jeudi, 02 juillet 2009
« Couche-toi, prends ma chimère, et sors de chez moi. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,1-8. (*)(*)(*)
Jésus monta en barque, traversa le lac et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voilà qu'on lui apportait un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Or, quelques scribes se disaient : « Cet homme blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il dit au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi. » L'homme se leva et rentra chez lui. En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Toute une ville peut bien sortir à la rencontre de Jésus : selon la rive [1] du lac, les gens le supplient de partir [2]… ou de les guérir. Question de foi, mais également de paralysie. Celle-ci est plus spectaculaire quand elle oblige à rester couché sur une civière, mais elle oblige également à faire voir sa foi au-delà des pensées qui la nourrissent, bonnes ou mauvaises. Quelle est la foi la plus facile ? N’est-ce pas celle qui se pardonne ses propres péchés ? Rien de plus facile en effet : il suffit de les projeter [3, APR note 16] sur autrui, lui apportant la paralysie en le sommant de se coucher et de marcher… dans la combine. Et si cet homme y résiste, il blasphème [4] : ce qui sera retranscrit dans le langage des Gadaréniens new look [2, APR note 8] par un scandaleux manque de confiance dans le Docteur qui, connaissant les pensées, a vu le peu de foi du "paralysé" en sa paralysie. Impardonnable est celui qui n’a pas comme ouvrage de chevet : « Confiance, mon fils, tes maux sont curables et ton curé peut aller pêcher. » [5, notes 9] Eh bien ! pour qu’il sache que le Docteur a le pouvoir, sur la terre, de curer les maux... alors, il fait dire au "paralysé" par scribe huissier interposé [6, note 3] : « Lève-toi, prends tes cliques et tes claques, et fiche le camp de chez toi. » L'homme se leva et rentra chez lui… c’est-à-dire, chez le Docteur. [2, notes 11,12] En voyant cela, une foule de "bien-portants" fut saisie de soulagement, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir de coercition aux hommes. Pourquoi avait-elle en elle-même des pensées mauvaises ? Parce que ses péchés étaient pardonnés : ce qui est le plus facile à dire, tant que ce n’est pas dit par un représentant du Fils de l’homme, mais par le Docteur. Et voilà que le Docteur ne l’a pas dit, faute de trouver la paralysie ! En voyant cela, la même foule fut saisie de crainte, car le "paralysé" lui rendait honte d’avoir donné un tel pouvoir aux hommes. Et chacun rentra chez soi, se gardant bien de prendre sa civière…

Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi et marche' ? C’est que dire : 'Tes péchés sont pardonnés' est insultant pour le "bien-portant", et nuit grandement à son confort psychologique. Il n’a pas à se faire pardonner ses péchés, ne péchant peu ou pas du tout. En revanche, suivons son regard : le "paralysé" !… Celui-là, il ne va pas être facile de lui dire 'Lève-toi et marche', tant il croule sous son péché. On lui pardonnera bien volontiers, à condition toutefois qu’il consente à se "soigner" : sinon comment espérer qu’il puisse se lever et marcher ? Faute de quoi, la cause est entendue : « Cet homme blasphème » ! La formule étant quelque peu désuète, et "médicalement" peu porteuse, on donnera au Docteur le pouvoir d’en employer une autre, assez impressionnante pour saisir de crainte une foule de "bien-portants". Eh bien ! pour que l’on sache que le Docteur n’a pas le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés... » alors, il aurait pu dire au "paralysé" : « Lève-toi, reprends la civière des autres, et rentre chez toi. » Ce qui, naturellement, aurait grandement nuit au confort psychologique de ces autres, politiquement majoritaires sur un "paralysé" si mineur [7, APR note 19] qu’il en est comme aussi inanimé qu’un objet [8, note 2]. Dès lors, on peut décider pour lui de son existence sans qu’il y ait de péché : va-t-on demander au vase offert par grand-mère la permission de le passer de la cheminée à la commode ? Il arrive aussi qu’on le casse : un accident est si vite arrivé…
Beaucoup plus porteur, le thème de "l’accident" : personne ne se casse une jambe [9, note 6] volontairement, par
exemple. Ainsi, rien de plus facile que d’envoyer officiellement "réparer" un "vase cassé" là où il le faut, personne ne se disant : « C’est un blasphème »… et personne n’ayant davantage vu les morceaux épars du "vase". Et voilà qu'on apporte une foule de paralysés du cœur, couchés sur des chimères. Leur leitmotiv de scribes ? Il n’y a pas de honte à se faire réparer quand on est cassé : projection facile de la honte de cautionner la "réparation" de ce qui n’est pas cassé, le livrant ainsi plus ou moins consciemment à la casse… soit un nouvel "accident" [10]. Dire : 'Tes péchés sont pardonnés' n’est pas le plus facile. Mais c’est de loin le plus simple. Sauf pour le "bien-portant" qui aime à (se) rendre malade afin de préserver sa "bien-portance". S’il devient trop paralysé, il trouvera bien sur son chemin un psychologue "chrétien" qui, voyant sa foi en lui, lui dira : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés… puisque ce n’en sont pas »[11]. Toute la question est de savoir si c’est bien Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes…

____________________________
Une cockerinade par jour
Un psychanalyste dit avec autorité à son client :
- Qu’est-ce que ça veut dire, ça ? Vous n’avez aucune raison de penser que tout le monde vous prend pour un chien ! Allez, couché !

23:55 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : foi, évangile, christianisme, philosophie, politique, littérature, société |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook






















Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://micheldetiarelov.hautetfort.com/trackback/2269623
Commentaires
Ecrit par : simone | vendredi, 03 juillet 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Michel | vendredi, 03 juillet 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : simone | vendredi, 03 juillet 2009
Répondre à ce commentaireEcrire un commentaire