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vendredi, 10 avril 2009

Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation… Et vous ?

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Evangile de Jésus-Christ selon Jean 18,1-40.19,1-42. (*)
Après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » (Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ». ) Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et l'enchaînent.
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______Jamais ne rappellera-t-on assez que cette consommation du divorce entre Jésus et les Siens est bel et bien un divorce. Ce ne sont pas des loups vociférant de l’extérieur [1] qui viennent Le chercher, mais des soldats et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens : c’est un peu comme si on envoyait les gardes suisses se saisir du Pape et l’enchaîner. Celui qui le livre est au milieu d’eux, de leur milieu : ce n’est toujours pas une sorte de mercenaire grassement rétribué par quelque puissance étrangère. Celui-là connaîtrait-il aussi bien, lui aussi, l’endroit où les disciples –dont il est- s’étaient souvent réunis ? À l’époque, les techniques élaborées d’infiltration -que le XXe siècle a beaucoup développé sous certains régimes politiques- étaient plus rudimentaires. Elles eussent été de toute façon inutiles, Jésus sachant tout ce qui allait lui arriver… et s’y avançant. ( Le monde crierait aujourd’hui au "suicide" [2]…) Un véritable coupable se serait-il avancé ainsi ? Ce qui le définit est au contraire sa propension à reculer… voire à tomber par terre, tant à cette culpabilité s’ajoute celle du renversement arbitraire des rôles. Cette situation est ici si évidente que le sanguin Simon-Pierre –fallait-il que le soit pour avoir une épée !- frappe le serviteur du grand prêtre… au nom plus Romain que Juif ! Où est le véritable pouvoir à Jérusalem ? Dans ce premier temps, il repose sur les épaules du commandant des gardes juifs.
______Qui dit pouvoir dit autorité [3, note 1]. Le degré de légitimité de cette dernière se mesure à la responsabilité des actions [4, APR note 6] posées… et imposées. Moins cette responsabilité est évacuée sur d’autres têtes, diluée et dispersée entre plusieurs autorités, plus elle se donne de chances d’être authentique, indiscutable parce que juste. Inversement, une logique de dilution des responsabilités va devenir le signe flagrant d’un abus d’autorité, puisque se défaussant en permanence sur d’autres entités. Cette logique est la seule qui permette de faire condamner un innocent en se donnant des apparences de légitimité, voire de légalité. À cet égard, le procès de Jésus est un exemple emblématique qui nous est donné afin que [5] surtout nous ne fassions pas, nous aussi, comme il a été fait pour Lui !

--- Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. (C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple. » ) Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du grand prêtre, mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple - celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se chauffait lui aussi. Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. » À cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »  Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre nia. À l'instant le coq chanta. ---

______Qui donc est cet autre disciple qui semble avoir ses entrées chez le grand prêtre dont il est connu ? C’est un disciple autre que Simon-Pierre. Lapalissade ? Pas vraiment : indication subtile d’une nette distinction entre disciples. On veut parfois y reconnaître Jean –puisqu’il est le narrateur-, mais d’où lui proviendrait cette proximité avec la jeune servante qui gardait la porte ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas interrogé, cet autre disciple, avant Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » D’autant plus que Jean est le disciple que Jésus aimait [6]! Précisément est-ce toujours sous cette appellation que Jean se présente quand il parle de lui-même. Il parle donc ici d’un autre disciple, qu’il ne nomme pas. Quel autre disciple pourrait être connu du grand prêtre et de son personnel sans être reconnu de l’extérieur comme un disciple, et si bien reconnu comme un autre disciple à l’intérieur qu’il en devient à présent méconnu ? S’il n’a déjà plus de nom…  c’est qu’il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né. [7] « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés » Judas, lui, s’est perdu en donnant Jésus : sa livraison consommée, il en perd son nom ! Quel mot l’autre disciple a-t-il dit à la servante pour que Pierre puisse entrer ? La question de la servante suit immédiatement cette entrée : comme si elle venait de lui être inspirée. Le triple reniement de Pierre doit sans doute plus qu’on ne l’imagine à la traîtrise d’un autre disciple l’ayant à son tour entraîné dans une souricière… pour que s’accomplisse la parole [6].

______Anne est la première autorité devant laquelle comparaît Jésus. Le grand prêtre le questionne sur ses disciples et sa doctrine. À la question, Jésus répond par une autre question [7, APR note 14] ; ce en quoi Il est coutumier. Il a toujours enseigné publiquement au vu et au su de tous, ouvertement et jamais en cachette : ce qui est précisément la marque du coupable, le plus honteux d’entre tous étant celui qui accuse sans chef d’accusation, trahissant dès lors sa fonction. Quand le traître est découvert, la cohabitation avec le trahi lui est honteuse. [6, APR note 24] L’accusé brûle les doigts, quand on est incapable de montrer ce qu’il a dit de mal : déjà, on l’envoie vers une autre juridiction. Anne se défausse sur Caïphe : après tout, c’est lui le grand prêtre de cette année-là, et basta ! De plus, n’est-ce pas lui qui a mis le doigt dans l’engrenage, ayant donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple » ? L’avis [0, note 20] n’est-il pas l’autre nom de l’ordre déguisé, donné par une autorité abusive, désireuse de ne pas en assumer la moindre responsabilité ?

--- Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau pascal.  Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent :  « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.  Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? » Après cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit. ) Alors Pilate ordonna d'emmener Jésus pour le flageller. Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur la tête ; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. Ils s'avançaient vers lui et ils disaient : « Honneur à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient. Pilate sortit de nouveau pour dire aux Juifs : « Voyez, je vous l'amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Alors Jésus sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : « Voici l'homme. » Quand ils le virent, les chefs des prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est prétendu Fils de Dieu. » Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans son palais, et dit à Jésus : « D'où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.  Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher, et le pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut ; ainsi, celui qui m'a livré à toi est chargé d'un péché plus grave. » Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade à l'endroit qu'on appelle le Dallage (en hébreu : Gabbatha). C'était un vendredi, la veille de la Pâque, vers midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les chefs des prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié, et ils se saisirent de lui. ---

______Elle est si peu assumée la responsabilité de cet avis, que Caïphe semble aux abonnés absents. Alors on quitte les instances spirituelles pour aller tremper à présent l’autorité civile du lieu : au palais du gouverneur Pilate. Peu au fait des subtilités de la Loi religieuse des Juifs, lui est plus prosaïque : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » La réponse n’est pas sans rappeler des jugements plus récents, dont les "ordonnances" s’auto-justifient par elles-mêmes [8, AV note 4] ! « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Retranscrite à notre époque, cette phrase devient : « Attendu que les dispositions de l’Ordonnance de Non Conciliation sont des dispositions qui sont exécutoires de plein droit, ce qui est d’ailleurs visé dans l’Ordonnance à l’avant dernier paragraphe de ladite Ordonnance. » ! C’est plus long, plus abscons… mais très voisin du sens commun [9, note 4] d’irresponsables patentés.
______Les Juifs sont ici confrontés à un terrible dilemme, d’où leur recours à Pilate : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est prétendu Fils de Dieu. » Mais « nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Pilate, lui, a ce droit : il a le pouvoir de relâcher, comme de crucifier. Mais comme il s’interroge sur ce qu’est la vérité, il ne s’interroge pas moins sur ce que serait une justice appliquant ce droit sur un innocent. Par trois fois –comme en écho au triple reniement de Pierre- il répète qu’il ne trouve en lui aucun motif de condamnation. La flagellation n’intervient pas tant pour appliquer une sanction sur un mal qu’il sait ne pas avoir été commis, mais pour tenter d’apaiser des esprits devenus si irrationnels qu’ils préfèrent le voir relâcher un coupable plutôt qu’un innocent.
______Où est le véritable pouvoir à Jérusalem ? Chez Pilate ? Il se fait manœuvrer par les Juifs, qui viennent le chatouiller sur sa corde sensible en entrant sur son terrain à lui : sa loyauté à l’égard de l’empereur. Les chefs des prêtres appuient encore sur cette corde, feignant hypocritement de manifester leur propre loyauté à l’égard de l’empereur : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » De la sorte, ils contournent leur propre Loi interdisant de mettre quelqu’un à mort- en parvenant à leurs fins sous l’alibi de leur allégeance à la loi de l’empereur. Représentant officiel de cette loi, Pilate se retrouvait seul contre tous, dans une position paradoxale : c’est pourquoi il est chargé d’un péché moins grave que celui qui a livré Jésus à lui.

--- Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha. Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu. [ Arrivé au lieu dit du Crâne, ils l’y crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Jésus, lui, disait : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 33-34) ] Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix, avec cette inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Comme on avait crucifié Jésus dans un endroit proche de la ville, beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, qui était libellé en hébreu, en latin et en grec. Alors les prêtres des Juifs dirent à Pilate : « Il ne fallait pas écrire : 'Roi des Juifs' ; il fallait écrire : 'Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs'. » Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c'était une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons au sort celui qui l'aura. » Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que firent les soldats. Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. » Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. ---

