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jeudi, 23 juillet 2009

Le toutou est là dehors, qui cherche le nonos.

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Eustache Le Sueur et son atelier : La nuit de noces de Sara et Tobie
XVIIe siècle (collection particulière)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,31-35. (*)(*)(*)(*)
Comme Jésus était dans une maison, sa mère et ses frères arrivent. Restant au-dehors, ils le font demander. Beaucoup de gens étaient assis autour de lui ; et on lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

______À en rester au-dehors, on pourrait se demander si le calendrier liturgique –un rien malicieux- ne chercherait pas à décourager la volonté de commenter l’Évangile au jour le jour. À quarante-huit d’heures d’intervalle, la vision que Marc nous offre de la mère et des frères de Jésus ne diffère pas beaucoup de celle de Matthieu [1] (c’est pourquoi le titre de cette note porte également comme une marque de parenté). Aussi beaucoup de gens pourront s’asseoir autour de l’un ou de l’autre sans que cela ne bouleverse beaucoup leur existence. Chez l’un comme chez l’autre, celle-ci reste émaillée de l’éternelle remise en question [2, note 1] : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Que cet épisode revienne si rapidement laisse entendre que cette question n’est pas épuisée : elle ne prendra donc pas de vacances.
______Des vacances, mère et frères en prennent, eux : nous sommes d’ailleurs dans la période de l’année où le cercle des frères s’élargit ; ces frères s’entendant au sens oriental [3, APR note 3], celui des cousins éloignés que l’on retrouve à l’occasion dans une même maison de villégiature estivale, familiale ou non. Ce qui élargit sans doute la question, mais ne l’épuise toujours pas : se rencontrer et se distraire ensemble peut faire la volonté de Dieu comme ne pas la faire. Parcourir du regard ceux qui prétendent à être assis en cercle autour de Jésus ne suffira pas non plus à l’épuiser : les secondes têtes [4] aiment à jouer à cache-cache [5] sans avoir l’air d’y toucher. Il est vrai que pour élargir le regard, deux têtes sont parfois préférables à une seule, pourvu qu’elles ne monopolisent pas un seul corps. Telle est notamment la tête de deux époux :

Livre de Tobie 8,5-10.
Le soir de son mariage, Tobie dit à Sara : « Nous sommes les descendants d'un peuple de saints, et nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu. »
Ils se levèrent tous les deux et se mirent à prier ensemble avec ferveur. Ils demandaient à Dieu sa protection.  Tobie disait : « Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s'y trouvent. C'est toi qui as fait Adam avec la glaise du sol, et qui lui as donné Ève pour l'aider. Et maintenant, Seigneur, tu le sais : si j'épouse cette fille d'Israël, ce n'est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles. »
Sara dit à son tour : « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous ; puissions-nous vivre heureux jusqu'à notre vieillesse tous les deux ensemble. »

