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samedi, 07 mars 2009

Tu expulseras ton prochain et tu inviteras ton ennemi.

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Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48. (*)(*)
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

_____Aujourd’hui il se trouve des disciples qui se surpassent à prier pour ceux qui les persécutent, afin d'être les fils de leur Père qui est dans les cieux… mais pas vraiment. À l’examen en effet, les publicains et les païens en font autant. On peut même se demander s’ils n’ont font pas souvent davantage : par exemple, quand ils aiment ceux qui les aiment, ou se contentent de ne saluer que leurs frères. Au moins aiment-ils leur prochain, ne serait-ce que parce qu’il est leur prochain. Ces disciples –mais pas vraiment-, qui sont-ils ? Ils sont ceux qui se surpassent à prier pour ceux qui les persécutent… par compensation ruminatoire [1]. Bien à l’abri de leur schéma consensuel bourreau/victime [2, note 4], ils sont ceux qui persécutent allègrement les fils de leur Père qui est dans les cieux… mais vraiment. Le soleil se levant sur les méchants et sur les bons, la pluie tombant sur les justes et les injustes, bien malin selon eux qui pourra déterminer le persécuteur premier. Encore est-ce là prêter quelque préméditation aux esprits les plus pervers, les âmes les plus atrophiées en étant réduites à "raisonner" selon leur seule conscience mentale,[3, APR note 16] hors perspective de toute largeur, longueur, hauteur, ou profondeur. [4, APR note 31] Comme dans une cour de récréation, « c’est-pas-moi-c’est-l’autre-qu’a-commencé ». Et les schémas consensuels inclinent à donner raison à celui qui fait le plus de bruit. Est méchant et injuste « celui-qu’a-commencé » ; est bon et juste « celui–qu’a-couiné-le-plus-fort-pour-que-ça-s’arrête ». Entre adultes, le schéma est rigoureusement identique : seul varie le vocabulaire usité, d’apparence plus évolué : qu’il puise dans un verset de l’Évangile lui-même… ou dans quelque article du Code civil : parfois les deux, afin de justifier le recours au dernier par le témoignage (sic) du premier ! Que font-ils d'extraordinaire, ces disciples persécuteurs [5][6] priant pour ceux qui les persécutent ? D’une certaine façon, sans en avoir conscience, c’est pour eux-mêmes qu’ils prient. Mais le plus extraordinaire n’est pas là : il est en ce qu’ils ne se contentent pas de réduire l’Évangile en charpie, allant jusqu’à rendre caduque la loi de Moïse elle-même. « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi » ? Ce n’est plus même possible, l’ennemi s’identifiant alors au prochain ! « Aimer ses ennemis » devient par conséquent aimer quelque lointain… assez lointain pour s’être assuré à l’abri de toute persécution de sa part ! Assez lointain pour estimer aimer au-delà de ceux qui vous aiment, donc de se trouver digne de quelque récompense. Indéniablement, ceux-là ont déjà touché leur récompense. [7][8][9]

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_____Cette tentation était déjà prégnante il y a deux mille ans : c’est pourquoi Jésus étend l’amour du prochain à celui de l’ennemi, interdisant d’identifier celui-ci à celui-là sous peine de ne plus être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux. La condition de cette filiation en vérité est claire, une et indivisible : aimer ses ennemis, et prier pour ceux qui vous persécutent. Ce qui n’est pas exactement aimer…  ceux qui vous persécutent, forme à peine subtile de dolorisme consistant à courir après la persécution afin de mieux aimer : il n’est pas certain que la récompense soit toujours au rendez-vous ! Parallèlement, prier pour ses ennemis n’est certes pas mauvais en soi. Mais l’objectif premier ne serait-il pas que l’ennemi n’en soit plus un, mais un prochain ? C’est pourquoi il convient de balayer devant sa propre porte : à raison, aucun ennemi ne saurait devenir prochain si on lui donne le spectacle affligeant de prochains qui sont ennemis, se persécutant les uns les autres ! Est-ce bien de cet extraordinaire qu’il est question ? Ce ne sont pas les commandements et les décrets qui donnent prestige, renommée et gloire, pas même les prières pour les ennemis –surtout quand ils sont lointains [10, APR note 12]- : c’est la mise en pratique de ces commandements et décrets, ici et maintenant.

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Livre du Deutéronome 26,16-19.
Moïse disait au peuple d'Israël : "Aujourd'hui, le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces commandements et ces décrets. Tu les garderas et observeras de tout ton cœur et de toute ton âme. Aujourd'hui, tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : qu'il sera ton Dieu, et que tu suivras ses chemins, que tu garderas ses commandements, ses ordres et ses décrets, et que tu écouteras sa voix. Aujourd'hui, le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : que tu seras son peuple particulier, comme il te l'a promis, et que tu devras garder tous ses commandements. Il te donnera prestige, renommée et gloire, plus qu'à toutes les nations qu'il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il te l'a promis."