______Ils ne savent pas ce qu’ils font. Comment auraient-ils pu le savoir ? Non seulement parce que le déchaînement des passions est rarement propice à savoir ce que l’on fait, mais y avait-il jamais eu avant eux un procès où l’accusé se prétende Fils de Dieu ? On peut rentrer dans le palais de la jurisprudence à ce sujet, il y a de quoi redoubler de crainte chez le légiste se confontant à son pire cauchemar : le vide juridique ! Or, Pilate crée cette jurisprudence, et la maintient en dépit des prêtres des Juifs… parce qu’elle les accuse indirectement : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » En soi, elle est inutile puisque ce procès est unique : jamais plus ensuite ne cruficiera-t-on un accusé se prétendant Fils de Dieu ! Parce que « tout est accompli. » En revanche, elle est d’une précieuse utilité pédagogique en direction des générations à venir, chez lesquelles on observera aucun relâchement quant à la tentation de condamner des innocents, dont Jésus le Nazaréen est l’indépassable Archétype. L’accusateur aussi peut remettre l’esprit : en inclinant à céder à cette tentation, faisant fi de ce qui est écrit. Celui-là ne peut plus prétendre à ne pas savoir ce qu’il fait.

--- Comme c'était le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix durant le sabbat (d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième des condamnés que l'on avait crucifiés avec Jésus. Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai. ) Tout cela est arrivé afin que cette parole de l'Écriture s'accomplisse : Aucun de ses os ne sera brisé. Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé. Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n'avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus.

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______« N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » C’est aujourd’hui que la question se pose pour des disciples qui ont lu et entendu ce Texte des centaines de fois. Y répondre par l’affirmative, précisément parce que ce Texte a été lu et entendu des centaines de fois, c’est explicitement prétendre à savoir ce qu’on fait. C’est répondre mieux que Pierre, qui a renié trois fois. Mais lui ne savait pas ce qu’il faisait… et surtout, il se mit à pleurer. [4, AV note 20] Il reprit ses esprits, levant les yeux vers celui qu’il avait momentanément transpercé. Il avait soif, lui aussi : de retrouver l’amour perdu, dans la miséricorde comme dans une justice dont il a mesuré son indignité. Il a connu l'épreuve comme nous, et il a péché. Mais il a su ensuite avancer avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Lettre aux Hébreux 4,14-16.5,7-9. (*)
Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, le grand prêtre que nous avons n'est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. Pendant les jours de sa vie mortelle, il a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

______C’est bien pour tous ceux qui lui obéissent qu’il est devenu la cause du salut éternel. « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » C’est toujours aujourd’hui que la question se pose pour des disciples qui y répondent par l’affirmative… tout en étant dotés d’une obéissance à géométrie variable. Que vaut-il mieux : renier, puis pleurer ensuite… ou pleurer immédiatement afin de se fournir un alibi pour des reniements plus profonds qui sécheront les larmes, étant eux-mêmes reniés ? Que vaut cette assurance de s’avancer à reculons vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir la grâce de son secours si pendant les jours de sa vie mortelle, un des disciples de cet homme-là a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à qui ne peut que l’entraîner dans des logiques de mort ? Et parce qu’il s’est soumis en tout à celui-là, il a été exilé. Bien qu'il soit l’un des disciples de cet homme-là, il a pourtant appris la désobéissance par les souffrances de ses passions ; et, ainsi conduit à plus d’imperfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause de leur perte qu’on ne leurs souhaite pas éternelle.
______Une logique de dilution des responsabilités va devenir le signe flagrant d’un abus d’autorité, puisque se défaussant en permanence sur d’autres entités. On peut connaître l’endroit du divorce pour y avoir souvent réuni ses disciples… ou ses victimes : à la lumière du récit de la Passion, l’envers dépasse tout entendement. La logique de dilution y est d’ores et déjà reine : le premier à fuir ses responsabilités à toutes jambes est déjà le demandeur [10] lui-même. L’ensemble de la procédure est conçu pour l’aider sciemment en ce sens : c’est dire que la plupart de ses acteurs va déjà user d’une autorité sans responsabilité, celle-ci allant se concentrer exclusivement sur le non-demandeur ! Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.[5] Quand l’un des siens qui est dans le monde demande le divorce, il témoigne dans le monde que lui renonce à aimer jusqu’au bout : c’est aussi criant qu’une foule vociférant : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » De fait, c’est un mariage qu’on crucifie, impliquant une seconde personne que l’on contraint ignominieusement à ne pas aimer non plus jusqu’au bout. Si elle résiste à cette contrainte, la foule crie de plus belle : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Le cri s’adresse cette fois nommément au résistant lui-même, prié de se laisser CONSTATER, ORDONNER, DIRE, CONDAMNER et SUCCOMBER [11, notes 6,7],-le tout sans avoir jamais comparu [12, APR note 29] devant quiconque !- se faire partager ses habits, tirer au sort son vêtement [13], voire être contraint de participer aux frais [14] induits pour sa propre trahison !!! Le conjoint demandeur, qui le livre, est au milieu de tout ce fatras. Il peut tenir ferme l’affirmation de sa foi dans sa montée vers Pâques [5, APR note 6] ; son témoignage est  si "véridique" que les vautours [15][16] qu’il engraisse en ricanent encore, encouragés dans leurs basses œuvres par un des disciples de cet homme-là : si celui-là –encouragé dans sa démarche par des gens réputés des plus honnêtes [17, note 15]- les prend aussi pour des "prestataires de service" [18, note 24], c’est qu’ils doivent réellement rendre "service" ! Adoubés d’une telle clientèle, ils peuvent bien s’avancer avec pleine assurance en ayant pignon sur rue.[19]

