mardi, 21 avril 2009

Toi, tu t’es chargée de détruire le réel, et tu connais ces choses-là ?

Le_vent.jpg

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,7-15. (*)
Jésus disait à Nicodème : « Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Toi, tu es chargé d'instruire Israël, et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous n'acceptez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?  Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Chargé d’instruire Israël, Nicodème semble découvrir le souffle de l’Esprit… Alors, de quoi parle-t-il s’il ne sait pas, de quoi témoigne-t-il s’il ne voit pas ? Bien sûr, heureux sont qui croient sans avoir vu [1] : mais il s’agit ici de choses de la terre, au moins accessibles par l’ouïe –tu entends le bruit qu’il fait- et par la vue quand elles se font passablement décoiffantes. Comment parler des choses du ciel en méconnaissant celles de la terre ? Éternel déséquilibre entre les deux réalités, chacune cherchant à tirer la couverture à soi. Chez celui qui est chargé d’instruire des choses du ciel court le risque de les détacher de celles de la terre. Inversement, on peut savoir juger de l’aspect de la terre et du ciel en se rendant incapable de juger du temps où nous sommes.[2] Le témoignage de ceux qui en dévoilent ce qu’ils ont vu et ce qu’ils en savent est-il accepté par les uns et les autres ? Comment cela peut-il se faire qu’ils puissent en témoigner ? Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit.[3, APR note 6] Mais un tel homme se promène rarement coiffé d’un gyrophare afin de se signaler comme tel ! Il est vrai que dans cet appareil, on saurait d’où il vient et où il va… De même le sait-on pour tout homme à l’impeccable curriculum vitæ retraçant d’où il vient.
Rien de tel –sinon par quelque heureuse coïncidence plus trompeuse que révélatrice- chez celui qui s’attache à accorder les choses du ciel à celles de la terre : ce n’est pas Jésus –Verbe incarné- qui va opposer les deux réalités : au contraire se plaît-Il toujours à illustrer son propos d’analogies accessibles à tout un chacun puisqu’assez de la terre pour avoir été vues par les plus distraits. Ainsi se compare-t-Il lui-même à dessein au fameux serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert [4, note 1], celui qui le regardait conservant la vie : de la vie conservée à la vie éternelle, l’image parle d’elle-même. Ne parle pas moins bien celle du vent qui souffle où il veut : qui pourrait prétendre le contrôler ? Tout au plus parvient-on à le prédire. S’il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l’Esprit, c’est bien que tout autre, prétendant à savoir d’où il vient et où il va, n’est qu’un sombre imposteur : il parle de ce qu’il ne sait pas, témoigne de ce qu’il n’a pas vu… Doit-on s’étonner que son témoignage soit néanmoins accepté des deux mains [5] ? Comment cela peut-il se faire ? Il en est pourtant ainsi de tout homme qui sépare les choses du ciel de celles de la terre. Ou il fait l’ange, et il fait la bête ; ou il fait la bête… et il défait les anges en étouffant le souffle de l’Esprit. Ainsi faut-il que l’homme s’élève un peu, non pour monter prématurément au ciel, mais au moins pour en retrouver un minimum de goût…

maison-a-vendre.jpg

Livre des Actes des Apôtres 4,32-37.
La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne se disait propriétaire de ce qu'il possédait, mais on mettait tout en commun. C'est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous. Aucun d'entre eux n'était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins. Joseph, que les Apôtres avaient surnommé Barnabé (ce qui veut dire : l'homme du réconfort), était un lévite originaire de Chypre. Il avait une terre, il la vendit et en apporta l'argent qu'il déposa aux pieds des Apôtres.

Avec Joseph Barnabé en plus, voilà un repassage de ce passage dominical [5, APR note 4] des Actes : sans doute afin de nous assurer que nous n’avons pas rêvé. Une multitude d’adhérents à la foi ayant un seul cœur et une seule âme, cela ne fait-il pas effectivement rêver ? Qui parierait aujourd’hui pour une telle multitude ? Trouverait-on encore seulement un seul homme du réconfort ? Un vrai : non de ceux qui confortent des faux frères dans leur égoïsme souffreteux. Quand on prétend d’une main adhérer à la foi et de l’autre apporter le prix pour mettre son époux à la disposition d’une pseudo-justice [6], qu’en fait de mettre en commun, on se fait dire -par cette même pseudo-justice- seule propriétaire de ce qu’on possède [7], plongeant résolument un autre cœur et une autre âme dans la misère, c’est avec une grande force que ce témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, porté par les Apôtres, on sait d’où il vient. On sait également où il va chez cet étrange adhérent à la foi : dans le fond le plus reculé de sa poubelle. Les choses de la terre sont encore trop hautes pour lui…

