vendredi, 12 juin 2009
On met les moucherons sur le dromadaire, et ils brillent pour tous ceux qui ont raison.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,13-16. (*)
(Mardi 9 juin 2009)
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Au regard d’une actualité personnelle encore brûlante, il ne sera pas trop difficile de considérer –sans jeu de mots- que cet Évangile ne manque pas de sel. « Bon à rien », « on le jette dehors », « les gens le piétinent », « sous le boisseau » : tout ceci n’est pas sans rencontrer un cruel écho chez bien des disciples d’aujourd’hui qui, sur la montagne de leurs incohérences, ont grand peine à pouvoir cacher ce qu’ils ont fait de mal. Être la lumière du monde en faisant passer ce mal pour un "bien" ne semble guère avoir beaucoup concouru à ce que les hommes en rendent gloire au Père qui est aux cieux : sans doute ces derniers ont-ils estimé –à juste titre- qu’il est des cieux si bas que les gens ont tôt fait de les piétiner par mégarde en se rendant gloire de disposer encore d’une lampe assez brillante pour tous ceux qui sont dans leur maison.
« Si le sel se dénature » : mais qu’en est-il du sel qui, lui, défend résolument sa nature ? S’il se voit contraint de la défendre ainsi, c’est bien qu’on l’attaque. Qui sont les attaquants ? Les hommes, voyant ce qu’il a fait de mal ? Mais qu’ont-ils vu de ce mal s’il n’en a pas fait ? Aurait-il alors allumé une lampe pour la mettre sous le boisseau ? S’il en avait été ainsi, il n’aurait pas été attaqué. S’il l’a été, c’est au contraire parce qu’il rechignait à mettre cette lampe sous le boisseau : il est rare qu’une montagne de sel dénaturé rende gloire à quiconque d’être éclairée devant les hommes : alors en voyant ce qu’elle fait de mal, ils ne s’empressent guère de se rassembler autour d’un Jésus si dénaturé par ses disciples qu’il leur apparaît davantage comme un chef de bande plutôt que le Fils de Dieu. Mais comment voient-ils ce qu’une montagne fait de mal, brillant devant les hommes comme faisant du "bien" ? Sans doute est-ce parce que derrière le sel défendant sa nature se cache une… souris. Une souris contre une montagne : la lutte est quelque peu inégale. Cette souris ne risque plus de briller pour tous ceux qui sont dans la maison, pour une raison fort simple : on l’a jetée dehors. Ce qui ne la dissuade nullement de continuer à apporter quelque lumière au monde, étant par ailleurs assistée d’un clavier. Pas davantage qu’une ville située sur une montagne, un blog ne peut être caché quand on l’a mis sur le "lampadaire" du réseau. À défaut, on peut cacher son concepteur à l’écart d’une ville en dénaturant son sel par un apport massif de sucre "sanitaire", l’esprit habitant son cœur ayant été réputé souffrant… Las : toutes les promesses du Docteur n’ont guère trouvé leur « oui » dans sa personne, le langage qu’elle lui a parlé n’étant pas à la fois « oui » et « non » ; il n’a jamais été que « non »… aux "soins", prenant à témoin l’infidélité des siens, leur langage les rendant bien fragiles…
Seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,18-22.
Frères, j’en prends à témoin le Dieu fidèle : le langage que nous vous parlons n’est pas à la fois « oui » et « non ». Le Fils de Dieu, le Christ Jésus, que nous avons annoncé parmi vous, Silvain, Timothée et moi, n’a pas été à la fois « oui » et « non » ; il n’a jamais été que « oui ». Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons « amen », notre « oui », pour la gloire de Dieu. Celui qui nous rend solides pour le Christ dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ; il a mis sa marque sur nous, et il nous a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit qui habite nos cœurs.
