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mercredi, 08 juillet 2009

Sur cette route, proclamons que le royaume d’essieux est tout cassé.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7. (*)(*)(*)(*)(*)
Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

______On ne rappellera jamais assez le caractère hétéroclite [1, APR note 4] –voire explosif- de cette communauté des douze Apôtres appelés par Jésus, véritable concentré de différences [2] qui, aussi paroxystiques qu’elles soient, ne gomment en rien ce pouvoir qui leur est donné, à la ressemblance du Maître : celui d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Même Judas Iscariote, celui-là qui le livra, n’en était alors pas moins pourvu que les autres. Sans doute les esprits mauvais ont-ils également quelque pouvoir : notamment celui de tourner assez la tête [3, note 9] au disciple afin de lui faire oublier son propre pouvoir. Afin de compenser cet oubli, la brebis de la maison d’Israël croit gagner au change en se laissant pousser une seconde tête [4] : elle ne contribue qu’à se perdre davantage sur une route devenant cahotique [5, note 3], proclamant que le Royaume des cieux est tout proche… d’une gentille lubie fort éloignée d’un réel [6] où il faut gérer toute maladie et toute infirmité.
______« N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. » Ces instructions semblent contredire cette extrême diversité des douze Apôtres venant eux-mêmes d’horizons sociaux si variés que certains sont clairement antagonistes à la seule échelle humaine : ce qui démontre mieux que ce pouvoir leur est donné, et non acquis par leurs propres forces, celles-ci pouvant être compromises à tout moment. Ce pouvoir n’est toujours pas magique [7, AV note 2] ; il demande à être exercé dans un premier temps chez les siens, plus directement accessibles : les brebis perdues de la maison d'Israël. Cette maison n’est d’ailleurs pas si étanche : n’est-elle pas au carrefour des païens [8] ? N’est-elle pas par ailleurs celle de ces douze Apôtres aux différences parfois plus marquées que leurs ressemblances ? Que les brebis perdues se rassemblent plutôt : elles n’en seront ensuite que plus crédibles aux yeux des païens et autres Samaritains . Ce n’est du reste pas toujours chez ces derniers qu’il faille expulser des esprits mauvais [9][10]

______Jésus précisera juste ensuite : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » [11] Cette gratuité est aussi un signe intéressant, pour vérifier à l’usage que ce pouvoir –donné aux disciples- d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité ne se dévoie pas en se retournant contre lui-même. Ce qui arrive lorsqu’il perd de sa gratuité. N’entre évidemment pas en ligne de compte le médecin guérissant quelque maladie et quelque infirmité, moins par un pouvoir donné qu’acquis par le bagage de connaissances y étant liées… bien que l’on sache qu’« en médecine comme ailleurs, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre. » [12, APR note 25] Ce qui ne relève guère d’un disciple ayant le pouvoir d’expulser les esprits mauvais, sachant par ailleurs qu’on peut bien entendu être médecin sans se prévaloir d’être disciple
______Or, c’est bien sur le disciple que se dévoie le pouvoir d'expulser les esprits mauvais : ce retournement se distingue en ce qu’il se transforme insidieusement en pouvoir d'impulser les esprits mauvais… et de générer nombre de maladies et d’infirmités à une époque qui n’a pourtant jamais été aussi bien outillée pour les combattre, de par un niveau de connaissances scientifiques devenu vertigineux. Cet outillage est d’ailleurs de moins en moins gratuit (!), tant il fait appel à des techniques de pointe particulièrement onéreuses. Mais ceci ne concerne encore que le domaine des maladies et des infirmités, les esprits mauvais étant hors d’atteinte des laboratoires de recherche. Encore qu’une partie non négligeable de ces derniers s’y consacre néanmoins [13][14], l’appellation d’esprits mauvais étant expulsée au profit (dans tous les sens du terme…) d’esprits "malades" : au moins cela permet-il à ceux-là de se faire insulter [15] gratuitement !…
______Le dévoiement du pouvoir d'expulser les esprits mauvais n’a cependant pas l’apanage de se confiner à la seule médecine, vraie ou fausse. La manque de gratuité se fait cinglant quand on s’accorde le pouvoir d'expulser un esprit que l’on a réputé mauvais au préalable. Qu’Anne-Lise [16], Nana [17], Isabelle [18] ou Philou II [19, note 3] soient disciples ou non, peu importe. Que ce soit leur commanditaire -se revendiquant disciple- qui les ait envoyés en mission avec l’instruction d'expulser un esprit "mauvais" –et de le précipiter dans la foulée en un lieu d’étranges "guérisons" ! [20]-, voilà qui, en dépit de leurs différences, ne ressemble de près ou de loin ni à Simon, appelé Pierre, ni à André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, ou Jean son frère ; Philippe ou Barthélemy ; Thomas ou Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, ou Thaddée ; Simon le Zélote… Vraiment, même à l’échelle humaine, un tel envoi en mission ne ressemble à aucun de ces onze Apôtres. D’autant qu’il s’est nécessairement accompagné de la contribution financière ad hoc, versé à la livraison à tous les protagonistes cités plus haut. Il n’est pas certain que sur cette route, on aie beaucoup proclamé que le Royaume des cieux était tout proche ! Quant au pouvoir de guérir toute maladie et toute infirmité, bitumer en surface la route de grands seaux de psychologie "chrétienne" [21] n’en expulse ni les nids-de-poule ni les gigantesques crevasses. Les brebis perdues de la maison d'Israël, ce sera pour plus tard : allons plutôt chez les païens [22, APR note 20], si "professionnels" [23] pour expulser et vous guérir… de tout scrupule. Au cœur de l’année paulinienne, il fallait oser…
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Une cockerinade par jour

Un esprit mauvais succube marche dans la rue avec un porcelet vivant sous le bras. Elle croise une personne qui lui demande :
- Où avez-vous eu ça ?
Le porcelet répond :
- Je l’ai gagnée à la kermesse psychologique.
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Commentaires

Bravo pour le titre ! Tu ferais bien le rédacteur en chef d'un canard !

Écrit par : alberto | jeudi, 09 juillet 2009

QUESTION : Le royaume des chieurs est-il casher ?

Écrit par : Agnostica | jeudi, 09 juillet 2009

Tss tss : vous faites dans le "bon mot", à présent ? À cet égard, je crains que vous n'ayez de mauvaises fréquentations. Mais n'éludons pas la question, en y répondant par une autre. Euh... QUI est le roi de votre royaume, là ? On respire en songeant qu'il n'est pas sur internet, étant donné que c'est là un espace virtuel, donc sans papier. Vous imaginez un tel royaume sans papier, vous ? Je ne vous casherai pas que ce serait invivable...

Écrit par : Michel | jeudi, 09 juillet 2009

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