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mercredi, 10 juin 2009

CHAPITRE 11 : Être ange… mais où est-il ?

Le saut de l’ange
Le saut de l'ange.jpg

Se taire ? Comment Chaniel se tairait-il, lui que les hommes agressent en permanence, vainement protégés derrière un vocabulaire de circonstance, destiné à satisfaire leur seule bonne conscience ? Ils se gargarisent d’ « aide » quand celui qui la subit ne l’a pas sollicitée. Il n’est pas bon que l’ange soit seul : ils ne savent plus quoi inventer pour l’isoler jusque dans sa peau d’homme, lui interdire tout amour. Dans leur langage vicié, « aider », c’est interdire l’amour au nom de l’amour ! Amour et mensonge se rencontrent : c’est bien LA rencontre entre les deux anges qui est visée. Ce feu qui va plus loin que dans le rêve des hommes, empêtrés qu’ils sont dans leurs cauchemars imaginaires, ils le sabotent avant même qu’il n’aie éclaté. Exit ces rencontres sporadiques où chacun essayait de suivre le tempo de l’autre : comment le suivre, ce tempo, quand l’un ne sait plus où est l’autre… où en est l’autre ?

« Et c’est bien pour cela que je pleurais, mon doux Chaniel !
- Que veux-tu dire ?

- Cette médaille, tu sais… je l’aurais volontiers cédée pour…

- Pour ?
- Mais pour t’apercevoir, voyons ! Tous ces jours en bas, je suis certes la reine de la fête. Mais c’est en vain que j’ai tenté de voir mon roi de cœur !… Tu DEVAIS être là, dans la foule, et tu n’y étais pas.
- Comment ? Alors… tu m’as reconnu ?

- Pas encore, mais presque.

- Presque ? Comment un ange peut-il en reconnaître un autre… « presque » ?

- Comment ? En le lisant, par exemple. Mais le lire, ce n’est pas le voir.

- Tu veux dire que…

- … « Eh bien nous suivrons l’ange ! » Là, je me suis reconnue… et pas « presque » du tout !
- Quand je pense que tu as vu quelqu’un de « très intéressant que tu aurais écouté parler pendant des heures »… alors que lui, tu ne l’avais pas lu ! Il est pourtant reconnu.
- Oui… mais pas comme un ange ! Mais je vois que toi, tu lis la presse.

- Parce ce que c’était l’ultime moyen qui me restait de te voir, et de te lire un peu. Moi qui justement t’écouterais parler pendant des heures…

-… et moi qui avais trop de distractions pour soupçonner une seconde tout ce que tu subissais alors.
- Et c’est toi qui as cru la première que je t’avais abandonnée !
- Enfin : mets-toi à ma place, en bas. Souviens-toi que nous ne nous sommes toujours RIEN dit. Et puis avec toutes ces festivités…

-… tu te devais de « prendre ton rôle très à cœur, avec beaucoup de passion et de ferveur » !

- Rien ne t’a échappé dans la presse, dis-moi.
- Dans la presse, non. Mais dans la réalité, oui : tout.
À commencer par toi, mon ange ! Et cela continue…
-
Ah, ne m’en parle plus de ces photos ! Tu te rends compte ? Grâce à elles, je ne pouvais plus ne pas te reconnaître, être enfin rassurée sur ton compte… et à cause d’elles, j’ai dû feindre de te reconnaître comme les hommes te reconnaissent : me mouler dans leurs inquiétudes quand j’étais rassurée ! Cela m’a brisé le cœur…
- Comme les hommes me reconnaissent ? Tu parles : pour eux, je suis l’épouvantail de service. Et sachant d’où je sors -alors que ce sont eux qui m’y ont entré !-, voilà qui entérine joliment cette image stupide ! »

N’est-ce pas étonnant ? Voilà deux anges : l’un rayonne l’amour autour de lui tandis que l’autre est inspiré par l’amour. Mais celui-là génère paradoxalement autour de lui une telle haine, concentre sur lui de tels coups bas de la part des hommes, qu’on se demanderait presque si les photophores du bas n’ont pas reçu également la permission exceptionnelle de s’incarner ! De là-haut, ils savent bien qu’il n’en est rien : si l’ange ne pouvait se révéler à l’homme qu’en lui inspirant l’amour, le Père n’aurait pas jugé nécessaire cette étrange incarnation ; Il aurait dit non à cette folle équipée. Mais Sa volonté n’est-elle pas toujours d’apporter plus de contraste encore à la lumière ? Et quel meilleur contraste que celui qui existe entre ces deux anges ! Si tout semble les opposer à simple vue humaine, c’est bien à dessein de les opposer ensemble aux bévues humaines : celles qui plongent, sont plongées et font plonger dans la pénombre. Aussi faut-il que l’un d’entre eux y soit également immergé, invisiblement soutenu par l’autre (celui-là au contraire rayonnant de lumière… même chez les hommes !). Du fond de son puits de déréliction, c’est bien par contraste qu’il fait AUSSI jaillir la lumière : quel homme n’aurait pas été laminé par ce qu’ils savent s’infliger entre eux ; par ce que pour l’heure, ils lui infligent à lui ? S’ils ne le reconnaissent pas par la lumière, alors il faudra bien qu’ils le reconnaissent par l’obscurité : non celle d’un photophore déchu, mais la leur… qu’ils ne supportent pas, tant qu’elle leur est renvoyée par cette tête qui se relève là où elle devrait se poser sur leur billot.

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En bas, où est l’un ? Où est l’autre ? Au moins cet autre a-t-il réintégré cette ville qui l’avait exclu de son sein au plus mauvais moment. Si on l’a éloigné des siens de la chair, il est encore assez près pour se faufiler parmi les truands terrestres d’un royaume qui l’envoie témoigner d’un Dieu en plein cœur…

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Commentaires

Michel,

Je ne pense pas avoir l'esprit particulièrement obtus mais quel hermétisme !
En principe, quand on écrit, c'est pour être compris, non ? ...
Sinon cette activité est de la monomanie pure et simple et en ce cas, pourquoi emprunter internet ?

Une phrase cependant a particulièrement attiré mon attention (celle là avait le mérite d'être claire)

" Ils se gargarisent d'aide quand celui qui la subit ne l'a pas sollicitée "

Mais, écrire consiste à solliciter, ne serait-ce que l'attention.

Pas très logique, tout cela ... Or les expériences, y compris les désagréables (et même surtout, elles) nous sont données pour nous amener à comprendre, là, pardonnez-moi mais j'ai des doutes.
Face à un problème insoluble, on peut évidemment, passer son chemin ...

Écrit par : simone | jeudi, 11 juin 2009

"En principe, quand on écrit, c'est pour être compris, non ? ..." Certes, mais pas nécessairement par tout le monde : surtout quand on emprunte internet, justement. "Comprenne qui pourra" (ce qui, rassurez-vous, ne prend pas obligatoirement l'intelligence en défaut !); sachant que sans être monomane (pouah!), on s'amuse parfois à crypter un peu. Si on a de quoi décrypter, on décrypte. Sinon "on peut évidemment, passer son chemin..." en espérant ne pas avoir trop contristé celui qui n'a pas de quoi ! Etrange, non ?

Écrit par : Michel | samedi, 13 juin 2009

Excusez-moi mais j'étais précisément contristée à cause d'un mail que j'ai envoyé et qui n'a pas été suivi de réponse. Or dédaigner une main tendue peut mettre celui ou celle qui est au bout, de fort méchante humeur ...

Écrit par : simone | samedi, 13 juin 2009

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