De la fragilité psychologique [1, note 33] au sucre de la psychologie "chrétienne", il n’y a qu’un pas qu’il s’agit de franchir avec allégresse : grâce à ce grand bond en avant de l’humanité, le langage parlé peut désormais être à la fois « oui » et « non ». Et toutes les promesses ayant trouvé leur « oui » peuvent dorénavant trouver leur « non », pour la gloire du confort psychologique de chacun, celui qui massacre à présent toute relation de la main gauche en la consacrant de la droite. Malheur à celui qui allume une lampe faisant briller la contradiction de ce « non » avec le « oui » initial ayant pris à témoin le Dieu fidèle : l’esprit qui habite son cœur porte à n’en pas douter sur lui la marque de la "maladie", s’avérant hostile aux bienfaits des merveilleuses clefs de compréhension psychologique. Que cette "lumière" brille devant les hommes : alors en voyant ce que le "bien-portant" supporte de "mal", ils rendront gloire à son courage qui est précieux. Précieuse également la psychologie "chrétienne", appuyant sur la charité et la sollicitude [2, APR note 12], vertus cardinales devant conduire le "malade" à se "soigner" pour le "bien" de son entourage : ce n’est qu’ainsi que ce "sel dénaturé" redeviendra du sel. Ce régime –évangélique en diable- épouse son temps : c’est un régime sans sel.
Rendre gloire à la charité est une chose : mais brille-t-elle pour tous ceux qui sont dans la maison ? Quand des disciples se rassemblent autour de l’un des leurs, se faisant une montagne de sa "maladie", lui disant : « Ton sel est dénaturé », comment redeviendra-t-il du sel à leurs yeux, voire aux siens ? En "soignant" cette "maladie", bien sûr. Jusque là, on peut encore accorder le bénéfice du doute aux uns et aux autres tant que personne n’a été vérifier si le "malade" ne pratiquait pas malicieusement un horrible "déni de souffrance" [3, APR note 28]. Si tel est le cas, on multiplie les mesures de "prudence" [4, AV note 28] édictées par cette formidable lumière du monde qu’est la psychologie -"chrétienne" ou non-, forte de "conseillers" se bousculant à allumer leur lampe afin qu’elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison… à l’exception toutefois du "malade" qui, lui, s’obstine à demeurer terne. La restauration de la confiance en soi chez le "bien-portant" passe parfois par la méfiance en l’autre : on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs… C’est toujours de la charité diablement évangélique, attendu qu’elle est bien ordonnée en commençant par soi-même ; chez l’autre, elle commence bien entendu par la "santé".[5, note 2] Peu chaut l’Esprit qui habite dans les cœurs : seul compte le "bonheur", prié d’être assimilé à un confort psychologique devenu prioritaire. En témoigne le "malade" qui, par son défaut obstiné de "santé", met la marque du "malheur" dans ses relations avec les autres, ne cessant de remettre en question [6, note 1] ce confort psychologique qui leur est si précieux : le langage qu’on lui parle en retour n’est plus ni « oui » ni « non », ce langage ayant quitté les rivages de la raison puisque ne fournissant aucune réponse à la question, celle-ci étant exclusivement déviée en reproches "comportementaux". À ce titre, ce sera cet oiseau de "malheur" qui aura perdu sa raison : image idéale pour consacrer cette "maladie" tant annoncée parmi les siens (et au-delà, par capillarité…), qu’il serait psychologiquement très inconfortable pour les annonciateurs "bien-portants" de s’en dédire. La médisance "n’existant plus" [7, APR note 7] chez ces psychodépendants, leur confort est sauf… celui de leur "malade" un peu moins. Ce qui n’a aucune importance à leurs yeux, cet inconfort –pourtant alimenté par leurs soins- étant même un atout supplémentaire puisqu’il incline à "prouver" sa "maladie" par a plus b, se rendant gloire au passage de ne pas être eux-mêmes du sel dénaturé ! Leur "lumière" brillant devant les hommes, voyant comme eux sont "bien-portants", ils rendront gloire à leur Père qui est aux cieux quand pointera enfin la perspective de la "preuve" suprême et absolue de la "maladie", fournie de main de maître par ses "spécialistes" incontestés.
