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mardi, 11 août 2009

À la recherche d’un voyageur égaré…

Les nouvelles aventures de Bernhard von Gudden [1, note 26 ]

BVGRG.jpg

Résumé de l’épisode précédent [2] :

Bernhard von Gudden a-t-il passé l’hiver ? se demandent les lecteurs, inquiets pour sa santé. Sans nouvelles de lui depuis huit mois, ils se demandent en effet si la sortie glaciale de saint-Supplice ne lui a pas été fatale. Qu’ils se rassurent : il n’en est rien ! Mais plus nombreux encore sont les lecteurs qui se demandent… QUI est Bernhard von Gudden ? Rappelons les faits : en quête d’un pays lointain pour se faire nommer roi de la "santé", notre homme voyage à bord d’une fabuleuse machine à voyager dans le temps et dans l’espace, qu’il a conçue en fonction de son étonnante capacité à diagnostiquer dans les mêmes conditions. Son voyage inaugural l’ayant propulsé quelque part en Proche Orient et quelques siècles en arrière, il eût quelque maille à partir avec un "collègue" local lui ayant visiblement grillé la politesse à deux reprises. [3][4] Son investiture royale se trouvant compromise, il opte alors pour un grand bond en avant, et en Europe. Préférant éviter la Bavière qui lui a laissé de mauvais souvenirs, nous le retrouvons en 2008 -à présent en 2009 : comme le temps passe…-, brebis égarée parmi cent brebis se régalant du bêlement strident de M.I.A.M… jusque dans leurs bergeries sacrées !

_____Bernhard n’y tient plus : cette machine-individuelle-à-rendre-malade est partout : à l’intérieur comme à l’extérieur. Elle va finir par le rendre malade, lui qui est le seul à n’en pas disposer : un comble ! Cloué au lit, de quoi aurait-il l’air en revendiquant le royaume de la "santé" ? Au milieu de la place saint-"Supplice", il se déclare : « si je ne change pas mon fusil d’épaule pour devenir comme ces étranges sujets, je n’entrerai point dans ce royaume, oui ! Mais celui qui hait sait faire [5] "à l’eau" comme ces gens, c’est celui-là qui est le plus grand dans le royaume ». Encore lui faut-il apprendre ce savoir-faire : son enquête sur les temples de poche sortira ainsi de l’impasse. Brûlant de vérifier son intuition, il avise cette petite dame qui était juste devant lui tout à l’heure ; il s’approche d’elle et lui dit avec un fort accent germanique : « Qui tonc est le plus crand tans le royaume ? » Alors la dame porte la main sur sa M.I.A.M., menace d’appeler la police ! Que penser de ceci ? Qu’il lui faut mettre cent kilomètres entre elle et lui, avant que son royaume ne soit trop confiné par des barreaux.
_____Méprisant ces petites gens qui, pour une seule de ses paroles, deviennent cafeteurs comme des enfants, il ne veut pas qu’un seul d’entre eux ne le perde : il n’a pas entrepris tout ce voyage pour se laisser enfermer à la suite de tels enfantillages. Alors, il se dit : « si je ne me fais pas une plus petite ville, je m’égare. Et celui qui accueillera un dépourvu de M.I.A.M. tel que moi, c’est moi qu’il accueille. » Au moins Bernhard n’a-t-il pas égaré le sens de la lapalissade. S’il parvient à trouver une cité qui l’accueille, il se réjouira pour elle… en constituera la base de lancement depuis laquelle il fera retrouver le chemin de la "santé" à ces mégalopoles tentaculaires dont quatre-vingt-dix-neuf pour cent des habitants voient sans cesse la face de leur M.I.A.M.

_____Bernhard von Gudden mit plus de huit mois à parcourir cent kilomètres. On peut supposer qu’il aura su profiter de cette longue période pour peaufiner sa stratégie de conquête : en réalité, il n’en est rien. En effet, quatre-vingt-dix-neuf ont été effectués en un clin d’œil, à bord de son extraordinaire machine. Ce fut le premier kilomètre qui se révéla le plus éprouvant : c’est-à-dire la distance qui le séparait de l’esplanade des Invalides, là où le commando du N.A.N.A. [6, APR note 26] veillait sur son vaisseau avec une ardeur jalouse. Pour un piéton ordinaire, un tel parcours n’est déjà pas aisé, truffé de redoutables traversées : au péril de sa vie, il faut savoir exploiter comme il convient l’arrêt momentané de ces bruyants véhicules sans chevaux, comme hypnotisés par les étranges lumières placées à chaque intersection [6, APR note 26]. Un œil averti s’aperçoit rapidement que certains sont moins hypnotisés que d’autres, et semblent répondre à des logiques étrangères à celle qui mate cette impatiente meute d’acier. Comment un homme venant du XIXème siècle (en effectuant un crochet par le Ier) aurait-il pu être au fait de toutes ces subtilités circulatoires ? Comment un tel homme, absorbé par ses royales ambitions, pourrait-il seulement y prêter un minimum d’attention ?
_____Pour l’heure, eu égard à son mode de locomotion, il est le plus grand dans le royaume des essieux [7] dont il bénéficie d’une vue imprenable. Précisons à cet instant trépidant du récit que Bernhard von Gudden a toujours une statue qui l’honore au beau milieu du square de la Dangerosité [8], à Pathos-City [9] : reproduisant fidèlement ses mœurs depuis plusieurs générations, la célèbre cité de l’omnisouffrance s’enorgueillit là de l’un de ses plus illustres malbienfaiteurs. En tête de ces mœurs : les pieds [10, note 30]… et pas seulement à l’arrêt. Dès lors, on conçoit mieux qu’à défaut d’avoir usé ses semelles, notre dauphin de la "santé" aie usé du temps –beaucoup de temps- à joindre la place saint-"Supplice" à l’esplanade des Invalides qui, grâce à ce haut fait (quoique au ras du sol), n’aura jamais aussi bien porté son nom.

