant du mauvais au méchant. [13, notes 7 à 9] Tant que l’imposture durera, froidure sans chaleur, hiver sans été, nuit sans jour ne cesseront jamais : cela coince au sixième jour,[14, APR note 36] jusqu’à tenter de désceller les sacrifices d’anciennes alliances [15] ! Mais ceci est une autre histoire…

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Une cockerinade par jour

Un Russe, un Cubain, un Américain et une avocate sont dans un compartiment de train. Le Russe prend une bouteille de vodka de son sac de voyage, se verse un verre, le boit et dit :
- En Russie, nous avons la meilleure vodka du monde. Nulle part ailleurs vous ne trouverez de vodka plus fine. Et nous en avons tellement que l'on peut la jeter comme on veut...
Et disant cela, le Russe ouvre la vitre, et jette le reste de la bouteille par la fenêtre. Tous les autres voyageurs sont assez impressionnés. Le Cubain prend alors sa boîte de havanes de sa poche, en sort un, l'allume, commence à fumer et dit :
- À Cuba, nous avons les meilleurs cigares du monde. La qualité de nos havanes est reconnue partout dans le monde. Nous en avons tellement chez nous que je peux me permettre de les jeter par la fenêtre.
Une fois encore, tout le monde est impressionné dans le compartiment. Et à ce moment-là, l'Américain se lève, empoigne l'avocate et la jette par la fenêtre.

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Commentaires

Voilà une cockerinade susceptible de plaire à un " menteur " qui viendrait à s'égarer sur votre blog. Une phrase a plus particulièrement attiré mon attention : " les végétaux ne regardent, n'entendent pas " ... Qu'en savez-vous au juste puisque nos modes de perception ne sont pas les mêmes ? ...
Une autre phrase m'a réconfortée : " Plus jamais je ne frapperai les vivants comme je l'ai fait " et voilà Alberto au chômage puisqu'il ne peut plus nous menacer des foudres divines. Pour une bonne nouvelle, ça c'est une bonne nouvelle !

Écrit par : simone (oui, oui, souvent femme varie) | jeudi, 19 février 2009

Soit : " les végétaux ne regardent, n'entendent pas " selon NOS modes de perception. Ils ont les leurs, mais ne dérivons pas dans l'anthropomorphisme... sinon nous n'oserons plus manger de salade ou de tomates sans crainte de leur faire "mal" !
Vous reprendrez bien un bout d'aile de "menteur" ? Avec ou sans sauce ? Garantie sans légumes, la sauce !

Écrit par : Fol qu'y s'y fie ? | jeudi, 19 février 2009

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