Comme les "gentils docteurs" [8] s’étaient rassemblés autour du "malade" que les "bien-portants" ont annoncé parmi eux, cette funeste "maladie" –si longtemps niée par celui qui en est "atteint"- va enfin trouver à qui parler ! Les "bien-portants" s’en sont rendu une telle gloire que les circonstances infâmes ayant présidé à une séquestration faussement "sanitaire" [9] sont très largement passées au second plan : sans doute ne fait-on toujours pas d’omelette sans casser d’œufs… Hosannah ! La "maladie" va être mise sur le lampadaire de la "science", et elle brillera pour tous ceux qui sont dans la maison ! Ce qui tombe à point nommé, le "malade" venant d’en être violemment chassé par une "justice" singulièrement psychologique puisque son usage implacable fut uniquement motivé par des "violences" passées [10, note 21]… que nul n’a été vérifier, mais dont la seule mise en avant aura néanmoins "vérifié" la "maladie" par contumace. Par ailleurs, la lumière de l’illégalité ahurissante de la procédure brillant virtuellement [11] devant les hommes, dans le domaine public comme dans le privé, on avait également –et grandement- intérêt à rendre plus solide cette "vérification" de la "maladie", afin qu’elle consacre a posteriori d’étranges juges, suffisamment extra-lucides pour prononcer des sentences pseudo-"protectrices" s’appliquant contre une personne qu’elles n’ont jamais vue ni entendue. Puisque nous baignons dans la "justice" psychologique, que les professionnels apportent les preuves qui font cruellement défaut. Ceux-là auront disposé d’un mois pour "soigner" un étrange client… qu’on expulse d’une main de chez lui, tandis que de l’autre on "s’inquiète" unanimement de sa "santé" ! Le piège se referme donc sur notre "malade", mais…
Le problème (pour le monde extérieur) avec un "malade" enfermé, c’est qu’on l’a à disposition à toute heure du jour. Bien que dernières roues de la charrette, les "gentils docteurs" ont un gros atout sur leurs prédécesseurs d’autres catégories professionnelles. Avant de se prononcer en un sens ou en l’autre, eux voient et entendent le client autant que nécessaire puisqu’ils l’ont sous la main ; ce qui évite par nature ce trop fameux travers de l’analyse spécieuse et clandestine à l’emporte-pièce, à la demande [12] d’un tiers [13, APR note 8]. De plus, ils fréquentent au quotidien de nombreux "malades"… et accessoirement quelques malades. Eu égard à la nature oppressante du climat "hospitalier" où se côtoient le meilleur et le pire, il ne faudrait pas longtemps à tout violent masqué (y compris à lui-même) pour se démasquer. Ici, tôt ou tard, on a raison des fermetures éclair [14, APR note 22] les plus solides. Faute de mieux, la violence –la vraie- se traite en chambre d’isolement, qui est à l’adulte ce que le cachot est à l’enfant turbulent : le séjour peut s’y prolonger quelques heures comme plusieurs jours. Pour toutes les parties en cause, le caractère de ce traitement est assez rébarbatif pour dissuader quiconque d’y avoir recours à l’usage de "violents" fantasmatiques. Autrement dit, au fil de jours interminables, ce n’est pas tant sur un "malade" que s’est refermé le piège que sur tous les "bien-portants" qui, au nom d’une "charité" de pacotille adoubée de psychologie "chrétienne" –puis en celui d’une "justice" minable-, se sont masqués derrière un langage qui n’est plus bon à rien, tant il est « oui » en paroles et violemment « non » en actes. La projection [15, APR note 16] de cette violence sur un seul homme a trouvé ici ses limites, brillant devant les hommes. Si elle relevait de l’imaginaire, alors les "gentils docteurs" disposaient de plus de temps qu’il ne leur en fallait pour la démystifier en cernant au plus près une "maladie" qui n’a jamais été unanime que chez ceux qui lui ont dit « amen » à la mesure de ce que la peur [16] mettait sa marque sur eux. Enfin mise sur le lampadaire de la "science" selon leurs vœux les plus chers, cette "maladie" a trouvé à qui parler… à supposer qu’elle l’aie pu : chacun sait que l’existence est une condition minimale au don de la parole. Et toutes les promesses frénétiquement attendues du Docteur ont trouvé leur « non » dans sa personne. Des fermetures éclair [14, APR note 22] s’ouvrent brutalement… mais ce ne sont pas celles que l’on escomptait. Le loup sort du bois.