_____Garder les commandements et les décrets est une chose : les scribes et les pharisiens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? En quoi seraient-ils surpassés [11] chez les disciples qui, en guise de bonnes choses pour leurs enfants [12], leurs recommandent de mettre en pratique des commandements qu’ils ont fort bien gardé, mais néanmoins n’observent en rien ou en peu, ce qui subsistant encore l’étant sans cœur et sans âme ? Quelle voix écoute une épouse qui, dans sa propre maison, a fait d’un époux –le plus prochain qui soit !- son ennemi sous le nez de leurs enfants ? Que fait-elle d'extraordinaire ? Elle héberge par exemple, un soir par semaine, une jeune femme lointaine se rapprochant régulièrement pour des raisons professionnelles ? Fort bien : pourquoi pas ? Mais que peuvent en retenir des enfants qui, simultanément, observent que ce bon sens de l’hospitalité coïncide étrangement avec une méchante période au cours de laquelle la même épouse rétribue grassement des mercenaires pour expulser violemment l’époux… qui est aussi leur père ? En quoi les déclarations d’une mère à ses enfants sont-elles exemplaires quand elle veut qu'il soit son Dieu, et qu’elle suive ses chemins, qu’elle garde ses commandements, ses ordres et ses décrets, qu’elle "communie"[13, note 15] et qu’elle écoute des voix qui contredisent formellement celle du Père, en contredisant les promesses faites à leur père ? Même pour des enfants –qui ne sont pas nés de la dernière pluie-, comment suivre le chemin d’un tel "Évangile" décliné en persécution interne ?

Escroquerie de Labriolle selon malsain Philou -5,43-48° [14, note 15]
Comme ses disciples s'étaient rassemblés autour de Philou, sur une montagne d’incohérences, il leur médisait [15] : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu soigneras ton prochain [16] et tu tueras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Soignez vos ennemis, et criez sur ceux que vous persécutez, afin d'accrocher vraiment vos fils [16] à votre père qui est dans la cave ; car il se lève comme madame Soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie noire [17, note 23] sur les justes psychiques [18, notes 36] et sur les malades. Si vous soignez ceux qui vous soignent, quelle récompense aurez-vous ? Les pharmaciens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous n’aboyez que sur vos frères chiens, que faites-vous d'extraordinaire ? Les épagneuls eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez refaits comme votre Père céleste est parfait. »

_____Eh bien les enfants, ils nous disent : étrange manière d’aimer ses ennemis, d’abord en les voyant sous leur propre toit quand il s’agit de leur propre père (!), ensuite en travaillant avec acharnement à ce qu’ils n’y soient plus ! Non moins étrange manière de prier pour ceux qui sont réputés vous "persécuter", quand on appelle à la rescousse des persécutrices se payant le luxe de persécuter jusqu’aux enfants eux-mêmes [19, AV note 16] au nom de "l’intérêt de leur famille et de leur protection" [20, APR note 5] ! Si vous n’aimez pas ceux qui vous aiment, quelle récompense vous restera-t-il ? Les publicains eux-mêmes n'en font certainement pas autant ! Et si vous ne saluez plus vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font certainement pas autant ! Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. C’est-à-dire : soyez un peu plus en phase avec vos beaux discours. Faute de quoi, ils s’apparentent à des fables : ils ne donnent pas même envie de danser…

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La cigale et la fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.

Eh bien ! dansez maintenant.


podcast

Nuit et jour à ses enfants
Chante leur maman
De n’écouter que sa voix :
N’est pas digne de foi
Celle d’un esprit en morceaux :
(De mouche ou de vermisseau ?)
Quelque grain pour attester
La terrible nouvelle :
« Je vous confirme, leur dit-elle,
Ce qu’a fait dire un "médecin",
De la santé un Philou gredin. »
Il a chanté ? Quelles fadaises !
Elle alla crier panique,
Se répandant comme punaise
D’Europe jusqu’en Afrique :
Chez papa, ce n’est que malaise ;
Il "souffre", ne lui en déplaise.
Ce n’est là point de sa faute,
Ce qu’entendent tous ses hôtes
Ravis de mettre un nom
Et une tête sur un mal
Qui, traduit à leur façon,
Est sur l’autre fatal,

Laissant sauf leur renom.

Ne vaut-elle pas un "malade",
Cette sanitaire leçon ?
Aux enfants, évitons
De poser la question :
Las de la chanson,
Ils en tirent la raison :

Elle n’est que mascarade !

____________________________

Une cockerinade par jour

À l'entrée du Paradis, saint Pierre voit se présenter trois hommes qui viennent de périr dans le même accident de moto. Or il est de coutume, aux cieux, de distribuer des moyens de locomotion en fonction de la vertu de chacun pendant son séjour terrestre.
- Toi, Jean-Marc, commence saint Pierre, tu n'as pas eu une conduite exemplaire. Pendant ton mariage, tu as trahi ta femme sept fois. Tu auras donc une 125 !
- Toi Bernard, poursuit saint Pierre, tu as fréquenté trois femmes hors mariage, je t'accorde une Harley 883.
- Quant à toi, Philippe, bravo. Pas de relation avant le mariage, pas un seul écart de conduite en 25 ans : tu auras une BMW R1200C.
Quelques années se passent au Paradis quand finalement les trois accidentés se revoient pour la première fois. Philippe a apparemment l'air dépité et triste. Les deux autres lui demandent :
- Quoi, t'es pas content de ta BMW R1200C ?
- Si, de ce côté-là, pas de problème, répond le triste bougre. Mais je viens de croiser ma femme : elle était en Mobylette.

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Commentaires

Bonsoir
Ah celle-là je vais la raconter !!!
Sincèrement
Jean

Écrit par : Jean | dimanche, 08 mars 2009

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