_____Ayant cette fois fait atterrir ses restes endoloris au chevet, non d’un "malade" mais d’un immense vaisseau de pierre, notre homme s’interroge : se serait-il donné tout ce mal pour revenir à son point de départ ? Mais il soupire d’aise : l’atmosphère environnante est incomparablement plus paisible qu’autour de saint-"Supplice". Et surtout, ce temple lui semble beaucoup plus vaste : aussi vaste qu’une cathédrale. Notre homme y prendrait-il goût ? Il se risque à nouveau à pénétrer dans l’édifice, se mêle à quelques visiteurs : petites fourmis éparses sous ces gigantesques voûtes gothiques. Le silence y est de rigueur. C’est de bon augure : pas une fois n’a-t-il été troublé par l’une de ces horripilantes sirènes de M.I.A.M. ! S’il mangeait de ce pain-là [11], Bernhard dirait volontiers qu’il est aux anges : néanmoins, cet endroit lui paraît plus propice à bâtir son nouveau royaume.
_____Tout à coup une voix se fait entendre, non de la nuée [12] mais loin, très loin devant : légèrement étouffée parce qu’émanant vraisemblablement d’une chapelle se trouvant au-delà du maître-autel. Encore un office !!! Encore cette « sacrée concurrence » ! Et que dit-elle, cette fois ? Le voyageur s’approcha…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,1-5.10.12-14. (*)(*)(*)(*)
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »  Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l'une d'entre elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s'il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu. »

_____Et encore ce fou qui laisse quatre-vingt-dix-neuf brebis seules dans la montagne, afin de partir à la recherche de la centième qui s’est égarée [2, APR note 24] ! Bernhard flageolle : un instant, il se croit pour de bon revenu à son point de départ. Cependant, il se ravise. « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants » ? À Paris, il n’avait pas entendu cela. Ô merveille : ne serait-on pas subrepticement en train de lui dérouler le tapis rouge ? Il n’y a pas de méprise : c’est lui qu’on accueille ! Faire devenir comme les petits enfants, c’est là sa spécialité. Il se frotte les mains : serait-il enfin parvenu à l’issue de sa quête ?…

(À suivre…)

tapis+rouge.jpg*

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Une cockerinade par jour

Deux Corses arrivent sur le continent pour la première fois. Le premier voit un panneau de la DDE : "Danger travaux". Il se retourne vers le second, et lui dit :
- Au moins, ici ils préviennent !

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Commentaires

rien à voir avec le sujet du post, juste pour le fun !
http://www.gif-anime.org/im/gif/art/danse/En_attente_de_validation/une-derniere-danse.gif

Écrit par : chacun son tour ! | mercredi, 12 août 2009

C'est la salsa des chatons ? Je confirme néanmoins que ce commentaire est peu en rapport avec le sujet du post : ce qui est très décevant, venant de vous qui nous avez habitués à commenter au plus près de la note. (Au moins ne pourra-t-on vous soupçonner de la moindre fausse note, nos deux félins dansant dans un silence religieux.)
Vous avez rudement bien fait de préciser que c'était "pour le fun", parce que vous êtes ici dans une maison sérieuse qui ne tolère que du bout des doigts de tels écarts comportementaux. Mais la prochaine fois, je serai implacable... et j'appellerai l'oncle Bernhard. Ce qui nous ramène subtilement au sujet, bien qu'il prétende à la royauté.

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

un psy space ce Gus , pour vous attirer dans ses méandres ..

pour en aider d'autres, je signale que depuis que j'ai arrêté mes antidépresseurs
ce qu'il ne faut jamais faire d'un coup (très progressivement) et que je soigne une petite hypothyroÏdie je vais très bien .
D'après mon médecin généraliste des angoisses sont souvent liées à cette carence ..

