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mardi, 07 juillet 2009

Des psys et des bêtes

Vraisemblablement rédigé dans les années quatre-vingt dix, l’article ci-dessous pose la question de sa pertinence en 2009. Afin d’en relativiser la portée, on peut tout à loisir se réfugier derrière les années écoulées, voire un contexte explicitement dirigé sur un public américain. In fine, on peut invoquer depuis lors une telle évolution des mentalités occidentales qu’elle en rende « exagéré » jusqu’au titre, tant « vous suit partout pour le reste de votre vie » comporte une connotation un brin « apocalyptique ». Mais QUI cède à de telles inclinations ? Celui qui se pose cette question de la pertinence DE L’INTÉRIEUR, ayant personnellement expérimenté certaines situations décrites dans l’article, ou ceux –plus nombreux- qui, non contents de ne pas les avoir personnellement expérimentées, ont moins de scrupules à en laisser d’autres expérimenter pour eux ? Quant à ceux qui, de par leurs manipulations, sont aux avant-postes pour en contraindre d’autres à ce type d’expérience, il va sans dire qu’ils sont disqualifiés d’avance : ils sont de ceux qui ne savent pas ce qu’ils font.
Ce qui n’est pas le cas de l’auteur de ces lignes : l’article ci-dessous ayant été porté à sa connaissance depuis fort longtemps, il savait à quoi il s’exposait –plus exactement : à quoi on l’exposait- avant d’y être exposé.

« Un problème auquel vous devriez réfléchir avant de consulter un professionnel de la santé mentale, ou bien d’encourager quelqu’un à le faire, est le stigmate d’avoir reçu une soi-disant thérapie. »… (lire la suite)

La messe est dite : en 2009, voilà un problème qui reste très largement éludé. Faite passer certains établissements pour des « maisons de repos » est un leurre qui ne trompe personne : une véritable maison de repos est quasiment sans incidence à la sortie. Idem pour un établissement de soins, où l’on se réjouit de la sortie d’un patient : n’entre pas en ligne de compte un établissement de « soins » où l’on se réjouit de l’entrée d’un patient qui n’aura RIEN à soigner. Est-ce pour autant qu’il en ressort indemne de toutes ces contrariétés décrites par Lawrence Stevens ? Un dossier médical est un dossier médical : vide ou non, sa seule existence va déjà laisser planer un doute. Sans compter… qu’il faut compter : même sans soins, un séjour artificiellement prolongé laisse au minimum des traces comptables. [1, AV note 7] Quant au stigmate d’avoir reçu une soi-disant thérapie, cette fable a été suffisamment entretenue à l’extérieur pour qu’il existe sans qu’il atteigne le moins du monde ceux qui l’ont diffusée [2, APR note 13]. Y compris alors que la thérapie n’a pas même été soi-disante, les thérapeutes en place ayant eu la sagesse d’y renoncer ! Vide ou non, un dossier médical reste un dossier médical. Ajoutons qu’à moins de vivre sur une île déserte, une absence physique du monde environnant se remarque tôt ou tard. C’est dire que s’il y a eu évolution des mentalités occidentales, il est à craindre que celle-ci ne se soit pas opérée dans le meilleur sens…

Les premiers à en pâtir sont bien sûr les patients eux-mêmes. Il existe à cet égard une illusion qui porte beau. On se rassure par les chiffres : les patients sous contrainte sont une minorité. Autrement dit, les patients « libres » forment une majorité. Ce que les chiffres ne disent pas, c’est que cette catégorie de patients englobe une partie non négligeable de recommençants : c’est-à-dire, de personnes qui ne vivent pas un accident ponctuel de « mal-être » mais reviennent –pour la énième fois- dans l’établissement, faute de pouvoir vivre à l’extérieur, dans le monde réel. La « dépression » forme naturellement le gros de ces troupes, l’établissement se faisant une spécialité de la « soigner ». Dans un premier temps, on songe spontanément à un cycle pharmaco-dépendant induit à l’occasion d’un premier séjour. Le fait est que sans résistance, le système aidant il n’est pas difficile de se faire « soigner » d’une « dépression » sans être dépressif : il n’en faut pas davantage pour déclencher un risque patent de iatrogenèse. Dans un second temps, on songe également… à cet article de Lawrence Stevens. Qu’une première dépression soit réelle ou non, la « maison de repos » au sein de laquelle on la traite reste un leurre : l’image délétère de l’établissement demeure sur le dépressif, guéri ou non. Cette image n’est probablement pas innocente dans la rechute. Quand un patient non soigné reste enfermé plusieurs semaines dans le même établissement, il conserve l’esprit assez clair pour observer moult entrées et sorties : notamment comme un ballet incessant de ces « dépressifs » qui partent… et reviennent d’eux-mêmes après avoir péniblement supporté quelques jours à peine de « liberté ». Le fait est qu’ils sont plus à leur aise ici que dans le monde extérieur : ils trouvent une compréhension –voire, une certaine fraternité- qui, dehors, a disparu. Ne serait-ce pas le syndrome du stigmate, dont ils se protègent en revenant sur les lieux qui l’ont déclenché, seul endroit où on ne le ressent plus ? Un comble… et une honte pour le monde extérieur, restant confortablement installé dans une ignorance crasse des « solutions » qu’il préconise pour d’autres. Un tel degré d’évolution n’est plus de l’ordre de l’erreur humaine, mais représente une forme subtile de criminalité à grande échelle.

Commentaires

Combien de fois ai-je entendu dire me concernant : " oh ! toi, ... souffrir de dépression, ce n'est pas ton genre ! " Ah ! oui ? Par fierté ou orgueil je n'en sais rien, certains dissimulent mieux que d'autres leurs problèmes. Certes, je ne m'y suis jamais vautrée mais j'étais également persuadée que le remède est pire que le mal. En règle générale, notre médecine européenne s'attaque aux effets et jamais à la cause. Enlevez la cause du mal-être et ce dernier disparaît. Mais c'est plus simple en théorie qu'en pratique, effectivement. Seul le temps guérit de tous les maux. Il faut juste l'aider un petit peu. En clair : vouloir s'en sortir !

Écrit par : simone | mercredi, 08 juillet 2009

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