poubelle.jpg

____________________________

Une cockerinade par jour

Un jour, alors qu'elle marchait dans la rue, une femme cadre à qui tout réussit est tragiquement heurtée par un autobus et meurt. Son âme arrive au Paradis où elle est accueillie par saint Pierre.
- Bienvenue au Paradis, avant de vous installer ici, il semble que nous ayons un problème. Voyez-vous, c'est plutôt étonnant mais nous n'avons jamais eu de femme cadre jusqu'ici et nous ne sommes pas tout à fait sûrs de ce que nous devons faire de vous.
- Aucun problème, laissez-moi simplement entrer, dit la femme.
- J'aimerais bien mais j'ai des ordres qui viennent d'en haut. Ce que nous allons faire, c'est vous laisser passer un jour en Enfer et un jour au Paradis et ainsi vous pourrez choisir où vous voudrez passer l'éternité.
- Je pense que j'ai déjà fait mon choix... Je préfère rester au Paradis, dit la femme.
- Désolé, mais nous aussi avons des règles...
Et ainsi saint Pierre emmena la femme cadre dans un ascenseur qui descendit en Enfer. Les portes s'ouvrirent et elle se retrouva sur le green d'un terrain de golf magnifique. Un peu plus loin, il y avait le country club et devant, tous ses amis, bien habillés, qui l'acclamèrent. Ils s'approchèrent, l'embrassèrent et parlèrent du bon vieux temps. Ils firent un excellent parcours de golf et, le soir allèrent au country club où ils dégustèrent un excellent steak et du homard. La femme cadre rencontra le Diable, réellement quelqu'un de charmant et elle passa un merveilleux moment à raconter des histoires et à danser. Elle passa un si bon moment qu'avant qu'elle ne s'en rende compte, il était temps de partir. Tout le monde lui serra la main, lui fit au revoir et elle monta dans l'ascenseur. Celui-ci retourna au Paradis et elle retrouva saint Pierre.
- Maintenant, vous allez passer un jour au Paradis, dit-il.
Elle passa ainsi les vingt-quatre heures suivantes allongée paresseusement sur les nuages à jouer de la harpe et à chanter. Elle passa un si bon moment qu'avant qu'elle ne s'en rende compte les vingt-quatre heures étaient passées et saint Pierre était de retour pour l'emmener.
- Alors, vous avez passé un jour en Enfer et un jour au Paradis. Maintenant, vous devez choisir pour l'éternité.
La femme cadre réfléchit un instant et répondit :
- Eh bien, je n'aurais jamais cru que je dirais ceci : le Paradis est vraiment bien, mais je crois que je me plairai plus en Enfer.
Alors, saint Pierre l'escorta jusqu'à l'ascenseur et elle descendit à nouveau en Enfer. Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, elle se retrouva dans un paysage désolé plein d'immondices. Elle vit ses amis vêtus de haillons, ramassant les saletés pour les mettre dans des sacs. Le Diable vint vers elle et lui mit brutalement la main sur l'épaule.
- Je ne comprends pas, balbutia la femme cadre, hier j'étais ici et il y avait un parcours de golf et un country club et nous avons mangé du homard et nous avons dansé et nous nous sommes bien amusés. Maintenant, c'est un désert d'immondices et tous mes amis semblent si misérables...
Le Diable la regarda et sourit :
- Hier, nous vous recrutions. Aujourd'hui, vous faites partie du personnel.

2400836609_219cc14610.jpg
Télécharger une version imprimable de la note
(fichier Word, sans les images)

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://micheldetiarelov.hautetfort.com/trackback/2157886

Commentaires

Sincèrement je trouve l'image parfaite dans les deux sens !!!
Amitiés
Jean

Ecrit par : Jean | vendredi, 24 avril 2009

Répondre à ce commentaire

Ecrire un commentaire