______Naturellement, transposé à notre époque perclue d’abominables "souffrances" surgies de nulle part sinon d’un monde de plus en plus "dur" [6, note 2], Sara aurait pris soin de compléter sa prière en la modernisant selon les canons de la "prudence" [7] qui s’impose. « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous ; puissions-nous vivre heureux jusqu'à notre vieillesse tous les deux ensemble. Et maintenant, Seigneur, tu le sais : à présent, tu prends pitié de nous si jamais Tobie tombe "malade" par inadvertance. Dans ce cas, il pourra retourner à la glaise du sol, et on lui donnera un docteur pour "l’aider". De mon côté, c’est pour satisfaire mes passions que ma famille -ma mère et mes frères- désirera bénir mon nom dans la suite des siècles. Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s'y trouvent, de m’apporter une telle consolation. Et tant pis si nous ne pouvons pas vivre heureux jusqu'à notre vieillesse tous les deux ensemble : c’est là un cas de force majeure. »
chatprison3zr.gif______Voilà qui précise certains contours de la question posée : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Celui qui fait la volonté de cet étrange "Dieu" revu et corrigé à la mode pathomaniaque [8] comme des païens qui ne connaissent pas Dieu ? Autre question : qu’arrive-t-il lorsqu’un des époux va chercher sa mère et ses frères qui sont là dehors, qui vont chercher à leur tour l’autre époux qui, lui, ne demande rien ; tout ceci parce que les époux ne répondent pas de la même façon à la première question ? Il arrive ce qui arrive à un superbe gazon anglais protégé par AttilatheHun.jpgun panonceau « défense de marcher sur la pelouse » : on y voit des traces de pas partout, appartenant à des mères, des frères et des sœurs, ne laissant plus sauf le moindre brin d’herbe. Qu’ils fassent la volonté d’un ou plusieurs d’entre eux, versé(s) dans la psychologie "chrétienne" [9], et Attila [10, notes 6,7] passe pour un simple voyou désœuvré de banlieue ! Sous ce parrainage, celui qui fait la volonté de Dieu, c’est celui qui a versé le plus de désherbant. « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous : celui-là est un "violent" [11, AV note 16][12, note 21]» en est la marque la plus redoutable. De fait, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère, celui qui –activement ou passivement- a cautionné le jeu de massacre [13] descendant un mariage à boulets rouges, renforçant d’une certaine façon l’esprit de famille dans sa complicité au désastre. Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de leurs ruines fumantes, l'époux se dit : « Voici donc ma mère et mes frères ? Restons au-dehors… »

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Une cockerinade par jour

C'est un gars qui rentre dans un bistrot. Il est tout égratigné dans la figure, sur les bras, les jambes, bref pas mal amoché. Alors ses copains lui demandent ce qui lui est arrivé. Le gars répond :
- Je viens d'enterrer ma belle-mère !
Les autres de lui répondre :
- Quel est le rapport avec tes égratignures ?
Le gars répond :
- Mais c'est qu'elle ne voulait pas !

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Commentaires

L'histoire de la belle-mère ... vous ne l'avez pas déjà racontée ? Ou une autre qui lui ressemblait bigrement en tout cas. Le coup du chat et de la souris, très, très drôle ! Qui est ce personnage barbu à droite ? Permettez que je ne commente pas les évangiles, ce n'est pas mon rayon.

Écrit par : Agnostica | vendredi, 24 juillet 2009

Enfer et damnation ! (si vous me passez l'expression...) Vous m'avez saisi d'un horrible doute, d'autant que vous avez raison : je suis coupable d'une réédition involontaire.
http://micheldetiarelov.hautetfort.com/archive/2009/01/13/un-homme-tourmenteur-d-esprits-mauvais.html#more
En tout cas, bravo : sur les centaines de visiteurs qui passent par ici, il y en a une seule qui suit ! (En plus, elle n'a pas de belle-mère : son mérite n'en est que plus grand...)

Vous allez rire : "le coup du chat et de la souris", je ne l'ai pas fait exprès non plus. Mais votre commentaire aiguisant naturellement ma curiosité, j'en ai conséquemment examiné la drôlerie de plus près, et... bon sang mais c'est bien sûr, et comment ce détail irrésistible a-t-il pu échapper de la sorte à son auteur ? La mise en page suggère de toute évidence une interprétation à laquelle je n'avais pas seulement songée. De fait, il fallait comprendre que la souris fuyait, suite au "Restons au-dehors..." La présence plus haut du chat "de force majeure" peut certes incliner à voir la chose sous un autre angle : why not ?

Enfin, le "personnage barbu" n'est en aucun cas l'un de mes aïeux, si cela peut vous rassurer. Il ne s'agit pas moins que d'Attila himself... (Pas facile à reconnaître, j'en conviens, étant donné que l'herbe lui pousse sur le casque : mais c'est juste un camouflage guerrier destiné à tromper l'ennemi.)

Au fait, pour ce qui n'est pas votre rayon, vous pouvez encore commenter les commentaires afin de les rendre plus vivants. En effet -et suite à cette histoire répétitive de belle-mère-, on risquerait sinon de se laisser emporter dans de morbides com' en terre...

Écrit par : Michel | vendredi, 24 juillet 2009

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