Écrit par : Fafaf | mercredi, 12 août 2009

Il va falloir bien vite plonger dans mes archives (!) : cela fait très longtemps que je relaie effectivement cette info d'un sevrage progressif, sous surveillance médicale.
L'hypothyroïdie, on connaît aussi pour raison familiale...

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

Oui, mais ce n'est peut-être pas tout à fait par hasard. En effet, vous vous souvenez d'une petite histoire que je vous avais racontée, il y a déjà très longtemps précisant que jadis, chiens et chats s'exprimaient comme vous et moi. Or pour transmettre un message au roi (précisément) l'un d'eux avait caché le parchemin en un certain endroit dont il n'avait jamais voulu ressortir ... Pour les punir le roi les a privés de parole et depuis ils se trémoussent en espèrant que ce sacré parchemin va bien finir par tomber !
Oups ! j'espère que vous admirez la maestria avec laquelle je retombe sur mes pattes ?

Écrit par : Félina | mercredi, 12 août 2009

R-E-M-A-R-Q-U-A-B-L-E ! Vous avez donc le droit de rejouer !

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

Eh ! FAFAF ... tu as fini de flanquer mon commentaire en l'air en glissant des antidépresseurs ? !!!
Michel est comme moi, il ne prend pas de médicaments - parce qu'on n'a pas besoin de médicaments.
En plus, on n'a pas d'angoisses, pourquoi crois-tu qu'on se marre tant ?
" Parce que rire est le propre de l'homme " (dans le sens général du terme)

Écrit par : une qui vient de faire un bide ! | mercredi, 12 août 2009

Comme c'est amusant : moi aussi je viens de faire un bide... enfin, d'en repeindre un.
" Parce que rire est le propre de l'homme " (dans le sens particulier du terme)
Ceci était un (rare) commentaire ésotérique...

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

Si vous faites ça, vous allez me le payer ! Je ne sais encore comment mais ce sera cher ... hyper-cher, même ! Bougre de ... (censuré)

Écrit par : réponse au commentaire ésotérique | mercredi, 12 août 2009

Allons, allons : vous savez bien que je n'ai pas les moyens. Et puis si vous montrez à tout le monde que vous êtes initiée à mon ésotérisme, les autres vont être jaloux. Je crains que la seule manière d'éviter une telle dérive serait de leur montrer le corps du délit. Or, je sens bien à demi-mot que cette hypothèse ne vous agrée point. Aussi ne puis-je que vous conseiller de lâcher ce rouleau à pâtisserie : vous allez vous faire du mal...

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

moi aussi je me marre bien justement parce que je vais bien maintenant ..
car ça n'a pas toujours été le cas..

je voudrais bien savoir ce que veulent dire les M.I.A.M et les N.A,N.A.

Michel surtout n'enlève pas ce petit chat qui ronronne et qui miaule "adorable"

Simone tes chats danseurs sont rigolos aussi..

Écrit par : Fafaf | mercredi, 12 août 2009

Mais pas question d'enlever ce chat : il est trop heureux sur un site où les souris ne manquent pas !
"je voudrais bien savoir ce que veulent dire les M.I.A.M et les N.A,N.A." Je voudrais bien savoir à quoi ça sert que l'on se décarcasse à placer un peu partout des petites notes surlignées en jaune, liens actifs renvoyant à des notes antérieures fournissant à foison les réponses à cette mystérieuse question. Et encore ! La réponse au premier est en toutes lettres ici-même, à la toute première ligne après le résumé. Celle du second : note 6 (APRès la note 26 sur place...), comme tout le monde !

Écrit par : Michel | mercredi, 12 août 2009

Ducros n'aime pas se décarcasser pour rien. Logique - mais vous avouerez que c'est tout de même un peu le parcours du combattant quand on vient chez vous ! On attend pour se brancher, on attend pour en sortir ... bref, " content ou pas content, on attend ! " et je suis l'impatience même !!! Quant aux minous, ils sont plus adorables chez vous que chez moi. Tant pis, on fait avec et cela m'a permis de me brancher comme d'hab' alors que j'avais prévu l'inverse ... Suggestion d'un thème commun de post à commenter entre amis : " De l'esclavage internetien. "

Écrit par : S... One (prétentieuse, va !) | jeudi, 13 août 2009

Michel, peut -tu essayer de mettre aussi ton texte sur facebook (en faisant un copié collé
par exemple et colle le dans la fenêtre

(exprimez-vous) puis partager


peut-être ce sera plus court à charger

Écrit par : fafaf | vendredi, 14 août 2009

Mais bien sûr qu'on peut : comme article à part entière, ce sera mieux que par "exprimez-vous"... et ce devrait être de toute façon plus court à charger.
Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour son aimable clientèle !

Écrit par : Michel | vendredi, 14 août 2009

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