jeudi, 01 octobre 2009
Si vous ne changez pas vos enfants en monstres, ils n’entreront point dans le royaume des spécieux.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,1-4. (*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)(*)
(Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. »
Thème ô combien récurrent chez nos disciples : qui est le plus grand ? Du point de vue récent de Luc, ce débat se distinguait de celui qui nous est énoncé ici par Matthieu : les disciples discutaient entre eux [1] pour savoir qui était le plus grand parmi eux… sans davantage préciser si ce plus grand est considéré ici-bas ou dans le Royaume des cieux, voire les deux. D’autre part, si Luc prend la peine de relever que Jésus connaissait la discussion qui occupait leur pensée, cela sous-entend qu’Il n’était pas vraiment convié à participer Lui-même à cette discussion, ne la connaissant que par la pensée. C’est dire que les disciples devaient déjà confusément sentir que le sujet de leur discussion n’était pas des plus idoines pour qui se soucie d’entrer dans le Royaume des cieux. Chez Marc, ne se taisaient-ils pas quand il leur est demandé de quoi ils discutaient entre eux [2] ?
Ici, de guerre lasse, les disciples prennent l’initiative de s’approcher de Jésus afin de Lui demander Son arbitrage ultime : il vaut mieux tard que jamais ! « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? », puisque la question est posée à Jésus Lui-même : Héraut par excellence de ce Royaume. Cette demande ne présume pas nécessairement d’intentions moins pures [3], comme l’arrière-pensée de savoir qui est le plus grand avant d’y entrer, soit ici-bas dans les cocons toujours réconfortants de l’entre soi.

Si la comparaison n’est pas toujours raison [4, note 7], l’absence de comparaison ne la favorise pas davantage. Ainsi, il ne s’agit pas de changer pour devenir un petit enfant, de se faire petit enfant : ce serait de la régression ou de la stagnation infantile [5, note 2/2], voire du retour d’âge chez les vétérans. Ce serait lâcher les comme : sympathique sur un blog, un peu moins dans la vie réelle. Devenir comme, se faire petit comme, c’est moins se recroqueviller afin de se faire plus petit que ce dont la nature vous a pourvu, que de se resituer au milieu de soi et non par rapport à ce qui se perçoit du voisin qui, lui-même, dispose nécessairement d’un milieu de soi différent [6, note 3]. Devenir comme, c’est précisément ne pas se laisser figer par la peur [7] de cette différence, la changer en tremplin pour deviner non le sens commun [8] –dont, à l’instar du vent qui souffle où il veut : on entend le bruit qu'il fait, mais on ne sait pas d'où il vient ni où il va [9]- mais les points communs. Autrement dit, c’est changer en développant les ressemblances [10] sans nier les différences : cette négation fait plus sûrement entrer dans le royaume du conglomérat grégaire, celui de ces fameux gamins s'interpellant entre eux : 'Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n'avez pas pleuré.'[4] Les conséquences de l’action menée viennent contrarier l’intention parce que les différences ont été oblitérées, y comprises celles qui sont internes au cercle de ces gamins restés entre eux. Fondu dans le milieu extérieur [11], le milieu de soi -le cœur- réduit la pensée à n’être plus que le reflet de
l’intention : dans cet esprit étriqué, celui qui est le plus grand sera celui qui exhibera les intentions les plus consensuelles, aussi déconnectées puissent-elles être de leur incarnation dans l’action. Ce qui permettra ensuite ne ne pas avoir à répondre des fruits [12] de cette action, en déplaçant cette réponse sur tel différent qui n’a pas dansé ou n’a pas pleuré, qui n’a pas changé pour devenir comme… l’exprimait le plus grand dénominateur commun au milieu extérieur. Tout changement va ainsi pousser à incarner des mythes [13] récupérateurs des mauvais fruits d’une action qui se verra justifiée en elle-même a posteriori, appelant intrinsèquement leurs "petits enfants" : autrement dit "irresponsables"… tout en étant chargés d’incarner la paternité d’actions manifestement nuisibles [14] en lieu et place de leurs véritables auteurs qui "se font petits", gardant le silence [15, APR note 18]. Ceux-là seront déclarés les plus petits dans le Royaume des cieux [16] Pas de chance ? Au contraire : c’en est une s’ils y entrent…
____________________________
Une cockerinade par jour
Deux petits Somaliens parlent entre eux :
- Bon sang, on crève de faim ici ! Et dire qu'à Nice, les enfants s'empiffrent de sandwiches et de sucreries sur la plage... Tant pis, j'y vais !
Il plonge, traverse la Mer Noire et perd 4 kg, longe le canal de Suez et perd 2 kg, traverse la Méditerranée et perd 4 kg... Il arrive enfin a Nice et se mélange aux autres enfants... Il ne lui reste plus que la peau et les os : il a perdu 10 kg !
Une femme arrive et crie aux enfants :
- Qui n'a pas mangé?
Le petit Somalien :
- MOI, MOI, MOI !!!!!
- C'est bon toi... tu peux aller te baigner !

18:05 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, évangile, christianisme, philosophie, politique, littérature, société |
|
Facebook | |
Imprimer |








































Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://micheldetiarelov.hautetfort.com/trackback/2398188
Écrire un commentaire