samedi, 04 juillet 2009
Les poutres éclatent, le devin se répand, et les autres sont perdus.
(*) Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,14-17. (*)(*)(*)(*)
Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. Et personne ne coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
Le samedi est souvent un jour de rassemblement des invités de la noce. Il reste fascinant de voir certains de ces invités ne surtout pas jeûner de cette noce pendant le temps où l’époux n’est plus avec eux. Non que ce dernier aie trépassé ou qu’un empêchement l’ait dissuadé de rejoindre la noce, mais le temps est venu où l’époux a été enlevé [1], et alors il est bien le seul à jeûner ! Mieux encore : il fait pénitence tout en n’étant même plus invité de la noce. Pourquoi se priver ? Depuis les étonnants progrès apportés par la psychologie "chrétienne" [2, note 11], tout le monde coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement. C’est une telle pièce à conviction que chacun est convaincu du nom du "coupable". Car ce n’est plus le morceau ajouté qui tire sur le vêtement et le déchire davantage, mais le morceau retiré : à savoir, l’époux qui n’est pas avec les invités de la noce. En son absence, on a ainsi quartier libre pour mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, s’éclater, se répandre à son sujet par derrière [3][4] ou l’oublier par devant, et il est perdu… surtout s’il se montre outré ! Le tout est que le "bien-portant" se conserve dans sa "bien-portance".

En jeûnant, les disciples de Jean Baptiste s’assimilent aux pharisiens, propres sur eux mais encore soumis à l’ancienne Alliance : d’où l’analogie [5, note 2] avec vieux vêtement et vieilles outres. Pour les invités de la noce, l’heure est au vin nouveau de la nouvelle Alliance, dans des outres neuves. Elles ne rendent pas caduques les vieilles : elles ont simplement l’avantage d’être différentes parce que neuves, donc de pouvoir accueillir du vin nouveau. Cette nouvelle Alliance s’est inaugurée pendant le temps où l'Époux est avec eux, mais depuis qu’est venu le temps où l'Époux leur a été enlevé, pourquoi en jeûneraient-ils ? C’est bien l'Époux qui a été enlevé, non l’Alliance. Si l’on met du vin nouveau dans de vieilles outres, elles éclatent, le vin se répand. Seraient-elles moins perdues si on y mettait du vinaigre ? [6] Ce dernier a sans doute des vertus conservatrices… mais les invités de la noce à qui on le servirait le prendraient vraisemblablement pour une pénitence, leur déchirant davantage l’estomac : aussi s’abstiennent-ils d’y goûter. Mais le temps est venu d’écouler un stock de vinaigre qui va être perdu s’il n’est pas servi. On le met dans des outres neuves, on l’étiquette "vin nouveau", on demande aux invités de la noce d’en jeûner et de le servir exclusivement, par exemple, à un époux qui n’est plus avec eux. Si cet autre éclate, que le vinaigre se répand, il est perdu : il "prouve" qu’il ne sait pas ce qui est "bon" pour lui. Ce malotru n’est pas près d’être invité à la noce ! Au besoin, on lui recommandera chaudement la lecture de « Comment faire avaler son vinaigre vin nouveau à l’époux » [7, note 28] : chacun étant convaincu du nom du "coupable", il reste à en convaincre le "coupable" lui-même ! Si on tire sur son vêtement et le déchire davantage, il devrait le considérer comme perdu. Sans compter que c’est là un bien piètre vêtement de noce [8]. Qu’aurait fait Cendrillon sans sa marraine si elle avait conservé ses haillons ? N’est-ce pas merveilleux ? La marraine existe ! Mais hélas… seuls les "bien-portants" la rencontrent. Abracadabra [9, note 7] : d’un coup de baguette magique de la fée psychologie "chrétienne", les sœurs acariâtres de Cendrillon sont parées pour la noce. Tout se conserve… sauf les morceaux ajoutés sur les contes d’autrefois qui tirent sur l’histoire originale et la déchirent davantage : là, tout fiche le camp…

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Une cockerinade par jour
C’est une petite crevette qui est sur le bord de l’eau et qui pleure. Passant par là, un escargot lui demande :
- Mais pourquoi pleures-tu ?
- Ma mère est partie à un cocktail et n’est toujours pas revenue…

23:54 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : foi, évangile, christianisme, philosophie, politique, littérature, société |
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