mercredi, 01 juillet 2009

Décochons sur des cochons…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,28-34. (*)
Comme Jésus arrivait sur l'autre rive du lac, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent du cimetière à sa rencontre ; ils étaient si méchants que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu'ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous faire souffrir avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez-y. » Ils sortirent et ils s'en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s'en allèrent en ville annoncer tout cela, avec l'affaire des possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu'ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur région.

Dans le contexte de l’époque, le pays des Gadaréniens est aussi sur l’autre rive du lac par opposition à celle des brebis d’Israël [1, note 1] : incursion dans un monde de païens [2] ayant moins de réticences culturelles à chercher aussi bien sa nourriture dans le porcin [3] que dans l’ovin. Et voilà que dans ce pays, les seuls à témoigner du Fils de Dieu étaient si méchants que personne ne pouvait passer par leur chemin : le fait est qu’avant le moment fixé, sortir d’un cimetière –ou y entrer !- n’est guère engageant. Si l’on cherche sa nourriture, c’est pour vivre et non pour mourir.
Mais ce sont néanmoins les porcs qui moururent dans les flots, non les deux possédés… précisément parce qu’ils ne l’étaient plus. Quelle affaire des possédés les gardiens ont-ils été annoncer en ville ? Prendre la fuite signe pour le moins un accès de peur [4], terreau idéal pour semer une panique plus fertile que l’amour [5, AV note 28]. De fait, ce ne sont pas quelques-uns qui reviennent sur les lieux, mais toute la ville qui sort à la rencontre de Jésus. Personne ne pouvait passer par ce chemin ? Les gens ne voient même plus qu’ils y passent ! Et lorsqu’ils virent Jésus, ils durent voir aussi les deux ex-possédés : voir qu’ils n’étaient plus si méchants, ne faisant plus souffrir ceux qui se risquaient à les approcher. Mais sans doute voyaient-ils davantage ce qui ne se voyait plus : un grand troupeau de porcs ! Hermétiques au regard purifié des deux ex-possédés qu’ils voient à peine, ils sont encore sous le choc du récit émanant d’autres regards [6] : ceux des gardiens, plus terre à terre. Ce Jésus ne représenterait-il pas une grave menace pour une nourriture qu’ils se voient contraints de chercher ailleurs ? Au pays des Gadaréniens, on cherche sa nourriture : celle qui se perd. [7] Et voilà précisément tout un troupeau qui s’est perdu dans les flots. Lorsqu’ils virent le responsable de cette perte, sortant à sa rencontre, c’est de la ville qu’ils sortirent : du monde des vivants. Pourtant ils supplièrent le Chemin, la Vérité et la Vie [8] de partir de leur région. In fine, des deux possédés ou de toute la ville, lesquels sont réellement sortis du cimetière ?

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Dans le contexte de notre époque, bien que n’étant porté sur aucune carte, le pays des Gadaréniens est devenu si étendu que personne ne peut passer son chemin sans risquer de rencontrer quelque possédé qui le fasse souffrir avant le moment fixé. Dans ce pays, le vocabulaire a subi quelques variations avec le temps. Ainsi les méchants si méchants que personne ne peut passer par leur chemin n’existent plus ! On leur a substitué des "malades" [9, AV note 13]. "On" : ce sont les "bien-portants"… c’est-à-dire les possédés new look. Mais lorsqu’on leur dit, ils se mettent à crier et vous supplient de partir de leur région, ayant eu moins de scrupules à investir la vôtre. Au besoin, et sans qu’on aie le moins du monde à les supplier, s’ils nous expulsent [10], ils nous envoient dans le troupeau de porcs. Sortir, c’est s'en aller dans les porcs. Le porc renvoie ici au mythe de l’animal impur puisqu’il fait référence au "trouble". En troupeau, on le trouve donc non plus en haut d’une falaise mais au sein de porcheries également new look [11, APR note 10][12]. Du reste, il est heureux qu’il ne soit plus en haut d’une falaise, tant il serait à craindre qu’avec la nourriture "médicale" dont on le gave, tout le troupeau se précipite dans la mer ! Les grillages, les serrures et les gardiens sont là afin de dissuader le porc new look de prendre la fuite et de s'en aller en ville annoncer tout cela : cette brave bête n’est au fond qu’un "malade" rencontré par des "bien-portants" désireux de le voir retourner au cimetière. L’essentiel est pour eux de ne pas l’y accompagner, personne de "bien-portant" ne pouvant passer par ce chemin. Et puis un jour, le porc sort –aussi frais que le hareng du même nom- et il s’en va du troupeau ; et voilà que, du haut de sa falaise de certitudes "sanitaires", tout le troupeau de "bien-portants" ne se précipite guère vers l’amer [13] : ce ne sont pas les flots de larmes de regrets qui les feront mourir… Il est vrai qu’entre temps, ils s’en sont allés en ville annoncer tout cela, avec le vocabulaire des Gadaréniens new look. Ainsi, on ne saurait affirmer que toute la ville sorte à la rencontre de l’ex-porc, tant il semble importer aux gens d’éviter de le voir autant que faire se peut. Sur ce point, le pays des Gadaréniens n’a pas beaucoup varié : quelqu’un qui sort du cimetière reste suspect d’être possédé. À moins –plus prosaïquement- que l’on aie peur de quelque cochonnerie, nosocomie aidant ?…

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Une cockerinade par jour

Un homme se rend au bureau de poste avec 200 cartes de Saint-Valentin. Il met un timbre en forme de cœur sur chacune des enveloppes et applique un peu de parfum sur chacune d’elles. Sur chaque carte, il y a un énorme cœur, sur lequel est indiqué : “Devine qui je suis”
La postière, intriguée, lui demande :
- Ah monsieur, vous êtes un vrai Don Juan !
- Non madame, je suis un avocat spécialisé dans les divorces, et je me cherche de nouveaux clients…

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