______Anne, Caïphe, Pilate (sans oublier Hérode chez un autre Évangéliste…) ; remplaçons ces noms de personnes par d’autres : "ordonnance", "sommation", "assignation", et nous avons en langage plus moderne assez de matériau pour irresponsables en jupons ne trouvant en lui aucun motif de condamnation, n’ayant aucune accusation contre cet homme sinon parce que d’autres le leur ont dit, faute de comparant à se mettre sous la dent ! En effet, elle leur répondit : « S'il ne s'agissait pas d'un "agressif" et d’un "véhément" [20, APR note 17], je ne vous l'aurais pas livré. » Super ! « Nous avons une loi, et suivant l’article 220-1 du Code Civil [21, note 21], vous avez une drôle de chance de ne pas encore avoir été découpée en rondelles par cet horrible monstre, ma petite dame ! Heureusement que nous sommes là pour vous "protéger" [22], vous et vos enfants… » Hormis cette loi faisant jolie dans le décor : « Nous avons une loi, et nous prétendons en faire ce que nous voulons, puisque nous avons le droit pour nous. » En conséquence, être ici hors-la-loi importe peu, pourvu que la clientèle l’enveloppe dans un linceul de complicité tacite.
______« Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » Cette fois, le mot n’est pas de Pilate… ni d’aucun juge. Le discours continue : « J'ai parlé ouvertement au monde entier [23]. J'ai toujours enseigné dans les blogues et sur mon site, là où tous les internautes se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? (Si tant est que tu me questionnes !!!) Ce que j'ai écrit, demande-le à ceux qui sont venus me lire. Eux savent ce que j'ai dit… et toi aussi, puisque le moyen de le savoir est indiqué dans la pièce n°25 [14, APR note 27] de TON dossier d’accusation » On ne saurait dire que l’accusé ne fit aucune réponse à ses Pilate en jupons ! C’est que chez lui, il n’y a pas d’Écritures à accomplir qui justifient son sort a posteriori. Bien que lui aussi soit néanmoins un des disciples de cet homme-là, il n’est pas exactement assuré de reproduire la résurrection dans les mêmes délais que le Maître : aussi est-il moins motivé pour porter lui-même sa croix… surtout quand elle n’est pas la sienne ! Si d’autres disciples s’acoquinent avec des petites prêtresses par dérision, lui a une option préférentielle pour le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux… y compris des têtes [24, note 10] dures. On peut toujours dire qu’on n’a pas lu ce qui est écrit, surtout quand on se garde bien de le lire. Mais alors, allons jusqu’au bout de cette logique de pleutre : c’est explicitement prétendre à savoir ce qu’on fait, implicitement ne pas avoir besoin d’en savoir plus. Dans ce cas, lorsqu’on est juge, c’est le besoin de changer de métier qui se fait pressant…

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Une cockerinade par jour

Dans un pays très lointain, un gars est en voiture sur l'autoroute lorsqu'il arrive à un bouchon de circulation. À un moment donné, quelqu'un frappe à sa vitre. Le chauffeur la baisse. Il demande :
- Qu'est-ce qui se passe?
L'autre gars dit :
- Des terroristes ont pris une juge aux affaires familiales et une avocate en otage, et ils demandent un million de dollars : sinon ils les arrosent d'essence et leur jettent une allumette dessus. Alors vous comprenez, on passe à chaque auto pour ramasser des dons.
Le chauffeur demande:
- Et combien donnent les gens ?
L'autre gars dit:
- Environ 5 litres...

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Commentaires

Bonjour

Nous avons reçu un courrier de notre Père tout comme nos ancètres en avaient reçu un par Moise.

Dans les textes de apocalypse, un livre est ouvert par l'agneau

Voici enfin ce livre.
Il est écrit par EMMANUEL - le prophète que Dieu promit à Moise : le consolateur - le Schilo - le Bon Berger - Le Fils de l'homme ....

WWW.LELIVREDEVIE.COM

http//www.youtube.com/watch?v=CAmUbUQafvo

Monique Marie

Écrit par : monique marie | vendredi, 05 juin 2009

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