Par quoi va à présent être avérée la "violence" du "malade" s’il ne l’est pas ? Accessoirement, par un récent séjour prolongé en détention "sanitaire". Qu’importe si ce séjour s’est effectué sans "soins" réels : dans un cercle plus large –et moins informé- que celui des proches immédiats, on ne reste pas si longtemps dans de tels endroits s’il n’y a pas à la clef une "bonne raison". Moins cette raison sera bonne, moins il en sera publiquement fait état… surtout quand, au contraire, on a largement profité de son absence afin de promouvoir son "accidentelle" situation de "soigné" à "l’hôpital". La "violence" ayant fourni l’essentiel de la "bonne raison", l’enthousiasme à promouvoir le formel -et honnête- démenti effectué par un chef de service se fera très mesuré. En attendant, les non-dits sont particulièrement éloquents dans le cercle plus large : l’ex-"malade" libéré passe manifestement pour un pestiféré à la "violence" imprévisible, personne ne pouvant raisonnablement croire qu’en plein XXI° siècle, dans un pays dit libre, on puisse se permettre de priver impunément quelqu’un de sa liberté sans motif valable. À l’enfermement physique succède alors une étrange opiniâtreté à isoler un "malade" devenu plus encombrant que jamais, les "soins" attendus n’ayant pas été au rendez-vous. On ne le sait que trop : s’ils ne l’ont pas été en de telles circonstances, ils ne le seront nulle part ailleurs. Ce qui renvoie un certain nombre de "bien-portants" à la responsabilité écrasante de leurs calomnies passées, se révélant telles quand tombe le masque de "l’inquiétude" pour une "santé" dont même les plus éminents "spécialistes" se sont tacitement déclarés incompétents à en déceler quelque altération : lourde atteinte au confort psychologique du "bien-portant"… Cette atteinte est encore plus pesante chez celui qui a surenchéri de "charité", bercé des dogmes d’une psychologie "chrétienne" s’étant constituée comme un chèque en blanc autorisant -avec de grands sourires- l’intrusion permanente dans la vie privée d’autrui, au nom de la "compréhension" de sa "maladie" et de la "protection" des "bien-portants" qui l’entourent. Cette "protection" ayant été transférée entre-temps à l’échelle judiciaire, l’attitude adoptée à l’égard du "malade"-qui-ne-l’est-pas est "d’avérer" la "violence" par les décisions de "justice" qui pèsent encore sur lui ! Bien que prononcées à l’aveuglette sur les fantasmes que nous savons, elles ne se justifient plus que par l’absence du condamné qui a été "régulièrement convoqué" aux audiences : de nouveau, peu chaut à quiconque l’odieuse intrusion dans la vie privée d’une force publique qui n’a que trop démontré ses lamentables faiblesses, dont l'irrationalité flagrante ne fait jamais que rendre gloire à ce boycott systématique d’un condamné l’ayant dénoncée dès la première heure. Le langage qu’il lui a parlé n’a jamais été que « non » et cent fois « non » : elle le sait, puisqu’elle persiste à lui chercher des noises sur l’outil de ce langage. [9, AV note 9] S’agirait-il à présent d’en faire un "délinquant" après son jugement, afin de justifier en catastrophe ce dernier a posteriori ? (Faute de grives "psychiatriques", on mange des merles à l’arrière-goût de vautour [17, APR note 4]…) Aurait-il dû dire « amen » en se justifiant de sa vie privée auprès de gens qu’elle ne concerne en aucune manière, ce qu’ils ont brillamment démontré devant les hommes en la massacrant à bout portant ? C’eût été dire « oui » après avoir dit « non », pour la seule gloire d’une "justice" qui renie non seulement toutes ses promesses mais s’attache à appuyer exclusivement ceux qui renient les leurs : les chiens ne font pas des chats.
Exit la charité, avec ou sans guillemets. Du public ou du privé, on ne sait plus trop qui "protège" l’autre. La mauvaise foi située sur une montagne ne peut être cachée. On ne fait jamais que gagner du temps en privé, s'arcboutant sur des décisions publiques dites de "justice" : en somme, on tourne en rond. Le sucre de la psychologie "chrétienne" a produit d’étranges crises de diabète, aux symptômes propices à dénaturer tout grain de sel : hypertrophie monstrueuse des égoïsmes, fausses inquiétudes exacerbant de véritables indifférences, mépris absolu de la différence, esprit d’une trouille carabinée habitant les cœurs, malhonnêteté intellectuelle dans l’absence totale de toute argumentation contradictoire cohérente, ignorance crasse de tout esprit de miséricorde, etc. Telles sont certaines "lumières" qui brillent devant les hommes : « celle qui nous a consacrés, c’est la psychodépendance ; elle a mis sa marque sur nous ». Peut-être conviendrait-il à quelques-uns de changer de marque ?
14:28 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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