mardi, 30 juin 2009
Quel est donc celui-ci, pour que même les vents de panique et l’amer lui obéissent ?
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,23-27. (*)(*)(*)
Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Cette question –et la réponse de Pierre [1]- n’est pas sans faire écho à cette autre, posée antérieurement –mais après qu’il se fit un grand calme- sur un sol moins ferme et sur une mer violemment agitée : « Quel est donc celui-ci ?… » Il n’est pas difficile d’interpeller vivement les vents et la mer. Encore qu’il soit préférable de réserver ce genre de manifestation à un cercle très intime, sinon les hommes pourraient prendre peur [2], être saisis d’étonnement, se sentir perdus, s’approcher par derrière [3, note 11] et réveiller leurs démons en disant : « Docteur, sauve-nous ! Il a perdu la raison. » Franchement, pourquoi prendre un risque aussi inconsidéré puisqu’en dehors de celui-ci, il va sans dire que les vents et la mer n’obéissent à personne ? La vie fournit assez d’occasions pour que la barque soit recouverte par les vagues, sans y ajouter quelque tempête dans un verre d’eau [4, note 8/2.2] !
Pour l’heure, Simon-Pierre n’en est pas à déclarer : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Avec ses compagnons, il n’en mène pas large. Et voilà que… lui dormait : comment peut-on dormir dans une barque recouverte par les vagues ? La fatigue ? Mais depuis qu’ils le suivent, ses disciples n’ont-ils pas aussi quelque raison d’être fatigués ? Si Jésus est monté dans la barque, c’est bien celle de ses disciples : non la sienne. Les vagues qui la recouvrent sont celles de tout disciple ne dormant pas, à rebours d’un prosélyte du risque zéro demeurant sur sa rive en laissant aux autres le soin de passer sur l’autre [5] quand le gros temps s’annonce. Jésus est néanmoins monté dans cette barque ; mais tant que n’a pas sonné l’heure de sa tempête, lui peut dormir. Il est là, avec ses disciples : eux aussi pourraient dormir… s’ils avaient moins peur et plus de foi. Les vagues sont les incontournables mises à l’épreuve de cette foi. Moins que jamais, quand la mer s’agite violemment, il ne suffit pas de dire : 'Seigneur, Seigneur !' [6] pour être sauvé. Pourquoi avoir peur ? Parce que la mer s’agite violemment ? À moins qu’elle ne s’agite violemment parce qu’on a peur : la barque peut aussi être recouverte par des vagues de violentes contradictions entre la foi que l’on affiche, qui se trouve alors confrontée à celle à laquelle on obéit réellement.
« Nous sommes perdus. » Au moins les disciples ne fanfaronnent-ils pas : personne d’autre que Jésus et eux ne sont montés dans la barque. Ils ne peuvent donc perdre personne d’autre qu’eux-mêmes, en attaquant quelque voyageur [7, note 4] afin de faire diversion. Mais lui dormait. Indifférence ? Mais s’Il avait été indifférent, Il ne serait pas même monté dans la barque : l’indifférent reste sur la rive…
Livre de la Genèse 19,15-29. (*)
Au cours de la nuit, les gens de Sodome avaient attaqué les deux voyageurs qui étaient venus chez Loth. À l'aurore, les deux anges poussèrent Loth à fuir la ville, en lui disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui sont chez toi, si tu ne veux pas périr toi aussi à cause des crimes de cette ville. » Comme il hésitait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l'épargner. Ils l'entraînèrent hors de la ville. Une fois sortis, ils lui dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête nulle part dans la plaine, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! » Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs ! Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m'avez montré une grande miséricorde en me laissant la vie. Mais je n'ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le fléau va me rattraper et je mourrai. Voici une ville assez proche pour que je puisse y courir - elle est si petite ! - Permettez que je m'y réfugie - elle est si petite ! - et j'aurai la vie sauve ! » Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles. Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C'est pour cela qu'on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite).
Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu. Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation. Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel.
Ce matin-là, Abraham se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur, et il porta son regard en direction de Sodome, de Gomorrhe et de toute la plaine : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise ! Lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.
Autres temps, autre tempête pour Loth : les vents et la mer font place à une pluie de soufre et de feu, détruisant les violentes contradictions des habitants de Sodome et Gomorrhe, demeurés sur leur rive pour ne pas avoir à les affronter. S’il n’avait tenu qu’à Loth, il serait bien resté, lui aussi, "sur la rive". Mais pour des raisons différentes : si le Seigneur voulait l'épargner, c’est qu’Il l’avait estimé juste. Lui avait à monter dans sa barque afin de ne pas être perdu, sans regarder en arrière, sans s’arrêter nulle part… sans se laisser recouvrir sa barque des vagues des autres.

Autres temps, autres mœurs. Maintenant les disciples n’ont plus besoin d’être sauvés, et ne sont plus perdus. Ils interpellent vivement les vents et la mer, et il se fait un grand calme… entre eux. Normal : une colonne de sel restant sur la rive est rarement
agitée. Et voilà que la mer qui s'agite violemment, au point qu’une barque est recouverte par les vagues, les fait dormir. Normal : ce n’est pas la leur, et ils ne sont pas montés dedans. En revanche, ce sont leurs vagues et leur tempête : ne viennent-ils pas d’interpeller vivement les vents et la mer ? Si d’aventure le compagnon embarqué a l’audace de ne pas se laisser perdre, leur renvoie vagues et tempête, les gens sont saisis d'étonnement et disent : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? En plus, il s’approche et nous réveille ! » « Docteur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » (Mais rassurons-nous –et ne soyons plus saisis d’étonnement- : grâce aux mystifications de la psychologie "chrétienne", tout ceci se fait dans un grand calme : a coups de Cajoline® [8, APR
note 14] psychologique…) Comme il débarquait, des hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et sa famille, parce que le Docteur voulait l'épagner breton [9, APR note 21]. Ils l'entraînèrent hors de la ville, dans une ville assez proche pour qu’il puisse y guérir.[10, APR note 13] Une fois enfermé, ils lui auraient bien dit : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête nulle part dans la plaine, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! » D’une part, le Livre de la Genèse n’était pas leur souci prioritaire ; d’autre part, le compagnon n’avait nulle part où se réfugier : pas même une petite ville assez proche pour qu’il puisse y courir. Il leur dit : « Non, je vous en prie, mes docteurs ! Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m'avez montré une grande miséricorde en me laissant la vie. Mais on se fait une montagne de ma "santé" : ce fléau m’a rattrapé par derrière [11] et ce serait à mourir de rire si on n’avait le temps [12] de me sauver d’ici. » Et il porta son regard en direction de la rive où tous étaient restés : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise ! Normal : elle était noire [13, note 18]…

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Une cockerinade par jour
Un homme consulte un médecin, car il a mal au côté gauche de la poitrine. Le praticien lui fait une radio et conclut :
- Vous avez l’œsophage décalé. Une petite intervention de rien du tout est nécessaire pour le remettre en place.
Un mois après l’opération, le patient fait sa visite de contrôle et se plaint :
- Docteur, je vais bien, mais j’ai tout le temps très chaud maintenant !
- C’est normal : maintenant, vous avez l’œsophage central…

23:44 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : foi, évangile, christianisme, philosophie, politique, littérature, société |
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Commentaires
Ecrit par : simone | mercredi, 01 juillet 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Michel | mercredi, 01 juillet 2009
"Tous", tu parles des tiens ?
Ecrit par : alberto | mercredi, 01 juillet 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Michel | mercredi, 01 juillet 2009
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